De nombreux monuments se trouvent dans la ville de Trieste.
Monuments
La ville s'organise autour du port, du Grand Canal et de la place centrale ouverte sur la mer, appelée piazza Unità d'Italia.
Les restes de la présence romaine sont visibles avec le théâtre romain qui pouvait accueillir et l'arc de Ricardo datant tous deux du , le forum romain avec vestiges d'une basilique civile, ainsi que les restes de deux aqueducs romains dont le plus long mesurait , ainsi qu'un lapidarium.
Parmi les principaux lieux de culte de la ville se trouvent la cathédrale catholique de San Giusto, la basilique de San Sivestro, l'église catholique Santa Maria Maggiore, l'église catholique Sant'Antonio Taumaturgo, le temple luthérien, l'église orthodoxe serbe San Spiridone et l'église orthodoxe grecque San Nicolò, ainsi que la synagogue de Trieste qui est l'une des deux plus grandes d'Europe.
La ville présente aussi de belles places, parcs et jardins, palais, théâtres, villas, fontaines et monuments divers, ainsi que plusieurs châteaux.
Piazza Unità d'Italia
La Piazza Unità d'Italia est la place principale de Trieste autour de laquelle toute la vie de la ville s'organise. Appelée à l'origine Piazza San Pietro ou Piazza Grande, puis Piazza Francesco Giuseppe (du nom de l'empereur François Joseph d'Autriche), elle prit le nom de Piazza Unità d'Italia en 1918 à la suite du rattachement de Trieste à l'Italie. Elle se trouve au pied de la colline de San Giusto, entre le quartier construit par l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche (Borgo Teresiano) et le quartier construit à l'époque de l'empereur Joseph II de Habsbourg-Lorraine (Borgo Giuseppino). La place planifiée dès 1788 par l'architecte Domenico Corti, de plan rectangulaire est encadrée de nombreux édifices publics et palais. De par sa superficie () elle est la plus vaste place d'Europe qui s'ouvre sur la mer. Elle est prolongée par un quai au nom célèbre : le Molo Audace. vignette|La fontaine des Quatre Continents sur la piazza Unità d'Italia. Sur la place se trouve fontaine monumentale construite de 1751 à 1754, appelée la fontaine des Quatre-Continents (ainsi que Fontana del Mazzoleni). Deux autres fontaines bordent le palazzo du Lloyd Triestino construit de 1881 à 1883 et représentent les déesses Thétis (œuvre du sculpteur Giuseppe Pokorny) et Vénus (œuvre du sculpteur Ugo Haedti). À noter sur la place la présence d'une colonne dédiée à l'empereur Charles VI, consécutive à sa visite du . La statue de pierre blanche qui surmonte la colonne et le représente depuis 1754 est une œuvre du sculpteur Lorenzo Fanoli.
Molo Audace En 1740 s'échoua au fond du port de Trieste le navire San Carlo, épave qui fut aussitôt utilisée pour la construction d'un nouveau quai construit de 1743 à 1751. Ce quai porta le nom du navire San Carlo. À l'origine, le quai ne mesurait que de long et fut peu à peu allongé au cours du temps pour atteindre la longueur actuelle de . À la fin de la Première Guerre mondiale, le , le premier navire de la marine italienne à rentrer dans le port de Trieste et à s'amarrer au quai fut L'Audace. On donna le nom de l'Audace au quai (Molo Audace) et sur une petite colonne de pierre blanche on érigea une rose des vents en bronze avec épigraphe en souvenir de cet événement. L'Audace est toujours exposé à la base du phare de la Victoire (Faro della Vittoria). De nos jours le Molo Audace qui forme une véritable place sur la mer, est devenu un lieu de promenade privilégié des Triestins et prolonge de façon harmonieuse la perspective de la piazza Unità d'Italia.
