La famille de Metz est une famille de la noblesse française originaire de Lorraine, anoblie au . Au service des ducs de Lorraine puis de l'administration française, ses membres ont surtout exercé des fonctions de juristes, de magistrats et d'administrateurs. Au , elle a donné un procureur général près la cour de Nancy, fait baron de l'Empire en 1810, un député de la Meurthe et un préfet de la Meuse. Au , la descendance de Victor de Metz-Noblat compte deux généraux et Victor de Metz, président de la Compagnie française des pétroles.

Sa branche cadette, dite de Metz-Noblat, est issue du mariage en 1820 d'Alexandre-Jules de Metz avec Adélaïde Noblat, héritière d'une famille de magistrats de Belfort. Établie à Nancy, cette branche a compté plusieurs membres de l'Académie de Stanislas, parmi lesquels l'économiste Alexandre de Metz-Noblat (1820-1871), l'un des auteurs du « programme de Nancy » en faveur de la décentralisation (1865). Elle compte aussi le prélat Joseph de Metz-Noblat, évêque de Langres puis de Verdun.

Origines et anoblissement La famille est anoblie en la personne de Mathieu de Metz par lettres patentes de René d'Anjou datées du , qui lui concèdent pour armes d'azur à un monde d'or.. Le parchemin original est conservé aux Archives départementales de Meurthe-et-Moselle.. L'inventaire des Archives du Territoire de Belfort la présente comme une ancienne famille lorraine anoblie dès le .. L'Académie de Stanislas la décrit de même comme issue de la Lorraine ducale..

Armoiries Figure Blasonnement 80px|centré Armes de baron sous la Restauration D'azur au monde d'or, cintré du même et sommé d'une croix pattée aussi d'or. Couronne de baron. Supports : deux levrettes. Cimier : une tête de roi couronnée. Armes de baron de l'Empire (1810) D'azur au globe cintré d'or, sommé d'une croix pattée du même et accompagné en flancs de deux étoiles d'argent ; au franc-quartier de baron procureur général brochant au neuvième de l'écu. 80px|centré Armes concédées lors de l'anoblissement (1462) D'azur à un monde d'or. Les lettres d'anoblissement de 1462, conservées aux Archives départementales de Meurthe-et-Moselle (cote 1 J 221), portent des armoiries peintes, reproduites dans le tableau ci-dessus.

Époque ducale : officiers du comté de Salm Au , la filiation suivie de la famille commence avec Claude-Joseph de Metz (1694-1747). Bachelier (1715) puis licencié (1720) en droit de l'université de Pont-à-Mousson, il est avocat à la Cour souveraine de Lorraine et Barrois. Le duc Léopold lui confie en 1723 les offices de lieutenant de la prévôté et de contrôleur de la gruerie du comté de Salm. En 1728, il y ajoute ceux d'assesseur et de garde-marteau de la prévôté et gruerie du même comté. Il épouse Françoise Maget (1696-1779), fille de son prédécesseur dans l'office de garde-marteau.

Son fils Nicolas-François de Metz (1721-1765), docteur en philosophie (1741) et licencié (1745) de l'université de Pont-à-Mousson, reçoit en 1747 du roi-duc Stanislas Leszczynski les offices d'assesseur et de garde-marteau de la prévôté et gruerie du comté de Salm et de Badonviller. Il est ensuite prévôt gruyer du marquisat de Grandseille pour le marquis du Châtelet (1748). En 1751, il devient juge haut officier de la baronnie de Cirey.

Le fils de ce dernier, Nicolas-François de Metz (1751-1825), naît à Badonviller en 1751.. Licencié en droit de l'université de Nancy en 1772, il est avocat au parlement de Nancy, puis procureur général à la chambre des comptes de Lorraine avant la Révolution. Il épouse en 1778 Françoise George (1755-1821), et un arrêt du le maintient la même année dans sa qualité d'écuyer. Initié à la franc-maçonnerie en 1775 à la loge Saint-Jean de Jérusalem de Nancy, il émigre sous la Révolution et sert dans l'armée de Condé, avant de rentrer en France en 1803.

De 1804 à sa mort en 1825, il est procureur général près la cour impériale, puis royale, de Nancy. Il est fait chevalier de l'Empire le , puis baron de l'Empire le . Des lettres patentes du lui confirment ce titre à titre héréditaire. Il est chevalier de Saint-Louis et de la Légion d'honneur.

