Natitingou est une commune et une ville du nord-ouest du Bénin, préfecture du département de l'Atakora.

Situation géographique et administrative La commune est située dans une vallée au pied de la chaîne de montagne de l'Atakora qui culmine à 641 mètres d'altitude. Située au nord-ouest du Bénin et au centre du département de l'Atacora, Natitingou couvre une superficie de , soit 12,8 % de la superficie totale du département. Elle partage ses frontières avec les communes voisines du département, notamment : Toucountouna au nord Kouandé au sud-est Copargo au sud-ouest Boukombé à l’ouest Monographie de lacommune de Natitingou, 2006, , (archive) .

Natitingou compte 65 villages et quartiers de ville répartis dans 9 arrondissements, dont : 3 urbains, à savoir Natitingou 1, Natitingou 2 et Natitingou 3 6 ruraux notamment : Perma, Kouandata, Tchoumi-Tchoumi, Kotopounga, Péporiyakou et Kouaba.

Le milieu physique vignette|gauche|Vue panoramique de Natitingou Relief La commune présente un relief dont les formes sont variées, allant des zones de montagnes, à Natitingou, aux plateaux et pénéplaines des villages environnants. La commune de Natitingou est caractérisée par un relief accidenté, composé surtout de la chaîne de l’Atacora, de plateaux et de collines dont les vallées se présentent souvent en pente forte.

Climat vignette|Températures (jaune) et précipitations (bleu) à Natitingou. Son climat est de type soudano-guinéen caractérisé par deux saisons : une saison pluvieuse qui dure six (06) mois (mai à octobre), et une saison sèche qui couvre la période de novembre à avril. Du fait des influences orographiques, la commune est très arrosée surtout à Natitingou où on enregistre parfois jusqu’à de pluie par an. Les plus fortes pluviométries sont enregistrées au cours des mois d’août et de septembre. La température moyenne est d’environ avec des variations de à pendant l’harmattan.

Hydrographie Le réseau hydrographique se réduit aux marigots, rivières et ruisseaux dont la plupart tarissent en saison sèche. Les cours d’eau les plus importants sont : Yarpao, Koumagou et Winmou. Le réseau hydrographique peu fourni est tributaire du climat et du relief. Il favorise cependant la pratique d’une pêche peu développée et traditionnelle en particulier la pêche au filet, à la ligne, par assèchement et par empoisonnement. Quelques espèces halieutiques sont capturées, vendues et consommées dans la commune.

Sols Les sols sont généralement latéritiques, gravillonnaires, caillouteux, sablonneux et argileux. Ils sont pour la plupart lessivés, avec pour conséquence une baisse considérable de leur fertilité en raison de la forte dégradation dont ils sont l’objet. Les techniques culturales inadaptées et la faible capacité de gestion des eaux ont contribué à cette dégradation avancée des sols. Les conflits fonciers existent et sont généralement réglés à l’amiable. La rotation des cultures et la jachère sont des techniques de régénération des sols connues et pratiquées par les populations.

Végétation vignette|Faune et flore de Natitingou Quant à la végétation, elle est caractéristique de la savane arborée, arbustive et herbacée dominée par les espèces ligneuses comme le néré, le karité, le baobab, le faux acajou, le tamarinier, le kapokier, le caïlcédrat et le rônier. Les forêts tropicales qui existaient ont été détruites et il n’en reste que quelques bosquets qui abritent des fétiches ou tiennent lieu de sanctuaires conservés, et des forêts galeries en voie de disparition.

Faune Le patrimoine faunique de la commune reste très pauvre. On y recense quelques céphalophes, des singes, des reptiles, de petits rongeurs et une diversité d’oiseaux. Les gros animaux tels que les lions, les éléphants, les buffles, etc. typiques de l’Afrique tropicale ont disparu. Cela s’explique par la pression anthropique. En effet, la chasse anarchique livrée aux animaux et l’utilisation permanente des feux de brousse ont un impact négatif sur la flore et la faune de la commune. Actuellement, c’est la chasse à la battue, aux fusils artisanaux et modernes, aux pièges et à la lance qui est la plus pratiquée par les populations.

Histoire

Le nom de la ville de Natitingou lui a été donné par les missionnaires. Il provient de Nantotingou : le village de Nanto (fondateur de la ville) ce nom signifie l'écraseur.

Siège du palais du gouverneur pour la province de l'Atacora lors de la colonisation française, la ville de Natitingou devient préfecture de l'Atacora lors de l'accession à l'indépendance de la république du Bénin en 1961. Elle a connu jusqu'à nos jours une forte croissance et est peuplée d'ethnies très diverses

Selon plusieurs recherches et selon les histoires orales recueillies auprès des personnes âgées,, le nom Natitingou offre également plusieurs interprétations :

Première interprétation : Natitingou signifierait Nanto Tingou qui veut dire la ville de l’écraseur et si on devrait s’en tenir à cette interprétation, Natitingou  prend le surnom (sobriquet)  de cet homme célibataire (Ossori) qui avait l’habitude d’écraser lui-même les céréales pour sa propre cuisine. (Vous savez que l’avènement des moulins est très récent. Auparavant les femmes, pour avoir la farine pour faire la pâte, devraient écraser les céréales à la meule qui est composée de deux pierres, celle du bas est large et celle du haut est petite. Jusqu’à nos jours les femmes utilisent ce genre de meule pour écraser de la farine pour cuisiner une grande famille) 

Deuxième interprétation : Pour certains Natitingou Signifierais Nantu Tingou (Village de la viande). Certaines pensent que la ville était un endroit où il y avait assez de gibiers. Cette idée semble aussi vraie en ce sens que la ville est située entre les montagnes et la vie ne pouvait être possible que dans cette partie basse. Donc il y avait assez de gibiers raison pour laquelle les gens ont gardé l’appellation « Nantu Tingou » pour se référer bien sûr à ce village qui va devenir Natitingou.

