Cet article concerne les routes solaires en France.

Solutions techniques proposées Colas, filiale de travaux routiers de Bouygues, a conçu un revêtement pour routes et parkings incluant des cellules photovoltaïques. Selon le PDG de Colas, Hervé Le Bouc, en couvrir 2,5 % des surfaces routières assurerait 10 % des besoins en électricité de la France. Ce revêtement, composé de cellules photovoltaïques collées à la route existante et recouvertes d'un substrat de résines supportant la circulation des véhicules, y compris les poids lourds, sera vendu sous la marque « Wattway » à compter de , au terme de cinq ans de recherche avec l'Institut national de l'énergie solaire (Ines). Il peut alimenter l'éclairage public, des affichages lumineux, des abribus ou des feux rouges en zone urbaine, ou des habitations ou entreprises en zones peu peuplées. Wattway peut aussi recharger des véhicules électriques par induction : fournissent l'énergie pour rouler par an, selon l'INES. Colas affirme que le prix sera le même que celui des fermes solairesQuand la route devient centrale photovoltaïque, une première mondiale française, Les Échos, 14 octobre 2015..

Les partenaires du projet Wattway sont la filiale « routes » de Bouygues, Colas, et le CEA Tech.. Le PDG de Colas, le dans Les Échos : . Il estimait donc cette technologie capable en France de remplacer les centrales nucléaires. De son côté l'INES (CEA) publiait un communiqué évoquant à plusieurs reprises une , affirmant que la route solaire était quasi aboutie, qu'elle n'était plus au stade de prototype. Le , le site web du magazine Science et Vie publie un message totalement opposé a celui du PDG de Colas :

Les panneaux photovoltaïques sont protégés par une résine protectrice sur la chaussée particulièrement résistante mais coûteuse, montant le coût d'investissement de l'expérimentation normande à cinq millions d'euros, ceci sans compter le coût du raccordement au réseau électrique qui a été offert par Enedis...

Applications et projets réalisés Après des expérimentations sur quatre sites pilotes, un tronçon de route solaire d'un kilomètre () est ouvert le à Tourouvre au Perche dans l'Orne, subventionné par l'État à hauteur de d'euros. Il suscite de nombreuses critiques : , pense Marc Jedliczka, vice-président du Réseau pour la transition énergétique (CLER) ; le prix du watt-crête raccordé se monte alors à contre seulement pour le photovoltaïque posé en grande toiture, et moins de pour les installations au sol. Cette section de route normande est empruntée par deux mille véhicules quotidiennement. Elle est pavée de de dalles « made in France », avec une puissance de par mètre carré, soit environ deux fois moins que le solaire standard.

Pour Olivier Appert, délégué général de l'Académie des Technologies et ex-président du comité français du conseil mondial de l'énergie, le concept de route solaire est . L'ingénieur australien Dave Jones publie une série de vidéos démontrant par A+B pourquoi ce projet est selon-lui . En 2018, la production est un tiers inférieure à celle de 2017, cette dernière ayant déjà été deux fois plus faible que prévu. Selon le Conseil Départemental de l'Orne elle a été en travaux tout au long de l'année 2018.

Un mur en béton, jugé peu esthétique par les élus normands, a été placé tout au long du kilomètre de route solaire pour cacher divers matériel électrique (onduleurs etc.). Il est prévu de consommer additionnels (dont 60 % d'argent public) pour tenter de camoufler ce mur avec une fresque street-art. Des personnalités emblématiques, peut-être Ségolène Royal, y seront dessinées a rapporté le journal Ouest-FranceTourouvre-au-Perche. Une fresque street art longera la route solaire, ouest-france.fr, 14 novembre 2018 le . Pour Michael Liebreich, le fondateur de l'agence BNEF (Bloomberg New Energy Finance), l'aspect excentrique du solaire routier risque d'être dommageable à l'image de l'industrie photovoltaïque dans son ensemble.

Le projet est critiqué en raison d'une incertitude sur le rendement énergétique et le coût est considéré comme élevé. La production observée durant l'année 2017 a été de , ce qui est deux fois moins que ce qui était prévu. d'énergie solaire en toiture permettent de produire par an avec un facteur de capacité de 12 % en Normandie. Si les panneaux sont posés à plat, la production théorique est alors de par an dans la même région selon l'outil de calcul du NREL américain. Les produits concrètement par la route solaire normande posent donc sérieusement problème. Ils correspondent à seulement 53 % des théoriques. Pour le président du Syndicat des énergies renouvelables se pose la question de la possibilité de réduction des coûtsNon trouvé le 9 janvier 2018, sur le site lequotidien.re. Sur les le module Wattway représente (la résine qui protège les cellules photovoltaïques de l'écrasement coûte cher), le reste () porte sur le BoS (Balance of System). Le coût de la main d’œuvre pour la pose (qui est complexe en milieu routier) semble particulièrement élevé et la colle coûte cher.