Il a quatre fils : François-Alexandre-Emmanuel (1780-1840), auteur de la branche aînée ; Victor-Sylvestre (1782-1848), lieutenant-colonel d'artillerie, mort célibataire ; Charles-Nicolas (1788-1821), conseiller-auditeur à la cour royale de Paris, mort célibataire ; Alexandre-Jules (1789-1853), auteur de la branche de Metz-Noblat. Sa fille Gabrielle épouse Antoine Hamberger, capitaine de cavalerie.

Branche aînée : les barons de Metz François-Alexandre-Emmanuel de Metz (1780-1840), fils aîné du précédent, est licencié en droit de l'École de droit de Paris (an X). Il épouse Jeanne-Gabrielle de Klopstein. Premier président de la cour royale de Nancy et membre de la Légion d'honneur., il est député de la Meurthe de 1827 à 1831, où il soutient la Restauration..

Son fils Hyacinthe-François-Joseph, baron de Metz (1824-1889), fait carrière dans l'administration préfectorale. Membre du conseil de préfecture de la Meurthe en 1849, il est ensuite sous-préfet de Châtellerault et secrétaire général de la préfecture du Rhône, poste auquel il est nommé en 1862. Il devient préfet de la Meuse le . Membre de la Légion d'honneur., il épouse le Julie de Guaïta, dont il a deux fils, Emmanuel (né en 1855) et Jean (né en 1856). Tous deux nés à Arcis-sur-Aube, ils sont également membres de la Légion d'honneur...

Ses sœurs épousent, l'une, Amélie, en 1846, M. Chautant de Vercly, colonel d'état-major dans la Garde impériale, l'autre, Clotilde, en 1851, Augustin Génin, inspecteur des forêts. La branche aînée apparaît dans les archives familiales jusqu'en 1914.

Branche cadette : les de Metz-Noblat Formation du nom Alexandre-Jules de Metz (1789-1853), fils cadet de Nicolas-François, est conseiller à la cour royale de Colmar, puis à celle de Nancy. En 1820, il épouse Adélaïde Noblat (1801-1828), fille unique de Marie-Pierre-François Noblat (1754-1816), officier au service du roi puis inspecteur des forêts..

Les Noblat forment une ancienne famille de Belfort. Du au milieu du , ses membres réunissent les principaux offices seigneuriaux du comté de Belfort et plusieurs commissions royales. Le plus connu, François-Bernardin Noblat (1714-1792), grand-père d'Adélaïde, est bailli et prévôt de Belfort et subdélégué de l'intendant d'Alsace. Surnommé le « petit intendant », il est ensuite chargé par le roi de délimiter la frontière de l'Alsace sur le Rhin..

Adélaïde Noblat meurt à Colmar en août 1828. Le nom de Noblat paraissant alors éteint, Alexandre-Jules obtient d'ajouter ce nom à son patronyme, par ordonnance royale du . Il est l'ancêtre de tous les de Metz-Noblat. Sa fille Marie-Adélaïde-Joséphine (née en 1824) épouse en 1844 Jean-Baptiste-Edmond Mathieu de Vienne (1819-1861), avocat et juge à Nancy, l'un des rédacteurs du journal L'Espérance. Veuf, Alexandre-Jules se remarie le avec Marie-Thérèse-Louise Marchal de Champal, cousine de sa future belle-fille Augustine Marchal. De ce second mariage naissent Pauline (née en 1833) et Victor (né en 1835).

Branche de Victor de Metz-Noblat Du second mariage d'Alexandre-Jules naît le Victor de Metz-Noblat (mort en 1901). Les archives familiales conservent les faire-parts du mariage de ses enfants (1895-1913) et du décès de son fils François. Sa fille Marguerite épouse Georges Couderc de Fonlongue. Ses fils portent le nom « de Metz ».

Parmi ses fils : Adalbert de Metz (1867-1946), né à Beauvais, général de brigade de cavalerie et membre de la Légion d'honneur.. François de Metz (1873-1916), né à Nancy, membre de la Légion d'honneur.. Pierre de Metz (1874-1956), né à Saint-Max, général de division et grand officier de la Légion d'honneur..

