Le cinéma amazigh, ou cinéma berbère, désigne l'ensemble des films tournés en langues berbères (amazighes) ou consacrés à la culture amazighe. Apparu en Algérie au cours des années 1990 sous la forme d'un cinéma d'expression kabyle, il s'est progressivement élargi aux autres aires linguistiques berbères, au Maghreb comme dans la diaspora.
Émergence : le cinéma kabyle L'apparition d'un cinéma en langue berbère s'inscrit dans le contexte de la revendication amazighe en Algérie, marquée notamment par le Printemps berbère de 1980 et par la valorisation progressive de la langue kabyle.
Trois longs métrages en langue kabyle, réalisés au milieu des années 1990, sont généralement considérés comme les films fondateurs de ce cinéma : Machaho de Belkacem Hadjadj (1996), La Colline oubliée d'Abderrahmane Bouguermouh (1997), adapté du roman de Mouloud Mammeri, et La Montagne de Baya d'Azzedine Meddour (1997).
Du cinéma kabyle au cinéma amazigh D'abord kabyle, cette production s'ouvre ensuite à l'ensemble des variétés de la langue amazighe : films d'expression chaouie ou touarègue en Algérie, et importante production en tachelhit et en tarifit au Maroc. Les travaux universitaires emploient dès lors l'expression « cinéma amazigh », plus large que celle de « cinéma kabyle », pour rendre compte de cet élargissement.
Institutionnalisation La reconnaissance institutionnelle de ce cinéma passe notamment par le Festival culturel national du film amazigh, créé en 1999 à l'initiative du Haut-Commissariat à l'amazighité (HCA). D'abord itinérant, il se tient successivement à Alger (1999), Tizi Ouzou (2000), Oran (2002), Bobigny (2003), Annaba (2004) et Ghardaïa (2005), avant d'être institutionnalisé par arrêté en 2005, puis fixé à Tizi Ouzou à partir de 2010. Sa principale distinction est l'Olivier d'or..
Réalisateurs Parmi les cinéastes associés au cinéma amazigh figurent Abderrahmane Bouguermouh, Azzedine Meddour, Belkacem Hadjadj et Ali Mouzaoui, auteur de plusieurs documentaires consacrés à des figures de la culture kabyle.
Études Le cinéma amazigh fait l'objet de travaux universitaires, notamment ceux de la chercheuse Frédérique Devaux Yahi et de l'ouvrage collectif Cinémas berbères dirigé par Daniela Merolla, Kamal Naït-Zerad et Amar Améziane. Des journées d'études lui ont été consacrées, notamment à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco).
Notes et références
Bibliographie
Ouvrages . Daniela Merolla, Kamal Naït-Zerad et Amar Améziane (dir.), Cinémas berbères.
Articles connexes Cinéma algérien Langues berbères Berbères Machaho La Colline oubliée La Montagne de Baya
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