Vincent Reynouard, né le à Boulogne-Billancourt, est un militant négationniste et néonazi français. Condamné à de multiples reprises pour contestation de crimes contre l'humanité, en vertu de la loi Gayssot, il est incarcéré en et .
Biographie
Débuts de son militantisme politique Étudiant en à l'Institut des sciences de la matière et du rayonnement (ISMRA) à Caen, Vincent Reynouard crée l'« Association normande pour l'éveil du citoyen » (ANEC). qui diffuse un bulletin, Nouvelle Vision, qu'il rédige avec Rémi Pontier, élève ingénieur dans la même école.... Il fonde aussi, avec ce dernier et Philippe Costa, chercheur à EDF, l'« Amnistie nationale pour les internés et victimes de la loi Gayssot » (ANIV).
Il se réclame du courant « post-révisionniste » des héritiers de Robert Faurisson, Alain Guionnet et Olivier Mathieu, courant qui affirme dénoncer, au-delà du prétendu , l' sur le monde moderne ainsi que .. Il est un temps exclu du campus pour y avoir distribué des tracts et des autocollants et, dès 1991, fait l'objet de poursuites en justice.. Il milite alors au sein du Parti nationaliste français et européen (PNFE), groupe dont il est brièvement secrétaire général en 1991..
Le , la cour d'appel de Caen le condamne à un mois d'emprisonnement avec sursis et à francs d'amende pour contestation de crimes contre l'humanité, Vincent Reynouard ayant Par un arrêt du 26 mai 1994, la Cour de cassation a cassé partiellement, sans renvoi, cet arrêt, en ses seules dispositions relatives à la contrainte par corps, laquelle ne peut être prononcée pour une infraction ayant un caractère politique, les délits de presse étant assimilés aux infractions politiques. Voir ..
Trois ans après avoir obtenu son diplôme d'ingénieur chimiste en 1991, il opte pour l'enseignement et est admis en 1994 aux épreuves du CAPLP de mathématiques - sciences physiques-chimie. Il est titularisé en 1995, bien qu'entre-temps, la Cour de cassation ait rendu définitive sa condamnation pour négation de la Shoah et que de nouvelles poursuites contre lui soient en cours, pour distribution de tracts dans les rues de Caen. Il est suspendu le puis révoqué de l'Éducation nationale en avril de l'année suivante pour avoir conservé, dans un ordinateur de son lycée à Honfleur, des documents niant la Shoah et avoir distribué à des élèves un exercice sur les statistiques de mortalité à Dachau inspiré d'un article de Robert Faurisson...
Il contribue, en 1997, à un livre intitulé Le Massacre d'Oradour. Un demi-siècle de mise en scène qui prétend innocenter les Waffen-SS du massacre d'Oradour-sur-Glane. ; il réitère avec une cassette vidéo, adressée en 2000 aux rescapés du massacre, au centre de la mémoire d'Oradour, au maire et à une trentaine d'habitants du village... Le livre est interdit à sa parution. de même que la cassette qui est interdite de vente aux mineurs en 2001.
Installé à Bruxelles en 2002, il crée la branche française, « Vision historique objective » (VHO), de la maison d'édition (de même sigle) Vrij Historisch Onderzoek (en français « Libre recherche en Histoire ») du négationniste Siegfried Verbeke ... Ses propres écrits sont notamment diffusés par le mensuel L'aSSaut du groupuscule néonazi L'Assaut.. Il y anime également la revue Sans concession ainsi que .. Il est
Il fonde, en 2005, avec Jérôme Decossas dit « Jean-Jacques Stormay »., sa propre structure « catholique national-socialiste et révisionniste », le « Mouvement de combat Saint-Michel »..
En , la Cour de cassation casse le jugement de la cour d'appel de Limoges qui l'avait condamné en à vingt-quatre mois de prison, dont six ferme, pour apologie de crimes de guerre.. Dans son arrêt sans renvoi, elle juge que les faits reprochés ne constituent pas une apologie de crimes de guerre, mais une contestation de crimes de guerre, laquelle n'est pas réprimée par la loi ...
