L'ACADI, sigle de l'Association des Cadres et Dirigeants pour le progrès social et économique, anciennement Association de cadres dirigeants de l'industrie pour le progrès social et économique, est une association française de dirigeants d'entreprise fondée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et déclarée en ... Ses statuts lui donnent pour objet d'.. L'association revendique une filiation avec Le Sillon de Marc Sangnier, le catholicisme social d'après 1920 et le groupe X-Crise..
Composée de dirigeants salariés plutôt que de propriétaires, l'ACADI constitue, selon Henri Weber, auteur d'une histoire du CNPF, d'un qui ne se veut pas groupe de pression mais société de pensée, en marge et souvent en opposition au Conseil national du patronat français (CNPF).. Durant les Trente Glorieuses, elle travaille en commissions d'étude et publie un Bulletin. Après s'être investie dans les années 1980 dans l'analyse des risques technologiques majeurs — un colloque organisé à son initiative en décembre 1987 est à l'origine des cindyniques —, elle poursuit aujourd'hui son activité sous la forme de conférences-débats, sous le nom d'Association des Cadres et Dirigeants pour le progrès social et économique..
Historique
Origines et fondation (1944-1946) Les origines de l'association se situent sous l'Occupation. Selon la notice biographique consacrée à l'ingénieur Georges Perrineau, .. L'historien Philippe Mioche situe la naissance du groupe , dont il écrit que ..
Le texte fondateur est une brochure de seize pages intitulée Principes et position d'une Association des cadres dirigeants de l'industrie pour le progrès social et économique, septembre 1945.. Henri Weber date pour sa part la fondation de et l'attribue à René Perrin, alors directeur d'Ugine, société de vingt-quatre usines et dix mille salariés ; il y voit un qui .. Léon Daum, ingénieur des mines et directeur général de la Compagnie des forges et aciéries de la Marine et d'Homécourt, est également présenté comme ayant participé à la création de l'association en 1945.. L'existence juridique est postérieure : l'ACADI est déclarée à la préfecture de police le 26 février 1946 et l'avis paraît au Journal officiel du 24 mars 1946, pour une durée illimitée. C'est cette date de 1946 que retient l'association elle-même, qui indique avoir été créée , et que retiendra son cinquantenaire en 1996..
Maurice Lacoin, polytechnicien et ingénieur du génie maritime, ancien secrétaire général de Citroën puis président de Neyret-Beylier et de La Cellulose du Pin, en est le premier président.. Selon Philippe Mioche, le cadre de l'association est , et sa doctrine relève d'une synthèse .
Un « patronat saint-simonien » sous la Quatrième République et les Trente Glorieuses Henri Weber résume ainsi le projet intellectuel de l'association : . Pour le même auteur, l'ACADI est au lendemain de la guerre ; pas plus que le Centre français du patronat chrétien ou le Centre des jeunes patrons, elle ne se veut , mais société de pensée. François Ceyrac, interrogé par le même auteur, en donne une lecture plus rude : .
L'audience de l'association se mesure à son recrutement. En 1953, d'après les chiffres du politiste Henry W. Ehrmann repris par Weber, elle réunit trois cents membres réguliers , auxquels s'ajoutent soixante-quinze membres associés, banquiers et hauts fonctionnaires. , note Weber, qui relève que et que ses dîners-débats préfigurent ceux du Siècle. Plusieurs des animateurs du jeune CNPF — Pierre Ricard, Henri Davezac, Henri Lafond — ainsi que Louis Charvet, président de la Chambre syndicale de la sidérurgie, y sont adhérents ou membres associés.
L'ACADI n'adhère pas au CNPF et s'en trouve fréquemment séparée sur le fond : elle combat la politique économique et sociale d'Antoine Pinay, que soutiennent d'abord le CNPF et la CGPME, et appuie au contraire celle du gouvernement de Pierre Mendès France, combattue par les deux confédérations patronales. D'après François Denord, son Bulletin accueille en novembre 1954 un article d'Alfred Sauvy intitulé « La belle époque est devant nous »..
L'association travaille en commissions dont les résultats alimentent son Bulletin : , celui-ci publie selon Weber . Le périodique est retenu, aux côtés de La Volonté des PME, de Patronat français et de Jeunes Patrons, comme l'un des quatre corpus d'une analyse sociologique des attitudes patronales publiée en 1971 par la Revue française de sociologie..
Philippe Mioche y voit rétrospectivement un ; l'association aurait produit un à une époque où l'hétérogénéité de la coalition sur laquelle repose le CNPF contraint celui-ci à un discours convenu, et aurait permis d'explorer des questions comme la cogestion allemande. L'association ouvre en 1971 son vingt-cinquième anniversaire par un rapport introductif de Georges Perrineau, ingénieur des mines adhérent depuis 1948 et contributeur régulier du Bulletin de 1955 à 1984.. À cette époque, la présidence est exercée de 1969 à 1972 par Pierre Alby, alors directeur général de Gaz de France ; la notice nécrologique qui lui est consacrée précise que René Perrin fut de l'association..
Recompositions (années 1970-1990) L'ACADI déplore en 1975 le rejet par le CNPF du rapport Sudreau sur la réforme de l'entreprise, comme elle avait déploré en 1951 celui du rapport Lasserre devant le Conseil économique et social. Henri Weber estime que sa descendance sera l'AGREF et, dans une certaine mesure, Entreprise et Progrès, qu'il décrit comme l'. L'association continue cependant d'attirer des dirigeants de premier plan : Marcel Boiteux en est vice-président à partir de 1979., et Hervé Sérieyx indique l'avoir présidée de 1983 à 1986..
