Le mouvement social contre la réforme des retraites en France de 2023 s'est traduit par quatre mutilations de manifestants, victimes de charges , pressions et intimidations diverses, tout comme les élus et journalistes, mais aussi des milliers de feux de poubelles, qui débutent place de la Concorde à Paris, le jour de l'annonce inattendue du recours au 49.3, amenant le sénateur LR Stéphane Le Rudulier à effectuer une avec les manifestations antiparlemenataires du 6 février 1934, qui avaient fait 19 morts et plus de au même endroit, dans le sillage de l'affaire Stavisky. Elle est jugée le lendemain par Le Figaro, qui cependant dénonce « des scènes de violence et de chaos dans plusieurs villes »"Retraites : des scènes de violence et de chaos dans plusieurs villes de France après l'adoption définitive du texte" par Eloi Passot dans Le Figaro le 21 mars 2023, puis une semaine après l'l'incendie du portail de la Mairie de Bordeaux. C'est le moment où des centaines d'arrestations préventives sont opérées, le ministre de l'intérieur, voulant garantir le « bon déroulement des manifestations », en brandissant « une tolérance zéro zadisation ». Le quotidien Libération estime au contraire qu'il alimente « la tension » et fait œuvre de « diversion » pour détourner l'attention de la question sociale. Gérald Darmanin a de la question des retraites selon le député (PS) du Nord, Roger Vicot. L'écologiste Sandrine Rousseau accuse Emmanuel Macron de « chercher l'incident » et Nicolas Dupont-Aignan le juge « incendiaire »L’Humanité, citée dans un article du journal belge Le Vif .
Quand début avril Gérald Darmanin parle encore de « terrorisme intellectuel » d'une « extrême-gauche », pour qui , plusieurs personnalités de la majorité prennent leurs distances, dont Clément Beaune, ministre des Transports ou Pascal Canfin, qui voit dans ce discours une « stratégie de la tension » portant le risque de faire . « Quand on charge à l’aveugle une manifestation, on ne s’attaque pas à l’ultragauche » a souligné le député (PS) du Nord, Roger Vicot, lors de l’audition du ministre à l'Assemblée nationale, en dénonçant que depuis quelques jours.
À droite, le député LR Aurélien Pradié a estimé que le ministre de l'Intérieur fait et que les subventions publiques versées à la Ligue des droits de l'Homme (LDH), qu'il a semblé vouloir remettre en cause, ne doivent pas dépendre du .
Le sociologue Philippe Corcuff avait dès février observé « une tactique du gouvernement », consistant à entretenir la . Selon L'Humanité « un narratif alimenté par le gouvernement » sur le thème de la « violence » s'était déjà en février « imposé peu à peu dans les médias » voulant que le débat ait été particulièrement « violent » à l'Assemblée nationale. Le député Thomas Portes est notamment la cible de critiques pour avoir le partagé une photo où il demande au ministre du Travail de retirer « [sa] réforme » tout en posant son pied sur des portraits de lui, collés sur un ballon de football puis sanctionné d'une exclusion de 15 jours de séance.
Gardes à vue et emprisonnements abusifs, remises en liberté vignette|Rassemblement nocturne le 16 mars au soir à Nantes. Une habitante du Pas-de-Calais, placée en garde à vue le par trois policiers venus l'arrêter à son domicile pour une publication Facebook qualifiant Emmanuel Macron d'« ordure », a suscité une multitude d'indignations, par la disproportion des moyens employés"Valérie poursuivie pour avoir écrit «Macron ordure» : des juristes pointent une garde à vue «illégale» et une plainte «irrecevable»", par Alexandre Horn pour la rubrique CheckNews de Libération le 30 mars 2023 .
Plusieurs centaines de personnes avaient auparavant été arrêtées en France annoncé le , observe France Télévisions six jours après : 292 personnes sont ainsi placées en garde à vue dans la soirée du à Paris, selon le parquet de Paris, dès le rassemblement spontané improvisé place de la Concorde, l'après-midi de l'annonce du recours au 49.3. Finalement, seules neuf de ces 292 gardes à vue ont donné lieu à un déferrement à la justice, notamment pour un rappel à la loi, selon la même source .
