Lusine élévatoire de Trilbardou est un établissement, situé à Trilbardou, permettant d'alimenter le canal de l'Ourcq à partir des eaux de la Marne. Elle se trouve en contrebas du canal, à du bassin de la Villette.
Datant de 1865 et classée monument historique en 1989, elle est toujours en état de fonctionnement mais l'alimentation du canal est désormais essentiellement assurée par des pompes électriques installées dans un bâtiment à l'entrée du site.
La télésurveillance du canal de l'Ourcq et de ses installations techniques est assurée depuis un poste de commande installé dans l'usine.
Histoire vignette|gauche|Le barrage sur la Marne fournissait l'énergie à l'usine élévatoire, avant que la roue Sagebien soit relayée par des pompes électriques. Le canal de l'Ourcq, mis en service en 1821, est essentiellement alimenté en eau par la rivière d'Ourcq, la Beuvronne et la Thérouanne et d'autres affluents mineurs de l'Ourcq.
Toutefois, les étés 1858 et 1865 furent des périodes de sécheresse durant lesquels la navigation sur le canal fut pratiquement paralysée. La ville de Paris obtint deux décrets du l'autorisant à puiser de l'eau de la Marne sur deux sites situés, l'un à Isles-les-Meldeuses et l'autre à Trilbardou, là où le canal était établi à proximité de la rivière.
En effet, les besoins pour la navigation sur les canaux et les autres usages nécessitent un débit de /s. Or, si l'Ourcq peut apporter plus de /s par temps hivernal, le débit peut tomber à /s en période d'étiage, ce qui rend nécessaire le renfort des eaux de la Marne.
La ville fait donc installer en 1865, dans l'urgence, des machines à vapeur système Farcot, dont la puissance, modeste, permettait de puiser dans la Marne d'eau par secondeBrochure sous la direction de Barozzi, op.cité, page36., et entreprend la construction de l'usine élévatoire de Trilbardou qui sera équipée entre autres de pompes et moteur hydraulique système Sagebien ainsi que l'usine élévatoire de Villers-lès-Rigault avec une machine à roues turbines de Girard.
Après le choc pétrolier de 1973, la restauration des installations d'Alphonse Sagebien fut entreprise. Le chef d'atelier de l'usine de Trilbardou en assura la mise en œuvre.
Description vignette|La roue système Sagebien de l'usine de Trilbardou. vignette|Elle entraine quatre pompes foulantes/refoulantes. On voit ici deux de ces pompes, ainsi que la transmission de l'énergie produite par la roue hydraulique. L'usine de Trilbardou est édifiée à l'emplacement d'une ancienne usine de tréfilerie et de laminage, les établissements Languenard, qui puisaient leur force motrice dans une chute de la Marne de . La ville de Paris racheta les installations et les droits d'eau après un incendie, ainsi que le moulin de Mareuil-lès-Meaux, dont elle supprima le barrage, portant ainsi la chute de Trilbardou à .
Compte tenu de cette faible hauteur de chute, mais de l'importance du débit de la Marne, une usine élévatoire alimentée par une roue hydraulique système Sagebien était parfaitement adaptée aux besoins, et cette technique, bien maîtrisée à l'époque, permettait d'obtenir un rendement énergétique de 85 % à 90 %.
Ce type de roues a comme particularité de posséder des aubes non radiales, de manière qu'elles soient inclinées à lorsqu'elles pénètrent dans l'eau, évitant ainsi de provoquer des chocs et des tourbillons qui réduiraient le rendement du système tout en nécessitant plus d'entretien du dispositif. Les pertes d'énergie sont donc réduites et l'eau travaille plus par son poids que par sa vitesse.
La roue Sagebien mise en œuvre, de de diamètre et de largeur, est la plus importante jamais construite, les roues de moulin habituelles ayant un diamètre de 4 à . Elle comprend en sapin de Lorraine, soit de bois, ainsi qu'un arbre métallique en fer forgé de , long de , reposant sur trois paliers suiffés et tournant à par minute..
Sur l'axe de l'arbre moteur se trouve un pignon de , engrenant deux roues plus petites tournant, elles, à par minute et qui entrainent par l'intermédiaire de quatre bielles quatre pompes foulantes/refoulantes conçues également par Sagebien.
La puissance de ce moteur hydraulique n'est que de (environ ), ce qui semble faible aujourd'hui, mais suffit pour animer les quatre pompes, capables de déverser ensemble dans le canal, situé plus haut que la Marne, environ par seconde dans de bonnes conditions de chute.
Eugène Belgrand, alors chef du service des eaux et des égouts de la ville de Paris, estimait de cette machine que son rendement en eau montée, lorsque la chute est bonne est égal à 70 % de la puissance théorique de cette chuteIl s'agit du rendement cumulé de la roue Sagebien, de la transmission et du système de pompes. Il est donc normal que cet ensemble ait un rendement inférieur à celui de la seule roue Sagebien.. C'est certainement le meilleur moteur que la Ville possèdeEugène Belgrand, Les eaux nouvelles (cité par Claude Gaudin dans les actes du colloque de l'Aflo, op. cité..
Toutefois, si cette installation était bien adaptée au site, elle était lourde et lente, ce qui impliquait transmissions complexes et onéreuses pour générer un mouvement plus rapide adapté à la vitesse de travail des pompesClaude Gaudin, Le Canal de l'Ourcq, in actes du colloque organisé par l'AFLO, op. cité.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Canal de l'Ourcq Usine élévatoire de Villers-lès-Rigault Moulin à eau Roue à aubes
Liens externes
Machines hydrauliques dans la région de Meaux
Trilbardou Catégorie:Hydrologie à Paris Trilbardou Catégorie:Canal de l'Ourcq Catégorie:Monument historique classé en 1992 Catégorie:Monument historique inscrit en 1987 Catégorie:Monument historique en Seine-et-Marne