Michel Barbier de Cubières, né le à Roquemaure et mort le à Paris , est un homme de lettres, poète et dramaturge français.

Se faisant appeler tour à tour le chevalier de Cubières, Dorat-Cubières, citoyen Cubières, Michel de Cubières-Palmézeaux, entre la fin de l'Ancien Régime et la Restauration, il est resté dans l'histoire littéraire comme un emblème de la girouette politique et du poète frivole..

Biographie Frère cadet de Louis Pierre, page de Louis XV et écuyer de Louis XVI, Michel de CubièresT. M. Mustoxidi, Histoire de l’esthétique française, , Librairie ancienne Honoré Champion, Paris, 1920., que l'on destine à l'état ecclésiastique, est envoyé au séminaire à Orange, à Nîmes et à Saint-Sulpice, où sa conduite peu régulière lui vaut d’être exclus. Il sollicite alors le soutien du poète-mousquetaire Claude Joseph Dorat, qui lui conseille de troquer son habit noir contre un autre de taffetas à lames roses, de rechercher les faveurs des femmes de condition, et surtout de relire Les Tourtourelles de Zulims, dont l'auteur n'est autre que lui-même..

L’abbé de Cubières suit à la lettre les conseils de Dorat et achève sa mue en chevalier de Cubières. Devenu écuyer de la comtesse d'Artois, il ne tarde pas à faire de la protectrice et amante de Dorat, Fanny de Beauharnais, sa maîtresse attitrée. Il inonde le public de petits vers galants, douceureux et fadement spirituels à la gloire des Iris et des Chloé qui peuplent les pages de l’Almanach des Muses. À la mort de Dorat, en 1780, le , comme l’appelle la marquise d’Antremont, prend en son hommage le nom de Dorat-Cubières.

Incapable de résister aux évènements, il ne voit dans les évènements dont il est témoin que des occasions d'écrire des vers élogieux. À l’avènement de la Révolution, il chante la prise de la Bastille et la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Devenu secrétaire de la Commune de Paris, il met en vers le calendrier républicain et pleure la mort de Marat et de Lepeletier. Il célèbre le coup d'État du 18 brumaire, dans son poème Trasybule, et entonne les louanges du vainqueur de Marengo. Lors de la Restauration, il remercie Barruel-Beauvert, à qui il avait sauvé la vie sous la Terreur, de lui avoir fait accorder la décoration du Lys, .

Sans conviction politique ou littérature, doué d'une grande facilité mais prolifique à l'excès, Cubières s'est essayé dans tous les genres, sans parvenir à percer dans aucun. Afin de camoufler sa trop grande fécondité et de donner le change à la critique, il a imaginé de se dédoubler en inventant un « M. de Palmézeaux », auquel il a attribué le trop plein de sa verve poétique, inondant, sous ses deux noms, de ses rimes le Mercure de France, l’Almanach des Grâces, les Étrennes de Mnémosyne, les Étrennes lyriques, les Étrennes du Parnasse, les Veillées des Muses, et généralement toutes les feuilles publiant ce type de poésie.. Il a, en outre, collaboré au Journal encyclopédique et, à la Révolution, à la Décade philosophique.

Il a produit, entre 1776 et 1806, une vingtaine de pièces de théâtre : comédies, opéras, tragédies, drames burlesques. Celles qui sont jouées ont été sifflées, celles qui ne le sont pas ont été réprouvées par la critique. En poésie, le disciple de Dorat a été qualifié par Rivarol de C'était, écrit Alfred Marquiset, un « madrigalier », « ou arbre à madrigaux », qu'il suffisait de

Jugements

Publications partielles Essais moraux Lettre d'un solitaire de Chalcide à une dame romaine, suivie de pièces fugitives, 1773. Les Hochets de ma jeunesse, 1780. . . Histoire des compagnes de Maria, ou Épisodes de la vie d'une jolie femme, 1811.