Malgré des remises en liberté quasiment générales, le ministère de l'Intérieur continue à communiquer des sur le nombre d'interpellations, le samedi puis le lundi . Au total, 790 personnes sont interpellées à Paris du 16 au .
Mediapart a relaté la surprise d'une artiste arrêtée avec trente autres personnes alors qu'elle sortait de son cours de sport, avec le mail de réservation dans son téléphone, gardée à vue la nuit entière, alors que les CRS s’excusaient gentiment, lui disant . L'AFP a raconté la relaxe à l'audience, sous les applaudissements d'une centaine de personnes, d'une libraire, après deux jours de garde à vue et deux d'emprisonnement à Fleury-Mérogis, accusée d'et d’un masque de ski, sur la base du témoignage d'un seul policier, mais reconnaissable sur une photographie d'agence de presse, lors de son arrestation, au sol après sa chute lors d'une charge de police, où on la voit "En comparution immédiate, quelques voleurs et une poignée de manifestants", compte-rendu d'audience, le 27 mars, par Alain Jean-Robert, pour l'AFP. Parmi ces gardes à vue « préventives », un réfugié politique tchadien victime d'une longue litanie de menaces, propos humiliants, insultants et racistes et coups, par plusieurs policiers de la BRAV-M le sera aussi relaxé, puis à nouveau placé en garde à vue trois semaines après, cette fois 48 heures, mais à nouveau innocenté et relaxé.
Selon son avocat Arié Alimi, saisi par une dizaine d'autres gardés à vue, ces arrestations ont essentiellement eu lieu policières, pratique consistant à barrer toutes les rues puis encercler progressivement un grand nombre manifestants, technique jugée illégale par le Conseil d'État en , en . Depuis, une nouvelle version du schéma national du maintien de l'ordre (SNMO), instituée en , n'autorise ces nasses que pour , mais ces notions de sont en jugées par Raphaël Kempf et Alice Becker, d'un collectif informel d’avocats, le Conseil d'État devant se prononcer sur un nouveau recours de Claire Dujardin, présidente du Syndicat des avocats de France (SAF), classé à gauche, qui dénonce un et de faire . Le Défenseur des droits, autorité administrative indépendante, le Syndicat de la magistrature et Amnesty International expriment aussi leurs inquiétudesArticle de Sophie Cazaux sur BFM TV , l'ONG internationale s’alarmant du .
De son côté, Grégory Joron, secrétaire général du syndicat SGP Police a estimé qu'il pouvait y avoir aussi , préventives ou non, de .
Observant pour sa part des vitres d'Abribus cassées et des poubelles brûlées, le préfet de police Laurent Nuñez souligne dans les médias le caractère de ce qui n'a rien de , mais la presse rappelle que d'après la loi, soit une manifestation est interdite par la préfecture, soit elle est de fait autorisée, spontanée ou pas, et que le tribunal administratif a donné raison aux organisateurs de celle du , place de la Concorde, d'abord autorisée puis contestée après coup par la préfecture, bien que la loi prévoit délai minimal de 3 jours avant.
Saisie par des associations indignées par une publication trop tardive ou « en catimini » des arrêtés d'interdiction, la justice ordonne au préfet de le faire .
Par un autre recours devant le Conseil d'État, Raymond Avrillier, ex-maire adjoint écologiste de Grenoble, fait condamner la déclaration du ministre de l’Intérieur qualifiant toute participation à une manifestation non déclarée de méritant une . Son avocat Jérôme Karsenti y dénonçait une décision administrative qui vaut consigne aux policiers mais . Dans sa décision, le Conseil d'État déplore le « caractère erroné » de la déclaration de Gérald Darmanin.
