est un ancien bourg de la préfecture de Kyoto, ayant existé jusqu'au , date de sa fusion avec les bourgs de Kamo et de Yamashiro pour former la ville de Kizugawa. Il faisait partie du district de Sōraku. Le village de Kizu est créé en 1875 par la fusion de six villages, puis est amputé de sa partie urbaine en 1881, érigée en bourg séparé. Il est recréé le , puis est promu au rang de bourg le . Il s'agrandit le , en absorbant le village de . Il a notamment été un poste-relais durant l'époque d'Edo, sur le .
Toponymie Le toponyme « Kizu » (木津), qui signifie « bois » (木) et « port » (津) viendrait du fait que le lieu servait de port de déchargement du bois en direction des capitales Fujiwara-kyō, puis Heijō-kyō... Anciennement, dû au fait que la rivière Kizu s'appelait « rivière Izumi » (泉河), Kizu était aussi appelé « Izumikizu » (泉木津) ou « Izumitsu » (泉津). Le toponyme Kizu est attesté dès le milieu de la période Heian (794-1185), notamment dans l'entrée du jour du mois de la année de l'ère Chōhō (999) dans le Midō kanpakuki, qui écrit « 競馬乗尻馬前立,令宿木津 », soit « les cavaliers ont reçu l'ordre de rester à Kizu ». Le toponyme « Izumikizu » est quant à lui attesté dans le Registre des domaines du Tōdai-ji (東大寺諸荘園文書目録) du mois de la année de l'ère Ninpei (1153), qui liste « Izumikizu » comme étant mentionné dans un décret impérial de la année de l'ère Hōki (778), mais il n'est pas certain que le lieu portait ce nom à ce moment-là.
Géographie Topographie et hydrographie vignette|gauche|Vue aérienne de Kizu en 1985. Kizu est situé dans l'extrême sud de la préfecture de Kyoto, à la frontière avec la préfecture de Nara. Il se trouvait dans le sud-ouest du district de Sōraku. Il correspond maintenant au sud et à l'ouest de la ville de Kizugawa. Topographiquement, Kizu se trouve à la limite sud du . La majorité du territoire se trouve dans cette plaine, et le reste se compose des montagnes qui l'entoure, les monts Kasagi à l'est, les à l'ouest, et les (平城山丘陵) au sud, qui rejoignent les contreforts de monts Ikoma et Kasagi. La frontière nord du bourg est délimitée par la rivière Kizu, qui coule de l'est à partir des vers l'ouest. Au centre de Kizu, la rivière bifurque presque à un angle droit vers le nord dans le bassin de Kyoto. Outre la Kizu, on y trouve la rivière Yamada (山田川), qui coule vers l'est depuis Seika, la rivière Roku (鹿川), qui coule des collines de Narayama vers le nord, et la rivière Izeki (井関川), qui coule depuis Kamiumetani (上梅谷) au sud vers le nord, qui se jettent toutes dans la Kizu.
À la date de la fusion de 2007, il occupait une superficie de , et en 1981. Il mesurait alors d'est en ouest et du nord au sud..
Villes limitrophes vignette|gauche|Localisation de Kizu dans la préfecture de Kyoto (tracés territoriaux du ). À sa fondation en 1875, le village de Kizu est entouré par les municipalités suivantes, dans le sens horaire à partir du nord : les villages de Kamikoma (上狛村), Kaseyama (鹿背山村), Umetani (梅谷村), Ichisaka (市坂村), (相楽村) et Haze (吐師村), tous du district de Sōraku, en plus de l'enclave du bourg de Kizu (木津町). Au , Kizu est entouré par les municipalités suivantes, dans le sens horaire à partir du nord : les villages de (上狛村), (瓶原村), Kamo (加茂村) et (当尾村), tous quatre du même district de Sōraku, le village de (東里村) et le bourg de Nara (奈良町), tous deux du de la préfecture voisine de Nara, et le village de (相楽村), du district de Sōraku... Le , il ne borde plus Saganaka, Mikanohara et Tōnoo et devient voisin du village de Seika (精華村). Le , Kamikoma fusionne avec deux villages pour créer le bourg de Yamashiro (山城町). Le , Higashisato et quatre autres villages sont fusionnés dans la ville de Nara. À la date de la fusion municipale, Kizu est entouré par les municipalités suivantes, dans le sens horaire à partir du nord : les bourgs de Yamashiro, et de Kamo, tous du district de Sōraku, la ville de Nara, et le bourg de Seika, du district de Sōraku.
