Mechta el-Arbi est un site préhistorique situé près de Chelghoum Laïd, dans l'est de l'Algérie. Il est principalement connu pour son escargotière, une importante accumulation de coquilles de gastéropodes associée à des vestiges d'activités humaines. Les recherches archéologiques entreprises au début du ont également livré des industries en pierre et en os ainsi que plusieurs restes humains. Le gisement est à l'origine de l'appellation Homme de Mechta el-Arbi, utilisée dans les travaux anthropologiques consacrés aux populations préhistoriques du Maghreb.
Localisation Le gisement se trouve dans la région de Chelghoum Laïd, anciennement Châteaudun-du-Rhumel, à proximité de l'ancienne gare de Mechta el-Arbi. Il est implanté dans un paysage de collines ouvrant vers les Hautes Plaines situées au sud de l'Atlas tellien.
Le site se présente sous la forme d'un vaste dépôt archéologique à ciel ouvert. Lors des fouilles de 1912-1913, sa partie reconnue mesurait environ d'est en ouest pour de largeur, avec une épaisseur atteignant environ dans sa partie centrale.
Fouilles et découvertes Le gisement est signalé en 1907 par Gustave Mercier, propriétaire des terrains. Ses premières observations mettent notamment en évidence des ossements humains. Des sondages sont ensuite entrepris avec le concours de la Société archéologique de Constantine, avant que des fouilles plus importantes soient confiées à Arthur Debruge.
En 1912, Debruge mène plusieurs campagnes avec Mercier. Les recherches de novembre de la même année permettent de recueillir de nouveaux restes humains et du mobilier archéologique. Une nouvelle intervention en 1913 donne lieu à la présentation d'un crâne et d'une mandibule, ainsi que de plusieurs éléments de l'industrie du site.
Les recherches sont reprises dans les années 1920. Des fouilles sont menées en 1923, puis une mission du Logan Museum intervient en 1926-1927 avec Arthur Debruge. Ces campagnes contribuent à constituer des collections importantes pour l'étude du site, bien que les conditions des premières fouilles aient limité la connaissance de leur contexte archéologique.
Description et vestiges L'accumulation qui constitue le gisement est principalement formée de cendres et de coquilles de gastéropodes, notamment d'Helix aspersa. Elle comprend également des foyers et des pierres ayant subi l'action du feu. Plusieurs coquilles présentent des perforations régulières, dont certaines ont été interprétées comme résultant d'une intervention humaine.
Le mobilier comprend une industrie lithique en silex et une industrie osseuse. Les collections étudiées plus récemment comprennent notamment des éclats, des lames et des lamelles, des lamelles à dos, des grattoirs et d'autres pièces retouchées. Les premières fouilles avaient également livré des pointes en os ainsi que des pièces osseuses présentant des traces de travail.
Les restes humains constituent l'une des principales particularités du gisement. Les premières recherches ont livré plusieurs éléments du squelette, dont des crânes et des mandibules. Leur étude a contribué à la désignation historique d'« Homme de Mechta el-Arbi », avant que les comparaisons avec les restes provenant d'autres gisements, notamment Afalou Bou Rhummel, ne conduisent à la définition du type anthropologique plus large appelé Homme de Mechta-Afalou.
Chronologie et interprétation L'interprétation du site a évolué au cours de l'histoire de sa recherche. Les premiers fouilleurs, notamment Debruge et Mercier, utilisent des classifications alors en vigueur et rapprochent son industrie de l'Aurignacien. Cette attribution reflète l'état des connaissances préhistoriques du début du et ne correspond plus aux cadres chronoculturels employés dans les recherches récentes.
Dans les recherches consacrées au Capsien dans la région de Mila, Mechta el-Arbi occupe une place importante. Le site, découvert au début du , a fait l'objet de plusieurs campagnes de fouilles et constitue l'une des escargotières étudiées dans la région. Toutefois, la documentation archéologique disponible reste limitée par les conditions des anciennes fouilles et par la dispersion d'une partie des collections. Catherine Roubet et Slimane Hachi soulignent ainsi que le contenu culturel du gisement demeure difficile à caractériser avec précision et que son âge absolu reste inconnu.
L'étude des collections conservées a néanmoins permis de préciser certains caractères de l'industrie lithique. Les ensembles attribués à Mechta el-Arbi comprennent notamment de nombreuses lamelles à dos, tandis que les techniques de débitage par pression, caractéristiques de certaines phases plus récentes du Capsien, n'y sont pas attestées. Ces observations ont conduit à rapprocher une partie du mobilier du Capsien typique, tout en soulignant la variabilité régionale des industries de l'Holocène ancien au Maghreb.
Références
Voir aussi Articles connexes Préhistoire de l'Algérie Archéologie de l'Algérie Homme de Mechta el-Arbi
Liens externes
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