Myrmica sabuleti est une espèce de petites fourmis de la sous-famille des Myrmicinae, largement répandue en Europe. Cette espèce a la particularité d'être une cible facile pour différents insectes parasites, dont l'Azuré du serpolet et diverses autres espèces de fourmis.
Description alt=Illustration numérique montrant une fourmi type de profil, avec les différentes parties de son anatomie en légende.|gauche|vignette|150x150px|Schéma anatomique d’une fourmi ouvrière typique. Myrmica sabuleti a une couleur brune rougeâtre. Les scapes antennaires présentent un angle marqué, avec une carène longitudinale s’étendant vers l’avant à partir de la courbure, ainsi qu’une extension latérale plus ou moins développée qui, chez les spécimens scandinaves, est fréquemment recourbée vers le haut, formant en vue arrière une grande dent semi-dressée. Le nœud du pétiole est plus arrondi et généralement moins tronqué que chez Myrmica scabrinodis, tandis que les épines de l’epinotum sont relativement plus longues. Toutefois, ces caractères sont trop variables pour permettre une distinction certaine entre les espèces dans tous les cas.
Systématique Le nom valide complet (avec auteur) de ce taxon est Myrmica sabuleti Meinert, 1861. L'espèce a été décrite par le scientifique danois .
Le nom de Myrmica sabuleti est dérivé du mot latin sabulum, signifiant et faisant allusion au sol sableux qui sert parfois d’habitat à l’espèce.
Répartition Myrmica sabuleti est répandue dans toute l'Europe, jusqu'au sud de la Scandinavie au nord et jusqu'au Caucase à l'est.
Écologie
Parasitisme alt=Photo couleur de deux fourmis autour d'une petite larve, avec également quatre pupes de papillon, dont deux sont pointées par des flèches rouges.|gauche|vignette|Pupes d'Azuré des mouillères dans un nid de Myrmica sabuleti en Allemagne. Ces pupes sont elles-mêmes parasitées par des larves de la guêpe parasitoïde Ichneumon eumerus, aux endroits pointés par les flèches rouges.L'écologie de Myrmica sabuleti a été bien étudiée en raison de sa propension à servir d'hôte à divers parasites. Premièrement, il s'agit de l'hôte principal de la chenille de l'Azuré du serpolet, qui parasite des colonies de fourmis pour se faire nourrir par les ouvrières en simulant les phéromones de larves de fourmis. Ce parasitisme demande beaucoup d'efforts aux fourmis, puisqu'il faut le travail annuel d'une colonie de 350 ouvrières pour nourrir une seule chenille d'Azuré du serpolet. Ensuite, Myrmica sabuleti peut aussi être parasitée par d'autres fourmis du genre Myrmica: Myrmica hirsuta, Myrmica bibikoffi, Myrmica lemasnei et probablement Myrmica laurae, ainsi que de l’espèce plus généraliste Myrmica karavajevi. Les raisons de cette prédisposition apparente à devenir espèce-hôte sont méconnues, mais il est toutefois notable que les ouvrières Myrmica sabuleti pondent beaucoup moins d'oeufs que leurs homologues du reste de l'Europe (chez les Myrmica, certaines ouvrières pondent des oeufs qui peuvent soit donner des larves, soit servir de nourriture à ces dernières). Également, il est plus facile d'introduire dans ces colonies des reines étrangères que chez d'autres espèces.
Milieu de vie Myrmica sabuleti vit généralement dans des prairies, dans les pelouses rases dans le nord de son aire de répartition et sous des herbes relativement longues dans le sud de l’Europe. Elle n'est généralement pas considérée comme une espèce forestière, bien qu'elle puisse vivre dans des clairières, particulièrement en Europe de l'Est, à la faveur de températures estivales plus élevées. Elle est aussi souvent trouvée dans des dunes, particulièrement lorsqu'elles sont herbeuses et pâturées par des animaux. Ce milieu sableux, dans lequel ont été collectés les spécimens-type, a donné son nom à l'espèce.
Alimentation Chez Myrmica sabuleti, les ouvrières sont des prédatrices généralistes et des charognardes, comme la plupart des autres espèces de Myrmica. Il existe aussi des preuves indirectes que ces fourmis peuvent manger l’élaïosome des graines de violettes. Myrmica sabuleti pratique également l'élevage de pucerons, avec de petites colonies de pucerons vivant à la base des tiges et au niveau du sol, ou sous les feuilles de plantes basses, comme Clinopodium vulgare.
Compétition inter-espèces et taille des colonies alt=Photo couleur de l'entrée d'un nid de fourmis.|vignette|Entrée du nid de Myrmica sabuleti. Myrmica sabuleti est principalement en compétition pour l’espace de vie avec Myrmica scabrinodis dans la partie la plus froide de son aire de répartition, et avec Myrmica specioides et Myrmica schencki dans la partie la plus chaude. La taille des nids de Myrmica sabuleti et leurs productions fluctuent considérablement en fonction des paramètres naturels de leur environnement: ainsi, la productivité d'une colonie est directement liée à l'ensoleillement, et la population des colonies dépend du type de sol et de l'environnement. Dans des prairies acides, les colonies comptent en moyenne 150 ouvrières, contre 370 dans des prairies calcaires, avec une moyenne d'un peu plus d'une reine par colonie. Cependant, un nid installé dans une prairie calcaire et sous des pierres peut compter en moyenne 1200 ouvrières et 15 reines. Dans le cas de ces colonies polygynes, le faible niveau de parenté génétique des ouvrières indique que toutes les reines se reproduisent activement. Les vols nuptiaux de Myrmica sabuleti ont lieu d’août à la fin septembre.
Liens externes
Notes et références
Bibliographie
Catégorie:Myrmicinae Catégorie:Espèce de Fourmis (nom scientifique) Catégorie:Insecte décrit en 1861