L'arrêt de la Cour permanente de justice internationale (CPJI) sur l’affaire du Lotus, et portant sur les compétences d'un État en droit international, est rendu le .
Les faits Le vers minuit, un paquebot français, le Lotus, qui navigue à destination de Constantinople, aborde dans les eaux internationales de la Méditerranée un navire charbonnier turc, le BozKurt, qui sous l’effet du choc se brise en deux et sombre. Au cours de l’abordage, huit marins et passagers turcs meurent. Le navire français sauve dix marins turcs, puis se rend à Constantinople où il arrive le . Le , M. Demons, capitaine français du navire, est arrêté par les autorités et le il est condamné par les tribunaux turcs en raison des dommages subis par les marins turcs.....
Problèmes de droit posés La France proteste auprès de la Turquie en faisant valoir que le capitaine étant de nationalité française et le navire sous pavillon français, la Turquie ne disposait d’aucun titre de compétence objective pour juger les actes commis. La France considère que la compétence objective pénale est de nature territoriale et donc ne peut s’exercer à l’égard de faits qui se sont déroulés en dehors de l’État. Le dommage a été causé en haute mer, donc il revient à l’État du pavillon d’exercer la compétence pénale. La Turquie plaidait qu'elle avait compétence objective du fait de la nationalité des victimes.
Cette affaire du Lotus pose deux problèmes : Quelles sont les compétences de l’État et comment sont-elles déterminées en droit international ? Que se passe-t-il lorsque deux États sont concurremment compétents ?
Solutions retenues La CPJI va considérer que le droit international n'a pas été violé. L'État exerce seul, à l'exclusion de tous, ses fonctions étatiques. La CPJI a donc jugé que l'exclusivité interdit toute action de contrainte d'un État sur le territoire d'un autre État.
On en retient le fameux dictum , c'est-à-dire que tout ce qui n'est pas interdit en droit international est permis. Sur la coutume et le volontarisme des relations internationales :
C'est aussi dans le cadre de cette affaire que le juge Moore cite, dans son opinion individuelle , le principe de compétence universelle appliqué dans les cas de piraterie : « [D]ans le cas de ce qui est connu sous le nom de piraterie du Droit des Gens, il a été concédé une compétence universelle, en vertu de laquelle toute personne inculpée d'avoir commis ce délit peut être jugée et punie par tout pays sous la juridiction duquel elle vient de se trouver [...]. Bien qu'il y ait des législations qui en prévoient la répression, elle est une infraction de droit des gens ; et étant donné que le théâtre des opérations du pirate est la haute mer où le droit ou le devoir d'assurer l'ordre public n'appartient à aucun pays, il est traité comme l'individu hors-la-loi, comme l'ennemi du genre humain que tout pays, dans l'intérêt de tous peut saisir ou punir. »
Évolution postérieure du droit international La Convention des Nations unies sur le droit de la mer, signée à Montego Bay le , pose en son une règle positive qui vient régler les compétences juridictionnelles en matière d'abordage. :
Bibliographie
Roger Portail, L'Affaire du "Lotus", L. Chauny et L. Quinsac, 1928. Henri Walther, L'Affaire du "Lotus" : ou de l'abordage hauturier en droit pénal international, Les Editions internationales, 1928.
Références
Liens externes Affaire du Lotus sur le site de la Cour internationale de justice Recueil des Arrêts dans l'Affaire du « Lotus » L'Affaire du Lotus par Robert Ruzé, Avocat, docteur en droit.
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