Troisième interprétation : D’autres pensent que le nom est « Nanti Tingou ». Ceux là font un lien à la mythologie avec la ville. Il parait que tous les soirs au coucher du soleil l’on pouvait entendre les bruits des meules dans le village. Ces bruits seraient produits par les esprits qui habitaient dans ce village et ces alentour. D’où le nom Nanti Tingou.

Population Lors du recensement de 2002 (RGPH3), la commune de Natitingou comptait , dont et Monographie de lacommune de Natitingou, 2006, (archive) .

En 2013, selon le Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH4), la population de la commune de Natitingou était de avec et . Le était le plus peuplé avec et l’arrondissement le moins peuplé était celui de Kouandata avec . 55,83% de la population vit en milieu rural et 44,17 % dans les 3 arrondissements urbains.

Répartition de la population par arrondissementSource : RGPH 4, 2013

Natitingou 1 : 12.309 Natitingou 2 : 11.551 Natitingou 3 : 22.011 Péporiyakou : 7.413 Kotopounga : 17.420 Perma : 15.323 Kouandata : 4.915 Tchoumi-Tchoumi : 5.656 Kouaba : 7.245

Ainsi, la commune est caractérisée au plan sociodémographique par une forte dominance de la population jeune, une diversité ethnique et linguistique (plus d’une dizaine d’ethnies) et une forte mobilité des jeunes.

Par ailleurs, la population communale est dynamique dans son ensemble et très mobile. Le principal mouvement demeure l’exode rural mû par la recherche de terres fertiles et d’un mieux être social et économique. Les principales destinations des populations sont le Borgou, l’Alibori, les Collines en République du Bénin, puis le Nigéria et le Togo. Dans leur mouvement, certains ménages se déplacent et s’installent définitivement dans leur localité d’accueil. Ce phénomène autrefois fréquent et très important est aujourd’hui en nette régression à cause du développement de l’exploitation de l’or dans l’arrondissement de Perma, de la culture du coton, de l’éclosion des activités de taille de pierre, de l’appui de certains partenaires au développement et de l’État béninois à travers son programme de lutte contre la pauvreté.

Au sein de ces ménages, les groupes socioculturels les plus dénombrés sont : les Bètammaribè, les Waaba, les Bariba (Baatɔmbu), les Dendi, les Sorouba (ou Biyobè), les Peuls, les Yorouba, les Fons, les Natimba, etc. Ceux-ci s’adonnent à des pratiques religieuses diverses allant de l’animisme ou religion traditionnelle (première religion), au christianisme () en passant par l’Islam () aujourd’hui en plein essor même dans les milieux ruraux autrefois réticents.

Le tissu social se caractérise par des liens de solidarité vivaces entre les lignages, les clans, les familles, et les personnes surtout dans les villages. Par contre, dans les agglomérations urbaines, l’individualisme a pris le pas sur les considérations de groupe. vignette|Tata à Kouaba. Au sein des communautés sociales, on note une diversité d’habitats surtout de type rural et caractérisé par des tatas, des cases rondes, des cases rectangulaires en terre de barre, couvertes de tôle ou de paille. Ce type d’habitation est fortement menacé par les incendies du fait de la précarité des matériaux de construction utilisés. L’habitat de type urbain se caractérise par des constructions en matériaux durables dans les agglomérations et dans certains milieux ruraux notamment pour les centres de santé, les écoles et les bâtiments administratifs. Enfin, même si cet habitat est en général groupé, on remarque quelques cases dispersées en pays Otammari.

Tourisme et hôtellerie vignette|Musée de Natitingou. Confiante dans l'avenir, la mairie de Natitingou compte faire du tourisme une des activités majeures de la ville. On trouve déjà d'assez nombreux hôtels et restaurants à Natitingou - ce qui est assez notable pour une ville africaine - et la ville se trouve proche de nombreuses attractions naturelles, telles les chutes de Kota, le parc de la Penjari, ou simplement la savane arborée qui s'étend sur les montagnes environnants la ville.

La commune de Natitingou est la vitrine et la porte d’entrée de la région Atacora relativement riche en potentialités touristiques naturelles et en richesses culturelles des différents groupes socio-culturels. Elle dispose d’un fantastique paysage montagneux et de grottes, d’importants sites touristiques qui jalonnent les arrondissements et les nombreuses attractions touristiques dont certaines sont valorisées et exploitées, tandis que de nombreuses autres attendent d’être mises en valeur.

En ce qui concerne les attractions valorisées on a : Les chutes de Kota Le musée de Natitingou Les Tata somba de Perma, Kouandata, Kouaba et Péporiyakou Le paysage montagneux qui regorge de grottes et mares pittoresques vignette|Animaux de Natitingou Les objets d’art vignette|Femmes en Enko, vendeuses de tchoucoutou, une boisson locale de mil S’agissant des richesses peu valorisées on peut citer : Les différentes fêtes et cérémonies traditionnelles des différents villages de la commune (circoncision, Koutchaati, Dikountri, etc.) ; Les marchés locaux ; La boisson locale ; Plats traditionnels (y compris les amuse-gueule) ; Extraction du fer à la traditionnelle ; Site aurifère de Perma ; Derrière le calvaire, cours d’eau et ruches traditionnelles ; Centre Saint-Paul (centre marial) ; Mausolée de maman Yokossi et du président Kouandete ; Mausolée (pyramide) du Président Mathieu Kerekou; Les forgerons traditionnels de Natitingou ; La stèle de Kaba ; Le travail des artisans et artistes : sculpteurs, potières, tresseurs des bijoux en herbe vignette|Statue au carrefour Kaba de Natitingou