Parmi les fils d'Adalbert, Victor de Metz (1902-1982), polytechnicien (promotion 1920) et ingénieur du corps des mines, entre en 1928 au service de la Compagnie française des pétroles (CFP). Il la préside de 1945 à 1971. Il est à l'origine du nom commercial « Total », d'abord donné au réseau de distribution de la compagnie.. Son frère Gérard de Metz (1898-1918), également polytechnicien, meurt pour la France en 1918.

Alexandre de Metz-Noblat (1820-1871) Né à Colmar le , Alexandre-François-Dieudonné de Metz-Noblat obtient sa licence en droit à Paris en 1841. Avocat, il ne plaide pas et se consacre à l'économie politique et au journalisme. Proche des catholiques libéraux, il collabore à L'Espérance et au Correspondant. Dans ce dernier, il publie des études sur le libre-échange, les origines du droit de propriété et la misère. Son principal ouvrage est une Analyse des phénomènes économiques en deux volumes (1853), suivie des Lois économiques (1867). À la création de la faculté de droit de Nancy, il est chargé d'un cours d'économie politique.

Élu membre titulaire de l'Académie de Stanislas en 1853, il en est président en 1860. De 1858 à 1861, il préside la Société lorraine des amis des arts. Avec Maurice de Foblant, il fonde un comité d'étude sur la décentralisation, qui se réunit chez lui. Ses conclusions sont publiées en 1865 sous le titre Un projet de décentralisation, connu comme le « programme de Nancy ». Ce programme propose de renforcer la commune, de créer le canton comme échelon administratif, de supprimer l'arrondissement et d'émanciper le département de la tutelle préfectorale. En 1870, Alexandre de Metz-Noblat siège à la commission extraparlementaire de décentralisation réunie par le gouvernement. Les travaux de cette commission inspirent les lois du sur le choix des maires parmi les conseillers municipaux.

Il meurt à Nancy le . Son ami le comte de Ludre lui consacre en 1893 des souvenirs publiés dans les Mémoires de l'Académie de Stanislas. De son mariage en 1849 avec Augustine Marchal (1829-1855), originaire de Ligny-en-Barrois, naissent Antoine et Louise. Louise épouse le juriste messin Louis-Gaston de Faultrier (1840-1874).

Antoine de Metz-Noblat (1850-1914) Alexandre-Marie-Antoine de Metz-Noblat, fils du précédent, soutient sa thèse de licence en droit à Nancy en 1869. Pendant la guerre franco-allemande de 1870, il sert comme garde mobile au siège de Toul, puis est fait prisonnier. Il tente de s'évader de captivité à Breslau et laisse deux récits manuscrits de ces événements. Officier de réserve du service d'état-major, il reste dans la réserve jusqu'à sa démission du grade de capitaine en mars 1914.

Propriétaire du château de Bey-sur-Seille, il est maire de la commune à partir de 1884, mais échoue aux élections cantonales de 1886. Il publie notamment Dix jours en Corse (1886), ainsi qu'une notice sur l'érudit Ferdinand des Robert. Associé de l'Académie de Stanislas en 1880, il en devient membre titulaire en 1881 et y siège jusqu'à sa mort, le .. Il épouse en 1872 Mathilde André de Carcy (née en 1851). Parmi leurs enfants figurent Catherine, épouse de Charles de Lagabbe, Jeanne, épouse d'Henry Chatillon, le poète Alexandre-Marie-Albert et Frédéric, officier au 94 régiment d'infanterie.

Alexandre-Marie-Albert de Metz-Noblat (1876-1908) Né à Nancy le , Alexandre-Marie-Albert de Metz-Noblat entre à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1895, dans la promotion de Tananarive. Sous-lieutenant de cavalerie au 2 régiment de chasseurs d'Afrique à Tlemcen, il doit quitter l'armée en raison de la maladie.. Il se tourne alors vers la poésie, publiée dans Le Correspondant et L'Austrasie. Son recueil À l'ombre des cyprès reçoit en 1905 le prix Stanislas de Guaita de l'Académie de Stanislas, qui l'élit associé correspondant en 1907. Soigné en sanatorium à Davos, il y meurt le .

Henry de Metz-Noblat (1884-1957), petit-fils de l'économiste, est administrateur de sociétés et associé correspondant de l'Académie de Stanislas.. Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, il sert en 1915 comme lieutenant au 226 régiment d'infanterie.. Il est titulaire de la croix de guerre 1914-1918 et officier de la Légion d'honneur.. Il épouse une demoiselle Barbey.