Porcupine Tree est un groupe de rock progressif britannique, originaire de Hemel Hempstead, en Angleterre. Dans un premier temps une expérimentation en solo du guitariste, claviériste, chanteur et compositeur Steven Wilson, le groupe se composait ensuite de quatre musiciens. Le groupe fut mis en arrêt en 2010 avant de renaître sous la forme d’un trio en 2021. L'album le plus vendu en date est , publié en 2005..

Leur musique est un mélange de rock psychédélique, d'ambient, de pop rock et plus récemment de metal progressif. Ayant fortement évolué depuis sa création, elle reflète les multiples influences de son créateur.

Biographie Débuts (1987-1993) thumb|gauche|Steven Wilson au Strawberry Fayre à Cambridge en 1997.

Porcupine Tree est formé en 1987 de la collaboration entre Steven Wilson et son ami Malcolm Stocks. Inspirés par les grands musiciens qui occupaient le devant de la scène durant leur jeunesse, comme Pink Floyd, ils décident de créer un groupe fantasque et imaginaire à cette image, Porcupine Tree. Wilson travaille sur de nombreuses compositions afin de l'existence du groupe et de lui donner un passé musical. Ensemble ils élaborent l'historique délirant du groupe, imaginant les noms des membres et des albums. Ils vont jusqu'à inventer les événements auxquels aurait participé le groupe, comme un grand concert à un festival de rock des années 1970 ainsi qu'un passé chaotique.

Bien que Porcupine Tree soit formé, à l'origine, comme une farce et que Wilson soit impliqué dans son autre projet, No-Man, en 1989, il commence à considérer certaines musiques comme commercialisables. Il réalise alors une cassette de 80 minutes, , sous le nom de groupe Porcupine Tree.. Continuant dans l'esprit de son projet, il y inclut un livret de huit pages contenant des informations sur les obscurs membres passés du groupe alias Sir Tarquin Underspoon et Timothy Tadpole-Jones ..

Wilson envoie sa maquette à plusieurs personnes susceptibles d'être intéressées par son travail. Le magazine underground anglais est en train de créer son propre label quand il reçoit la cassette. Bien que l'enregistrement reçoive un accueil mitigé, on propose au groupe de contribuer à une compilation de musique psychédélique avec des groupes alternatifs montants. Cette production prend du temps, environ dix-huit mois. Pendant cette période, Porcupine Tree se familiarise avec du nouveau matériel et réalise un deuxième album, , qui permet d'élargir le nombre de ses fans, tout en poursuivant le canular du groupe de rock légendaire des années 1970. Le label Delerium Records, nouvellement créé, accepte de rééditer les cassettes et . La compilation sort, incluant la piste de Porcupine Tree. Peu après, Wilson est invité à collaborer avec Delerium en tant que premier artiste du label. Porcupine Tree est incité à publier un double album des deux cassettes, mais Wilson décide finalement de n'y enregistrer que ce qu'il considérait comme le meilleur des deux dans l'album , qui sort début 1992 — les chansons inédites feront plus tard partie de l'album à édition limitée .

est publié en très petite quantité, seulement mille exemplaires. Quelques jours suffisent à mettre l'album en rupture de stock. Les réclamations des fans, appuyées par la presse, réussirent à convaincre, et l'album est réédité. Quelques chansons de cet album sont devenues des classiques du groupe et la chanson fait parfois l'objet de rappels du groupe à la fin de ses concerts. En 2000, est vendu à près de vingt-mille exemplaires. Alors que le succès de Porcupine Tree va grandissant, le principal projet de Wilson, No-Man, reçoit d'excellents commentaires de la presse anglaise (singles de la semaine dans les magazines Melody Maker et Sounds). Cette réussite donne à Wilson les moyens et l'opportunité de se libérer de son travail et de se donner du temps pour la musique. Wilson engage alors une transition, souhaitant donner à la musique du groupe un style plus contemporain et moins connoté seventies. Cette nouvelle ambition se concrétise dans la chanson de trente minutes . Sortie en 1992, la chanson mélange la musique ambient de groupes comme The Orb et Future Sound of London, en y incorporant des éléments rocks ainsi que des solos de guitare. Le single met en scène les différentes étapes d'un voyage sous LSD, et la voix de Timothy Leary accompagne l'écoute. La durée du titre est trop importante pour en faire un succès commercial par le biais des radios, cependant il reçoit de bons échos de la part de la scène musicale underground des années 1990, et atteint le des singles indépendants.

est à l'origine composée pour un autre possible double album . Cependant, à l'approche de sa sortie en 1993, la décision de ne pas y inclure la chanson le réduit à un simple CD. est salué par la presse, Melody Maker le décrit comme « une pièce maîtresse du psychédélique… l'un des albums de l'année . ». Dans cet album, Wilson persévère dans la fusion entre la dance et le rock et fait appel aux deux musiciens Richard Barbieri — ancien membre du groupe Japan — et Colin Edwin, futurs membres permanents du groupe. En , Voyage 34 est réédité et malgré l'inexistence du titre à la radio, il reste six semaines dans les charts indie du magazine NME.

Formation et succès (1993–1997) Le groupe ayant acquis une certaine notoriété pour ses albums studio, il doit maintenant pouvoir s'illustrer sur scène avec des membres permanents. C'est pourquoi en décembre 1993 Porcupine Tree devient un véritable groupe avec l'entrée de Colin Edwin à la guitare basse, Chris Maitland à la batterie et Richard Barbieri au clavier. Ces trois artistes avaient déjà collaboré par le passé avec Wilson : Barbieri et Edwin ont participé à l'enregistrement de et Barbieri et Maitland ont fait partie du groupe No-Man lors d'une tournée.