Critique littéraire Histoire de la littérature . Poésies philosophiques et descriptives des auteurs qui se sont distingués dans le dix-huitième siècle, 3 vol., 1792 Le Progrès des arts dans la République, poème, 1796. . Boileau jugé par ses amis et par ses ennemis, ou le Pour et le Contre sur Boileau, 1802. Recueil des pièces intéressantes sur les arts, les sciences et la littérature, ouvrage posthume de Sylvain Bailly, précédé de la vie littéraire et politique de cet homme illustre, 1810.

Didactique L'Art du quatrain, essai didactique en IV chants, suivi d'un grand nombre de quatrains sur les monuments français d'architecture, de peinture, de sculpture, de gravure, etc. ; d'un poème sur le progrès des arts et de quelques distiques, 1812. Essai sur l’art poétique en général, et en particulier sur la versification française, Paris, 1812.

Écrits sur d'autres auteurs . Éloge de Claude Joseph Dorat, suivi de poésies qui lui sont relatives, d'une apologie de Colardeau, d'un dialogue intitulé Gilbert et une Furie, de la Vengeance de Pluton, et de quelques pièces détachées, 1782. Fontenelle jugé par ses pairs, ou Éloge de Fontenelle, en forme de dialogue entre trois académiciens, des Académies française, des sciences et des belles-lettres, 1783. . . . Chamousset, ou la Poste aux lettres, poème en 4 chants, précédé d'une dissertation historique sur l'origine, l'usage et l'utilité des postes, 1816. .

Écrits politiques Essais politiques . . .

Poésie révolutionnaire . . . La Mort de Basseville, ou la Conspiration de Pie VI dévoilée, 1793.

Poésie napoléonienne . La Bataille d'Austerlitz, poème, 1806.

Théâtre Comédies . Galathée, comédie en 1 acte et en vers libres, Versailles, théâtre de la Cour, . . La Jeune Épouse, comédie en 3 actes, en vers, Paris, Théâtre-Français, . La Double épreuve, ou la Boiteuse et la Borgne, comédie en 3 actes en prose, Paris, Théâtre des Variétés du Palais-Royal, 1788. L'Homme d'État imaginaire, comédie en 5 actes en vers, 1789. La Diligence de Lyon, comédie en 3 actes et en prose, Paris, théâtre des Jeunes-Élèves, 5 aout 1802. Paméla mariée, ou le Triomphe des épouses, drame en 3 actes, en prose, avec Benoît Pelletier-Volméranges, d'après Carlo Goldoni, Paris, Théâtre de la Porte-Saint-Martin, . Nathan le Sage, ou le Juif philosophe, comédie héroïque en 3 actes, en prose, ornée de ballets et de spectacles, 1805. L'Amour platonique, ou le Nez postiche, comédie en un acte et en prose, 1806. Le Faux misanthrope, ou le Sous-lieutenant, comédie en 3 actes et en prose, imitée de l'allemand de Friedrich Ludwig Schröder, 1806. L'Épreuve singulière ou la Jambe de bois, comédie en trois actes en prose,

Drames historiques . La Mort de Molière, pièce historique en 4 actes en vers et à spectacle, Paris, Comédie-Française, . . La Marquise de Pompadour, ou Germon et Juliette, comédie en 3 actes en prose, Paris, Théâtre Molière, 1797. Clavijo, ou la Jeunesse de Beaumarchais, drame en 3 actes et en prose, 1806. Ninon de Lenclos et le Prisonnier masqué, drame en 3 actes et en prose, 1806.

Tragédies Hippolyte, tragédie en 3 actes, imitée d'Euripide, Paris, théâtre du Marais, . La Mort de Caton, tragédie en 5 actes, en vers, 1804. Roméo et Juliette, tragédie lyrique en 3 actes (traduction de la pièce de Shakespeare), précédée d'un prologue, avec Pierre-Louis Moline, 1806.

Œuvres réunies Opuscules poétiques, 1784. , , . . , , , , .

Notes et références Notes

Références

Bibliographie . .

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