Marc Ranjon est un pilote, industriel aéronautique et auteur français. Ancien pilote de l'Aéronautique navale, il a fondé avec son épouse Geneviève l'entreprise Centrair, au Blanc. Initialement importatrice de planeurs, la société a fabriqué sous licence l'ASW 20F, puis conçu et construit les planeurs C-101 Pégase et C-201 Marianne. Ranjon a également assuré des essais en vol pour Centrair. Après son départ de l'entreprise, il est devenu expert aéronautique et a publié plusieurs encyclopédies consacrées aux avions et aux hélicoptères.
Parcours
Premiers vols et Aéronautique navale Selon le récit biographique publié sur le site de son éditeur, Marc Ranjon se passionne pour l'aviation après avoir assisté enfant à un meeting de Marcel Doret à Chauvigny. À quatorze ans, il effectue un baptême de l'air à bord d'un Stampe SV-4 au Blanc. Il apprend ensuite à piloter des planeurs et des avions, tout en donnant des cours de mathématiques pour financer ses heures de vol.
Il sert de 1959 à 1964 dans l'Aéronautique navale. Sa formation passe notamment par Cognac, où il vole sur T-6, puis par Ajaccio sur Beech 18. Il effectue ensuite des missions sur SO.30 et pilote le Lockheed P2V7 Neptune de patrouille maritime à Lann-Bihoué. Parallèlement à sa formation militaire, il instruit des pilotes de planeur en Corse ; Aerobuzz évoque une vingtaine de pilotes formés.
De retour dans la vie civile, il travaille dans le cabinet familial d'assurances et d'immobilier au Blanc. Il participe à la relance d'un aéroclub dans la ville et en devient chef-pilote pour l'avion et le planeur. C'est au Blanc qu'il rencontre Geneviève Mondran, avec laquelle il développe par la suite ses activités aéronautiques. Le récit de Geneviève, Envolée à deux, revient notamment sur les débuts de leur association et sur la conduite commune de Centrair.
Fondation de Centrair Marc et Geneviève Ranjon commencent à importer des planeurs du constructeur allemand Schleicher. Ils représentent d'abord en France le monoplace Ka-6, dont l'homologation nécessite des démarches et des vols d'essai, puis le biplace ASK-13. Selon François Besse, la demande pour ce dernier augmente après l'immobilisation des biplaces Bijave, consécutive à la rupture d'un longeron sur un appareil. Le couple poursuit d'abord cette activité commerciale en même temps que le cabinet d'assurances familial.
Leur activité aéronautique est créée en nom propre en 1967 et devient la société anonyme Centrair en janvier 1970. Installée sur l'aérodrome du Blanc, l'entreprise compte alors quatre personnes et dispose de 400 m² de locaux loués. Marc Ranjon en assure la présidence et la direction générale ; il essaie et réceptionne également les appareils de l'entreprise. De 1973 à 1976, l'effectif se situe autour d'une vingtaine de personnes. Le site de Centrair indique un chiffre d'affaires d'environ sept millions de francs pendant cette période.
Centrair élargit ensuite son activité à la distribution d'avions. Elle représente notamment Cessna, Socata, Caproni et Grumman. François Besse cite aussi Bellanca et IAR. Le constructeur Reims-Aviation, alors associé à Cessna en France, prend une participation au capital de Centrair par l'intermédiaire de son dirigeant Pierre Clostermann. Selon Besse, près d'une centaine d'avions Cessna sont vendus pendant cette période. La société reste aussi importatrice de planeurs Schleicher jusqu'au développement de sa propre production.
Construction de planeurs Face au renchérissement des planeurs importés d'Allemagne, lié notamment à l'évolution du taux de change du mark, Centrair entreprend en 1977 la construction sous licence de l'ASW 20. Le premier ASW 20F, « F » désignant la fabrication française, sort de ses ateliers en juillet 1978 et obtient sa certification en novembre. Plus de 140 exemplaires sont construits, dont plus de la moitié sont exportés. Une revue britannique de vol à voile présente dès 1981 les ASW 20 construits au Blanc et les projets d'un planeur de conception Centrair.
Centrair développe aussi, avec le concours du Centre d'essais aéronautique de Toulouse, des surfaces verticales aux extrémités des ailes, appelées « pennes », qui équipent certains ASW 20F. Le site du constructeur leur attribue une amélioration du comportement en virage et une réduction de la traînée induite. Les ASW 20F équipés participent aux compétitions de vol à voile de 1981. La relation de licence avec Schleicher prend fin au début des années 1980, tandis que Centrair prépare son propre modèle.
Le Pégase et le Marianne L'entreprise conçoit ensuite son propre planeur de classe Standard, le C-101 Pégase, avec la participation de son bureau d'études et de l'ONERA. Le prototype effectue son premier vol en novembre 1981 et l'appareil est certifié en juin 1982. Marc Ranjon participe personnellement aux essais en vol nécessaires à cette certification, y compris des essais de sortie de vrille. En 1982, les six premiers exemplaires de présérie sont livrés ; fin 1983, Centrair annonce 105 appareils livrés et une cadence approchant dix planeurs par mois. Plus de 300 Pégase sortiront finalement des ateliers du Blanc.
