Béni Abbès (en , en tamazight : ⴰⵝ ⵄⴱⴱⴰⵙ, Aṭ Ɛabbas) est une commune de la wilaya de Béni Abbès, située à au sud-ouest de Béchar et à au sud-ouest d'Alger. Elle est le chef-lieu d'une nouvelle wilaya depuis 2021.

Pôle touristique aux portes du Grand Erg occidental, la ville est également surnommée la « Perle de la Saoura » ou l'« Oasis blanche ».

Géographie

Situation Le territoire de la commune de Béni Abbès est situé au centre de la wilaya du même nom.

Relief Béni Abbès est bâtie sur une colline rocheuse sur la rive gauche de l'oued Saoura. La ville est bordée au nord, à l'est et à l'ouest par le Grand Erg occidental et au sud et au sud-ouest par la vallée de la SaouraL’eau dans l’oasis de Béni Abbès : un patrimoine essentiel (Vallée de la Saoura, Sud Ouest algérien).. À au sud, se trouvent les chaînes d'Ougarta (à côté de l'oasis d'Ougarta)Les monts d'Ougarta d'après Spot 1 Par André Simonin et Denise Hilt..

vignette|centré|1000px|Panorama à 180° de Béni Abbès.

Climat Béni Abbès bénéficie d'un climat désertique chaud (classification de Köppen BWh) typique du Sahara avec des étés très longs et extrêmement chauds et des hivers courts et très doux. Le climat y est largement hyper-aride et extrêmement sec toute l'année puisque les précipitations annuelles moyennes sont environ de . La sécheresse y est encore plus accentuée durant l'été, où l'on enregistre de précipitations entre juin et août. À des occasions exceptionnelles, des orages violents peuvent se produire à cause de masses d'air plus frais venant du nord qui rencontrent les masses d'air brûlant venues directement du désert surchauffé pendant la journée. En été, la chaleur est extrême et prend un caractère persistant : les températures moyennes maximales sont supérieures à en juillet (le mois le plus chaud) mais tournent plutôt autour de entre juin et septembre. Les températures sont agréables et modérément élevées en hiver mais seulement la journée car dans les étendues désertiques, il n'y a rien pour retenir la chaleur et les températures minimales moyennes avoisinent . Le ciel est dégagé et clair toute l'année et les journées couvertes restent très rares, si existantes. La température moyenne journalière annuelle avoisine à Béni Abbès.

Hydrographie thumb|right|Vue sur l'Oued Saoura avec le quartier du Safat et la palmeraie.

La question de l’approvisionnement en eau a toujours joué un rôle capital car l’eau disponible a toujours été de quantité insuffisante et provient en totalité de la source de Ain Sidi Othman (débit estimé d’environ 24 l/s), appartenant à la population autochtone en vertu des contrats coutumiers. Selon l’historique de la ville, l’eau de la source était répartie sur 40 parts héritées à ce jour.

Un contrat d’accord verbal entre la population et les autorités françaises pendant l’époque coloniale permit le transfert d’une petite quantité d’eau auparavant utilisée dans l’agriculture à l’utilisation urbaine (l’école, l’infirmerie…)Les Français persuadent la population autochtone que l'utilisation de l'eau à des fins urbaines est dans leur intérêt (l'école est fréquentée par leurs enfants et la clinique traite leurs patients)., bientôt ce taux va se multiplier, surtout après l’indépendance à la suite de l’exode rural et la crise démographique de la ville. La baisse continue de la quantité d’eau réservée à l’agriculture pousse les agriculteurs de la palmeraie à porter plainte auprès des autorités locales afin de recouvrer leurs droits et ce depuis le début des années 1960.

Pour résoudre ce problème, la municipalité prit l’initiative de creuser des puits très profonds pour répondre aux besoins d’approvisionnement en eau potable de la ville, chose non concrétisée. Après cet échec, il a été décidé d’attribuer l’un des puits (riches en chlore) à l’irrigation.

Un projet de gestion intégrée des ressources en eau a été lancé en coordination avec les Allemands (GTZ). afin de fournir l’eau potable 24 heures sur 24, construction d’un réseau d’assainissement et une station d’épuration des eaux usées.