Premières peines de prison : 2007-2015 Il est à nouveau condamné, le , à un an de prison et d'amende par le Tribunal correctionnel de Saverne (Bas-Rhin) pour contestation de crimes contre l'humanité, pour avoir écrit et fait distribuer la brochure « Holocauste, ce que l'on vous cache » auprès de musées, de syndicats d'initiative et de mairies d'Alsace. La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA), qui s'était portée partie civile, obtient de dommages-intérêts ainsi que ..
En , il est à nouveau condamné, en compagnie de Siegfried Verbeke, par le Tribunal correctionnel de Bruxelles pour négationnisme..
Il vit dans la clandestinité pendant un an. En , les journalistes d'investigation belges Frédéric Loore et Manuel Abramowicz retrouvent sa trace à Ixelles et publient leur information exclusive sur le site de RésistanceS et dans l'hebdomadaire Paris Match... Vincent Reynouard est finalement arrêté le puis extradé vers la France où il est incarcéré à Valenciennes pour purger sa peine..
Un comité de soutien est alors créé avec la participation du groupuscule lyonnais d'extrême droite Jeune Nation, émanation de L'Œuvre française ; on y trouve notamment Robert Faurisson et sa sœur Yvonne Schleiter qui relaie les messages de Vincent Reynouard sur sa liste de diffusion « Bocage ». Le chercheur Jacques Leclerq note qu'.
Le , l'écrivain Paul-Éric Blanrue lance une « pétition pour l'abrogation de la loi Gayssot et la libération de Vincent Reynouard ».. Le texte précise qu'il « ne s'agit pas, pour les signataires de cette pétition, de soutenir les idées de Vincent Reynouard mais de défendre son droit à les exprimer ».. Cette pétition marque cependant le début de l'engagement négationniste de Paul-Éric Blanrue, selon l'historienne Valérie Igounet. Elle est signée par des personnalités aux opinions politiques diverses, parmi lesquelles le physicien et essayiste Jean Bricmont, le linguiste et philosophe américain Noam ChomskyTout en écrivant qu', l'intellectuel américain . ., mais également le délégué du Front national (FN) Bruno Gollnisch ainsi que et ., des personnalités passées par le FN et l'ayant quitté comme Jean-Yves Le Gallou et Alain Soral, ou encore le polémiste Dieudonné.. On y trouve également les signatures des négationnistes Robert Faurisson, Pierre Guillaume, Jean Plantin et Bernard Notin. Selon les journalistes Abel Mestre et Caroline Monnot, certains signataires sont des , parmi lesquels, outre Bricmont et Chomsky déjà cités, l'écrivain et réalisateur Yann Moix, le journaliste et fondateur de Reporters sans frontières Robert Ménard, le journaliste et écrivain Dominique Jamet, et plus à gauche, l'évêque catholique Jacques Gaillot (qui a retiré sa signature) ou encore le journaliste québécois Jean-Guy Allard.
Libéré après neuf mois de détention en , Vincent Reynouard reste sous contrôle judiciaire et sous le coup d'une procédure pour la diffusion de cédéroms négationnistes en 2009 à cent vingt lycées. Il écrit notamment dans l'hebdomadaire d'extrême-droite Rivarol..
Le , après s'être défendu sans avocat, il est condamné à deux ans de prison ferme et à d'amende par le tribunal correctionnel de Coutances pour avoir diffusé sur son site des vidéos dans lesquelles il déclarait que les commémorations du du débarquement en Normandie relevaient de la propagande et niait à nouveau l'existence des crimes nazis. Cependant, le procureur Renaud Gaudeul, constatant que la peine infligée excède les plafonds prévus par la loi, et que par conséquent elle , fait appel de la condamnation.. L'arrêt de la cour d'appel de Caen intervient le et condamne Vincent Reynouard pour contestation de crime contre l'humanité à un an de prison ferme, mais sans peine d'amende. ..
