thumb|Carte de la Corée. La réunification de la Corée est un projet devant permettre, à terme, la réunification de la Corée du Nord et de la Corée du Sud au sein d'un même État après la partition de l'ancien Empire coréen en 1945, qui couvrait un peu plus que la péninsule de Corée. En droit les deux parties se sont engagées à œuvrer pour la réunification lors de la Déclaration conjointe Nord-Sud ( pour le Nord, pour le Sud) du . En particulier, la Déclaration, signée par Kim Jong-il et Kim Dae-jung, stipule que . De facto, l'application de ce projet est rendue impossible par un complexe ensemble de difficultés, et c'est pourquoi aucune date n'a été fixée pour sa réalisation.
Si ce projet aboutit, la Corée alors réunifiée aurait de frontières terrestres avec la Chine et avec la Russie, grâce au territoire actuellement nord-coréen, le seul pays ayant une frontière terrestre avec la Corée du Sud étant la Corée du Nord.
De la division au second sommet intercoréen Division de la Corée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale
La partition de la Corée en Corée du Sud et Corée du Nord est la conséquence du protectorat instauré en 1945 en Corée par les États-Unis et l'Union soviétique, après que la victoire de ces nations alliées, lors de la Seconde Guerre mondiale, contre l'empire du Japon a mis un terme à la colonisation japonaise de la Corée.
À cause du début de la guerre froide entre ces deux superpuissances, la commission mixte américano-soviétique échoue à négocier un accord permettant la création d'un État coréen indépendant unique. Les Nations unies organisent alors des élections préliminaires à la formation d'un gouvernement national, mais l'Union soviétique s'oppose à ce scrutin, considérant que les Nations unies ne pouvaient pas garantir un scrutin libre. Ces élections sont alors boycottées dans la partie nord et par certaines personnalités politiques du sud (dont Kim Koo et Kim Kyu-sik) et ne sont finalement organisées que dans la partie sud dans un contexte de violence et d'intimidation, aboutissant alors à la proclamation de la république de Corée le , et entraînant ensuite par contrecoup celle, dans le nord, de la république populaire démocratique de Corée le .
Chacun de ces deux gouvernements revendique la souveraineté sur l'ensemble de la péninsule coréenne avec le soutien respectif des États-Unis et de l'Union soviétique. La guerre de Corée éclate le par l'invasion de troupes nord-coréennes dans la partie sud et aboutit le à la signature de l'armistice de Panmunjeom qui instaure la création d'une zone démilitarisée de quatre kilomètres de large de part et d'autre de l'ultime ligne de front.
Dialogue intercoréen de la fin de la guerre de Corée (1953) à l'entrée conjointe à l'ONU (1991) Si le conflit fratricide de la guerre de Corée marquait le paroxysme de l'opposition entre les deux États, des projets de réunification pacifique et de coopération ont été proposés dès 1960.
Le président nord-coréen Kim Il-sung a été le premier à proposer un projet confédéral (ou plus exactement fédéral, mais sans intégration politique) dès 1960. De manière constante, le projet nord-coréen demande le retrait des forces américaines de Corée du Sud, tout en mettant fin au renforcement militaire des deux États : dans le projet de république fédérale démocratique de Koryo, précisé à partir de 1973 et finalisé en 1980 lors du sixième congrès du Parti du travail de CoréeVoir le rapport d'activité du comité central au sixième congrès du Parti du travail de Corée sur le site officiel nord-coréen Naenara, les forces armées de chaque État seraient limitées à chacune.
En 1971, les Croix-Rouges de Corée du Nord et de Corée du Sud envisagent des réunions entre les familles divisées. Si le projet n'aboutit pas, il conduit à la déclaration commune du Communiqué conjoint Nord-Sud du 4 juillet 1972, reproduit par Le Monde diplomatique, dans laquelle les deux parties affichent le but d'une réunification pacifique, par les seuls efforts du peuple coréen, sans ingérence étrangère. À cette fin, une commission de coordination a été créée pour établir des relations de confiance mutuelle.
Malgré la définition d'un principe de non-ingérence réciproque dans les affaires internes à l'autre partie, le manque de confiance réciproque a entravé la concrétisation des projets de coopération, notamment économiques, sur lesquels la Corée du Sud du général Park Chung-hee mettait l'accent, de préférence à la création d'un cadre institutionnel fédéral ou confédéral. En particulier, la Corée du Sud n'entendait pas renoncer à l'alliance militaire privilégiée avec les États-Unis.
Perspectives nouvelles La fin de la guerre froide a permis d'accélérer les tentatives antérieures de rapprochement et a été marquée par l'entrée conjointe de la Corée du Nord et de la Corée du Sud aux Nations unies à la fin de l'année 1991.
Le , les deux Corée ont signé un accord de réconciliation, de non-agression, d'échanges et de coopération où elles reconnaissent réciproquement le système politique de l'autre État et se défendent de toute ingérence dans ses affaires intérieures. Par ailleurs, l'accord prévoit le développement des échanges militaires, économiques et culturels en vue d'une réunification pacifique de la CoréeTexte complet : www.monde-diplomatique.fr.
À l'issue d'une visite de trois jours au Nord du président Kim Dae-jung, du 13 au , les dirigeants nord-coréen, Kim Jong-il, et sud-coréen, Kim Dae-jung, ont signé une déclaration commune le , laquelle constitue la pierre angulaire du rapprochement intercoréen en vue de réunifier la péninsuleTexte de la déclaration Nord-Sud : www.korea-is-one.orgXompte-rendu de la visite du président Kim Dae-jung sur www.kcckp.net.
