Marcelle Dehareng (1926-) est une syndicaliste belge, secrétaire pour le Comité des femmes au sein de la Confédération internationale des syndicats libres pendant plus de trente ans.
Biographie Marcelle Dehareng naît en 1926 à Liège d'une famille de classe moyenne. Elle travaille en tant que secrétaire dans différentes entreprises puis devient assistante sociale. À 18 ans elle s'encarte au Parti socialiste.
Elle est membre de la Fédération générale du travail de Belgique et de la Fédération internationale des employés et techniciens. Elle vit en concubinage avec un enseignant.
Syndicalisme
Carrière syndicale Le , elle est engagée par la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) en tant que secrétaire du Comité des femmes fondé par la CISL et les Secrétariats professionnels internationaux en . Le Comité cherche à améliorer les conditions de travail et intégrer les femmes au mouvement syndical dans le monde entier. Aux côtés d'Esther Peterson, et Maria Weber, Dehareng met au point les dispositifs de la CISL pour l'éducation des femmes.
À partie de 1957, elle est régulièrement rapporteuse et observatrice pour des réunions de l'Unesco en rapport avec les femmes. Elle rédige des articles pour rendre compte de l'actualité du mouvement ouvrier, et ils sont publiés dans les revues Combat et Éducation ouvrière, par exemple.
En 1969, Dehareng est la première femme à entrer au conseil d'administration de l'Institut international des films du travail. Elle y occupe un siège jusqu'en 1972, date à laquelle elle est remplacée par Adrienne Camusel.
Dehareng travaille pour le Comité des femmes jusqu'à sa retraite, en 1985.
Influence en Afrique
Premiers pas En 1961, Marcelle Dehareng travaille sur un rapport avec un groupe de femmes de la CISL, de l'Organisation internationale du travail et du International Trade Secretariats. Avec notamment Rosa Weber (Autriche), Maria Weber (Allemagne), Lucy Mvubelo (Afrique du Sud), Agnes Adenowo Dina (Nigeria), (Suède), Petronella (Nel) Tegelaar (Pays-Bas), et Elizabeth Johnstone (États-Unis), elle analyse et démantèle les normes discriminantes défendues par la CISL au Tanganyika sur les principes dictés par . Elles parviennent à prouver que les résolutions de Maier représentent une violation des conventions de la CISL, car il recommande une baisse de salaire pour les femmes mariées.
En 1964 Dehareng se déplace à l' pour proposer des cours aux femmes syndicalistes. À son retour, elle rapporte l'enthousiasme des femmes qu'elle rencontre. Malheureusement, à cause de manque de fonds, il est impossible de continuer sur cette voie.
Durant un voyage au Cameroun, elle rencontre un groupe de 300 travailleuses pour qu'elles lui fassent part de leurs problèmes au travail. La délégation de syndicalistes Camerounais, tous des hommes, qui accompagnent Dehareng, entend pour la première fois les revendications de leurs collègues féminines.
Tournée de 1966 En 1966, Dehareng traverse l'Afrique de l'Ouest pour diffuser deux documents du Comité des femmes rassemblant des recommandations pour mieux intégrer les femmes dans le mouvement ouvrier. Elle explique ces résolutions à la télévision, avec des dirigeants syndicaux, des travailleuses et des associations de femmes.
Elle voyage au Ghana pour former et informer les membres du sur la condition féminine. Elle prépare avec eux un programme d'intégration des femmes en leur sein. Trois ans plus tard, une section spécifique aux femmes est créé.
Au Nigéria, Dehareng constate la création du Comité de conseil des femmes dans le Congrès du travail du Nigeria.
Influence en Turquie En 1963, Marcelle Dehareng participe à un séminaire organisé conjointement par la et l'Organisation de coopération et de développement économiques, où elle fait un discours sur les problèmes rencontrés par les femmes au sein du mouvement ouvrier. Par la suite, elle rencontre des femmes syndicalistes à Ankara dans les bureaux de la Confédération des syndicats turcs. En 1968, elle retourne en Turquie puis visite l'Iran, le Liban et la Tunisie pour inviter des syndicalistes à participer à la troisième Conférence sur les problèmes des travailleuses de la CISL à Düsseldorf.
En 1979, la Confédération turque organise un séminaire auquel Dehareng est de nouveau invitée, et où elle présente le travail du Comité des femmes de la CISL. Suite à son discours, un groupe de 70 syndicalistes turques, dont Rahime Akdoğan, lui demandent conseil. Elle les invite à travailler sur la création d'un programme répondant aux problèmes spécifiques rencontrés par les travailleuses turques par secteur. Après le séminaire, ces femmes se rassemblent à Ankara pour rédiger un rapport qu'elles présentent à la Confédération turque. Elles demandent la création d'un Comité des femmes, projet qui est concrétisé en 1981. Rahime Akdoğan est nommée à sa tête.
Articles connexes
Madeleine Colin Simone Troisgros Rose Étienne Andrée Jeanny Notes et références
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