L'association s'investit dans les années 1980 dans les questions de communication et de risque. Elle organise le 21 mai 1987, avec la Fédération nationale de la presse hebdomadaire et périodique, un colloque Communication et management dont les actes paraissent l'année suivante.. Surtout, l'association, alors présidée par Georges-Yves Kervern, prend l'initiative d'un colloque international tenu les 7 et 8 décembre 1987 au siège de l'Unesco, qui réunit .. Organisé avec l'assureur UAP et le magazine Industries et techniques, il donne lieu à des actes publiés sous le titre La Maîtrise des risques technologiques.. C'est à la suite de ce colloque que sont fondées les cindyniques, entendues comme la science du danger ; l'Institut européen des cindyniques est créé en janvier 1990.
L'association renouvelle parallèlement ses publications : au Bulletin, puis à la lettre Mediacadi diffusée de 1986 à 1989, succèdent Les Cahiers de l'ACADI, revue trimestrielle dont le premier numéro paraît en juin 1990... Le cinquantenaire de 1996 donne lieu à un ouvrage de Lucien Klausner, Un Huron en ACADI, et la réflexion collective de la fin de la décennie est publiée en 1998 puis en 1999 sous le titre Pour un nouveau progrès social, accompagnée d'une Déclaration de l'ACADI...
Depuis 2000 Michel Horps préside l'association de 2000 à 2010 avant d'en devenir président d'honneur ; Jean-Yves Koch, ancien directeur exécutif de Capgemini et ancien directeur général de Bossard Consultants, lui succède en 2010.. Son site la décrit comme un ; son objet déclaré au répertoire national des associations vise désormais .. Elle a par ailleurs abandonné dans son nom d'usage la référence à l'industrie, que les statuts mis en ligne portent encore.
Son activité prend aujourd'hui la forme de conférences-débats organisées à l'Hôtel de l'Industrie, place Saint-Germain-des-Prés, et à Mines Paris, souvent avec des associations d'anciens élèves d'écoles d'ingénieurs et de commerce ; y ont notamment été reçus Jean-Claude Trichet en 2021., Xavier Fontanet en 2024., Martin Bouygues en 2025. et Patrick Pouyanné en 2026.. Selon l'association, ses travaux les plus récents portent sur .
Positions et travaux Selon l'association, l'ACADI . Ses statuts distinguent des membres titulaires, cadres et dirigeants d'entreprises privées ou publiques, des membres associés recrutés parmi les hauts fonctionnaires et les professions libérales, et des personnes morales agréées. Weber décrit son mode d'action comme n'étant : organisation de directeurs non propriétaires, elle s'efforce de fonder une légitimité patronale reposant non sur la propriété du capital mais sur la compétence.
En matière de relations professionnelles, l'ACADI figure, avec le Centre des jeunes patrons et le Centre français du patronat chrétien, parmi les rares organisations patronales à accueillir favorablement les comités d'entreprise institués en 1945, alors que la majorité du patronat leur est d'emblée hostile.. Sur le plan social, elle compte davantage sur une expansion économique prolongée pour améliorer les relations professionnelles que sur les formules d'intéressement et de participation, tout en étant consciente de la nécessité d'une réforme de l'entreprise. En 1963, l'ouvrage de François Bloch-Lainé Pour une réforme de l'entreprise est soutenu par le président de l'ACADI, le dirigeant de la sidérurgie Marcel Macaux, comme par le président du CJP José Bidegain, conjonction que l'aile conservatrice du patronat juge alors tout sauf fortuite.. Philippe Mioche résume l'axe problématique de l'association par le couple , qui en fait selon lui , et cite la formule de Francis Mer : .
En matière d'organisation des marchés, l'association défend une position qui la sépare durablement de la construction européenne telle qu'elle se fait. Selon Weber, ; l'ACADI s'élève en conséquence contre toute législation anti-cartel, ce qui explique pour une part son opposition au plan Schuman en 1951, en raison de ses articles 65 et 66, puis ses réserves à l'égard du traité de Rome et de ses articles 85 et 86. Les nationalisations suscitent par ailleurs dans le patronat une hostilité durable que ..
Les thèmes de travail que l'association retient de son histoire sont le logement social et le dialogue social durant les Trente Glorieuses, puis, à partir des années 1980, les risques technologiques majeurs, l'éthique personnelle du dirigeant et la définition d'un .
Publications Le principal organe de l'association a été son Bulletin, publié à Paris à partir de décembre 1946 sous le titre Bulletin de l'Association des cadres dirigeants de l'industrie (numéros 1 à 33, jusqu'en décembre 1949)., puis, à partir du numéro 34 de janvier 1950, sous le titre de l'association complète.. La Bibliothèque nationale de France en conserve deux séries, couvrant respectivement 1946-1975 et 1976 aux années 1980... Lui succèdent la lettre Mediacadi (1986-1989) puis Les Cahiers de l'ACADI, à partir de juin 1990. L'association a également publié des annuaires., des documents d'information. et des brochures, comme Un essai de contact humain dans l'entreprise en 1948. ou l'Hommage au président Maurice Lacoin de 1951..
Dirigeants La liste des présidents successifs n'est pas établie de manière continue par les sources disponibles.
+ Présidents documentés de l'ACADI Période Président Source premier président ; cité comme président en 1951 Maurice Lacoin (1877-1963) dates non documentées () René Perrin (1893-1966) vers 1963 Marcel Macaux (1907-1966) 1969-1972 Pierre Alby (1921-1998) dates non documentées Jean-Arthur Varoquaux (1918-2017) . 1983-1986 (selon l'intéressé) Hervé Sérieyx en fonction en 1987 Georges-Yves Kervern (1935-2008) 2000-2010 Michel Horps depuis 2010 Jean-Yves Koch
Michel Horps est président d'honneur de l'association. Au titre des vice-présidences, Marcel Boiteux occupe cette fonction à partir de 1979.
Membres notables