Sholem Samuel Schwarzbard, né le à Izmaïl (BessarabieArchives Juives, /2, 2000, 128-129 : né en Bessarabie le , Schwartzbard émigre à Smolensk puis à Balta) et mort le en Afrique du Sud, est un militant révolutionnaire libertaire, à l'origine sujet russeÉtant né dans l'Empire russe, il est sur le plan international un sujet russe, indépendamment de la judéité de sa famille ou de son lieu de naissance hors de la Russie ethnique., naturalisé français en 1925, particulièrement connu pour avoir assassiné le leader nationaliste ukrainien Simon Petlioura à Paris en 1926, à cause des pogroms dont il le jugeait responsable.

Écrivain, il a aussi laissé une œuvre poétique en yiddish, composée après son acquittement en 1927.

Biographie Origines familiales Sholem Schwarzbard est issu d'une famille juive installée en Bessarabie, alors province de l'Empire russe. Ses parents Isaac Baruh Schwarzbard et Olga Weinberger partent ensuite à Smolensk où naît son frère Samuel en 1888 puis la famille repart à Balta où il passe son enfance.

Sholem Schwarzbard et son épouse Hanna Render étaient de la famille de John Zalane par son Grand-père Zaslavsky Iskhok. Dans les , le frère de Sholem Schwarzbard, Samuel, vécut quelque temps au de la rue des Tanneurs à Bruxelles (Belgique). chez les Zaslavsky-Frysz avec son épouse Yvonne Chapuis, sa sœur Georgette et sa fille Cécile (voir réf Yivo Folder Family).

En 1900, il devient apprenti horloger sous la conduite d'Israel Dreck. Au cours de cette période, il rejoint un groupe communiste juif relié au journal de Lénine, l'Iskra.

Le militant révolutionnaire Schwarzbard prend part à la révolution russe de 1905. Il participe aussi à l'auto-défense des Juifs de Balta, ce qui lui vaudra trois mois de prisonSaul Friedman, Pogromchik, New York, 1976, . Il quitte la Bessarabie en 1906 pour Chernivtsi, Lviv puis arrive à Vienne.

En 1909, il prend part aux côtés d'anarchistes au braquage d'une banque à Vienne. Arrêté, il est condamné aux travaux forcés, mais s'évade après quatre mois de détention et prend part à un autre braquage, dans un restaurant de Budapest. Arrêté, il est expulsé de l'Empire austro-hongrois et arrive en France en 1910, à l'âge de ; il travaille ensuite comme horloger.

La Première Guerre mondiale Il s'engage dans la Légion étrangère, ainsi que son frère, le , peu après le début de la Première Guerre mondiale. Au sein du d'infanterie, il est blessé et décoré à ce titre de la Croix de guerre. Il participe à la bataille de Carency, en Artois, et est de nouveau blessé lors d'une patrouille, par un souffle de grenade (). Il est démobilisé en .

Le retour en Russie (1917-1920) Le mois suivant, il repart en Russie avec sa femme. Sur le navire français Melbourne, il est arrêté pour agitation communiste et livré aux autorités russes d'Arkhangelsk.

Il parvient ensuite à gagner Pétrograd, où il sert dans la Garde rouge puis dans un bataillon spécial de la Tchéka envoyé en UkraineКульчицький Юr Симон Петлюра і погроми — С. 139..

En 1919, Schwarzbard est responsable d'une brigade spéciale de cavalerie juive avec dans le sud de l'Ukraine sous les ordres de Grigori Kotovski (RIAU), un commandant et leader communiste. Durant la guerre civile russe, Schwarzbard perd 15 membres de sa famille dans des pogroms tandis que son frère est arrêté en France pour agitation communiste.

Le retour en France En 1920, déçu par le comportement de ses camarades révolutionnaires dans la guerre civile, il retourne à Paris et reprend ses activités d'horloger boulevard de Ménilmontant. Il devient par ailleurs un membre actif du mouvement ouvrier français et juif. Plus tard, il rejoint un groupe d'anarchistes et fait la connaissance de militants qui avaient émigré de Russie et d'Ukraine, tels Voline, Alexander Berkman, Emma Goldman ou encore Piotr Archinov et son disciple Nestor Makhno. Schwartzbard devient aussi membre de l'Union des citoyens ukrainienshttp://www.sbu.gov.ua/sbu/doccatalog%5Cdocument?id=42156. Il obtient la nationalité française en 1925.

