Dingo (en anglais Goofy Goofdu mot « goofy » = « dingue », « maboul ». ou simplement Goofy) est un personnage de fiction de l'univers de Mickey Mouse créé par la en 1932. Ce chien anthropomorphe est l'un des meilleurs amis de Mickey. Sa principale caractéristique est sa grande maladresse. Pour le décrire, le réalisateur Jack Hannah le qualifie de et Dave Smith, l'archiviste du Disney, parle de .

Après une carrière aux côtés de Mickey et de Donald, il a été, dans les années 1940 à 1960, le héros de sa propre série ainsi que de la sous-série Comment faire... Dingo est aussi connu pour ses rôles d'homme moyen ayant un fils, ainsi que pour les courts métrages où la population est constituée de déclinaisons du personnage.

En 1954, on lui a adjoint un neveu, Gilbert, puis, en 1979, un cousin mis en avant par Disney dans des campagnes de promotions principalement liées au sport, et repris en bandes dessinées, Sport Goofy. Cependant, dans les années 2000, les deux personnages ne forment plus qu'un, comme c'est le cas dans certains gags d'origine française publiées dans Le Journal de Mickey.

À partir des années 1990, Dingo devient (à nouveau) père dans une série télévisée dans laquelle son fils se prénomme Max. Mais rien ne précise qui sont les mères respectives de ses fils. Cette série des années 1990 a été prolongée par deux longs métrages : Dingo et Max (1995) et Dingo et Max 2 : Les Sportifs de l'extrême (2000).

Historique 1932-1934 : Dippy Dawg devient le « Goof » Naissance de Dippy Dawg

Dingo apparaît pour la première fois dans le court métrage Mickey's Revue, le Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, .. Réalisé par Wilfred Jackson, ce court métrage met en scène Mickey, Minnie Mouse, Horace Horsecollar et Clarabelle Cow qui se produisent en concert. Parmi les spectateurs se trouve un chien, dont le comportement grossier et bruyant irrite rapidement ses voisins John Grant, The Encyclopedia of Walt Disney's Animated Characters, . qui finissent par l'assommer. Son rire caractéristique, inventé par le comédien Pinto Colvig, le distingue de ses voisins ayant aussi un aspect canin. Pour Flora O'Brien, ce personnage ne fait que « rire mais de manière assez mémorable pour être remarqué par Walt » Flora O'Brien, Walt Disney's Goofy : The Good Sport, Tucson, HPBooks, 1986, ..

Cette version primitive de Dingo tranche avec ce que deviendra le personnage : c'est un vieux monsieur pourvu d'un pince-nez carré, d'une barbichette et d'une queue touffue, qui ne porte encore ni pantalons, ni sous-vêtements. Walt Disney et son équipe furent impressionnés par son rire rauque et décidèrent de le réutiliser. Il ne faut pas perdre de vue que l'un des traits caractéristiques des films d'animation de Disney est la « personnalité d'animation » Russel Merritt & J.B. Kaufman, Walt Disney's Silly Symphonies, La Cinecita del Friuli, 2006, ., l'ensemble des petits éléments composant la gestuelle, le caractère du personnage et le rendant plus humain. Les caractéristiques de ce personnage étaient une base pour un héros récurrent.

On retrouve ensuite Dippy Dawg dans le court métrage The Whoopee Party, sorti le , gardant son rire. Le personnage de Dippy fait quatre apparitions cinématographiques durant l'année 1932 et deux autres en 1933. Il constitue alors un second rôle supplémentaire récurrent et non un membre permanent de la bande à Mickey, état de fait qui d'après John Grant serait dû à la présence d'un autre chien, Pluto.