, le troisième album studio du groupe, est publié deux ans plus tard en 1995. C'est donc à partir de cet album que Porcupine Tree est considéré comme un groupe à part entière, et non plus comme un pseudonyme de Steven Wilson. La transition ayant eu lieu pendant la création de l'album, il est pour moitié composé avant la formation du groupe. Il s'articule autour d'une chanson éponyme de 35 minutes, devant à l'origine être l'unique titre de la production, qui ouvre et conclut l'album. L'album connaît un grand succès auprès des fans de rock progressif et Porcupine Tree est considéré par quelques-uns comme le Considération que regrettera quelque peu le groupe qui ne vise pas à être une réincarnation pure et simple de Pink Floyd. Quoi qu'il en soit, cet album permet au groupe d'étendre à nouveau son public grâce à une tournée européenne au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Italie et en Grèce. Insatisfait de la tournure moitié solo/moitié coécrit de son album précédent, Porcupine Tree démarre la conception de en tant que groupe. Les musiciens participent à l'écriture de certaines chansons, notamment , née d'une du groupe. Cet album marque aussi l'arrivée du premier vrai single du groupe, , qui entre dans les classements de rock indépendant britanniques.

L'album sort en , incluant de nombreux passages instrumentaux. Mélange de pop rock et de rock progressif, les passages atmosphériques se font plus rares que dans les précédents albums. Les compositions sont aussi plus courtes, le titre le plus long étant Dark Matter (presque neuf minutes). La sortie de l'album est relayée par une partie des médias européens, et le travail de Porcupine Tree en est d'autant plus respecté dans les milieux musicaux. Signify est considéré par le groupe et par de nombreux fans comme l'une de leurs meilleures productions .. Le nombre de fans du groupe continue de s'agrandir et il s'ouvre à un public moins averti, grâce à des passages plus répétés sur certaines radios, notamment en Italie. C'est par ailleurs à Rome que le groupe se produit devant plus de cinq mille personnes sur trois nuits au mois de . Ces trois concerts sont enregistrés pour l'album live , qui représente aussi l’adieu du groupe au label Delerium, aux moyens financiers limités. Porcupine Tree aspire désormais à une carrière internationale. Ainsi, à la fin de 1997 une version remasterisée des trois premiers albums studio du groupe est éditée. L'album sort aux États-Unis sous le label Ark 21 Records de Miles Copeland.

Période pop-rock (1998–2001) vignette|Steven Wilson.

Steven, Richard, Colin et Chris passent une année à enregistrer , le cinquième album du groupe. Un album qui reflète une nouvelle prise de direction de leurs compositions, désormais plus orientées vers l'écriture même de chacune des chansons plutôt que vers l'ensemble de l'album. Cette direction amène à la multiplication des voix renforçant l'aspect plus pop rock du groupe. Wilson décrit son approche lors de l'écriture de l'album : La phase d'écriture terminée, le groupe n'a encore aucun contrat d'enregistrement et c'est seulement plus tard dans l'année 1998 qu'il signe avec le label Snapper Music.

En sort l'album . Il est accompagné d'une grande tournée internationale au Royaume-Uni, en Italie, en Grèce, aux Pays-Bas, en Belgique, en Suisse, en Allemagne, en France, en Pologne et aux États-Unis. Les trois singles tirés de l'album, , et , accèdent à une bonne exposition des deux côtés de l'Atlantique et sont apparus dans les charts indépendants du Royaume-Uni ainsi que dans les playlists de nombreuses radios. Malgré le renouveau du style, que certains fans de la première heure n'apprécient pas, les ventes de l'album sont très bonnes et dépassent tous les records du groupe.

Le temps passé à rechercher un contrat d'enregistrement n'a pas été perdu et seulement quelques mois après la sortie de , le groupe s'apprête déjà à travailler sur l'album suivant. Enregistré pendant le passage au nouveau millénaire puis achevé en , reste dans la lignée de son prédécesseur. Avec les arrangements de Dave Gregory du groupe XTC, Porcupine Tree continue sur sa lancée mais offre un album plus mélancolique, avec une ambiance plus triste. De même, le groupe réalise quelques morceaux plus lourds, inspirés du metal, notamment le titre .

L'album sort en , peu après le single , et s'ensuit une nouvelle tournée internationale débutant par un concert complet au Scala à Londres, puis par quelques dates dans des festivals européens et se terminant par une tournée en première partie du groupe Dream Theater. Le groupe continue sa tournée, au début de 2001, et effectue sa première tournée majeure en Allemagne. Une édition spéciale en double CD de l'album sort en Israël et en Allemagne, et en mai l'album , une collection de titres EP ou d'inédits des deux albums précédents, sort en série limitée et marque la fin du contrat entre le groupe et leur label Snapper. En juin 2001, le groupe effectue quelques dates aux États-Unis et termine par un concert au Bottom Line à New York. Peu après, Porcupine Tree annonce sa signature avec le label international Lava Records/Atlantic Records.

Période metal (2002–2009) vignette|gauche|Richard Barbieri.

En février 2002, pour la première fois la constitution de Porcupine Tree est modifiée avec le départ du batteur Chris Maitland après huit ans de collaboration avec le groupe. Le batteur est remplacé par Gavin Harrison, une connaissance de longue date. En sort une rétrospective des enregistrements du groupe dans sa première période chez Deleriul Records, réunis dans le coffret . Le groupe commence l'enregistrement de son premier album sous la directive d'un grand label, grâce à un panel d'une trentaine de chansons nouvellement écrites par Wilson les deux années précédentes. Les sessions d'enregistrement prennent place à New York et à Londres, avec l'expérimenté ingénieur du son Paul Northfield et Dave Gregory qui ont un rôle primordial dans la genèse de l'album. Le mixage s'achève à Los Angeles en mai avec Tim Palmer.