Le camp de Vojno était un lieu de détention administré par le Conseil de défense croate (HVO) dans le village de Vojno, près de Mostar, pendant la guerre de Bosnie-Herzégovine. Il s'inscrit dans un réseau de centres de détention où des milliers de Bosniaques de la région de Mostar sont soumis à des mauvais traitements, à des violences sexuelles et à des meurtres.

Camps Le camp de Vojno a fonctionné au moins de juillet 1993 à avril 1994.

Les conditions de détention au camp de Vojno sont éprouvantes et insalubres : surpopulation, insuffisance de nourriture et d'eau, mauvaise ventilation et installations sanitaires précaires.

Les hommes bosniaques détenus au camp sont soumis quotidiennement à des sévices physiques et psychologiques. Les membres du HVO les frappent notamment à coups de poing, de pied, de matraque en caoutchouc et avec divers objets en bois. Les détenus subissent également des décharges électriques, sont parfois contraints de se frapper entre eux et sont soumis à d'autres mauvais traitements et humiliations. Ils sont aussi forcés d'assister à l'exécution sommaire d'autres détenus. Au moins treize hommes bosniaques sont tués durant leur détention au camp et de nombreux autres sont blessés.

Les détenus bosniaques de Vojno, ainsi que ceux du camp de Heliodrom qui sont régulièrement transférés à Vojno, sont astreints à des travaux forcés dans la zone de Vojno. Ils doivent notamment construire des fortifications, creuser des tranchées, transporter des munitions pour les soldats du HVO et récupérer des soldats du HVO tués ou blessés, souvent à proximité de la ligne de front et sous le feu. Au moins trente-neuf détenus affectés à ces tâches sont tués ou blessés.

Environ cinquante femmes et filles civiles bosniaques, accompagnées de leurs jeunes enfants, sont détenues à Vojno entre approximativement et . Elles sont détenues sans qu'un examen sérieux de leur statut soit effectué ni qu'une distinction soit établie entre civils et militaires. Des soldats du HVO violent et agressent sexuellement à plusieurs reprises des femmes et des filles détenues au camp. Ces violences sont souvent accompagnées de coups ou de menaces de tuer leurs enfants en cas de refus. Les enfants bosniaques détenus au camp sont soumis à des traitements cruels, à la faim et à la séparation d'avec leur mère, ce qui leur cause des souffrances physiques et des traumatismes.

Jugements Les principaux dirigeants de la Herceg-Bosna — Jadranko Prlić, Bruno Stojić, Slobodan Praljak, Milivoj Petković, Valentin Ćorić et Berislav Pušić — ont été reconnus coupables de crimes contre l'humanité, d'infractions graves aux Conventions de Genève et de violations des lois ou coutumes de la guerre. Leurs procès devant le TPIY portent notamment sur les crimes commis contre les Bosniaques détenus dans les centres administrés par le HVO, dont celui de Vojno.

Marko Radić, Dragan Šunjić, Damir Brekalo et Mirko Vračević sont reconnus coupables, en tant que membres du HVO, d'avoir participé aux tueries, aux mauvais traitements, aux viols, aux détentions illégales et aux meurtres de Bosniaques détenus. Le Tribunal d'État de Bosnie-Herzégovine condamne Marko Radić à vingt-cinq ans de prison, Dragan Šunjić à vingt et un ans, Damir Brekalo à vingt ans et Mirko Vračević à quatorze ans. En appel, leurs peines sont respectivement réduites à vingt et un, seize, vingt et douze ans de prison.

Nedžad Tinjak, Jure Kordić et Dražan Lovrić, anciens membres du Conseil de défense croate (HVO), ont été reconnus coupables d'avoir participé à l'enlèvement et à la détention illégaux de civils bosniaques de la région de Mostar, ainsi qu'à des traitements inhumains infligés à des civils et au viol de détenus au camp de Vojno.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Camp de l'Heliodrom Camp de Dretelj Guerre de Bosnie-Herzégovine

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