est un film japonais réalisé par Daisuke Itō, sorti en 1955. C'est un remake de son film muet Gerō (Le Serviteur) sorti en 1927.
Synopsis Alors qu'il séjourne dans une station thermale pour y suivre une cure, Shinbei est tué par un samouraï à la suite d'un différent survenu lors d'une partie de go. Son fils, Shintarō, et son fidèle serviteur, Toppei, absents au moment des faits, se lancent à sa poursuite dans une quête de vengeance, ne sachant du meurtrier que le fait qu'il a neuf grains de beauté sur le visage et qu'il a perdu dans la lutte l'index de la main gauche.
Trois ans plus tard, Shintarō et Toppei sont logés dans une cabane de mendiants. Toppei travaille sans relâche pour subvenir aux besoins de son maître malade et très affaibli, gagnant quelques pièces en exécutant une danse à la lance. Un jour de forte pluie, il fait la connaissance d'Oichi, une courtisane qui se prend d'affection pour lui. Lorsqu'il retourne voir Oichi, le mentor de celle-ci, un maître de dojo nommé Sudō, surgit à l'improviste. Découvrant Toppei qui se cache, il sort son katana. Toppei remarque alors que Sudō porte des grains de beauté sur le visage. Grâce à une résistance désespérée et à l'aide d'Oichi, il parvint finalement à tuer Sudō. L'index manquant à la main gauche lui fait comprendre qu'il a accidentellement accompli la vengeance de son maître.
Shintarō est en colère contre Toppei, il l'accuse de lui avoir volé sa vengeance. Pour échapper aux disciples de Sudō menés par Mizorogi, ils prennent la fuite accompagnés d'Oichi. Mizorogi les retrouve et somme Shintarō de lui livrer son fidèle serviteur. Shintarō piège Toppei qui ne sait pas lire en lui faisant apporter une lettre au lieu dit « les glycines de la statue bouddhique » où l'attendent les disciples de Sudō qui accomplissent leur vengeance, tuant Toppei et Oichi.
Pris de remords, Shintarō revient trop tard sur le lieu de l'embuscade, subissant les moqueries de Mizorogi.
Fiche technique Titre : La Tête du serviteur. Titre original : Réalisation : Daisuke Itō Assistant réalisateur : Scénario : Daisuke Itō Photographie : Yoshimi Hirano Musique : Shirō Fukai Décors : Takashi Matsuyama Montage : Mitsuzō Miyata Producteur : Katsuji Tsuda Société de production : Shintōhō Pays de production : Langue originale : japonais Format : noir et blanc - 1,37:1 - 35 mm - mono Genre : drame - jidai-geki Durée : Date de sortie : Japon : .
Distribution Jun Tazaki : Toppei, le serviteur et porte-lance de Shintarō (Shōchiku) : Shintarō, le jeune seigneur du clan Sakushu Minoru Takada : Shinbei, le père de Shintarō Eitarō Ozawa : Isogai / Sudō (Tōhō) : Oichi, la courtisane : Shizuma, le fils de Sudō Jōji Oka : Mizorogi, un disciple de Sudō Kōji Mitsui (Shōchiku) : Katsu, le mendiant : Sengoku Tetsurō Tanba : Ishigaya, le rōnin au doigt coupé
Kumeko Urabe (Daiei) : la servante d'Oichi : le patron de l'onsen Kokuten Kōdō (Tōhō) : le vieil homme qui ne sait pas lire Masanosuke Ichikawa : habitant de la cabane Fujie Satsuki : la musicienne âgée au shamisen, habitante de la cabane : le gardien de la cabane Satoshi Komori : le patron de l'auberge Ichimonji
Autour du film La Tête du serviteur est un remake par Daisuke Itō de son propre film . Ce dernier fait partie des nombreux films d'avant guerre de Daisuke Itō considéré comme perdu. À sa sortie en 1927, il est salué par le critique Fuyuhiko Kitagawa dans la revue Kinema Junpō, comme la meilleure œuvre du réalisateur à ce jour, louée pour sa critique sans concession du féodalisme et sa représentation subversive de la relation maître-valet. Encouragé par le succès du film , il envisage d'en faire le premier volet d'une trilogie, un projet qui ne voit finalement jamais le jour..
Ce n'est qu'après la guerre que Daisuke Itō réalise La Tête du serviteur, un film dont l'intrigue, le postulat et les thèmes sont si proches de ceux du film muet original qu'ils compensent presque sa disparition. Il a initialement écrit La Tête du serviteur pour son acteur fétiche, Tsumasaburō Bandō, mais le projet est abandonné à la mort de ce dernier en 1953. Il remanie le scénario pour Jun Tazaki, qui l'a impressionné dans son précédent film .
Le film a été restauré en 2018 par la NFAJ à partir du négatif nitrate 35 mm original.
Critique Selon Alessandro Guatti, bien qu'apparemment tempérée par une veine comique liée à la maladresse du protagoniste Toppei, la critique du système de valeurs propre à la culture féodale est d'une grande force dans le film. Le drame de Toppei est celui d'une société tout entière, prisonnière d'un code de conduite que Daisuke Itō tourne en dérision en en exposant les incohérences structurelles et les injustices intrinsèques. La Tête du serviteur est une œuvre complexe, tant sur le plan cinématographique que conceptuel : techniquement, Itō propose une grande variété d'images, alternant les angles de prise de vue et développant l'action dramatique par de nombreux mouvements de caméra. Quant au fond, sa critique virulente du système féodal de l'époque d'Edo se déploie progressivement, tout en dévoilant les hypocrisies d'un jeu de pouvoir voué à l'effondrement, jeu à travers lequel se dessine, en filigrane, une critique puissante du présent.
Projections La Tête du serviteur a notamment été projeté à la Maison de la culture du Japon à Paris le dans le cadre de la rétrospective « Shintoho : un vent nouveau ». et le , séance présentée par Fabrice Arduini, dans le cadre de la « rétrospective Daisuke Itō ».. Il a également été projeté le au festival Il cinema ritrovato..
Notes et références
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