Ces premières apparitions ne présentent pas encore les caractéristiques à venir de Dingo, dont la principale, la génération du chaos. Steve Hulett, retranscrit par John Grant et Flora O'Brien, indique que « dans The Whoopee Party, Dingo aide Mickey à préparer un repas de fête dans la cuisine et le fait sans anicroche. Ses caractéristiques de maladresse et sa naïveté ne sont pas encore totalement découvertes. [Au contraire], en 1942 dans L'Anniversaire de Mickey, il est capable de détruire la cuisine, le gâteau et la fête d'une seule main, le tout avec une parfaite innocence et bonne humeur. »

En bande dessinée, les comic strips de Mickey Mouse dessinés par Floyd Gottfredson, ayant repris les publications en 1930 après le départ d'Ub Iwerks, mettaient généralement en scène la vie quotidienne de Mickey Mouse. À partir du , Gottfredson reprend le personnage dans les strips hebdomadaires et le baptise Dippy Dawg.. Ce personnage est proche de celui des films par certaines caractéristiques physionomiques. Avant d'être l'un des proches de Mickey, Gottfredson fait de Dippy un voisin encombrant Flora O'Brien, Walt Disney's Goofy : The Good Sport, . puis il lui accorde une place plus importante.

La production de comics de Disney à cette époque est découpée en plusieurs parties, les deux plus importantes étant les strips quotidiens (lundi au vendredi) et les hebdomadaires (dimanche). Dippy est donc d'abord apparu dans les strips hebdomadaires mais il rejoint rapidement ceux quotidiens. La première histoire quotidienne où apparaît Dippy comme un proche de Mickey, partageant ses aventures, est Mickey et les Trois Voleurs, publiée du au . Première publication en France en 1936 puis en 1973 sous le titre Mickey détective.. Il apparaît ensuite régulièrement dans les histoires comme un personnage secondaire.

Le « Goof »

L'année 1934 marque le début d'un tournant dans la carrière de Dingo. Il fait désormais partie de la « bande de Mickey » aux côtés de Minnie Mouse, Pluto, Clarabelle Cow et Horace Horsecollar mais à la différence des deux derniers, il est un peu plus qu'un second rôle et est promis à plus encore.

Dans Le Gala des orphelins, sorti le , il est officiellement surnommé « Goofy » John Grant, The Encyclopedia of Walt Disney's Animated Characters, . (ce qui veut dire en anglais : niais) et devient un membre régulier du gang aux côtés d'autres nouveaux venus : Donald Duck et Clara Cluck. Son nom officiel reste Dippy Dawg. Mais au sein même des studios de Disney, on parle du personnage du Goof et non de Dippy Dawg.

C'est aussi cette année-là qu'Art Babbitt écrit ce qui pourrait être nommé un « manifeste » pour Dingo. Il déclare Flora O'Brien, Walt Disney's Goofy : The Good Sport, . : Cet écrit a semble-t-il été entendu et mis en application l'année suivante. Art Babbitt n'est pas à son premier fait d'armes avec ce manifeste. En 1932, lorsqu'il avait quitté la côte est des États-Unis pour entrer aux Studios Disney en Californie, il avait proposé à Walt Disney de Flora O'Brien, Walt Disney's Goofy : The Good Sport, ..

1935-1937 : Trio Mickey, Donald et Dingo

Mickey's Service Station réalisé par Ben Sharpsteen le marque la première aventure du trio Mickey/Donald/Goofy ainsi que la mise en application des remarques d'Art Babbitt. Ce film marque une étape importante dans la vie de Dingo. L'arrivée d'Art Babbitt donne au personnage un nouveau souffle en lui donnant de nouvelles caractéristiques. Dingo endosse alors un nouveau schéma de personnalité, réutilisé durant les années suivantes Flora O'Brien, Walt Disney's Goofy : The Good Sport, .. Dans ce film, Dingo est un mécanicien confronté à la réparation d'un moteur. Alors qu'il est grimpé sur le moteur et passe son bras à travers la mécanique, sa main le touche par derrière mais Dingo, après plusieurs tentatives et un coup de marteau, s'aperçoit que c'est lui-même. D'après John Grant, c'est grâce à cette scène que « Dingo a enfin développé son art glorieux de prendre le plus de temps possible pour réaliser le moins possible ». Mais pour que Babbitt puisse prendre cette scène en charge, il aurait passé un marché avec Walt Disney, s'obligeant à travailler sur une scène avec Pat Hibulaire, personnage qu'il détestait.

