Les Lettres de Vincent van Gogh à Émile Bernard sont un recueil de la correspondance échangée entre les deux peintres Vincent van Gogh et Émile Bernard, accompagnée de nombreux textes explicatifs d'Émile Bernard, édité par le célèbre marchand d'art Ambroise Vollard en 1911, grâce au travail éditorial d'Émile Bernard lui-même.

Contexte Bien que les deux peintres se soient rencontrés à Paris en 1886, c'est l'éloignement géographique, lorsque Van Gogh s'installe à Arles au début de 1888 et que Bernard séjourne à Pont-Aven avec Paul Gauguin, qui donne naissance à cette riche correspondance. Dans ces lettres, Van Gogh adopte volontiers le rôle d'un grand frère plus âgé et plus expérimenté. Il y prodigue de nombreux conseils techniques, commente les poèmes et les dessins de son jeune collègue, tout en partageant ses propres doutes face à l'isolement et à sa quête de maturité artistique.

Ces lettres forment une correspondance artistique et intime essentielle, rédigée principalement entre 1887 et 1889. Cet échange témoigne de la complicité intellectuelle, esthétique et humaine qui unissait les deux peintres. Conservées avec grand soin par Bernard, qui voyait en elles un intérêt artistique majeur, ces lettres ont été publiées pour la première fois à partir de 1893 dans le Mercure de France, accompagnées de textes destinées à faire reconnaitre la vie et l'œuvre du peintre, puis sous forme de recueil édité par Ambroise Vollard en 1911.

Les thèmes majeurs de la correspondance Van Gogh y expose sans filtre ses techniques et théories sur la couleur, affirmant par exemple que « le dessin est au fondement de tout » ou que « l'art des paroles y est et y restera pas moins » que la peinture. Les lettres ont la particularité d'être souvent illustrées de croquis faits sur le vif par Van Gogh (croquis de ses toiles en cours comme La Berceuse ou les paysages d'Arles), liant ainsi le texte et le dessin dans un même élan créatif.

Les échanges révèlent des tensions artistiques fascinantes. Par exemple, lorsque Bernard lui envoie la photographie de sa toile Le Christ au jardin des Oliviers, Van Gogh critique vivement ce qu'il perçoit comme un retour vers une abstraction factice et des motifs bibliques déconnectés de la réalité, alors que Gauguin soutient la démarche de Bernard.

Postérité et publication vignette|L'Enterrement de Vincent van Gogh, peint par Emile Bernard en 1893. Après la mort tragique de Van Gogh en 1890, Émile Bernard est resté profondément marqué par cette amitié. Après avoir aidé sa famille à organiser les funérailles, qu'il peindra d'ailleurs, il organisera une première exposition rétrospective de son ami Vincent, puis commencera à publier leur correspondance en l'accompagnant des souvenirs et de textes explicatifs, jouant ainsi un rôle clé dans la reconnaissance posthume du peintre hollandais.

C'est sous l'impulsion du marchand d'art Ambroise Vollard que ces précieuses lettres ont été réunies dans un livre en 1911, permettant au grand public et aux historiens de l'art de plonger dans l'intimité créative des deux génies. Une partie de ces lettres historiques est aujourd'hui conservée et célébrée, notamment lors d'expositions à la Morgan Library & Museum où au Van Gogh Muséum.

Notes et références

Catégorie:Livre d'Émile Bernard Catégorie:Livre paru en 1911 Catégorie:Œuvre de Vincent van Gogh Catégorie:Ambroise Vollard