La Corée du Sud privilégie une politique inspirée des théories fonctionnalistes des relations internationales, où la création d'intérêts communs, en particulier dans le domaine économique, permet de prévenir les conflits et de préparer la réunification en atténuant les disparités économiques et culturelles.
À l'occasion du sixième anniversaire de la déclaration conjointe du , il a été organisé des manifestations communes, en particulier la tenue d'un Festival pour la réunification de la nation, du 14 au à Gwangju, auquel participent 150 délégués du Nord, 150 du Sud et plus de 100 délégués de la diasporawww.korea-is-one.org.
Un second sommet intercoréen, entre le dirigeant du Nord Kim Jong-il et le président sud-coréen Roh Moo-hyun, initialement prévu à Pyongyang du 28 au "Two Koreas to Hold Summit", dépêche de l'agence AP, reproduite sur le site du Washington Post, 8 août 2007Lire le communiqué commun Nord-Sud, sur le site de l'agence nord-coréenne KCNA, a été reporté du 2 au "Koreas put off summit due to floods in North", sur le site du quotidien pakistanais Daily Times, 19 août 2007 après que les plus graves inondations en Corée du Nord depuis quarante ans ont entraîné 600 morts et disparus et touché un million de personnes..
Second sommet intercoréen À l'issue du second sommet intercoréen, organisé à Pyongyang du 2 au , le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il et son homologue sud-coréen Roh Moo-hyun ont signé un document commun où ils s'engagent à promouvoir la paix et la prospérité économique dans la péninsule..
Selon les termes de l'accord intercoréen du , « un système de paix permanent » remplacerait l'actuelle situation d'armistice, qui prévaut toujours depuis la fin de guerre de Corée en 1953 : à cette fin, les deux dirigeants s'engagent à négocier avec la Chine et les États-Unis. Des échanges réguliers sont également prévus entre responsables de la défense des deux États.
Un important volet de l'accord vise à l'essor des échanges intercoréens : le rétablissement du transport interferroviaire de fret doit créer la première liaison directe entre les deux États depuis plus d'un demi-siècle ; la frontière maritime dans la mer Jaune, source par le passé de tensions entre les deux États, est appelée à devenir une zone de coopération intercoréenneDépêche de l'agence Xinhua, 4 octobre 2007, présentant les principaux points de l'accord.
Troisième sommet intercoréen et fin de la guerre Une rencontre entre les dirigeants des deux Corées le amène à une déclaration commune de fin de la guerre sur la péninsule.. Le , la Corée du Nord met fin à son accord de 2018 avec la Corée du Sud, invoquant une escalade des provocations militaires et des projets de déploiement de forces militaires le long de la ligne de démarcation militaire..
Les mesures prises dans le cadre du dialogue intercoréen La dialogue intercoréen s'est traduit par une intensification des échanges entre le Nord et le Sud, en vue d'une réunification progressive de la Corée, pouvant rappeler le précédent allemand selon certains observateurs occidentaux : la « politique du rayon de soleil » du président sud-coréen Kim Dae-jung a été comparée à l'Ostpolitik du chancelier allemand Willy Brandt.
Un compte-rendu des dix-huitièmes pourparlers intercoréens au niveau ministériel, qui se sont tenus à Pyongyang en , est disponible sur le site du Comité international de liaison pour la réunification et la paix en Corée (CILRECO)Compte-rendu des dix-huitièmes pourparlers intercoréens : www.cilreco.com, dans la rubrique "Actualités".
Échanges économiques Cadre général Dans ce cadre, la Corée du Sud est devenue le deuxième partenaire économique de la Corée du Nord : les échanges commerciaux intercoréens ont dépassé un milliard de dollars en 2005www.korea-is-one.org. Elle représente cependant moins de 1 % des exportations totales de la Corée du sud (environ 300 milliards de dollars en 2006 selon KBS). Les échanges intercoréens ont atteint 720 millions de dollars au cours du premier semestre 2007, en hausse de 28 % par rapport au premier semestre 2006 : les exportations du Nord vers le Sud ont fortement augmenté à hauteur de 390 millions de dollars (+ 63,3 % sur un an), tandis que les exportations du Sud vers le Nord ont baissé de 9,4 % pour atteindre 330 millions de dollars. L'essor des exportations nord-coréennes vers la Corée du Sud traduit notamment le développement de la zone industrielle de Kaesong, au Nord, où sont implantées des entreprises sud-coréennes..
La coopération économique intercoréenne concerne notamment les industries technologiques : à la suite du déplacement à Pyongyang de représentants des principales entreprises sud-coréennes de micro-informatique en , des centres informatiques doivent être créés à Pyongyang et Kaesong d'ici la fin de l'année 2007..
Perspectives de rétablissement des liaisons intercoréennes L'intensification des échanges économiques entre les deux Corée, ainsi que l'intégration de l'ensemble de la péninsule coréenne dans l'économie internationale, est facilitée par le plein rétablissement des liaisons routières, ferroviaires et maritimes entre les deux États.
Liaisons ferroviaires Le rétablissement des liaisons ferroviaires intercoréennes, depuis le , représente un important enjeu économique, politique et militaire pour les deux Corée et les puissances étrangères les plus influentes dans la péninsule coréenne : la Chine, les États-Unis, la Russie et le JaponVoir l'analyse de Georgi Bulitchev, avec l'agence sud-coréenne Yonhap, sur le site de "Korea is one" : la liaison permet de désenclaver la Corée du Sud en opérant une liaison terrestre, et non plus seulement maritime, avec la Russie et la Chine ; les frais de transport sont diminués et la Corée du Nord pourrait demander des droits de passage ; toutefois, le rétablissement de la ligne ferroviaire exige une confiance suffisante entre les différents pays impliqués, compte tenu de la possibilité d'utiliser cette voie à des fins militaires.