Le Grand Canal (Canal Grande)
Creusé de 1754 à 1756 à l'emplacement d'anciens marais sur un projet de l'architecte vénitien Matteo Pirona, il permettait aux navires d'entrer au cœur de la cité. Il se situe au cœur du Borgo Teresiano, quartier construit sous l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche. À l'origine sa longueur arrivait jusqu'à hauteur de l'église Saint-Antoine-le-Thaumaturge. Cette dernière partie fut comblée pour permettre la construction d'une place. De nos jours la construction d'un pont fixe appelé Ponterosso et qui donne le nom au quartier, ne permet plus aux voiliers d'aborder. Seules de petites embarcations y ont accès. Sur ses rives s'élèvent l'église San Spiridone ainsi que les palais : le Palazzo Carciotti (1805 - architecte Matteo Pertsch) siège de la capitainerie du port de Trieste, le Palazzo Genel (1873 - architecte Domenico Monti), le café historique Stella Polare, le Palais Gopcevich, aujourd'hui musée (1850 – architecte Giovanni Andrea Berlam), le Palais Aedes appelé aussi le « gratte-ciel rouge » (1928 - architecte Arduino Berlam). À noter aussi sur l'un des ponts construit en 1832 du Canal Grande appelé Ponterosso, la statue en bronze de l'écrivain James Joyce (1882-1941) qui habitait le quartier. Au bord du Canal Grande, sur la petite place homonyme appelée Piazzetta Ponterosso se trouve une belle fontaine avec une statue, construite en 1753 par MazzoleniGuida storica del porto vecchio di Trieste, éd. Italo Svevo, 2009.. Cathédrale catholique de San Giusto
vignette|La cathédrale San Giusto.Elle se trouve située sur la colline homonyme. Elle présente le plan d'une basilique paléochrétienne à cinq nefs, avec presbytère en abside et sol en mosaïques. Quelques vestiges antiques sont insérés dans la construction. Elle a été construite au sur le site d’une basilique civile et d’un ancien temple romain dédié à la triade Jupiter, Junon et Minerve. Au cours des siècles l'église primitive à trois nefs a subi de nombreux et substantiels changements pour des raisons inconnues de nous. Une première restauration a lieu en 547 par le premier évêque de Trieste connu répondant au nom de Frugifero. Deux autres édifices religieux lui ont été rajoutés : une petite cathédrale dédiée à la Vierge puis au , la chapelle destinée à recueillir les reliques de saint Juste (san Giusto). Des trois nefs de l'ancienne cathédrale, ne subsiste aujourd'hui que la nef centrale le long de laquelle il y a deux rangées de colonnes d’origine byzantine. Du presbytère subsiste la magnifique mosaïque du représentant le Christ, saint Giusto et saint Servolo, œuvre probable de maîtres originaires de Vénétie, ainsi qu’en abside la chapelle dédiée à saint Apollinaire. À noter également un baptistère d’origine romane. La nef de la cathédrale actuelle vit le jour au , à la suite de la fusion de l'ancienne cathédrale et de la chapelle par la volonté de l’évêque Roberto Pedrazzani de Robecco. Le bâtiment est orné d'une magnifique rosace gothique en calcaire triestin, insérée dans le grès de la façade. Le clocher est construit sur un propylée du et comporte divers vestiges antiques. Une statue de saint Juste y figure en bonne place. Le clocher de San Giusto et ses cloches ont été longtemps un symbole irrédentiste pour les patriotes de toute l’Italie. Une célèbre chanson italienne porte le nom « les cloches de San Giusto » et a été interprétée notamment par Luciano Pavarotti. La cathédrale a le statut de basiliqueFriuli - Venezia Giulia, Guida Artistica, Pro Loco, Institut géographique De Agostini, Udine, 1990.. L'homme politique français Fouché, « régicide » de Louis XVI, « conventionnel » en mission de répression à Moulins et Nevers en 1793 et ministre de la police de Napoléon et, brièvement, du roi Louis XVIII, y a été inhumé dans la crypte à son décès à Trieste en exil, en 1820. Il fut plus tard inhumé en 1875 par son fils à Ferrières (Seine-et-Marne).
