Henry Albert Marie Angier de Lohéac, généralement appelé Henry Angier, né le à Plérin et mort le dans le de Paris, est un médecin français de la Marine et des troupes coloniales.
Établi en Indochine française à la fin du , il exerce dans plusieurs hôpitaux du Cambodge et de la Cochinchine avant de fonder en 1908 la clinique Angier, l'un des principaux établissements médicaux privés de Saïgon durant l'entre-deux-guerres. Il est également l'auteur de manuels médicaux destinés aux personnes exerçant dans les territoires coloniaux dépourvus de médecin.
Biographie
Origines et formation Henry Albert Marie Angier de Lohéac naît le à Plérin, alors située dans le département des Côtes-du-Nord.
Après des études de médecine, il entre dans le service de santé de la Marine. Au cours de sa carrière, il effectue plusieurs voyages outre-mer, qui le conduisent notamment en Asie du Sud-Est.
Carrière en Indochine En 1897, Henry Angier est affecté à l'hôpital de Phnom Penh, au Cambodge. Il exerce ensuite à l'hôpital de Mỹ Tho, en Cochinchine, puis rejoint en 1898 l'hôpital civil de Chợ Quán, à Saïgon. Le document reproduit notamment la notice consacrée au médecin dans ..
Médecin de première classe des colonies, il acquiert une réputation de chirurgien et d'obstétricien. Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur au titre du ministère des Colonies le janvier 1899 ; ..
Après un séjour en France en 1906, il retourne en Cochinchine l'année suivante.
Clinique Angier
Fondation En 1908, dans le contexte de la politique anticléricale menée sous la Troisième République, les religieuses de la congrégation des Sœurs de Saint-Paul de Chartres sont écartées de plusieurs établissements hospitaliers publics de Saïgon.
Henry Angier quitte alors le service de santé colonial et fonde une clinique privée destinée notamment à accueillir certaines de ces religieuses. Celles-ci assurent une partie des soins infirmiers et de l'administration de l'établissement. La clinique est installée rue Rousseau, à proximité du jardin botanique de Saïgon.
L'établissement prend le nom de son fondateur et devient couramment connu sous celui de « clinique Angier ».
Activités médicales La clinique comprend des services de médecine, de chirurgie et d'obstétrique. Elle possède des sections distinctes pour les hommes, les femmes et les patients alors qualifiés d'« indigènes » par l'administration coloniale..
Angier y exerce principalement la chirurgie et l'obstétrique. Une notice publiée en 1943 lui attribue plus d'un millier d'accouchements pendant sa carrière à Saïgon.
Au fil des années, plusieurs médecins rejoignent l'établissement. Dans les années 1920 et 1930, son équipe comprend notamment Jean Roton, Albert Vielle, Raymond Couput, Emmanuel Laimé et Jacques Maire. Albert Vielle, ancien interne des hôpitaux de Paris, arrive à Saïgon en 1920 afin de renforcer l'équipe médicale..
La clinique reçoit aussi bien des Européens que des Vietnamiens, suivant toutefois une tarification différenciée caractéristique du système colonial. En 1933, le tarif annoncé est de sept piastres par jour pour les patients européens et de trois piastres et demie pour les patients vietnamiens. Les forfaits d'accouchement sont respectivement fixés à 200 et ..
Une étude consacrée à l'histoire de la médecine vietnamienne décrit encore la clinique, dans les années 1930, comme un lieu de soins privilégié par les élites..
Plusieurs notices des Missions étrangères de Paris signalent par ailleurs l'hospitalisation de missionnaires à la clinique entre les années 1910 et 1930...
Publications Henry Angier publie des ouvrages destinés aux médecins, administrateurs, militaires et agents isolés dans les territoires coloniaux.
Il est notamment l'auteur de :
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Le Guide médical connaît plusieurs éditions. Une sixième édition, publiée à Saïgon en 1940, après la mort de l'auteur, compte ..
Il contribue également à différentes revues médicales consacrées à la médecine coloniale.
Retour en France et mort vignette|Sépulture d'Henry Angier de Lohéac au cimetière de Passy.Atteint d'une maladie chronique, Henry Angier quitte définitivement l'Indochine en 1930. Il meurt le à son domicile du 74, rue Raynouard, dans le 16e arrondissement de Paris, à l'âge de .
L'annonce de sa mort donne lieu à un service funèbre célébré en à la cathédrale de Saïgon, auquel assistent notamment le gouverneur de la Cochinchine, le maire de Saïgon, des représentants civils et militaires, les religieuses de la clinique et plusieurs membres du corps médical..
Il est inhumé dans la du cimetière de Passy, à Paris. Postérité
Rue du Docteur-Angier Le , quelques semaines après sa mort, le conseil municipal de Saïgon donne le nom de « rue du Docteur-Angier » à la partie sud-est de la rue Rousseau, où se trouvait sa clinique. Par un arrêté du , cette dénomination est étendue à l'ensemble de la voie.
Son tracé correspond aujourd'hui à une partie de la rue Nguyễn Bỉnh Khiêm, dans le premier arrondissement de Hô Chi Minh-Ville.
De la clinique Angier à la clinique Saint-Paul La clinique Angier poursuit ses activités après le départ puis la mort de son fondateur, sous la direction de plusieurs de ses anciens collaborateurs.
À la fin des années 1930, elle est remplacée par la clinique Saint-Paul, construite à l'initiative des Sœurs de Saint-Paul de Chartres. Le nouvel établissement est inauguré le ..
Conçue par l'architecte Louis Chauchon, la clinique Saint-Paul est considérée comme l'héritière institutionnelle de la clinique Angier.. Ses bâtiments abritent par la suite l'hôpital ophtalmologique de Hô Chi Minh-Ville..
Distinction
, nomination prononcée en 1899 au titre du ministère des Colonies.
Voir aussi
Médecine coloniale Indochine française Saïgon Sœurs de Saint-Paul de Chartres
Notes et références
Liens externes
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