À la suite d'un appel d'offres des pouvoirs publics et de la Fédération française de vol à voile, Centrair lance le biplace C-201 Marianne. Son étude associe notamment l'ENSICA, l'ONERA, SUPAERO et les Avions Marcel Dassault. Besse souligne que son succès commercial est inférieur à celui du Pégase. Selon Aerobuzz, la production cumulée des deux modèles approche 900 exemplaires.En parallèle, Centrair met à profit son savoir-faire dans les matériaux composites pour réaliser des pièces destinées à l'automobile, aux missiles, aux hélicoptères, aux avions de ligne et aux drones. L'entreprise emploie 82 personnes à la fin de 1983 selon son historique. Après des difficultés financières, la société est reprise par les frères Chauffour. Une nouvelle structure, la SNC Centrair, est créée en avril 1988, sous la direction de M. Mégrelis. Le couple Ranjon quitte progressivement l'entreprise qu'il avait fondée. Des décennies plus tard, en novembre 2017, Marc et Geneviève Ranjon visitent à nouveau l'usine du Blanc, dont l'activité est alors centrée sur la sous-traitance aéronautique en matériaux composites.
Expertise aéronautique Après Centrair, Marc Ranjon devient consultant et expert aéronautique auprès de compagnies d'assurances et de tribunaux. Il crée la société AirExpert et représente pendant une période le constructeur américain Mooney en France. La presse aéronautique indique qu'il totalise 11 000 heures de vol en 2018.
Publications Marc Ranjon rassemble dans ses livres l'histoire des constructeurs, les variantes des appareils et leurs caractéristiques techniques. Ses encyclopédies comprennent des photographies, des plans à trois vues, des écorchés et des tableaux de performances. La présentation suit généralement les familles d'appareils et retrace leurs évolutions techniques. Aux données historiques et chiffrées s'ajoutent ses appréciations sur les qualités de vol, l'utilisation ou l'achat des avions, nourries de son expérience de pilote et d'expert.
Son premier ouvrage, Encyclopédie des monomoteurs, paraît en 1998. Il publie ensuite un livre bilingue sur les avions de ligne en 2003. Ses volumes consacrés aux avions Piper, Cessna et Beechcraft forment une série sur trois grands constructeurs américains de l'aviation générale. Le volume Piper, publié à la fin de 2009, compte environ 170 pages, du J-3 Cub aux projets plus récents de la marque.
Pour le volume Cessna, paru en 2017, Ranjon rédige les textes pendant quatre ans. L'ouvrage présente les modèles du constructeur sur 315 pages illustrées, des premiers appareils aux avions d'affaires Citation. Les illustrations comprennent des aquarelles de Christophe Verdier et des plans à trois vues de Pierre Alain Steffan, qui réalise également la maquette et la recherche iconographique. La partie consacrée à chaque modèle aborde son contexte, ses variantes et ses performances, puis rassemble des observations pratiques de l'auteur. Jean Molveau souligne dans Aerobuzz le lien entre cette analyse et l'expérience de Ranjon comme pilote d'essai et expert.
Le volume Beechcraft, paru en 2020, complète cette série. Ses 130 pages retracent la gamme du constructeur du Staggerwing aux avions Hawker. Dans sa recension, François Besse relève la place donnée aux points forts et faibles de chaque modèle, ainsi qu'aux éléments à examiner lors d'une visite préalable à l'achat d'un appareil.
Après un volume consacré aux hélicoptères civils et militaires produits depuis 1945, paru en 2024, Ranjon publie en 2025 Encyclopédie Aviation générale. L'ouvrage sur les hélicoptères compte 178 pages et présente des appareils produits à plus de dix exemplaires par 42 constructeurs ; il exclut les appareils de construction amateur et les ULM.
Encyclopédie Aviation générale présente, sur environ 700 pages, plus de 3 000 appareils provenant de 270 constructeurs. Il complète les volumes déjà consacrés aux avions Piper, Cessna et Beechcraft ainsi qu'aux hélicoptères. Gil Roy, dans Aerobuzz, décrit ces cinq volumes comme l'aboutissement d'un travail de collecte et de synthèse poursuivi pendant une vingtaine d'années. Les ouvrages sont édités à compte d'auteur.
Réception dans la presse spécialisée La presse aéronautique a consacré des recensions à plusieurs de ses ouvrages. aeroVFR présente successivement les volumes Cessna, Beechcraft, Hélicoptères et Aviation générale. Aerobuzz publie une recension du volume Cessna en 2018 et un portrait de son auteur en octobre 2025. Jacques Callies lui consacre un éditorial dans Aviation et Pilote en 2018. Un portrait intitulé « Marc Ranjon, l'encyclopédiste volant » figure également au sommaire d'Info-Pilote en janvier 2025.
Ouvrages
Encyclopédie des monomoteurs (1998). Avions de ligne, compagnies aériennes et conseils aux passagers (2003). Avions Piper, encyclopédie pratique (2009). Avions Cessna, encyclopédie pratique (2017). Avions Beechcraft, encyclopédie pratique (2020). Encyclopédie Hélicoptères (2024). Encyclopédie Aviation générale (2025).
Geneviève Mondran-Ranjon a raconté leur parcours personnel et professionnel commun dans Envolée à deux, un livre publié en 2018 et présenté par plusieurs titres de la presse aéronautique.
Distinctions
Médaille d'or de la Fédération française de vol à voile (1989). Médaille d'or des Valeurs francophones de La Renaissance Française (2018).
Pour approfondir
« Marc Ranjon, l'encyclopédiste volant », Info-Pilote, n° 826, janvier 2025.
Notes et références
Liens externes
Les livres de Marc Ranjon, site de l'éditeur.