Le mouvement lycéen et blocus de 2026 en France est un mouvement social lycéen qui débute le à Créteil (Val-de-Marne), avant de s'étendre progressivement à l'Île-de-France puis à plusieurs autres régions françaises.
Le mouvement est notamment marqué par des blocages de lycées, des rassemblements devant les établissements et des manifestations. Les revendications portent principalement sur le manque d'enseignants et de personnels, les conditions matérielles des établissements, les effectifs des classes, les emplois du temps et la pression liée à Parcoursup.
La mobilisation connaît une importante extension le , journée correspondant également à une mobilisation nationale de la fonction publique. Selon le ministère de l'Éducation nationale, 416 établissements sont alors concernés par des perturbations et 45 sont encore bloqués au moment du bilan communiqué par le ministère.
Contexte
Le mouvement apparaît dans un contexte de rentrée scolaire marquée par des revendications concernant les moyens attribués aux établissements scolaires et les conditions d'enseignement.
L'Union syndicale lycéenne (USL) met notamment en avant le « manque de professeurs et de personnels », les établissements jugés dégradés, les classes et emplois du temps surchargés ainsi que le stress associé à Parcoursup.
Les revendications diffèrent cependant selon les établissements. Certaines mobilisations locales portent également sur des questions relatives aux locaux, à la restauration scolaire ou au règlement intérieur.
Déroulement
Premières mobilisations
Le mouvement débute le au lycée Saint-Exupéry de Créteil, où plusieurs postes d'enseignants ne sont alors pas assurés.
Il s'étend ensuite progressivement à d'autres établissements d'Île-de-France. Les et , des perturbations sont recensées dans environ une soixantaine de lycées franciliens.
Extension nationale
À partir du , le mouvement dépasse l'Île-de-France. Des actions sont notamment signalées à Marseille, Lille ainsi que dans le Rhône, le Var et les Alpes-Maritimes. Le ministère de l'Intérieur recense alors 180 établissements perturbés.
L'USL appelle à généraliser les blocages à l'ensemble des lycées le , en lien avec la journée nationale de mobilisation de la fonction publique.
29 septembre
Le constitue la principale journée de mobilisation du mois.
Selon le ministère de l'Éducation nationale, 338 établissements sont concernés par des perturbations et 45 sont bloqués au moment du bilan.
D'autres décomptes réalisés au cours de la journée font état d'un nombre plus important d'établissements touchés. Le Monde rapporte ainsi des actions dans près de 410 établissements à travers la France.
La journée est également marquée par des incidents et des affrontements dans certains lieux. Le ministère de l'Intérieur annonce 440 interpellations au cours de la journée.
30 septembre
Le , des rassemblements et des tentatives de blocage se poursuivent dans plusieurs villes, notamment dans l'agglomération lyonnaise.
Le même jour, l'USL et l'Union étudiante appellent à de nouveaux blocages des lycées et des universités le et annoncent une nouvelle mobilisation pour le .
Revendications
Les revendications exprimées au cours du mouvement comprennent notamment :
l'augmentation des moyens attribués à l'éducation ; le recrutement et le remplacement des enseignants absents ; la diminution des effectifs dans les classes ; l'amélioration de l'état des bâtiments scolaires ; l'amélioration des conditions d'enseignement ; la réduction de la surcharge des emplois du temps ; des revendications concernant Parcoursup ; diverses revendications propres aux établissements mobilisés.
Les revendications ne sont pas identiques dans tous les établissements. Certaines demandes concernent directement les conditions de vie scolaire, notamment la restauration ou le règlement intérieur.
Organisations
Organisations lycéennes
L'Union syndicale lycéenne joue un rôle central dans l'appel à la généralisation des blocages. Son président Ryad Rani explique que l'organisation souhaite étendre le mouvement en raison de problèmes qu'elle considère comme communs aux établissements du territoire national.
Le MNL participe également à l'appel et au soutien des blocages.
Organisations étudiantes
Le , l'Union étudiante s'associe à l'USL pour appeler à de nouveaux blocages dans les lycées et les universités.
Le même jour, Solidaires étudiant-e-s fait de même avec le MNL.
Diffusion sur les réseaux sociaux
Les réseaux sociaux jouent un rôle important dans la diffusion des appels à la mobilisation.
Des vidéos et des tracts sont notamment diffusés sur TikTok, Snapchat et Instagram. Selon les autorités, cette diffusion contribue à l'extension rapide du mouvement.
Le contenu diffusé ne provient cependant pas uniquement d'organisations militantes. Certaines publications sont relayées par des comptes consacrés à l'actualité ou aux faits divers.
L'organisme Viginum, chargé notamment de détecter les ingérences numériques étrangères, indique n'avoir constaté à ce stade aucune amplification artificielle des contenus liés au mouvement par des acteurs étrangers.
Incidents et violences
La majorité des mobilisations ne donnent pas lieu à des affrontements, mais certains rassemblements sont accompagnés de dégradations, d'incendies de mobilier urbain, de jets de projectiles ou d'usage d'artifices.
Le ministère de l'Intérieur fait état de 164 interpellations au et de 440 interpellations le .
Des élèves, des personnels de l'Éducation nationale et des membres des forces de l'ordre sont également blessés au cours des différentes journées de mobilisation. Le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray fait état, le , de 119 personnes blessées depuis le début du mouvement, dont 34 personnels de l'Éducation nationale.
À la suite de la diffusion d'une vidéo montrant l'intervention d'un policier à proximité d'un lycée de Saint-Ouen-l'Aumône sur un lycéen, blessé à la bouche, une enquête de l'Inspection générale de la Police nationale est ouverte.
Réactions politiques
Le mouvement donne lieu à des réactions de plusieurs responsables politiques.
Des élus de La France insoumise apportent leur soutien à certaines mobilisations. Le député Louis Boyard se rend notamment au lycée Saint-Exupéry de Créteil dès le 21 septembre et appelle ensuite à l'extension du mouvement.
Le gouvernement condamne les violences et appelle à distinguer les revendications exprimées par les lycéens des actes de violence commis lors de certains rassemblements.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu estime que les difficultés rencontrées par les lycées doivent être prises en compte tout en condamnant les violences et les dégradations.
Le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray considère certaines revendications comme légitimes mais condamne les violences commises autour de certains établissements.
Plusieurs membres affiliés au Nouveau Parti Anticapitaliste ont été aperçus devant le lycée Léonard de Vinci a Levallois-Perret pour affirmer leur soutien.
Réactions syndicales
Le mouvement reçoit également l'attention de syndicats enseignants.
Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, appelle notamment à éviter l'escalade entre le gouvernement et les organisations politiques et à privilégier le dialogue avec les élèves.
Mobilisation dans la fonction publique
Le mouvement lycéen du 29 septembre se déroule parallèlement à une journée nationale de mobilisation de la fonction publique.
Le ministère de l'Éducation nationale estime à 11,47 % le taux de participation global au mouvement social dans les académies prises en compte dans son bilan, avec 12,74 % dans le second degré. Ces chiffres concernent les personnels de l'Éducation nationale et non la participation des lycéens aux blocages.
Plus de 170 manifestations sont organisées dans le pays selon les données rapportées par Euronews.
Voir aussi
Mouvement lycéen en France Mouvement social en France Éducation en France Parcoursup Manifestation
Références
Liens externes
Mouvement social du mardi 29 septembre 2026, ministère de l'Éducation nationale
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