Guillaume de Deken, également nommé Guillaume le Doyen en français, Willem de Deken en néerlandais, Guillaume de Bruges ou Guillaume de Cany de Bruges selon Jules Viard) né vers 1274, est un bourgmestre de Bruges. Personnage influent, il est chargé à plusieurs reprises de négociations importantes avec l’Angleterre. Il est considéré comme l’un des principaux dirigeants de la révolte flamande contre le roi de France survenue en août 1328. Reconnu coupable de haute trahison à Paris, il est condamné à être d’abord supplicié aux Halles de Paris, puis pendu au gibet de Montfaucon le 24 décembre 1328.
Biographie Guillaume de Deken entre en 1305 dans la corporation des épiciers. Les comptes de la ville le mentionnent comme fournisseur de poissons et de porcs. En 1320, il est échevin de la ville de Bruges et négociateur du comte de Flandre auprès du roi d’Angleterre Édouard II. Cette année-là, Guillaume de Deken et ses collègues se rendent en Angleterre et y concluent un accord avec le roi. Dans cet acte, Édouard II exprime son désir de maintenir la paix et la bonne entente entre les deux pays et restitue .
En 1324, Guillaume de Deken est déjà bourgmestre de BrugesLe bourgmestre, entre autres choses, préside le conseil municipal et est chargé du maintien de l’ordre ainsi que de la direction des affaires militaires. et se rend de nouveau en Angleterre dans le cadre d’une mission diplomatique, cette fois sur mandat du comte de Flandre, Louis de Nevers. Pendant ce long séjour, il tente d’y conclure un traité de paix. Révolte flamande Pendant ce temps, pour couvrir les amendes prévues par le traité de paix de 1320, le comte Louis Ier de Flandre fait percevoir des impôts par ses collecteurs. Cette mesure provoque Impliqué dans cette révolte, Guillaume de Deken se rend de nouveau en juin 1328 en Angleterre pour convaincre le jeune roi Édouard III de prendre le titre de roi de France et d’apporter un soutien militaire aux Flamands insurgés, mais sans succès, Édouard III refuse toutefois de donner suite à ces demandes
Bataille de Cassel left|vignette|150 px| Bataille de Cassel, 23 août 1328Enluminure par Loyset Liédet, XVe siècle. À son retour, en tant que bourgmestre de Bruges, de Deken prend part au commandement des troupes de sa ville qui se dirigent vers Cassel. Les forces flamandes sont vaincues par la chevalerie française. Cette défaite met fin à la révolte tandis que le comte Louis Ier de Flandre reprend le contrôle de son comté. Exil et capture Après la défaite des Flamands à la bataille de Cassel, le 23 août 1328, Guillaume de Deken décide de s’exiler et s’enfuit en Brabant pour échapper aux représailles du comte Louis Ier de Flandre. Il espère y convaincre le duc Jean III de Brabant de se soulever contre le nouveau roi de France, Philippe VI de Valois. De Deken sollicite l’aide du duc pour mener une action armée contre le comte de Flandre. Il lui promet l’appui des communes flamandes en hommes, en armes, en chevaux, et une très grande somme d'argent. Le duc refuse toutefois cette proposition. Guillaume de Deken tente alors de se placer sous la protection des communes du Brabant, mais celles-ci n’osent s’opposer à la volonté du souverain Philippe VI de Valois. Capturé, Guillaume de Deken est livré au duc Jean III de Brabant qui l’extrade vers le roi de France, Philippe VI de Valois. Procès à Paris Constitué prisonnier, Guillaume de Deken est conduit à Paris où il est incarcéré et soumis à la torture. Il y est jugé à la suite d’une enquête menée contre lui. Henri Stein, dans Les conséquences de la bataille de Cassel pour la ville de Bruges et la mort de Guillaume de Deken, son ancien bourgmestre (1328) résume ainsi les griefs contre Guillaume de Deken :
Guillaume de Deken nie les faits qui lui sont reprochés, dans l’espoir d'échapper à la peine capitale, mais en vain. Convaincu de rébellion contre son souverain, il est reconnu coupable de haute trahison par le Parlement de Paris. Les juges le condamnent à être exposé au pilori, à y avoir les deux mains coupées, à subir le supplice de la roue et, enfin, à être pendu au gibet de Montfaucon. Exécution Le 23 décembre 1328, Guillaume de Deken est d’abord conduit au pilori des Halles où il est attaché et exposé aux insultes de la foule. Après l’amputation de ses deux mains mains, il est attaché à une roueIl s’agit d’une roue en bois, tournant sur un pivot et percée de trous par lesquels on faisait passer la tête et les bras de la personne condamnée. La roue pouvait être tournée afin que le condamné soit visible de tous côtés et être ainsi exposé aux regards et aux insultes de la foule… Il était permis de lui jeter de la boue et des ordures, mais non des pierres et autres objets susceptibles de le blesser. sur laquelle il demeure jusqu'au lendemain. Retiré de la roue, il est attaché à la queue d’une charrette et traîné sur une claie d’osier à travers les rues de Paris jusqu’au gibet de Montfaucon lors d'une parade d'infamie . Il y est pendu tandis que ses mains sont suspendues à côté de lui. Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie
Catégorie:Date de naissance non renseignée (XIIIe siècle) Catégorie:Condamné à mort exécuté au XIVe siècle Catégorie:Condamné à mort exécuté en France Catégorie:Condamné à mort exécuté par pendaison Catégorie:Décès à Paris Catégorie:Décès en 1328 Catégorie:Personnalité française du Moyen Âge Catégorie:Décès dans le 10e arrondissement de Paris Catégorie:Flandre Catégorie:Bataille de 1328 Cassel 1328 Catégorie:Histoire du Nord Bataille de Cassel (1328) Catégorie:Philippe VI de Valois