Le féminisme de la différence est un terme développé au cours du débat égalité contre différence dans le féminisme américain afin de décrire la perspective selon laquelle les hommes et les femmes sont différents, mais qu'aucun jugement de valeur ne peut être porté sur eux et les deux sexes ont des valeurs intrinsèques égales en tant qu'individus.
Dans la plupart de ses courants, l'idée d'une différence n'y est pas défendue comme lien anhistorique, inhérent, biologique, ou d'« essence » entre la féminité et les valeurs féminines traditionnelles, les modes de pensée (souvent renvoyés à des approches spécifiques de la connaissance), ou des traits de personnalité. Ces féminismes affirment simplement une différence significative entre femmes et hommes dans le contexte présent et la nécessité d'explorer les caractéristiques « féminines » dévalorisées. Cette variété de féminisme de la différence est également appelée féminisme de genre.
Certaines formes du féminisme de la différence, tel que celle de Mary Daly, déclarent cependant que les femmes ainsi que leurs valeurs sont supérieures à celles des hommes. Un débat est en cours pour savoir si le féminisme de Daly est essentialiste.
Histoire La perspective du féminisme de la « différence » se développe dans les années 1980 en réaction à un féminisme dit « libéral » (également connu sous le nom de « féminisme de l'égalité »), mettant l'accent sur les similarités entre femmes et hommes pour plaider en faveur d'une égalité de traitement. Le féminisme libéral prônaient une société et un droit non-genré, les différences de genre étant perçues comme un obstacle à l'égalité de droit et de participation à la démocratie libérale.
Le féminisme de la différence, bien que visant toujours cette égalité, met l'accent sur les différences et affirme que l'identité ou la similitude ne sont pas nécessaires pour que les personnes ou les valeurs féminines et masculines, soient traitées à égalité. Il soutient que la neutralité de genre a nui aux femmes
Les féministes de la différence se sont inspirés de courants de pensée du , par exemple l'œuvre de l'auteure allemande Elise Oelsner, soutenant que non seulement les femmes devraient être autorisées à entrer dans des sphères et des institutions autrefois réservées aux hommes (par exemple, la vie publique, la science) mais que ces institutions devraient également évoluer de manière à ce qu'elles reconnaissent la valeur d'une éthique du féminin traditionnellement dévalorisée, comme l'éthique du « care ». Le sens de l'expression « féminisme de la différence » devient alors pour beaucoup une manière qui demander « quelle différence le féminisme fait-il ? » (par exemple dans la pratique de la science) plutôt que « quelles sont les différences entre les hommes et les femmes ? ».
Dans les années 1990, la logique binaire opposant « différence » et « égalité » a été mise de côté par les féministes notamment dans des approches postmodernes et/ou déconstructionnistes la réfutant ou ne s'en servant pas comme base.
Critiques Des approches de la deuxième vague féministe influentes comme celle de la psychologue Carol Gilligan ou la théologienne féministe radicale Mary Daly, ont été critiquées pour un caractère essentialiste qu'elles porteraient, figeant « femme » et « homme » dans des essences fixes ou des propriétés essentielles. Ces lectures de Daly et de Gilligan ont été interrogées par d'autres féministes, considérant qu'« essentialisme » était utilisé comme simple mode de dénigrement plutôt que comme réelle analyse théorique reflétant correctement les perspectives des autrices.
En France Communément qualifié de « féminisme français », les œuvres d'Hélène Cixous, Luce Irigaray, et Julia Kristeva sont considérées comme une forme de féminisme de la différence. Leur approche psychanalytique de la différence sexuelle voit la quête de l'égalité comme volonté phallocentrique d'effacement des spécificités du corps de la femme. Comme les autrices différentialistes américaines, .
Articles connexes Écriture féminine Néo-féminisme Féminisme radical
Notes et références
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