Ko Shin Moon est un projet musical apparu en 2017, évoluant entre musique électronique, rock psychédélique et musiques traditionnelles. Sa musique associe instruments acoustiques et électroniques, synthétiseurs, boîtes à rythmes, échantillonnage et enregistrements de terrain.

Le projet développe une musique de collage et de réinterprétation, faisant dialoguer des répertoires issus de différentes traditions musicales avec des techniques de production électronique. Cette approche mêle également différentes temporalités, en associant instruments traditionnels, archives sonores et technologies contemporaines.

Sa discographie comprend cinq albums : Ko Shin Moon (2017), 78 Fragments (2019), Leïla Nova (2020), Miniature I & II (2022) et Sîn (2025).

Histoire

Formation et premier album Ko Shin Moon est initié par Axel Moon à son retour d’un séjour de plusieurs années en Inde. Après une formation en ethnomusicologie, il vit plusieurs années dans le pays et étudie au Bengale, à Santiniketan et Kolkata le sitar et le système musical classique hindoustani. De retour en France, il envisage d’abord Ko Shin Moon comme un projet solo lui permettant d’associer les pratiques musicales acquises en Inde à la musique électronique. Il présente le projet au label Akuphone, avant d’être rejoint par Niko Shin.

Axel Moon et Niko Shin réalisent ensemble le premier album du projet, composé, interprété et enregistré dans leur home studio à Samois sur Seine au cours de l’année 2016-2017. L’album éponyme Ko Shin Moon paraît en 2017 sur le label Akuphone. Il associe instruments acoustiques issus de différentes traditions musicales, dispositifs analogiques, arrangements électroniques, échantillonnage et enregistrements de terrain.

78 Fragments En 2019, Ko Shin Moon publie 78 Fragments, un album dont le projet trouve son origine dans une commande de la Bibliothèque nationale de France (BnF) autour de ses collections de disques 78 tours. À partir d’enregistrements anciens, principalement réalisés entre les années 1910 et 1940, le duo réarrange et transforme ces archives sonores en les associant à des synthétiseurs et à différents instruments acoustiques. Les instruments sont notamment accordés en fonction des microtonalités présentes dans les enregistrements originaux.

Leïla Nova En 2020, Ko Shin Moon publie son troisième album, Leïla Nova, sur le label Akuphone. L’album poursuit le travail de collage musical du projet en faisant dialoguer synthétiseurs analogiques et boîtes à rythmes avec des instruments tels que le sitar, le oud électrique et différentes percussions. Les compositions puisent dans des répertoires et des traditions musicales provenant notamment de Grèce, de Turquie, d’Inde, d’Afghanistan et du Proche-Orient, tout en intégrant des éléments de musique psychédélique et électronique.

Miniature I & II En 2020, Ko Shin Moon développe Miniature, une série conçue comme une exploration de répertoires musicaux regroupés par aires géographiques et culturelles. Le premier volet, Miniature I, s’intéresse notamment aux traditions musicales d’Égypte et du Levant, tandis que Miniature II, publié en 2022, explore des répertoires grecs, turcs et kurdes. Le projet associe compositions originales et réinterprétations de morceaux traditionnels, en faisant dialoguer instruments acoustiques, voix, synthétiseurs et boîtes à rythmes.

Les deux volets font intervenir plusieurs artistes invités, parmi lesquels Sara El Rawy, Mouna Hawa, Cem Köklükaya, Mélina Vlachos, Melike Şahin et Ali Tekbaş. Les deux volumes sont réunis en 2022 sur l’album Miniature I & II.

L’identité visuelle de la série est réalisée par l’illustrateur et designer indonésien Kendra Ahimsa, connu sous le nom d’Ardneks. Son travail pour Miniature s’inspire notamment de l’imagerie des estampes et peintures indiennes des XVIIe et XVIIIe siècles. L’illustration de Miniature I est également déclinée en animation pour le morceau « Antelias ».