Il existe aussi une réserve au sujet de la résistance dans la durée au passage des poids lourds et aux intempéries.. La route solaire vendéenne de Bellevigny, où le trafic automobile est pourtant très inférieur à celui d'une autoroute, a duré . Elle a dû être retirée. Une centrale solaire standard dure , soit plus longtemps. vignette|Portion de route solaire installée à côté de l'INES à Savoie Technolac en 2018. Le président de l'association négaWatt qualifie ce projet de et EELV-Ardèche a pris publiquement position contre ce concept le qualifiant de .

Le scientifique écossais Ryan Dylan remarque que la route solaire normande a coûté dix fois plus cher que le solaire standard, et ceci pour produire trois fois moins, d'où un facteur 30 de différence, ce qu'ont confirmé les médias américains GreentechMedia, Treehugger et ExtremeTech, ainsi que le média économique allemand Handelsblatt. La candidate du green parti (parti vert) américain a commenté ces résultats, tout comme le journaliste scientifique Nick Ellis du média O Meio Bit, l'un des médias techniques les plus importants du Brésil : « Ségolène Royal a commis une lourde erreur ». Pour le média tchèque Hospodářské noviny, « les routes solaires sont déjà en France et aux États-Unis. Cependant, les premières données montrent qu'elles sont inefficaces ». tandis que le média bulgare Nauka estime qu'elles sont « trop inefficaces ».

Selon le média Construction Cayola, s'est exclamé le journaliste Olivier Razemon dans un article publié le par Le Monde et intitulé « Route solaire, aérotrain, Autolib’, etc. Voyage au cimetière des innovations ratées ». Pour ce spécialiste des transports,

La route solaire normande ( de long) est hors d'usage après moins de deux ans et demi de service. La totalité des panneaux solaires va être retirée avant Normandie. Trois ans après son inauguration, la route solaire de Tourouvre va être refaite, Ouest-France, 22 mai 2019.].. Dans les faits, seuls de panneaux ont été retirés. Début , la route solaire est toujours en expérimentation.. La route solaire aura donc produit . Pour le média Contrepoints, .

Faute de résultat probant pour le test de la route solaire à Tourouvre, Colas négocie la prolongation de l'essai pendant deux ans. En parallèle, il lance la commercialisation du « Wattway pack » pour des surfaces plus modestes (3 à carrés) afin d'alimenter de petits équipements non raccordables au réseau : alimentation de bornes de recharge de vélos ou trottinettes électriques, de caméras de surveillance ou d'abribus éclairésWattway, la route solaire cherche toujours sa voie, Les Échos, 19 novembre 2019..

Le Département de la Seine-Saint-Denis considère quant à lui que l’usure des dalles de la piste cyclable, installées sur le site pilote du Canal de L’Ourcq, ne peut pas être comparée à celle de la route de Tourouvre, puisque seuls des cyclistes et des piétons sont amenés à l’emprunter. La piste ne souffrira effectivement pas du poids des voitures et des camions..

Fiasco normand Selon le journaliste Igor Bonnet du quotidien Le Monde (), est :

une centaine de mètres était trop dégradée pour être remise en état certains joints sont abîmés, certains panneaux se décollent, des débris ont usé par endroit la résine protégeant les panneaux photovoltaïques, la dégradation des feuilles d'arbre opacifient les cellules photovoltaïques, le bruit de la route a conduit à abaisser la vitesse de ce tronçon à .

interroge France-inter le , ajoutant que

« Les recettes de vente de l’électricité produite par la route devaient nous rapporter par an. En 2017, nous avons perçu . En 2018, , et pour le premier trimestre 2019, nous en sommes à » a énuméré Gilles Morvan, directeur général des services du conseil départemental de l'Orne, a rapporté le média France soir le . Pour L'Express, s'il s'agit d'un « gros flop ». tandis que Capital estime que ce projet « a viré à la catastrophe ». Pour le média 20Minutes.fr, il s'agit d'un ... Pour le Journal du Geek, l'échec est .

La constatation d'échec est rapporté par l'ensemble de la presse..

En mai 2024, sept ans après leur installation, les panneaux photovoltaïques sont retirés. Le projet d’un coût de 5 millions d’euros est présenté par Le Figaro comme étant caractéristique de « projets inutiles ou mal dimensionnés »Pierre-Loeiz Thomas, «On savait que ça ne fonctionnerait pas» : la sombre histoire de la route solaire de Ségolène Royal à 5 millions d’euros, lefigaro.fr, 2 novembre 2024.

Amendement sénatorial Le , un amendement relatif à la route solaire a été accepté par le Sénat. Dans un article intitulé et publié le le média Journal de l'Environnement a souligné, non sans ironie, qu'. Le média Reporterre a, de son côté, titré le : . Pour Connaissance des énergies, .

Notes et références

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