Pinedjem est le fils du grand prêtre d'Amon Piânkh. Il devient lui-même grand prêtre d'Amon en l'an du règne de puis devient roi de Thèbes aux alentours de l'an du règne de ce même roi.

Généalogie

Pinedjem est assurément le fils du grand prêtre d'Amon Piânkh, ce dernier ayant vécu sous le règne de .

Le nom de sa mère n'est toutefois pas certain, en effet, deux noms sont possibles : Nedjemet et Hereret. Le premier nom, Nedjemet, est associé d'une part à une femme (Nedjemet A) qui est à la fois fille d'une Hereret A, sœur d'un roi, mère d'un roi, épouse d'Hérihor, d'autre part à une femme (Nedjemet B) liée à Piânkh et son fils Pinedjem sans que le lien exact ne soit clair ; le second nom, Hereret, est associé d'une part - comme indiqué précédemment (Hereret A) - à la mère d'un roi et de la Nedjemet A, et d'autre part (Hereret B) à l'épouse d'un grand prêtre d'Amon. Nedjemet A et B pourraient n'être qu'une seule personne et être la mère de Pinedjem (ce qui ferait d'Hereret A la grand-mère de Pinedjem ) ou bien alors ce serait Hereret A et B qui ne seraient qu'une seule personne et la mère de Pinedjem (Nedjemet A serait alors la sœur de Pinedjem ).

Pinedjem a au moins deux épouses, voire peut-être une troisième : , avec qui il a : la divine adoratrice d'Amon Maâtkarê, le roi de Tanis , la grande épouse royale Moutnedjemet, épouse de , le généralissime et grand prêtre d'Amon Menkhéperrê, la chanteuse d'Amon Hénouttaouy. , peut-être Tentnaoubekhenouy, avec qui il aurait eu : Nauny.

Enfin, trois autres enfants de Pinedjem sont connus : le grand prêtre d'Amon Masaharta, l'éphémère grand prêtre d'Amon Djedkhonsouefânkh, le prêtre d'Amon Nysoupanéferhor.

Biographie

Grand prêtre d'Amon

Pinedjem succède à Hérihor en tant que grand prêtre d'Amon en l'an d'un règne qui est probablement celui de , et plus exactement avant le jour du mois de Peret. Il est dès cette époque attesté dans toute la Haute-Égypte, d'El Hibeh (où il fait édifier une grande forteresse à El Hibeh dont il confie le contrôle à son fils Masaharta) à l'île de Sehel. Il assure un programme architectural essentiellement concentré sur la consolidation des édifices et de leurs enceintes à Karnak, Louxor et Médinet Habou, politique probablement due à la pénétration régulière de groupes libyens dans la vallée du Nil.

Sa résidence principale devait se situer plus près de Thèbes et non à la forteresse d'El Hibeh, hypothèse privilégiée auparavant. Lorsqu'il résidait à Thèbes, il devait séjourner dans le palais royal situé dans le secteur du temple funéraire de à Médinet Habou qu'il avait fait préalablement restaurer.

Pinedjem a joué un rôle central dans le soin apporté aux momies royales du Nouvel Empire, où il les fait restaurer à Médinet Habou puis réinhumer en l'an du règne de dans des cachettes, notamment dans le tombeau d' (où elles resteront jusqu'à leur découverte en 1898) et celui de (avant d'être déplacés à nouveau, d'abord vers la tombe encore non localisée d'Ahmès-Inhapy tout à la fin du pontificat de en l'an de Siamon puis vers la cachette DB320 au début du règne de où elles seront découvertes en 1881).

Un changement culturel important concerne le culte d'Amon du petit temple de Djémé datant de la , s'orientant vers un culte funéraire d'une forme primordiale d'Amon dont ce petit temple serait le tombeau. Pinedjem réorganise les voies processionnelles à Karnak et fait installer des sphinx à tête de bélier en avant des temples d'Amon et de Khonsou. Son épouse préside quant à elle des changements dans le temple de Mout et fait installer des statues de Sekhmet probablement prises au temple funéraire d'.

Selon Arno Egberts, c'est à cette période que se déroulent les faits du Rapport d'Ounamon, texte rédigé probablement au début de la et rapportant des faits s'étant soi-disant déroulés en l'an de . Toutefois, Frédéric Payraudeau date cette période du pontificat d'Hérihor, encore attesté en tant que grand prêtre le jour du mois de l'Akhet de l'an d'un roi non nommé mais qui ne peut être que .