L'affaire Petlioura (1926-1927) Ayant appris que le dirigeant socialiste et indépendantiste ukrainien Symon Petlioura, dont les troupes s'étaient rendues coupables de nombreux pogroms pendant la guerre civile, vivait à Paris, il l'assassina le rue Racine, à proximité du boulevard Saint-Michel, par Boris Czerny dans Archives juives 2/2001, vol. 34, .. Dans ses mémoires (El eco de los pasos, , Édition Ruedo ibérico, 1978) l'anarchiste espagnol Garcia Oliver indique que son groupe d'exilés lui fournit l'arme qui servit à tuer le dirigeant ukrainien que l'assassin croyait antisémite.

Sholem Schwartzbard est défendu par l'avocat Henry Torrès. Le procès est suivi par le journaliste Bernard Lecache, qui créa pour soutenir l'accusé la Ligue contre les pogroms, à laquelle adhèrent plusieurs personnalités, dont Albert Einstein. La Ligue contre les pogroms devint la LICA, puis la LICRA. À l'issue de son procès, qui commence le , Sholem Schwartzbard est déclaré non coupable par le jury populaire, bien qu'il ait clairement revendiqué l'assassinat de Petlioura.

Au cours du procès, les services spéciaux allemands informent leurs confrères français que Sholem Schwartzbard aurait assassiné Petlioura sur ordre de Galip, un émissaire de l'Union des citoyens ukrainiens, Galip ayant lui-même reçu ses ordres de Christian Rakovsky, un ancien Premier ministre de la RSS d'Ukraine. L'acte enfin, aurait été appuyé par Mikhaïl Volodine, un agent du Guépéou arrivé en France le . Selon l'ancien directeur de la CIA, Allen Dulles, Sholem Schwartzbard était un agent au service des Soviétiques.

Après le procès Sholem Schwartzbard consacre le reste de sa vie à la poésie (Troymen un Virklikhkayt (Rêves et réalités), 1920 ; In Krig - Mit Zikh Aleyn (À la guerre - avec soi-même), 1933 ; et à son autobiographie, In’m Loyf Fun Yorn (Au fil des ans, 1934) ; toutes ses œuvres sont rédigées en yiddish).

Après s'être vu refuser l'entrée en Palestine mandataire par les autorités britanniques, il se rend en Afrique du Sud, où il décède d'une crise cardiaque le , un mois après son arrivée.

Un peu moins de trente ans plus tard, sa dépouille sera transférée en Israël pour y être ensevelie.

Michel Herman, un de ses descendants, a rassemblé et traduit une partie de ses mémoires. Ils sont publiés sous le titre Mémoires d'un anarchiste juif (Syllepse, 2010, collection « Yiddishland »).

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Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Samuel Schwarzbard, Mémoires d'un anarchiste juif, préf. Michel Herman, Paris, éditions Syllepse, coll. Yiddishland, 2010, présentation éditeur. Rémy Bijaoui, Le crime de Samuel Schwartzbard - L'affaire des pogroms, Imago, 2018. Monique Slodzian, L'Ukraine depuis le procès Schwartzbard-Petlioura (1927), éditions de la Différence, 2017. Lire la préface Boris Czerny, « Paroles et silences, L'affaire Schwartzbard et la presse juive parisienne (1926-1927) », Archives Juives, 2/2001 (Vol. 34), , . Claude Wainstain, Petlioura et Schwarzbard, L’Arche , sur col.fr, 2004. « Samuel Schwartzbard, révolutionnaire, bandit et héros national juif », La voix de la Russie, . Symon Petliura, Yevhen Konivalets, Stepan Bandera -Three Leaders of Ukrainian Liberation Movement murdered by the Order of Moscow Ukrainian Publishers Limited. 237, Liverpool Road, London, United Kingdom. (audiobook). David Brown, Samuel Schwartzbard, Jewish anarchist & writer, The Anarchist Encyclopedia, sur recollectionbooks.com. Jesse Cohn, Anarchy in Yiddish : Famous Jewish Anarchists from Emma Goldman to Noam Chomsky, Temple Israel, RA.forum, 2002. Michael Schmidt A Makhnovist in Africa: Shalom Schwartzbard, Zabalaza, A Journal of Southern African Revolutionary Anarchism, 2004.

Notices Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, « Le Maitron » : notice biographique. Dictionnaire international des militants anarchistes : notice biographique. L'Éphéméride anarchiste : notice biographique. Centre International de Recherches sur l'Anarchisme (Lausanne) : notice bibliographique.

Documentaires « L'affaire Schwartzbard » le dans En votre âme et conscience sur RTF Télévision. Fait l'objet en 2017 d'un court documentaire, intitulé L'Affaire Schwartzbard : anarchisme et antisémitisme dans le coffret DVD Ni Dieu ni maître, une histoire de l'anarchisme de Tancrède Ramonet (disponible sur YouTube)

Liens externes

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