Alfred de la Barre de Nanteuil Le Flô, né le au château du Nec'Hoat à Ploujean dans le Finistère et mort le à Malo-les-Bains dans le département du Nord, est un officier de marine, archéologue et écrivain français. Son nom est inscrit au Panthéon parmi les 560 écrivains morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale.

Biographie

Famille et carrière militaire dans la marine

Alfred Adolphe Pie Joseph de la Barre de Nanteuil né à Ploujean le est le fils aîné du comte Auguste Louis Joseph de la Barre de Nanteuil (1837-1921) et de Caroline Marie Marguerite Émilie Le Flô (1845-1928), fille d'Adolphe Le Flô (1804-1887), général de division, député du Finistère, ministre de la guerre et ambassadeur de France en Russie. Issu d'une ancienne famille normande de vieille noblesse d'épée, il grandit au château du Nec'Hoat où réside sa famille.

Par jugement du tribunal civil de Morlaix en date du , le nom de sa mère, Le Flô, est ajouté à son patronyme.

Admis à l'École navale en , le plus jeune de sa promotion, il est nommé aspirant de 2e classe en et aspirant de 1re classe en . Promu enseigne de vaisseau le , il prend part à la conquête française du Kouang-Tchéou-Wan (1898-1899) sur le cuirassé Vauban et reçoit la la médaille coloniale avec l'agrafe « Tonkin ». De 1900 à 1907, il sert successivement sur le croiseur D'Estrées, l'aviso-transport Manche, les croiseurs cuirassés Gloire, Jules-Ferry et Léon-Gambetta.

Le , il épouse en l'église Saint-Philippe du Roule à Paris Louise de Martimprey (1880-1966), fille d'Edmond de Martimprey (1834-1892), ancien officier d'état-major et député. De cette union naissent quatre filles.

Lors de son séjour en Chine, il a contracté des problèmes de santé qui l'amènent à demander un congé sans solde en 1907. Nommé lieutenant de vaisseau de réserve en 1910, il donne sa démission en pour raisons de santé.

Activités politiques, littéraires et archéologiques

Après son mariage, il consacre son temps aux œuvres sociales et politiques, et à l'étude de l'archéologie. Il développe les syndicats agricoles du Finistère, et fonde un comité de la Croix-Rouge à Morlaix, dont il est président.

Royaliste convaincu, il doit sa conversion à la lecture du Dilemme de Charles Maurras. Pénétré de sa doctrine, il s'en fait l'apôtre et œuvre à propager les idées de l'Action française. Il trouve à la Revue critique des Idées et des Livres une tribune où il peut traiter des questions navales dans leurs rapports avec la politique.

Il suit, comme auditeur libre, les cours de l'École des chartes et publie dans le Bulletin monumental des études archéologiques sur les ruines féodales des châteaux de Tonquédec et de Coatfrec. Nommé inspecteur des Côtes-du-Nord de la Société française d'archéologie, il rédige en 1914 une grande partie du Guide du Congrès archéologique de France, qui se tient à Brest et à Vannes, notamment des monographies sur le château de Brest, les monuments de Morlaix et de Saint-Pol-de-Léon, ainsi que les églises de Guimiliau, Lampaul, Saint-Thégonnec et Pleyben. Le , la Société française d'archéologie lui décerne une grande médaille de vermeil.

Première Guerre mondiale et mort au combat

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate en , la mobilisation le trouve au Nec'hoat, dans la maison familiale. Il est d'abord attaché aux défenses de Brest. Ce poste sédentaire ne convenant pas à cet ancien militaire de carrière, il demande à être envoyé au front et rejoint dans les Flandres la brigade de fusiliers marins de l'amiral Pierre-Alexis Ronac'h.

Il est devant Dixmude, le , comme commandant de la 12 compagnie de fusiliers marins. Dans une lettre à sa famille, il décrit le « beau baptême » du feu « avec des dragées, toute la lyre, balles, shrapnells et surtout les fameuses marmites. Le hasard avait bien fait les choses ». Il relate les conditions de vie dans les tranchées : « On ne se change jamais, on ne se lave jamais, on ne se brosse jamais. Je suis dans la même crasse depuis mon départ de Brest. Je n'ai changé que de chaussettes. Toutes mes idées sur l'hygiène sont renversées, car, en somme, je ne me suis jamais mieux porté ». Sur l'eau disponible : « Il n'y a plus dans le pays que de l'eau infecte. Alors je reste très bien huit jours sans boire, sauf le café ».

Les 2 et , il participe aux attaques du château de Woumen. Dans son journal du 4 novembre, il décrit : « Il pleut. Cinq heures de station sur la route, sac au dos. Boue affreuse. Traversé Dixmude. Vision d'horreur. Désert. Lueurs de pillards. Charognes. Ruines sans nom… ». Le 5 novembre : « Aujourd'hui temps exquis ; du soleil ; tout est calme. Les canaux reflètent les célèbres paysages des maîtres flamands, enveloppés de ouates légères. Les bestiaux qui ont échappé au bombardement ruminent sur les digues. Enfin on respire. On respire !… On est tout heureux de vivre. ». Le 6 novembre : « Nous ne bougeons pas... On nous retire les renforts. Visité l'église de Dixmude et l'Hôtel de Ville. Effroyable ! Tout cela n'est plus qu'une ruine sans nom. Il ne reste pas une maison entière. ».

Le , lors de l'attaque massive par 40000 soldats allemands, Alfred de la Barre de Nanteuil est atteint d'une balle au cou qui touche la moelle épinière. Paralysé, il continue d'encourager ses hommes qui réussissent à l'emporter à l'ambulance, puis, sur son désir, à l'hôpital Villette de Malo-les-Bains pour « mourir en terre de France » le .

Sa citation à l'ordre de la Légion d'honneur à titre posthume en précise les circonstances : « De la Barre de Nanteuil le Flo (A.-A.-D.J.), lieutenant de vaisseau de réserve : grièvement blessé dans la tranchée, le 10 novembre 1914, a gardé son commandement et continué à diriger et encourager ses hommes. Mort des suites de ses blessures ». Il est inhumé au cimetière de Morlaix.

Publications

Distinctions

à titre posthume (JO du )

Hommages

Le nom d'Alfred de la Barre de Nanteuil est inscrit au Panthéon dans la liste des 560 écrivains morts pour la France. Son nom figure sur les plaques commémoratives 1914-1918 de l'église Saint-Philippe du Roule, de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre à Paris, sur le Mémorial de Sainte-Anne d’Auray, l'Anneau de la Mémoire du Mémorial international de Notre-Dame-de-Lorette, sur les monuments aux morts de Ploujean, Morlaix et Meaux, et sur le Livre d'or 1914-1918 du lycée Sainte-Geneviève à Versailles.

Références

Bibliographie

Liens externes

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