Histoire Kizu est devenu durant l'Antiquité tardive un important port fluvial sur la Kizu. Il sert notamment de point de ravitaillement en bois pour la construction de Heijō-kyō et du temple bouddhiste Tōdai-ji. Le port fluvial, qui fonctionnait comme port extérieur de Heijō-kyō, permettait entre autres le ravitaillement de marchandises du continent asiatique depuis la mer intérieure de Seto, puis le fleuve Yodo avant de transiter par la Kizu à Uji jusqu'à Kizu. Kizu était un des centres commerciaux importants du sud du bassin de Kyoto, non seulement de tout le comté de Sōraku, mais également de toute la région du . En lien avec le commerce du bois, un corps de métier appelé « Kiyaza » (木屋座) ou « » (材木座) y existait depuis la période Heian (794-1185), comme à Kyoto, Nara, Kamakura et Sakai. Il existait également un corps de métier de salage appelé « » (塩座). Pour permettre la traversée de la Kizu au nord de Kizu jusqu'à Kamikoma, où il avait érigé le temple bouddhiste Senkyō-ji (泉橋寺), le moine Gyōki construit un grand pont, mais qui était rapporté dans le Nihon sandai jitsuroku comme facilement destructible par les courants forts de la Kizu et qui était donc inutilisable lors de crues. L'entrée du jour du mois de la de l'ère Chōgen (1028) du indique que le transport fluvial entre Yodo et Kizu était principalement emprunté par des nobles de cour de Kyoto se rendant à Nara. Les bateaux utilisés appartenaient alors au temple bouddhiste Kōfuku-ji à Nara et il est alors théorisé que la zone était contrôlée par celui-ci. Un certificat de rationnement de riz du Tōdai-ji daté du jour du mois de la année de l'ère Chōji (1104) suggère que le transport jusqu'à Nara s'effectuait par l'entremise de charrettes tirées par des chevaux. Jusque durant l'ère Hōen (1135-1141) au moins, aucune taxe de douane n'était perçue pour le port de Kizu. Un catalogue du Tōdai-ji daté de la année de l'ère Daiji (1128) liste Kizu parmi les territoires contrôlés par le temple. Une pétition du Tōdai-ji contre le Kōfuku-ji datée de la première année de Daiji (1126) montre cependant qu'une partie du territoire est sous le contrôle du Kōfuku-ji. Un document daté de l'an 3 de Jishō (1179) indique que les bateaux du port de Kizu sont fournis par un bureau appelé « Kuninami-shō » (国並庄), signifiant qu'une administration du port () avait été nommé soit par le Tōdai-ji ou par le Kōfuku-ji. Au début de l'époque de Kamakura (1185-1333), Kizu correspond à la seigneurie de Kizu (木津荘), un fief du sous-temple (一乗院) du Kōfuku-ji, tous les charretiers et opérateurs des bateaux devenant vassaux du Kōfuku-ji.
Durant l'époque de Kamakura, l'administration locale de la seigneurie de Kizu est en partie une responsabilité du sous-temple Ichijō-in, mais les toimaru, responsable de la distribution du riz, sont administrés par le (大乗院), un autre sous-temple du Kōfuku-ji. Le Kōfuku-ji nomme des moines en tant qu'administrateurs, portant le titre « Kizu Shikkō » (木津執行), qui bénéficient d'une position élevée, comparable à celle d'autres administrateurs seigneuriaux. Les charretiers de Kizu jouent un rôle important dans les révoltes locales qui frappent la région durant la période Sengoku. Durant l'époque d'Edo (1608-1868), la seigneurie de Kizu est devenue le canton de Kizu (木津郷), au sein du comté de Sōraku. Le canton de Kizu compte six villages, ceux de Kōzu (上津村), Eda (枝村), Sendōji (千童子村), Ōji (大路村), Kodera (小寺村) et Minamikawa (南川村), qui contiennent à leur tour un total de 23 faubourgs, ceux de Kita Honmachi (北本町), Minami Honmachi (南本町), Kitano-chō (北之町), Nakano-chō (中之町), Minamino-chō (南之町), Nishidegai-machi (西出外町), Umegatsuji-machi (梅ケ辻町), Furozushi-machi (風呂辻子町), Kodera-machi (小寺町), Kawara-machi (河原町), Mimasu-machi (三桝町), Minamiōji-machi (南大路町), Kitaōji-machi (北大路町), Eda-machi (枝町), Kadoya-machi (角家町), Kōzu-machi (上津町), Kido-machi (城戸町), Tōrō-machi (燈籠町), Tōge-machi (峠町), Hatanoshimo-machi (畑ノ下町), Katayama-machi (片山町), Edo-machi (江戸町) et Minamikawa-machi (南川町). L'origine des noms de quartiers est inconnue et le Kyōto Fu-chishi (京都府地誌) indique seulement « qu'à un moment donné, quelqu'un qui y habitait a décidé de fonder le relais de Kizu et a donné des noms aux quartiers ». Durant cette période, Kizu est un relais important sur le (奈良街道), qui relie Kyoto à Nara, grâce à l'essor du système routier. Il est alors considéré l'un des cinq lieux majeurs de Yamashiro, avec Fushimi, Yodo, Uji et Yawata. En , le village moderne de Kizu est créé par la fusion des six villages de Kōzu, Eda, Sendōji, Ōji, Kodera et Minamikawa. En 1881, la partie urbaine du village, qui correspond à l'ancien relais routier, se sépare du village et devient le premier bourg de Kizu (lu « Kizu-machi »). En 1888, on dénombrait 658 foyers à Kizu.
