Le Comité national pour l'administration de Gaza (CNAG; ) est un organe de transition mandaté par les Nations unies pour gérer les activités quotidiennes de la fonction publique et de l'administration dans la bande de Gaza à la suite de la guerre de Gaza et du plan de paix qui lui est associé. Il est destiné à succéder à l'actuelle administration du Hamas à Gaza. Le CNAG est composé de technocrates palestiniens indépendants et est supervisé par le Conseil de la paix.
Les membres du CNAG ayant été élus et approuvés par les factions palestiniennes, puis soumis à un contrôle de Israël, le comité a officiellement commencé ses travaux en Égypte le , avec Ali Shaath comme commissaire en chef. Toutefois, la prise en charge de facto de la gouvernance de Gaza par le CNAG a été retardée, Israël empêchant les membres du comité d'entrer sur le territoire, tandis que les premiers projets visant à assurer une transition rapide du pouvoir n'ont pas abouti.
En , le Hamas a annoncé la dissolution du Comité d'urgence gouvernemental, affirmant que cette décision visait à permettre au CNAG d'assumer l'administration de Gaza"Hamas dissolves Gaza governing body amid Israel ceasefire, disarmament still a question; The move paves the way for technocratic committee the NCAG to implement civilian rule; Israel said it was a ‘trick' to avoid disarming", South China Morning Post, July 6, 2026, updated July 7, 2026. Accessed July 8, 2026. "Palestinian Islamist movement Hamas announced on Monday the dissolution of the body that has governed the Gaza Strip for nearly two decades, clearing the way for a technocratic committee to implement civilian rule. The move marks a significant political shift by Hamas, which has run Gaza since its fighters seized control from rival Palestinian movement Fatah in 2007 after winning legislative elections the previous year.... 'We hope for the swift entry of the National Committee for the Administration of Gaza, and Hamas affirms its readiness to hand over governmental responsibilities to the committee to ensure its success.'".
Contexte La guerre de Gaza a commencé en à la suite d'une série d'attaques armées coordonnées menées par le Hamas et plusieurs autres groupes militants palestiniens dans le sud d'Israël le . Le président des États-Unis, Donald Trump, a proposé un plan de paix en 20 points fin , qui a été accepté à la fois par le Hamas et par le gouvernement israélien, entraînant l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu dans la bande de Gaza le .
L'idée du CNAG trouve elle-même son origine dans une proposition antérieure de « Comité de soutien communautaire » placée sous l'égide de l'Autorité palestinienne (AP) ; ce projet avait été accepté par les factions palestiniennes lors des discussions interpalestiniennes d'.
Formation Négociations et processus de sélection Le plan de paix pour Gaza, présenté par Donald Trump le , proposait que « Gaza soit gouvernée dans le cadre d'une gouvernance transitoire temporaire par un comité palestinien technocratique et apolitique, chargé d'assurer la gestion quotidienne des services publics et des municipalités pour la population de Gaza ».
Le , le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a déclaré que quinze technocrates palestiniens avaient été choisis pour diriger une administration intérimaire de la bande de Gaza après la guerre. Il a ajouté que la liste avait été approuvée par toutes les factions palestiniennes, y compris le Hamas, et avait été soumise au contrôle d'Israël.
Le , le Hamas a annoncé être disposé à « remettre l'administration de la bande de Gaza à un comité palestinien temporaire composé de technocrates indépendants, qui gérera les affaires de la vie quotidienne et les services essentiels en coopération avec les frères arabes et les institutions internationales ».
Le , le vice-président de l'AP, Hussein al-Sheikh, a déclaré que l'AP et le Hamas étaient convenus que tout futur gouvernement technique palestinien pour la bande de Gaza serait dirigé par un ministre proposé par l'AP, le ministre de la Santé et ancien maire de Gaza, Maged Abu Ramadan, ayant été cité comme candidat potentiel.
La formation du comité a été autorisée par la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies le . La résolution précisait également que les technocrates devaient être originaires de Gaza uniquement et non de la Cisjordanie.
Le , il a été rapporté que l'AP et le Hamas avaient conjointement approuvé une liste restreinte de 40 membres potentiels pour le Comité palestinien et devaient encore s'accorder sur quinze membres à proposer pour le comité.
Lancement et entrée retardée à Gaza La composition du comité a été annoncée le , avec Ali Shaath comme président. La création du comité a été accueillie favorablement par la majorité des factions palestiniennes, dont le Hamas, ainsi que par l'AP et les gouvernements de l'Égypte, du Qatar et de la Turquie. Il a tenu sa réunion inaugurale au Caire, en Égypte, le .
Dans sa déclaration fondatrice, le président Ali Shaath a déclaré que le comité se concentrerait sur l'instauration de la sécurité dans la bande de Gaza et la restauration des infrastructures détruites pendant la guerre, notamment l'électricité, l'eau, les soins de santé et l'éducation.
Le , il a été rapporté qu'Israël avait empêché les membres du comité d'entrer à Gaza, pour des raisons qui n'étaient pas claires. L'Égypte et les États-Unis auraient tenté de faciliter leur entrée. Après la réouverture du point de passage de Rafah le , il a été rapporté que les membres du comité prévoyaient d'entrer dans la bande de Gaza une fois qu'un bâtiment approprié pourrait être préparé pour servir de siège.