Parmi les collaborations de Miniature II figure « Isyan », enregistré avec la chanteuse turque Melike Şahin et publié en 2022. Composé par Axel Moon et Niko Shin, sur des paroles de Melike Şahin, le morceau s’appuie sur une phrase mélodique inspirée de l’Épire, région située entre la Grèce et l’Albanie, et l’associe à des arrangements électroniques et des polyphonies synthétiques. Un clip réalisé par Robin Lachenal et Céline Martin-Sisteron est publié en 2023.

Le morceau connaît également une circulation dans le contexte des mobilisations féministes en Turquie : il figure notamment dans une sélection de chansons consacrée à la Marche féministe nocturne du 8 mars publiée par le média turc Bianet.

Développement de la formation scénique À partir de la période Miniature, Ko Shin Moon développe parallèlement une formation scénique élargie. Le duo est rejoint par Lola Warin à la section rythmique et Myriam El Moumni aux guitares et aux machines. Cette configuration en quatuor permet au groupe d’adapter sur scène les arrangements développés en studio et d’accentuer la dimension psychédélique et rock de ses performances.

Sîn Au cours de la tournée de Miniature, Ko Shin Moon recommence à composer de nouveaux morceaux, dont certaines mélodies sont retravaillées au fil des concerts. Ce travail aboutit à Sîn, cinquième album du projet, publié le 17 octobre 2025. L’album comprend dix titres et développe une instrumentation mêlant instruments acoustiques, électriques et numériques.

Le titre Sîn renvoie notamment à Sîn, divinité lunaire de la Mésopotamie, tout en jouant sur le mot anglais « sin ». Le disque est conçu autour de « palimpsestes mélodiques », faisant circuler des références issues de différentes époques et géographies à travers les musiques psychédéliques et électroniques.

L’album comporte plusieurs collaborations vocales, notamment avec Damini Bhatla, Sarah Husein, le projet italien Tuasorellaminore et le chanteur turc Mabel Matiz. Ce dernier intervient sur « Perperişan », publié en single en septembre 2025 avant la sortie de l’album.

En septembre 2025, Ko Shin Moon publie « Perperişan » en collaboration avec le chanteur turc Mabel Matiz. Peu après sa sortie, le ministère turc de la Famille et des Services sociaux demande le blocage de l’accès au morceau, invoquant notamment la protection de la famille, des mineurs, de la santé et de l’ordre publics. Une décision de blocage est ensuite prononcée. Le ministère de l’Intérieur dépose parallèlement une plainte visant Mabel Matiz sur le fondement de l’article 226 du Code pénal turc relatif à l’« obscénité ». Matiz conteste cette interprétation et présente le texte comme une histoire d’amour écrite à partir de métaphores inspirées de la tradition de la littérature populaire.

L’affaire donne lieu à des poursuites contre Mabel Matiz, le parquet requérant jusqu’à trois ans d’emprisonnement. En mai 2026, le chanteur est finalement acquitté, le tribunal estimant que les éléments constitutifs de l’infraction n’étaient pas réunis.

Style musical La musique de Ko Shin Moon repose sur une pratique du collage et de la réinterprétation. Le projet associe des répertoires issus de différentes traditions musicales à des techniques de production électronique, en mêlant instruments acoustiques, synthétiseurs, boîtes à rythmes, échantillonnage et enregistrements de terrain. Cette approche cherche notamment à brouiller les repères géographiques et temporels, en faisant coexister des références musicales anciennes avec des sonorités contemporaines. Les références mobilisées par Ko Shin Moon ne se limitent pas au Moyen-Orient et à la Méditerranée. Selon les albums, le projet puise également dans les musiques du sous-continent indien et d’Asie du Sud-Est, notamment le molam thaïlandais, ainsi que dans des répertoires et sonorités liés au Tibet. Ces matériaux côtoient des traditions turques, kurdes, grecques et arabes, le raï, ainsi que différentes formes de rock psychédélique, de disco et de musique électronique. Le projet fait également appel à des voix et à plusieurs langues : aux collaborations en arabe et en turc s’ajoutent notamment, sur Sîn, des morceaux chantés en français et en italien. Cette diversité participe à la volonté du projet de construire une géographie musicale volontairement difficile à situer, plutôt que de reproduire un répertoire traditionnel particulier.

