Miquel Grau Gómez (Rafal, 1957 - Alicante, 16 octobre 1977) est un jeune espagnol qui est mort assassiné par l'impact d'une brique lancée par le militant du parti d'extrême droite Fuerza Nueva Miguel Ángel Díaz-Panadero Sandoval. Les faits se sont produits alors que Miquel posait des affiches de revendication pour la Fête de la Communauté Valencienne.
Assassinat En 1976, pendant la Transition, la date du 9 octobre fut déclarée Fête de la Communauté Valencienne, par la coalition des forces démocratiques de la région. Une manifestation fut organisée ce jour-là avec la revendication Llibertat, amnistia, estatut d'autonomia (Liberté, amnistie, statut d'autonomie), et bien qu'interdite, rassembla près d'un demi-million de personnes. En 1977, l'Assemblée de parlementaires du Pays Valencien revendiquait elle aussi cette date, et le statut d'autonomie. Une manifestation en ce sens rassembla environ 600.000 personnes.
Les jours précédant le 9 octobre 1977, plusieurs partis organisateurs se répartissaient la ville par zones pour y coller des affiches de revendication.
La nuit du 6 octobre 1977, quatre membres du groupe organisé par le Mouvement Communiste du Pays Valencien (MCPV) se trouvaient sur la place des Luceros d'Alicante où ils collaient des affiches. Il s'agissait de Llum Quiñonero (24 ans), Miquel Grau (22), Juan Ángel Torregrosa (19) et Javier Álvarez (14). Un militant de Fuerza Nueva, Miguel Ángel Díaz-Panadero Sandoval, a lancé une brique depuis son balcon sur la tête de Miquel Grau, le laissant dans le coma. Avec l'aide d'un automobiliste, Miquel a été emmené à l'hôpital où il a été pris en charge. Il est mort dix jours plus tard, le 16 octobre.
Enterrement et obsèques L'enterrement de Miquel Grau a eu lieu à Alicante, un cortège a porté le cercueil jusqu'au cimetière de Nuestra Señora del Remedio, suivi par 18 000 personnes. Sur ordre du Gouverneur civil, les unités anti-émeutes de la Police Armée ont coupé le passage et se sont battus avec les membres du cortège pour leur arracher le cercueil, qu'ils ont emmené en voiture au cimetière pour raccourcir la cérémonie. La police a chargé contre ceux qui tentaient d'accéder au cimetière et les a dispersés.
À Valence les obsèques ont été célébrées à l'église de San Martín, avec le soutien de dix-huit partis et centrales syndicales. Selon El País, entre 7000 et 10 000 personnes y ont participé, occupant l'église et plusieurs rues voisines. Un militant du MCPV a lu un texte en mémoire de Grau:
Jugement, condamnation et grâce Miguel Ángel Panadero s'est livré à la police en octobre. Le jugement contre Miguel Ángel Panadero a eu lieu le 2 juin 1978 au Tribunal Provincial d'Alicante. gauche|vignette|217x217px|Monument à Miquel Grau à Alicante Outre le ministère public, il y a eu deux parties civiles: la famille et une accusation populaire représentée par Juan María Bandrés à laquelle se sont joints le MCPV, le Parti socialiste populaire, l'Union syndicale ouvrière, la Ligue communiste révolutionnaire, le Parti communiste des travailleurs et d'autres organisations. Au procès sont venus une foule de sympathisants d'extrême droite et néofascistes, ainsi que les proches, amis et militants de gauche. La principale querelle du procès a porté sur la qualification en tant qu'assassinat avec motivation politique ou non. Panadero maintenait qu'il n'avait aucune relation avec un groupe fasciste et qu'il avait agi à cause des nuisances que lui causaient les affiches, alors que deux témoins le reliaient à des mouvements fascistes. Le procureur a sollicité quatorze ans de prison et l'accusation populaire vingt. Il a finalement été condamné à douze ans et un jour de réclusion. La défense a présenté un recours qui a été rejeté par la Deuxième salle de la Cour suprême en janvier 1979.
En mai 1979, le ministre de la justice du gouvernement d'Adolfo Suárez, Íñigo Cavero, a accordé une grâce partielle à Miguel Ángel Panadero, en commuant la peine de douze à six ans de réclusion. En raison de cette grâce, il a été libéré en 1982.
Mémoire En 2015, la Mairie d'Alicante a installé une plaque commémorative place des Luceros, sur le lieu exact de l'assassinat. Il lui a aussi été décerné la Médaille d'or de la Ville à titre posthume et il a été décidé de lui dédier une rue. C'était une initiative de Compromiso por Alicante soutenue par tous les groupes municipaux.
Reconnaissance comme victime En avril 2026 il a été annoncé qu'une réforme de la Loi sur la mémoire démocratique comprendrait les victimes de la violence ultra pendant la Transition (parmi lesquelles figure Miquel Grau), ce qui fournirait aux familles une indemnisation et une reconnaissance officielle.
Dans la culture populaire
Le groupe de musique Al Tall a sorti en 1978 la chanson A Miquel assasinaren en souvenir de Miquel Grau.
Voir aussi
Violence fasciste dans la Communauté de Valence
Références
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