Église serbo-orthodoxe Saint-Spyridon vignette|L'église serbe orthodoxe Saint-Spyridon-le-Thaumaturge. Cette caractéristique église serbe de rite orthodoxe est consacrée à saint Spyridon le Thaumaturge et est également dénommée chiesa degli Schiavoni (église des Slaves). Elle a été érigée le long du Grand Canal sur les fondations d'une église orthodoxe préexistante du qui était indifféremment utilisée par les communautés orthodoxes grecques ou serbes. Le projet de l'édifice actuel fut réalisé par l'architecte milanais Carlo Maciacchini, entre 1861 et 1868, sur commande de la communauté orthodoxe serbe. L'édifice peut accueillir . L'église présente, selon la tradition orientale, un plan en croix grecque, surmonté de cinq coupoles d'un bleu azur caractéristique. La pierre utilisée est d'origine locale, sauf les colonnes réalisées en marbre de Vérone et les corniches faites de marbre de Toscane. La façade est recouverte de mosaïques. L'intérieur est richement décoré de peintures et de fresques mais ce qui domine l'ensemble, c'est une prestigieuse iconostase faite de bois massif sculpté. Quatre icônes représentent la Vierge Marie, Jésus, saint Spiridon et l'Annonciation. Elles furent réalisées à Moscou et sont recouvertes d'or et d'argent. À noter le grand candélabre d'argent offert à la communauté orthodoxe serbe en 1782 par le futur tsar Paul de Russie, lors de son passage à Trieste.
Basilique catholique Santa Maria Maggiore (Sainte-Marie-Majeure, dite dei Gesuiti - des Jésuites) vignette|La basilique Santa Maria Maggiore. C'est l'une des grandes églises de Trieste, construite de 1627 à 1682 en style baroque, surplombant la scénique Scalinata delle Medaglie d’Oro. Sa façade est attribuée à l'architecte jésuite Andrea Pozzo (1647-1709). Son plan librement inspiré de celui de l'église du Gesù de Rome est celui d'une vaste croix latine. La basilique est divisée en trois nefs par deux rangées de piliers. La nef centrale est surmontée d'une vaste coupole. Le transept gauche abrite un autel dédié à et celui de droite, un autel dédié à saint François Xavier, à la fois le fondateur et l'un des premiers disciples de l'ordre des jésuites. L'un des autels majeurs est dédié au Christ crucifié. D'autres autels historiques ornent l'église comme celui offert par le baron Pasquale Revoltella et dédié à la Madone des Grâces. Une des chapelles de droite est dédiée à la Madonne della Salute, le tableau qui s'y trouve est attribué au peintre Sassoferrato ou à son école. L'autel majeur de la chapelle est consacré à la Madonne della Salute et reste un lieu de pèlerinage privilégié des Triestins. Cette dévotion se rattache à la fin d'une épidémie de choléra survenue en 1849 et Trieste fête depuis la Madonne della Salute le . Les grandes orgues de la basilique ont été restaurées en 2009. Dans la basilique repose également la dépouille du bienheureux Monaldo de Capodistria, décédé en 1278. La basilique est aussi connue pour ses souterrains.
Église orthodoxe Saint-Nicolas des Grecs (San Nicolò dei Greci)
vignette|Iconostase de l'église Saint-Nicolas des Grecs. Érigée en 1786, l'église orthodoxe Saint-Nicolas des Grecs a été rénovée par l'architecte Matthias Pertsch en 1819. Elle se présente comme une construction avec deux campaniles et héberge une importante iconostase.
Basilique paléochrétienne Saint-Sylvestre (San Silvestro) du culte réformé Le temple protestant de Trieste est établi depuis 1785 dans une modeste basilique paléochrétienne, à l’ombre de la grande basilique baroque de Santa Maria Maggiore. De style antique, elle a été restaurée en 1927 et libérée de ses ornements baroques. Elle était considérée jusqu'à la découverte d'une autre basilique paléochrétienne via del Mare dans les années 1960, comme le plus ancien lieu de culte de Trieste.
La tradition rapporte qu'elle fut érigée sur les fondations de la maison natale de deux martyres (en 254) : sainte Thècle et sainte Euphémie. Elle fut plus tard dédiée à saint Sylvestre, pape à l'époque de l'empereur Constantin le Grand. Elle a conservé son aspect antique primitif, malgré l'ajout de baies gothiques à côté du clocher dans sa structure romane du . En raison de ses caractéristiques remarquables, elle est classée comme monument national.
La petite basilique Saint-Sylvestre abrite de nos jours la communauté réformée (calviniste), réunissant la communauté de confession helvétique et de l'Église évangélique vaudoise. Monastère San Cipriano