La méthode de composition évolue également avec la pratique scénique. Alors que les premiers albums reposent davantage sur l’échantillonnage et le travail en studio, Leïla Nova marque une évolution vers des morceaux davantage pensés pour être interprétés en concert. Cette dimension se prolonge avec Sîn, dont plusieurs compositions sont développées et transformées au fil des tournées et des improvisations sur scène.

Concerts et tournées Dès 2018, Ko Shin Moon développe une activité scénique internationale. Le projet se produit notamment en Belgique, en Suisse, en Croatie, au Maroc et en Égypte. La même année, il participe à Nuits Sonores à Lyon, à Atlas Electronic à Marrakech et aux Trans Musicales de Rennes.

Cette première période de tournées est suivie par des invitations dans plusieurs festivals internationaux, parmi lesquels Xarkis à Chypre, Le Guess Who? à Utrecht en 2019 et Eurosonic Noorderslag à Groningue en 2020. Le projet se produit également au Paléo Festival en Suisse.

À partir de la tournée de Miniature, et à la sortie du Covid l’activité scénique du projet s’intensifie. Entre 2022 et 2024, Ko Shin Moon donne plus de cent concerts en Europe, au Royaume-Uni, au Canada, en Afrique du Nord et en Asie. Le groupe se produit notamment aux Francofolies de La Rochelle et au Festival international de jazz de Montréal, ainsi qu’au Winnipeg Folk Festival au Canada, à Beirut & Beyond au Liban, au Magnetic Fields Festival en Inde et au DMZ Peace Train Music Festival en Corée du Sud.

Au fil de ses tournées, Ko Shin Moon se produit ainsi dans plus de vingt pays, en Europe, en Afrique du Nord, au Moyen-Orient, en Amérique du Nord et en Asie. Ses tournées l’amènent notamment en Inde, en Indonésie et en Corée du Sud.

En 2026, cette activité internationale se poursuit avec de nouvelles programmations dans plusieurs festivals européens, notamment à Electric Castle en Roumanie, à Esperanzah! en Belgique et au Lowlands Festival aux Pays-Bas.

Membres La composition de Ko Shin Moon évolue au cours de son histoire. Axel Moon est à l’origine du projet et est rejoint par Niko Shin pour la réalisation du premier album. À partir de la période Miniature, la formation scénique s’élargit avec Lola Warin à la section rythmique et Myriam El Moumni aux guitares et aux machines. À partir de 2024, Niko Shin s’éloigne progressivement de la scène, tandis que la formation live continue d’évoluer avec l’arrivée de Souleimen Belayachi en 2025 puis de Dilan Özsu en 2026.

Discographie

Albums Ko Shin Moon (2017, Akuphone)

78 Fragments (2019 Akuphone)

Leïla Nova (2020, Akuphone)

Miniature I & II (2022, Total Totem)

Sîn (2025, Total Totem)

EP et autres publications Miniature I (2020)

Leïla Nova Remixes (2021)

Miniature II (2022)

Collaborations et remixes Parallèlement à ses albums, Ko Shin Moon participe à plusieurs collaborations et projets extérieurs. En 2018, le projet collabore avec le duo russe Simple Symmetry sur « Halay », publié sur la compilation Princes of Abzu du label français Hard Fist dans une version remixée par Cornelius Doctor.

En 2025, Ko Shin Moon réalise un remix de « Göç / Me » du duo Kit Sebastian. Intitulé « Göç / Me (Ko Shin Moon Remix) », cette version paraît le 7 août 2025 sur le label Brainfeeder.

Références

Liens externes