vignette|Vue aérienne de la ville nouvelle de Heijō Sōraku en construction en 1985 à Kizu.
Le village de Kizu (木津村) du district de Sōraku est recréé le , après l'adoption de la , en étant fusionné avec le premier bourg de Kizu (木津町) et les villages de Kaseyama (鹿背山村), Umetani (梅谷村) et Ichisaka (市坂村). Le , Kizu est promu au rang de bourg. Même si le port fluvial de Kizu perd de son importance durant l'ère Taishō (1912-1926), il n'en demeure pas moins un carrefour des transports, avec l'inauguration de plusieurs lignes ferroviaires sur son territoire. Le , il absorbe le village voisin de (相楽村). En , une nouvelle mairie est construite. Dans les années 1980, la ville nouvelle de (平城・相楽ニュータウン) est inaugurée par l' (都市再生機構) dans la partie ouest de Kizu, ainsi que dans le bourg voisin de Seika et dans le nord de la ville de Nara. La (関西文化学術研究都市) est aussi créée dans la région, transformant le bourg de Kizu en un centre urbain.
Le , après des ententes, Kizu et les bourgs voisins de Kamo et de Yamashiro, tous du même district de Sōraku, fusionnent pour créer la ville de Kizugawa (木津川市).
Administration Les maires de Kizu sont les suivants : Kazuhide Tokuri (土久里 和秀) du au et du au (réélu en 1964, 1968 et en 1972) ; Fusaichi Iida (飯田 房一) du au (réélu en 1956) ; Yoshio Hirata (平田 吉雄) du au (réélu en 1980, 1984 et en 1988) ; Toshihiko Toda (戸田 敏彦) du au (réélu en 1995) ; Yūzō Miyamoto (宮本 裕三) du au ; Takeo Mimasu (三桝 武男) du au ; (河井 規子) du au .
Le bourg de Kizu dispose d'un conseil municipal de 20 conseillers élus par la population.
Démographie
Éducation On y trouvait six écoles primaires, celles de Kizu (木津町立木津小学校), Saganaka (木津町立相楽小学校), Saganakadai (木津町立相楽台小学校), Kizugawadai (木津町立木津川台小学校), Takanohara (木津町立高の原小学校) et Umemidai (木津町立梅美台小学校). Il y a également deux collèges, le (木津町立木津中学校) et le (木津町立木津第二中学校), ainsi que deux lycées, le (京都府立木津高等学校) et le (京都府立南陽高等学校・附属中学校).
Culture et patrimoine Parmi les biens culturels importants nationaux à Kizu, on trouve le bâtiment principal du sanctuaire shinto Saganaka-jinja (相楽神社), ainsi que les statues de Monju Bosatsu et de Kan'non à onze faces du temple bouddhiste Daichi-ji (大智寺). On y trouve également le temple bouddhiste Hōsen-ji (法泉寺).
Économie L'économie de Kizu est principalement basée sur l'agriculture, notamment la riziculture, la culture de pousses de bambou et la culture maraîchère, comme celle des légumes, des fraises et des kakis. Les kakis (富有) sont une spécialité de Kaseyama à Kizu. L'élevage laitier est également pratiqué à Kizu. À Ichisaka, on trouve une zone industrielle où sont notamment produits des boutons destinés à la vente domestique et à l'international.
Transports vignette|gauche|Les quais de la gare de Kizu en 2005. Kizu est un important carrefour régional des transports, car les lignes ferroviaires Kansai, Nara et Katamachi de JR West s'y rencontrent au centre du bourg, à la gare de Kizu. Il s'agit également du point de jonction des routes nationales et . L' (京奈和自動車道) passe par Kizu, et est accessible depuis l' (木津インターチェンジ). À l'ouest, la ligne Kyoto exploitée par Kintetsu traverse la municipalité du nord au sud.