Localités de la commune

Lors du découpage administratif de 1984, la commune de Béni Abbès est constituée des localités suivantesJournal officiel de la République Algérienne, 19 décembre 1984. Décret , fixant la composition, la consistance et les limites territoriale des communes. Wilaya de Béchar, page 1490. : Béni Abbès, Zeghamra et Lougarta.

Transports La commune de Béni Abbès est traversée par la route nationale (RN 6), dite « route des Oasis », qui relie la ville de Sig, située au nord-ouest de l'Algérie, à la ville de Timiaouine, située à l’extrême sud de l'Algérie à la frontière avec le Mali, via Béchar et Adrar. La gare routière couvre la totalité des besoins de déplacement des habitants avec des lignes locales vers Béchar, Igli, El ouata, Kerzaz et Oulad khodeir, et une ligne extra wilaya vers Adrar. Une nouvelle route relie Béni Abbès à El Ouata, elle a coûté la somme de DA., soit approximativement euros.

Béni Abbès dispose aussi d'un aérodrome datant de l'époque coloniale. L'aéroport le plus proche est celui de Béchar, l'Aéroport de Béchar - Boudghene Ben Ali Lotfi situé à .

La réalisation d'une voie ferrée entre Béni Abbès et Bechar est en cours d'étudeTransports : Lancement prochain de l’étude du projet de voie ferrée Ghardaïa- El Menéa-Timimoun..

Toponymie Le nom de Béni Abbès en arabe est Bani Abbàs (بني عباس), « Les enfants d'Abbàs ». C. Rames explique que l'origine de l'appellation vient du nom des premiers occupants de la ville : Clément Rames, « Beni Abbès (Sahara oranais) : étude historique, géographique et médicale », Archives de l'Institut Pasteur d'Algérie, XIX, n° 1, mars 1941, p. 80-157, ici p. 83 (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k96757465/f91.item). Rames ajoute en note : « Nous trouvons là l’origine du ksar de Beni Abbès. »

En 1662, El ayachi écrit dans son manuscrit Arrihla al ayachia : forum Ahl alhadith lien pour télécharger Arrihla al ayachia..

Histoire

Préhistoire thumb|left|Zone de gravures rupestres du Sud-oranais (Algérie).

Le territoire de Béni Abbès était habité durant la préhistoirele livre : Le Petit Futé Algérie Par Dominique Auzias, Jean-Paul Labourdette, Marie-Hélène Martin comme l'attestent les gravures rupestres de la région de MarhoumaBulletin de la Société préhistorique française, année 1956, volume 53, numéro 11-12, .Jean Chavaillon, Nicole Chavaillon, Bulletin de la Société préhistorique française, année 1962, volume 59, numéro 7-8 .. Ces gravures rupestres remontent au néolithique. Moins célèbres que les peintures rupestres du Tassili, elles font cependant l'objet d'études dès 1863.

Le panneau idéologique de Marhouma est une scène d'une complexité remarquable :

Les participants constituent une chaîne fermée ; la prière de l'orant établit un lien entre l'animal sacré, le chasseur, que le trait serpentiforme charge de signification, et le gibierDialogues d'histoire ancienne : 1981, volume 7, Centre de recherches d'histoire ancienne..

Protohistoire

thumb|upright=1.5|Paléographie (Tifinagh) à l'entrée de la grotte de la louve.

Peu de textes sont disponibles sur cette époque de l'histoire de Béni Abbès. En revanche, on dispose de certains éléments archéologiques et toponymiques : Paléographie à l'entrée de Ghar diba (en arabe : غار الذيبة), la « grotte de la louve ». Les appellations berbère des lieux, palmeraies, montagnes et ksour avoisinants. Ces toponymes sont antérieurs à l'arrivée des Arabes et à l'islamisation. Les vestiges de certains ksour dits habités par des berbères christianisés : Maurice Cortier explique dans son livre D'une rive à l'autre du Sahara : .

Période islamique

Les premiers habitants appartiennent à la tribu des Beni Hassane. Ils construisent deux ksour, Ghar diba et Haresse el-Lil (gardien de nuit). Ils quittent ensuite les lieux pour Seguia el Hamra et la Mauritanie au .

