Yazaman ou Yazman, surnommé al-Khadim (« l'esclave »), mort le 23 octobre 891, est gouverneur de Tarse pour le compte des Abbassides et l'un des principaux chefs militaires de la frontière musulmane avec l'Empire byzantin en Cilicie, dans les al-thughur al-Shamiya, de 882 à sa mort en 891. Il est notamment connu pour les raids qu'il mène contre les Byzantins.

Biographie

Yazaman apparaît pour la première fois dans les sources en septembre ou octobre 882. Il est alors un serviteur (mawla) d'al-Fath ibn Khaqan. Il est attaqué et emprisonné par Khalaf al-Farghani, gouverneur des régions frontalières de Cilicie, nommé à ce poste par Ahmad ibn Touloun, dirigeant autonome de l'Égypte et de la Syrie. Yazaman est cependant libéré par la population locale, qui se soulève contre la domination toulounide, le choisit comme chef et revient dans l'obédience des Abbassides. Ibn Touloun marche alors sur Tarse, mais les habitants ouvrent les vannes et inondent la plaine entourant la ville, contraignant Ibn Touloun à regagner Damas sans avoir obtenu de résultat.

En 883, Yazaman affronte une importante armée byzantine envoyée contre Tarse et commandée par le domestique des Scholes, Kesta Stypiotès. Dans la nuit, Yazaman attaque par surprise le camp byzantin à Bab Qalamyah, à environ douze kilomètres de Tarse. Les forces byzantines sont mises en déroute, tandis que Stypiotès ainsi que les stratèges des thèmes des Anatoliques et de Cappadoce sont tués et qu'un important butin tombe aux mains des musulmans.

Peu après, Yazaman dirige un important raid naval contre la forteresse d'Euripos, l'actuelle Chalcis, avec une flotte de trente grands navires, d'un type désigné en grec sous le nom de koumbaria. L'expédition est toutefois repoussée avec de lourdes pertes par Oineiates, gouverneur local du thème de l'Hellade.

L'historien Al-Tabari rapporte que Yazaman conduit également, en janvier ou février 886, un raid terrestre jusqu'à al-Maskanin, un lieu qui n'est pas identifié. Il regagne Tarse sans avoir subi de pertes, mais avec un important butin et de nombreux prisonniers. Probablement au cours de l'été de la même année, il mène également une expédition navale au cours de laquelle quatre navires byzantins sont capturés.

Malgré son opposition antérieure aux Toulounides, Yazaman leur prête allégeance en 890, sous le règne de Khumarawayh, fils d'Ibn Touloun. Le 4 octobre 891, l'officier toulounide Ahmad ibn Tughan al-Ujayfi arrive à Tarse. Yazaman mène avec lui une nouvelle expédition en territoire byzantin. Les musulmans assiègent la forteresse byzantine de Salandu mais, le 22 octobre, Yazaman est blessé par une pierre lancée par une catapulte. Sa blessure conduit les musulmans à abandonner le siège. Yazaman meurt le lendemain, au cours du voyage de retour. Ses soldats ramènent son corps à Tarse, où il est enterré à la « porte du Djihad ».

Ahmad ibn Tughan al-Ujayfi lui succède. Tarse demeure sous le contrôle des Toulounides jusqu'en 897, lorsque les Abbassides en reprennent possession.

La mort de Yazaman est vivement ressentie dans le monde musulman, où il est considéré comme l'un des plus valeureux champions de la guerre contre les Byzantins, aux côtés d'Omar al-Aqta et d'Ali al-Armani. Les sources arabes rapportent notamment que les marins placés sous son commandement sont réputés pour leur audace. Selon le récit d'Al-Mas'ûdî, au , un Grec converti à l'islam lui rapporte que Yazaman figure parmi dix illustres guerriers musulmans dont les portraits sont représentés dans certaines églises byzantines en reconnaissance de leur bravoure.

Références

Bibliographie

Catégorie:Personnalité des guerres arabo-byzantines