Roi de Thèbes

En l'an du règne de , Pinedjem se proclame roi de Thèbes, en corégence avec ce dernier. Les décors du temple de Khonsou à Karnak réalisés par Hérihor représenté en tant que roi ont été modifiés par Pinedjem qui est représenté en tant que grand prêtre d'Amon, ce qui laisserait penser que Pinedjem ne s'est pas proclamé roi dès la mort d'Hérihor. Pinedjem laisse sa charge de grand prêtre d'Amon à son fils Masaharta. Ce dernier sera suivi de ses propres frères du vivant même de Pinedjem : Djedkhonsouefânkh pendant une courte période puis Menkhéperrê pour près de cinq décennies. Il ne semble pas utiliser ses propres années de règne mais continue d'utiliser celles du roi tanite en place, d'abord , puis Amenemnesout et enfin son propre fils , preuve de puissance à cette époque. Dans une perspective archaïsante, il choisit comme nom de Nesout-bity « Khâkhéperrê », nom déjà utilisé par , tandis que l'un de ses fils et l'une de ses filles se nommet Menkhéperrê et Maâtkarê, noms de Nesout-bity respectifs de et d'Hatchepsout.

Pinedjem en tant que roi est attesté également dans toute la Haute-Égypte, notamment une stèle à Coptos, en compagnie de sa principale épouse qui porte alors le titre de « mère royale », et des brides d'une enceinte à El Hibeh, ces dernières portant également le nom de son autre épouse . Des blocs inscrits à son nom ont même été retrouvés à Tanis, la Basse-Égypte étant alors probablement déjà gouvernée par son fils. À Karnak, devant le second pylône du grand temple d'Amon-Rê qui à cette époque était l'entrée principale de l'enceinte, il fait ériger un grand colosse de granit, statue probablement plus ancienne qu'il fait réinscrire à son nom, et s'approprie également le dromos des sphinx qui bordent la voie menant au grand temple. En plus de la modification du décor dans le temple de Khonsou déjà citée, il achève probablement la construction du pylône.

C'est donc sous son règne que son fils Masaharta, grand prêtre d'Amon, fait construire une porte au nord de la cour du pylône du temple d'Amon de Karnak. C'est également sous son règne que les troubles à Thèbes, comme l'atteste la . En effet, des troubles contre la prêtrise d'Amon ont lieu le jour du mois de Chémou de l'an du règne de , ceci est suivi du rétablissement de l'ordre et le bannissement des rebelles vers l'oasis de Kharga. Quelques mois plus tard, le ou jour du mois de l'Akhet, Menkhéperrê devient généralissime et grand prêtre d'Amon. Enfin quelque temps plus tard, au début du règne d'un roi non nommé mais qui est probablement Amenemnesout, Menkhéperrê pardonne et rappelle les rebelles à Thèbes.. Si ces troubles ont pu être liés à des rivalités entre les fils de Pinedjem, voire entre les descendants de Piânkh et ceux d'Hérihor, la pénétration régulière de groupes libyens dans la vallée du Nil a pu jouer un rôle également.

À sa mort, son fils Menkhéperrê ne succède pas à son père en tant que roi mais reste grand prêtre d'Amon. Ses successeurs s'effaceront d'ailleurs de plus en plus au profit du roi tanite, y compris à Thèbes.

Sépulture

Le corps du pharaon grand prêtre d'Amon Pinedjem a été retrouvé dans la cache des momies royales de Deir el-Bahari connue sous le nom de DB 320. Inhumé parmi les grands pharaons qui ont fait l'histoire du pays et autrefois sa puissance, si la momie de Pinedjem nous est parvenue intacte, le mobilier qui l'accompagnait était très modeste en comparaison de ceux des souverains contemporains de Tanis.

Titulature

Notes et références

Bibliographie . . . . . . .

Voir aussi

Grand prêtre d'Amon

Catégorie:Index égyptologique Catégorie:Grand prêtre d'Amon Catégorie:Momie égyptienne identifiée Catégorie:Pharaon de la XXIe dynastie égyptienne Catégorie:Monarque du XIe siècle av. J.-C. Catégorie:Personnalité religieuse du XIe siècle av. J.-C.