L'histoire de la fondation de l'actuel Béni Abbès débute avec la légende de Sidi Othmane dit et son compagnon Sid Enoun. À la suite de la bénédiction du lieu par Sidi Othmane, l'eau jaillit et le pays n'est plus un désert, la végétation se développe et la vallée se garnit de roseaux, d'arbres et de pâturages..

Quarante ans après la mort de Sidi Othmane, Mehdi Ben Youssef, descendant des Beniabbes (premiers occupants de la ville), s'installe avec Ali Ben Moumen de la tribu Arib avec qui il a apporté des palmiers de l'oued Draa. Ils fondent le ksar des Oulad Mehdi, qu'habitent Youssef et Saïd, fils de Mehdi Ben Youssef, et Mohamed, fils d'Ali Ben Moumen.

La région a vécu dans la paix et la prospérité de l'agriculture et du commerce, ce qui lui a apporté un grand nombre d'immigrants de diverses régions.

Deux frères quittent ensemble El Maïz à Figuig (dans l'actuel Maroc) en direction de l'est. Ali Ben Yahia, accompagné par Khalfi ben Abdel-Wassàa, s'installe à Béni Abbès et son frère fonde une confrérie dans la région de Charouine (Gourara)MISSIONS AU SAHARA (SAHARA ALGERIEN) E.-F. GAUTIER Chargé de Cours à l'École supérieure des Lettres d'Alger Digitized by the Internet Archive in 2010 with funding from University of Ottawa 208 SAHARA ALGÉRIEN. Ali Ben Yahia, agriculteur expérimenté, fonde le ksar des Ouled Rahou, qu'habitent Moulay et Rahou, ses enfants.

Au , Moussa Ben Ali vient de Tamantit ou du Gourara pour s'installer à Béni Abbès. Très probablement, il venait de Tamantit, mais sa tribu avant de s'installer à Tamantit provenait du GouraraLes Oasis Du Gourara (Sahara Algerien) II. Fondation Des Ksour Ms17 Par Rachid Bellil..

En 1593, Abu Mahali (en arabe أحمد بن عبد الله بن قاضي) s'installe à Béni Abbès. El ayachi, dans son manuscrit Arrihla al ayachia, le décrit ainsi en 1662 : « personnage qui jadis se mit en état de révolte ouverte, et dont la sédition avait commencé dans ce bourg. Aujourd'hui encore sa maison est connue et on la montre aux voyageurs».

thumb|upright=1.5|Une entrée du vieux ksar de Béni Abbès.

Le développement et la prospérité continus de la région lui apportent également des ennemis, dont les Ghenanma. Une longue période de razzia pousse les Abbabsa à porter plainte contre les Ghenanma auprès du roi de Fès. Des soldats du Makhzen dits Mkhaznia quittent Fès en direction de Béni Abbès et passent en chemin par Zaouiet Men-Laikhaf au Tafilalet, où un marabout nommé Mohamed Ben-Abdeslam les rejoint. À l'arrivée à Béni Abbès, les Mkhaznia battent les Ghenanma. Les Abbabsa, vivant alors dans des ksour séparés, demandent à Mohamed Ben-Abdeslam de s'installer avec eux pour l'étude du Coran. Il accepte à condition qu'ils construisent un nouveau ksar très bien fortifié au sein de la palmeraie, chose que les Abbabsa acceptent en laissant le choix de l'emplacement au marabout.

(source 8 impossible a lire)

En 1605, Mohamed Ben-Abdeslam fonde, au sein de la palmeraie, le nouveau ksar sous le nom de Béni AbbèsDate approximative, seules la date de la mort du cheikh Karzaz Sidi Ahmed Ben-Moussa (1603) et l'arrivée de Ibn Abi-Mahali (1593) sont connues..

Un peu plus tard, de Tamantit vient Taleb Belkacem Ben-Abdelah pour s'installer à Béni Abbès.

L'association des descendants de ces personnes avec les haratines forme la population dite Ababsa. Une autre population, dite Ghenanma (Ouled Hamou), vit dans un ksar indépendant.

Période de la colonisation française

Occupation française Béni Abbès a été occupée par les Français le , le général Risbourg (chef de corps de la division d'Oran qui est une division d'infanterie de l'armée de terre française qui fit notamment partie du d'armée basé en Algérie.) l'a visitée le de la même annéeLa pénétration française en Afrique: ses caractéristiques et ses résultats archive.org..