La station de recherche des Nouragues est une base scientifique permanente du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) dans la forêt amazonienne. Fondée en 1976 par une équipe du Muséum national d'histoire naturelle, elle est située dans une zone réservée à l'étude scientifique, au cœur de la réserve naturelle nationale des Nouragues, sur la commune de Régina, à au sud de Cayenne.
Description La station est aujourd'hui composée de deux camps scientifiques, aménagés à huit kilomètres l’un de l’autre. Ils ne sont accessibles que par pirogue ou hélicoptère. Chacun permet d'héberger vingt-cinq scientifiques. Le camp de Pararé est situé au bord de la rivière Arataye. Il permet l’étude physique et biologique des rivières et des forêts riveraines. Le camp d'Inselberg est situé au pied d'un inselberg, un piton de granit monolithique, dans les montagnes Balenfois.
Un troisième camp, Arataï, est un site éco-touristique à but éducatif. Il est situé à l’entrée de la réserve, dans une zone dédiée à l’accueil du public.
Recherche vignette|Caracara à gorge rouge (Ibycter americanus) sur une branche près du camp de Pararé, avril 2011. La station a pour objet l'étude de la grande forêt primaire de basse altitude, des pinotières (marécages à palmier Euterpe), des forêts de lianes et des cambrouzes (formations à bambous lianescents), ainsi que de l’inselberg proche où des taches de savanes-roches côtoient des forêts basses à myrtacées. La partie centrale de la réserve est sur une zone rectangulaire carroyée de layons qui permettent une étude détaillée de la région.
Histoire vignette|Plaque commémorative du Muséum. En 1976, le site de Pararé est fondé par des zoologistes du Muséum national d'histoire naturelle, Jean-Pierre Gasc, Gérard Dubost et Christian Érard. En 1986, la station devient un site de recherche commun au CNRS, au MNHN et à l’ORSTOM.
En , une équipe mixte identifie le site d'Inselberg. Elle est composée de Jean-Pierre Gasc (MNHN), Pierre Charles-Dominique (CNRS), Daniel Sabatier (ORSTOM), Olivier Tostain (étudiant de l'ENS), Marc Théry (doctorant Paris-VI), Pierre-Michel Forget (doctorant Paris -VI) et deux assistants piroguiers Saramacas. Ils marchent pendant deux journées depuis l'embouchure de la crique Nouragues. Vingt-cinq militaires du 9ᵉ régiment'infanterie de marine défrichent une zone d'atterrissage (DZ) pour hélicoptère et un premier carbet est construit à la tronçonneuse. Le site est opérationnel en 1987.En 1989, la station de recherche, ses deux sites, devient pérenne. Elle entre dans le cadre des activités de l’URA 1183 (MNHN/CNRS), soutenue par le programme Environnement vie et sociétés du CNRS (PIREN) et du département des sciences de la vie du CNRS.
En 1990 est créée une zone d'étude de . Le , elle devient officiellement la Réserve naturelle nationale des Nouragues, sur près de . Son nom vient d'une ancienne tribu amérindienne disparue au XVIIIᵉ siècle. En 1995, la recherche scientifique dans la station fait l’objet d’un film documentaire, réalisé par Jean-François Ternay et Marcel Dalaise. Il est consultable en ligne.
En 1997, la station devient une unité propre de service du CNRS (UPS 656). Le MNHN se retire de l'organisation, mais ses chercheurs continuent d'étudier sur les deux sites.
En juin 2004, la station de recherche est pillée par des garimpeiros, des orpailleurs d'or clandestins. L'équivalent de de matériel est volé. En 2006, Capi et Domingo, deux guides du camp d’écotourisme d'Arataï sont assassinés. Les chercheurs sont évacués en hélicoptère et le camp fermé.
En 2021, la station des Nouragues est régie par le laboratoire Écologie, évolution et interaction des systèmes amazoniens (LEEISA) du CNRS.
Notes et références
Annexes
Bibliographie
Liens externes
Nouragues Catégorie:Base scientifique du CNRS