Ce trio est baptisé par Flora O'Brien les « trois mousequetaires » (« three mouseketeers ») Flora O'Brien, Walt Disney's Goofy : The Good Sport, ., jeu de mots anglais avec souris (« mouse ») et mousquetaires (« musketeer »). Leurs aventures sont toutes basées sur le même modèle, qualifié de « structure rigide » par John Grant John Grant, The Encyclopedia of Walt Disney's Animated Characters, . : confrontés à une série de problèmes, ils tentent de trouver une solution en agissant tous les trois de façon séparée, selon leur caractère, et la conclusion les réunit, souvent à leurs dépens. Dingo a en plus la particularité de rencontrer des objets normalement inanimés qui prennent vie et deviennent ses ennemis jusqu'à ce que Dingo s'étonne simplement de la situation Flora O'Brien, Walt Disney's Goofy : The Good Sport, ..

L'archétype de cette structure est Le Déménagement de Mickey (1936) où chacun déménage ce qu'il peut Flora O'Brien, Walt Disney's Goofy : The Good Sport, .. Mickey officie dans le salon, Donald dans la chambre à l'étage, et Dingo se bat avec un piano entre la cuisine et son camion garé dans la cour. Le piano est ici plus qu'animé, il est vivant et Dingo met du temps à s'en rendre compte. Cette caractéristique du piano rejoint les objets vivants des Silly Symphonies et est devenue récurrente des productions de Disney.

Il arrive régulièrement que Donald et Dingo interagissent comme dans Mickey patine (1935) ou Chasseurs d'élans (1937). Les deux personnages se rencontrent alors dans leurs péripéties, mais cela semble s'intégrer à la structure de la série. Dans Mickey patine, Dingo tente de pêcher à travers un trou percé dans la glace de l'étang. Il utilise alors comme appât du tabac chiqué, technique déjà utilisée par Julius dans Alice's Fishy Story (1924), mais reste bredouille jusqu'à ce qu'il attrape quelque chose qui s'avère être Donald Duck. Dans Chasseurs d'élans (1937) ils coopèrent, enfilant ensemble une tenue d'élan femelle pour attirer des mâles dans le viseur de Mickey.

En bande dessinée, dans Mickey et l'Autruche (1936). Publiée entre le 6 janvier et le 20 mars 1936., Dippy obtient le surnom de « Goofy », plus affectionné par le public Flora O'Brien, Walt Disney's Goofy : The Good Sport, ..

Les courts métrages Nettoyeurs de pendules, sorti le , et Les Revenants solitaires, sorti le , sont souvent considérés comme les meilleurs épisodes des courts métrages du trio Flora O'Brien, Walt Disney's Goofy : The Good Sport, .. Dans Nettoyeurs de pendules, d'après Flora O'Brien, Dingo vole la vedette à Donald et Mickey dans des séquences qui sont un film dans le film, culminant par une scène où il est suspendu aux aiguilles de l'horloge, rappelant Harold Lloyd dans Monte là-dessus ! (1923). Dans Les Revenants solitaires, le trio, constitué en « société d'extermination de fantômes Ajax » (précurseurs en quelque sorte des « Ghostbusters »), est engagé pour nettoyer une maison hantée de ses encombrants habitants. Dingo y prononce une de ses répliques les plus mémorables : « I'm brave but I'm careful » (« Je suis courageux mais je suis prudent ! »). Il dit aussi en voyant un fantôme dans un miroir au lieu de son reflet « Je n'avais jamais su que j'étais si beau » Flora O'Brien, Walt Disney's Goofy : The Good Sport, ..

Lorsqu'en 1937, Donald Duck obtient, à la suite de son succès, sa propre série, Disney n'autorise alors plus Gottfredson à utiliser Donald dans les histoires de Mickey Mouse en bandes dessinées. Privé d'un personnage important, Dingo reste donc comme seul adjuvant de Mickey, les deux univers (souris de Mickeyville et canards de Donaldville) se croiseront de plus en plus rarement.

1938-1940 : Duos et début en solo

Ce n'est qu'en 1938 que le nom Dippy Dawg disparaît totalement des comics, le titre du livre The Story of Dippy the GoofWalt Disney's Story of Dippy the Goof. Flora O'Brien, Walt Disney's Goofy : The Good Sport, . donne au personnage un nouveau nom mais dans les dessins animés, le surnom devient alors officiellement Goofy the Goof. Il adopte en France le nom de Dingo en 1937, nom qui restera le sien pour le reste de sa carrière (Cf ci-après). En 1939, le nom de « Goofy Goof » est officialisé dans le premier court métrage de la série homonyme.