Fuite au Royaume-Uni : 2015-2022 Il s'exile alors à Londres où il donne des cours particuliers de mathématiques, afin d'échapper à cette condamnation et d'éventuelles autres condamnations à l'avenir..
Le , il est condamné à deux mois de prison ferme pour complicité de contestation de crime contre l'humanité pour un article paru quatre ans plus tôt dans Rivarol, et qui remettait encore en cause l'existence de la Shoah ; .. La cour d'appel de Paris confirme cette condamnation en ..
En , il obtient de la Cour de cassation la transmission au Conseil constitutionnel d'une question prioritaire de constitutionnalité relative à la loi Gayssot.. Le Conseil se prononce le et déclare la loi Gayssot conforme à la Constitution . Puis, le , la Cour de cassation rejette son pourvoi..
Le , il est condamné par le Tribunal correctionnel de Paris à une nouvelle peine de cinq mois de prison ferme pour avoir mis en ligne deux vidéos négationnistes dans lesquelles il renouvelle son défi : . Il est en outre condamné à verser de dommages et intérêts à la LICRA, qui était partie civile, ainsi qu'une somme identique au titre des frais de justice ; ..
Dans la nuit du 20 au , le mur d'entrée du Centre de la mémoire d'Oradour-sur-Glane est dégradé par des graffitis : le mot « martyr » est rayé pour être remplacé par le mot « menteur », avec la mention « Reynouard a raison », ce qui suscite une vague d'indignation dans le monde politique...
Le , Vincent Reynouard est condamné à quatre mois de prison pour contestation de crime contre l'humanité.. Les propos reprochés sont issus d'une vidéo publiée en dans laquelle il nie l'existence de la Shoah..
Son nom apparaît parmi les d'un don d'une valeur de en bitcoins effectué par un informaticien français juste avant son suicide le . Selon une information du cabinet , confirmée par l'intéressé lui-même, il a ainsi reçu l'équivalent de , aux côtés de personnalités de l'alt-right, en particulier Nick Fuentes impliqué dans l'assaut du Capitole....
En , cible d'une opération de la police britannique, Vincent Reynouard entre en cavale..
En , à la suite d'un signalement du délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah), les deux sites web animés par Vincent Reynouard sont bloqués et rendus inaccessibles par décision de justice du Tribunal de Paris...
Détention au Royaume-Uni et extradition : 2022-2024 Le , selon le nouvel accord Trade and Cooperation Agreement (TCA) entre l'Union européenne et le Royaume-Uni, Vincent Reynouard est arrêté à la suite d'un mandat d'arrêt par la police écossaise dans une chambre d'hôte d'Anstruther, caché sous une fausse identité. L'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité et les crimes de haine de la Gendarmerie nationale (OCLCH) a coordonné cette opération d'arrestation avec la Division antiterroriste de la police métropolitaine de Londres, le Service de la sûreté britannique et les réseaux diplomatiques britanniques et français. Il est présenté à un juge et placé en détention provisoire à Édimbourg, dans l'attente d'une audience.. Vincent Reynouard refuse d'être extradé en France en ..
Outre l'exécution d'une peine d'un an de prison ferme pour contestation de crime contre l'humanité, confirmée le après le rejet de son pourvoi en cassation, la justice française présente à la justice écossaise trois motifs d'infraction à l'encontre de Vincent Reynouard : contestation publique d'un crime contre l'humanité, négation, minoration ou banalisation publique d'un crime de guerre, à savoir le massacre d'Oradour-sur-Glane, et provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l'origine, de l'ethnie, de la nation ou de la religion. Son arrestation a pu être fondée, en partie, sur la condamnation de la militante antisémite et négationniste anglaise Alison Chabloz. en 2018, pour négation de l'Holocauste, en vertu de l'article 127 de la loi britannique sur les communications..