Aroldo Norlenghi (ou Arnoldo), né le 16 octobre 1856 à Padoue et mort le 28 décembre 1930 à Turin, est un, journaliste, écrivain et homme politique socialiste italien.

Biographie

Jeunesse et formation (1856-1892) Né à Padoue en octobre 1856 de Leone et Isabella De Parenti, Aroldo Norlenghi obtint un diplôme de médecine, sans jamais avoir à exercer grâce à la situation économique favorisée de sa famille. Formé intellectuellement dans le milieu positiviste turinois, composé entre autres de Cesare Lombroso, Edmondo De Amicis et Arturo Graf, Norlenghi s'orienta rapidement vers le socialisme, se signalant à l'attention de la police pour son caractère « impétueux ».

Premières années de militantisme (1892-1900) Fervent partisan de la constitution du Parti socialiste italien (PSI), il se fit l'actif propagandiste du congrès de Gênes en 1892 qui devait amener à la formation de l'organisation ; ses terrains d'action furent les cercles démocratiques et radicaux turinois, le Cercle universitaire socialiste, l’Association rationaliste anticléricale et la Fédération des sociétés ouvrières.

Arrêté à de nombreuses reprises par les autorités, il participa le 23 août 1893 à une manifestation en soutien aux ouvriers assassinés par des ouvriers français lors du massacre d'Aigues-Mortes. La même année, il devint le directeur du journal Il Secolo XX et entama une étroite collaboration avec Il Grido del popolo. Ses conférences et meetings lui valurent une condamnation au confino à Domodossola en juillet 1894.

Candidat socialiste aux législatives de mars 1897 à Avigliano, sans parvenir à être élu, Norlenghi participa au Ve Congrès national du PSI (Bologne, 18-20 septembre 1897), comme délégué de la section de Collegno, et fut « rapporteur du point huit de l’ordre du jour des travaux concernant la formulation d’un programme administratif commun de la part d’une convention spéciale de tous les conseillers communaux et provinciaux socialistes : le congrès approuva la proposition et chargea le comité régional piémontais, dont Norlenghi était un membre influent, de s’occuper de la convocation de la convention ».

Socialiste intransigeant (1900-1914) Auteur de nombreuses brochures de propagande socialiste, Norlenghi dut quitter l'Italie pour se réfugier à Nice pendant deux mois suite à la « violente vague répressive qui frappa indistinctement les militants socialistes » suite aux agitations ouvrières de mai 1898. Impliqué par la suite dans la réorganisation du PSI, il participa au congrès régional socialiste (Alexandrie, 6-7 janvier 1900) comme délégué de la section turinoise, adoptant des positions intransigeantes opposées aux alliances avec les « partis populaires » et « médio-bourgeois ».

Candidat sans succès aux élections pour le conseil provincial en mars 1900, Norlenghi accentua son intérêt pour les questions de politique administrative, collaborant au bimensuel turinois Germinal, journal qui, à partir de janvier 1900, commença à traiter des problématiques liées à l’autonomie communale, la municipalisation des services, les logements populaires et l’instruction laïque et obligatoire. Invalidé aux élections municipales de 1902, Norlenghi participa en avril 1904 comme délégué au VIIIe Congrès national du PSI (Bologne, 8-11 avril 1904), apportant son vote à l’ordre du jour des syndicalistes révolutionnaires menés par Arturo Labriola. Au congrès constitutif suivant de la fédération provinciale du PSI (Turin, 11-12 septembre 1904), Norlenghi présenta une motion intransigeante qui fut adoptée.

Durant cette période, il continua à publier des brochures de propagande et à collaborer à de nombreuses publications comme Il Gido del popolo, Il Tempo de Milan, Germinal et Il Socialismo d’Enrico Ferri. Membre dès novembre 1911 de la commission exécutive de la section socialiste turinoise, Norlenghi fut élu au conseil communal de sa ville, à la suite des consultations administratives du 14 juin 1914, pour la minorité socialiste, composée, selon Paolo Spriano, de « vieux avocats et professeurs, surtout, autant compétents en questions administratives qu’ils étaient modérés politiquement ».

Attitude face à l'interventionnisme et la guerre (1914-1917) Avec le déclenchement de la Première Guerre mondiale, Norlenghi adopta une position d'Union sacrée dans un article publié dans Il Gido del popolo (23 mai 1915) dans lequel il appelait à la suspension de la lutte de classe, au nom d’une « plus grande responsabilité » afin de ne pas compromettre le sort du pays en guerre par des grèves et des manifestations anti-interventionnistes. Avec Temistocle Jacobbi et Mario Bonetto, il fut violemment critiqué ; on l'accusa d'interventionnisme. Il fit par la suite son autocritique dans deux brochures : Questioni ardenti del socialismo torinese (1915) et Capitalismo e guerra (1917).

Il semble cependant que, plus qu'une simple position d'Union sacrée, Norlenghi prit des positions ouvertement interventionnistes, notamment dans un article publié dans la revue syndicaliste révolutionnaire Pagine libere d'Angelo Oliviero Olivetti. Ce dernier écrira dans la préface de la brochure de Norlenghi Socialismo e guerra sono termini antitatici ? (1915) : « Nous disions donc […] que Norlenghi a donné à notre revue un excellent article interventionniste, car tel en est l’esprit, l’âme, même si la conclusion en est différente dans l’intention de l’auteur. Si bien que, lorsqu’on arrive à la fin, on reste perplexe et presque stupéfait que l’article ne se termine pas par un appel aux armes […] Quand ensuite on admet, comme le fait Norlenghi, qu’en dehors du cadre de la lutte de classes il existe contingemment des intérêts communs entre la bourgeoisie et le prolétariat d’un pays déterminé, contre les bourgeoisies et les prolétariats d’autres pays, on frappe au cœur toute la pseudo-théorie du neutralisme socialiste, laquelle se fonde précisément sur la méconnaissance de ces intérêts communs, qui, traduits en termes simples, s’appellent intérêts nationaux […] Mais il y a plus. L’ami Norlenghi, qui est un homme de beaucoup d’esprit et de beaucoup de sincérité, non seulement nous concède tout ce que nous souhaitions qu’on nous concédât, mais va plus loin et nous fournit des arguments auxquels nous n’avions pas pensé, et que nous ne semblons avoir vus développés par aucun des nombreux écrivains favorables à l’intervention. »

Retrait de la vie politique et fin de vie (1917-1930) Délégué à la convention socialiste de Florence du 18 novembre 1917, Norlenghi fut contraint d'y renoncer et de se faire remplacer par Antonio Gramsci. Réduisant progressivement son activité, également en raison son âge de l’âge, il est définitivement radié en juillet 1928 du fichier des subversifs par le régime fasciste. Norlenghi mourut à Turin en décembre 1930.

Publications

Come si fa a guadagnare di piu (pensieri di lavoratori), Critica sociale, 1897. Violazioni di legge. Studi sociali, Torino, G. Sacerdote, 1900. Questioni ardenti nel socialismo torinese, Torino, E. Torellini, 1915.

Capitalismo e guerra, Milano, Libreria editrice Avanti!, 1917.

Notes et références

Sources

Franco Andreucci, Tommaso Detti, Il Movimento operaio italiano : dizionario biografico, 1853-1943, Vol.4, Editori riuniti, 1975. Nuova antologia di lettere, scienze ed arti, Vol.553, n°2150, 1984.

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