Violences policières au cours des manifestations Mutilés Malgré un total de cinq manifestants mutilés, dont quatre dans les cortèges, en plein jour, et trois le , le nombre total de blessures graves causées par la police n'est pas répertorié par le gouvernement, qui ne communique que sur le nombre total de blessés dans la police. Trois des cinq mutilés ont perdu un testicule, dont deux par des tirs de LBD et un par un coup de matraque, une a eu le pouce arraché et le cinquième a perdu un œil. Tous les cinq se sont déclarés non-violents.
Dès la première manifestation le , un photographe espagnol est hospitalisé puis amputé d'un testicule. La presse publie photos et vidéos le montrant matraqué à terre à l'entrejambe au milieu de manifestants à visages découverts, alors qu'il brandissait son appareil photo, après une charge de police sur le boulevard à Paris. Son avocate Lucie Simon annonce qu'il porte plainte. Il ne présentait aucun danger, a rapporté l'ONG Amnesty International. De nombreuses autres ONG, l'ONU et le Conseil de l'Europe. ont dénoncé les brutalités policières. Human Rights Watch a critiqué . , a dénoncé le le président de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH), Patrick Baudouin. La presse francophone suisse y a consacré la première des articles.
Enzo Merian, 22 ans, en formation de chaudronnier soudeur à Vitré touché le à Rennes par un tir de LBD aux parties génitales, après avoir été aspergé par un canon à eau, n'était pas . Aidé sur une dizaine de mètres par un autre manifestant, il s'écroule devant les militants bénévoles fournissant les premiers secours et portera plainte car .
Dans cette ville, les responsables des principaux syndicats d'Ille-et-Vilaine, reçus dès le lendemain à la préfecture, se sont plaints d'une . En sortant, ils ont affirmé qu'un canon à eau avait, ce même , délibérément visé le service d'ordre et les secrétaires généraux réunis derrière la banderole de tête. À Nantes, des violences similaires causant un blessé avaient déjà été dénoncées cinq jours plus tôt le alors que la tête du cortège n'avait pas atteint le lieu de dislocation de la manifestation. Le aussi, une grenade de désencerclement a touché vers 13 heures à Rouen une ligne de manifestants pacifistes, comportant des personnes âgées et des familles, causant onze blessés. L'explosion d'une autre a arraché le pouce d'une jeune femme, lui faisant perdre connaissance. Deux heures plus tard, à Paris, un militant du syndicat SUD Rail travaillant aux ateliers de réparation SNCF de Villeneuve-Saint-Georges a perdu un œil, victime d'un éclat de grenade en plein jour, dans le cortège officiel, à deux stations de métro de l'arrivée de la manifestation. Tout près, rue Montmartre, et quasiment au même moment, une vidéo du journaliste indépendant Amar Taoualit, vue plus de 2 millions de fois en 24 heures, a montré des policiers chargeant de nombreux manifestants pacifiques au milieu de la chaussée, immobiles et souvent assis, en les couvrant indifféremment de coups de matraques, sans chercher à interpeller personne.
La semaine suivante à Strasbourg, le responsable départemental de la CGT a diffusé une vidéo montrant un cordon du service d'ordre groupé et immobile se faire copieusement matraquer et asperger de gaz lacrymogène. Les députés strasbourgeois Emmanuel Fernandes et Sandra Regol ont écrit à la préfète du Bas-Rhin Josiane Chevalier : ont subi dans le cortège , selon leur courrier.
Dans son interview télévisée du , Emmanuel Macron avait d'avance "Sebastian Roché : «Une police violente menace l'intégration politique des jeunes», article par Clémence Mary dans Libération le 23 mars 2023 , estime le quotidien Libération, cependant au , selon Sebastian Roché. À Nantes, où plusieurs centaines de personnes ont participé, un homme de 37 ans, subit dans la nuit l’ablation d’un testicule, touché vers 22HH par un tir de LBD à l’entrejambe.
Pétition contre la BRAV-M vignette|Slogan hostile à la BRAV-M tagué pendant la manifestation parisienne du .