Le Parti national-socialiste des travailleurs néerlandais () ou NSNAP, est un petit parti nazi néerlandais fondé en 1931 et dirigé par Ernst Herman van Rappard. S’inspirant des mouvements fascistes étrangers, notamment du national-socialisme allemand d’Adolf Hitler, l’organisation ne parvient toutefois pas à acquérir une audience politique significative et fait l’objet de critiques de la part de formations concurrentes, telles que le Mouvement national-socialiste aux Pays-Bas (NSB) et la Ligue fasciste générale néerlandaise, qui lui reprochent notamment son caractère jugé trop modéré au regard des exigences doctrinales du fascismeDavid Littlejohn, The Patriotic Traitors, London: Heinemann, 1972, p. 86.

À l’instar du Parti national-socialiste allemand, le NSNAP met en place ses propres formations paramilitaires, avec un bataillon de troupes d’assaut conçu sur le modèle de la Sturmabteilung, ainsi qu’une organisation de jeunesse inspirée des Jeunesses hitlériennesStanley G. Payne, A History of Fascism 1914-1945, London, Routledge, 2001, p. 302. Il adopte également comme emblème une croix gammée noire inscrite dans un cercle blanc sur fond rouge. À rebours des autres organisations néerlandaises d’extrême droite, qui revendiquent généralement la défense d’un nationalisme et d’un patriotisme spécifiquement néerlandais, le NSNAP préconise l’intégration complète des Pays-Bas au sein du Troisième Reich. Cette orientation annexionniste contribue à son faible enracinement électoral, comme l’attestent les 998 voix obtenues par le parti lors des élections législatives de 1937. À la différence du NSB, le NSNAP fait de l’antisémitisme l’un des axes centraux de son discours et dénonce celui-ci comme une organisation prétendument pseudo-national-socialiste, qu’il présente comme placée sous l’influence des JuifsAlan E. Steinweis, Daniel E. Rogers, The impact of Nazism: new perspectives on the Third Reich and its legacy, U of Nebraska Press, 2003, pp. 49-50.

Van Rappard ne parvient pas à préserver l’unité du parti et, bientôt, trois factions distinctes se réclament de l’appellation NSNAP : l’une est dirigée par le major Cornelis Jacobus Aart Kruyt, tandis qu’une autre se constitue autour d’Albert van Waterland, qui a renoncé à son véritable nom de famille, de Joode, celui-ci signifiant « le Juif ». Ce fractionnement d’un parti déjà numériquement restreint conduit Alfred Rosenberg, qui avait envisagé de soutenir financièrement le mouvement au moyen de fonds allemands, à se désintéresser de l’entreprise. Les trois formations issues du NSNAP voient dès lors leur influence et leur importance politique se réduire.

Le NSNAP ne tire pas parti de l’invasion allemande de 1940, les autorités d’occupation privilégiant Anton Mussert, dirigeant du NSB concurrent, comme principal interlocuteur politique. La branche du parti dirigée par le major Kruyt se rallie par ailleurs au mouvement de Mussert à la fin de l’année 1940Littlejohn, The Patriotic Traitors, p. 100. Le NSNAP cesse finalement d’exister le 14 décembre 1941, lorsque Arthur Seyss-Inquart interdit l’ensemble des formations politiques à l’exception du NSB. Van Rappard étant alors engagé activement dans la Waffen-SS, la majorité des membres encore affiliés au NSNAP se conforme à cette décision et apporte son soutien à Mussert.

Performance électorale Élection Candidat principal Liste Votes % Sièges +/– Gouvernement Ref. 1937 Liste 998 0,0 0

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