Le , un diplomate arabe non identifié a déclaré à The Times of Israel qu'il n'existait désormais plus de calendrier pour l'entrée du CNAG à Gaza, en raison du fait que le comité n'était pas « équipé pour gouverner » et de l'absence d'un « environnement approprié » dans le territoire. Haaretz, citant des « responsables palestiniens et arabes » non identifiés, a affirmé que l'AP et le Hamas, malgré leur soutien public au CNAG , cherchaient à entraver son travail pour leurs propres intérêts ; et que, par ailleurs, les technocrates craignaient d'être pris pour cible par des groupes armés locaux tels que les Popular Forces.
Dans une déclaration publiée le , le Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP) a déclaré que le CNAG avait été ttransformé de fait en « gouvernement en exil » par Israël.
Le , le Hamas a annoncé la dissolution du Comité d'urgence gouvernemental, affirmant que cette décision visait à permettre au CNAG d'assumer l'administration de Gaza. Le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric, a accueilli cette décision sous conditions, déclarant qu'elle devrait contribuer à la mise en œuvre du cessez-le-feu, à la protection des civils et à l'acheminement sans entrave de l'aide humanitaire. Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a déclaré avoir demandé à son cabinet d'avancer vers une décision concernant la reconnaissance de l'État palestinien à la suite de l'annonce du Hamas ; le retrait du Hamas de la gouvernance de Gaza constituait l'une des conditions qu'avait énoncées Prévot pour cette reconnaissance. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa'ar, a qualifié cette annonce de « stratagème » destiné à éviter le désarmement, affirmant que « tant que le Hamas conservera ses armes, tout gouvernement civil opérera bien entendu comme le Hamas le lui dictera ».
Le , le gouvernement israélien a approuvé le début des travaux du conseil dans la bande de Gaza, mais aucune date n'a été donnée pour son entrée effective dans le territoire.
Membres Les membres du comité ont été sélectionnés et approuvés par les factions palestiniennes, notamment le Hamas et le Fatah, et ont été soumis au contrôle d'Israël. Malgré certaines affiliations politiques antérieures, notamment les liens précédents de Shaath avec le Fatah, tous les membres sont actuellement des indépendants et le comité est officiellement présenté comme non partisan.
Au , la composition du comité était la suivante : Commissaire en chef, Ali Shaath Énergie et Transports par intérim, Ali Shaath Agriculture, Abdul Karim Ashour Éducation, Jaber Al-Daour Finances, Bashir Al-Rais Ali Barhoum Santé, Ayed Yaghi Territoire et Logement, Osama Al Saadawi Intérieur, Sami Nasman Justice, Adnan Abu Warda Autorité foncière, Arabi Abu Shaaban Affaires municipales et Eau, Ali Barhoum Affaires sociales et des femmes, Hana Tarazi Affaires religieuses, Rami Halas Communications et Services numériques, Omar Shamali Économie, Industrie et Commerce, Ayed Awni Abu-Ramadan Affaires tribales, Husni Al-Mughni
Objectifs, pouvoirs et limites Shaath a publié une déclaration de mission le , indiquant que le comité se concentrerait sur l'instauration d'un contrôle de la sécurité, la restauration des services essentiels, le maintien de la paix et le redressement de l'économie.
Cependant, dans la pratique, les pouvoirs du comité sont limités aux affaires civiles, et le Hamas continuerait donc à conserver de facto le contrôle sécuritaire de Gaza. Le groupe militant a récemment renforcé sa présence de son côté de la ligne jaune afin de montrer qu'il est le seul à pouvoir aider le comité et maintenir la sécurité. Toutefois, le Conseil de la paix, qui est censé superviser le comité, comprend des personnalités fermement favorables à Israël et souhaite désarmer le Hamas. À la suite d'une réunion du entre Shaath et le membre du BoP Tony Blair, il a été précisé que le CNAG n'aurait aucun rôle dans le désarmement des groupes armés. Une source gazaouie a décrit la situation ainsi : « Shaath a peut-être la clé de la voiture... mais c'est une voiture du Hamas ».
Le comité ne dispose d'aucun pouvoir politique pour représenter les habitants de Gaza ou établir des relations internationales. Il existe en dehors du cadre de l'Autorité palestinienne, qui délivre tous les documents officiels aux habitants de Gaza et gère l'éducation, la santé, l'aide humanitaire et d'autres secteurs dans le territoire à des degrés divers.
Symboles Lors de la cérémonie de signature de la déclaration de mission du comité, le drapeau palestinien était déployé. Le comité avait utilisé plusieurs prototypes de logos différents sur ses profils de réseaux sociaux, dont beaucoup représentaient un phénix renaissant. Un nouveau prototype est apparu le ; il était similaire aux armoiries utilisées par l'Autorité palestinienne, avec un écu en forme de drapeau palestinien soutenu par l'aigle de Saladin. Cependant, dans l'emblème du comité, l'aigle tient un parchemin portant l'abréviation anglaise « NCAG », tandis que dans les armoiries de l'AP, le parchemin porte la mention « Autorité palestinienne » en arabe. L'aigle de Saladin figure également dans les armoiries de l'Égypte et de l'Irak. Le choix du design a été critiqué par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. En réponse aux critiques, le comité a déclaré qu'il testait encore plusieurs concepts visuels. La version finale du logo a été dévoilée le . Elle présente un écu en forme de drapeau palestinien soutenu par l'aigle de Saladin tenant un parchemin portant le nom complet du comité en arabe, entouré de branches d'olivier.
Références
Liens externes National Committee for the Administration of Gaza The World Factbook – Gaza Strip