Michel Lussault est un géographe français né le à Tours..

Il est président du Conseil supérieur des programmes entre et .

Parcours professionnel Les parents de Michel Lussault sont tous deux enseignants et militants socialistes. Son père, Paul Lussault., est particulièrement actif. Il sera candidat aux élections, membre du comité directeur du Parti socialiste, directeur-adjoint du cabinet de Jean Poperen. Michel Lussault s'engage fortement aux côtés de son père et au Parti socialiste, qu'il quittera en 1984Sylvain Bourneau, Michel Lussault. Les Intellectuels du , documentaire de 66 min diffusé sur France 5 le 9 juillet 2018.

Agrégé de géographie en 1983, maître de conférences à l'université de Tours en 1992, professeur des universités en 1997 dans la même université. Depuis 2008, il est professeur à l’École normale supérieure de Lyon. Il est spécialiste de géographie urbaine, travaillant sur les acteurs, les représentations, les discours et la production de l'espace urbain. A ce titre, il est lauréat en de l'appel d'offre pour la création d'instituts de convergence, lancé par le commissariat général aux investissements. Son projet, financé jusqu'en 2025 : L'école urbaine de Lyon, vise à développer des recherches et formations doctorales sur les questions d'urbanisation mondiale à l'époque de l'entrée dans l'anthropocène.

Michel Lussault a été président de l'université de Tours de 2003 à 2008, troisième vice-président de la Conférence des présidents d'université (CPU) de 2006 à 2008. et président de l'agence de mutualisation des universités (AMUE) de 2005 à 2008. Il a coprésidé avec l'architecte Paul Chemetov le conseil scientifique de l'appel à projet international « Un pari pour le grand Paris » (2008-2009). En 2010-2011, il a été responsable scientifique du groupe : « L'urbain métropolisé français dans la mondialisation » dans le cadre de la procédure Territoires2040, lancée à l'initiative de la DATAR. Il est depuis 2010 président du conseil scientifique du PUCA (Plan Urbanisme Construction Architecture) organisme de recherche incitative du Ministère de l'écologie, de l'environnement, du développement durable et de la mer. Il préside, de à , Arc en Rêve, centre d'architecture, à Bordeaux.. Depuis , il préside l'association Villa-Gillet.

Auteur depuis 1991 de 12 ouvrages scientifiques (écrits ou dirigés et codirigés) et de plus de 100 articles dans des ouvrages collectifs et des revues à comité de lecture, il a notamment codirigé avec Jacques Lévy le Dictionnaire de la géographie et de l'espace des sociétés (2003 et nouvelle édition 2013), avec la volonté de refonder la géographie en tant que discipline dans le champ des sciences humaines.

En , il est nommé par la ministre de l'Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, président du Conseil supérieur des programmes (CSP)Michel Lussault nommé président du Conseil supérieur des programmes, lesechos.fr, 26 septembre 2014, une nomination décrite par Blanche Lochmann, présidente de la Société des agrégés, comme « le triomphe des vieilles lunes déconnectées du terrain »Lussault au Conseil supérieur des programmes, «c'est la revanche du pédagogisme», lefigaro.fr, 29 septembre 2014.

En , en tant que président du Conseil supérieur des programmes de l'Éducation nationale, il présente avec Najat Vallaud-Belkacem, les nouveaux programmes qui s'appliqueront au collège à la rentrée 2016Michel Lussault, le « doux dingue » programmateur du collège, lopinion.fr, 18 septembre 2015. Il est alors décrit par le sénateur Jacques Grosperrin comme « un gentil idéologue, nostalgique des années 1970 »La polémique sur les programmes scolaires refait surface, nouvelobs.com, 28 août 2015. Celui-ci démissionne en du Conseil critiquant notamment et . Grosperrin considère cette instance, contrairement à sa mission de garantir la transparence du processus d'élaboration de ces programmes comme « Coup de chapeau – Jacques Grosperrin », Le Figaro Magazine, semaine du 29 mai 2015, page 28.. Répondant à cette accusation de « fonctionnement dogmatique, pour ne pas dire idéologique », Michel Lussault a tenu à souligner que « le CSP n'est pas un groupe d'idéologues gauchistes » en affirmant que cette structure était « non partisane »Michel Lussault : « Nous ne sommes pas des idéologues gauchistes », leparisien.fr, 25 juin 2015.

Michel Lussault fait partie des pédagogues incriminés par le livre de Carole Barjon intitulé Mais qui sont les assassins de l'école ? (2016)Brighelli – Les fossoyeurs de l'école démasqués, Jean-Paul Brighelli, lepoint.fr, 24 septembre 2016.

Le , Michel Lussault annonce sa démission du Conseil supérieur des programmes (CSP), reprochant à Jean-Michel Blanquer de « remettre en cause de façon brutale et unilatérale des évolutions qui avaient longuement été discutées pendant les années précédentes ».. Le ministre répond en déclarant : Démission de Lussault : Blanquer dans "une posture anti-Vallaud-Belkacem" ?, Le Point, 26 septembre 2017. Pour l'ancien ministre de l'Éducation nationale Luc Ferry, il s'agit d'Luc Ferry, « Éducation nationale : "Blanquer est un atout essentiel pour Macron" », Le Figaro Magazine, semaine du 15 décembre 2017, page 49..

Socle commun Dans le cadre de ses fonctions de président du Conseil National des Programmes, il promeut et valide la nouvelle version du socle commun des compétences (version 2015/2016, la première version était celle de 2006) qui comporte désormais 5 domaines. Il défend l'idée que ce socle commun constitue une obligation de résultat de la part de l’Éducation nationale qui doit s'engager à ce que chaque élève sortant de troisième possède l'ensemble des compétences définies par le socle. Ces compétences sont volontairement transversales et non disciplinaires. La version 2016 constitue désormais la base dont découle les programmes (ce qui n'était pas le cas dans la version 2006).

Recherches Dans son ouvrage L'Homme spatial (2007), il pose les fondements d'une théorie de l'espace et de la spatialité et montre comment cette approche permet de repenser le phénomène urbain.

Dans son livre De la lutte des classes à la lutte des places (2009), il développe une approche de l’action spatiale des opérateurs sociaux, en insistant notamment sur l’identification de compétences élémentaires de la spatialité, au nombre de six : la compétence de métrique (mesurer les distances), la compétence scalaire (discriminer le petit du grand), la compétence d'emplacement (trouver pour soi, les autres et les objets la bonne place), la compétence de limitation (découper l’espace en entités élémentaires pertinentes et poser des limites spatiales entre ces entités), la compétence de franchissement (franchir les sas, seuils et portiques), la compétence de parcours (composer et suivre un itinéraire). Il approfondit depuis lors le concept de géologistique qu'il considère comme « l’ensemble des modes d’organisation nécessaires à un opérateur pour réaliser une opération spatiale, de la plus élémentaire à la plus complexe ». Son travail se focalise particulièrement sur la question urbaine. Il développe la thèse de l'urbanisation généralisée du monde en mettant en évidence les nouvelles caractéristiques de l'urbain contemporain. Il a appliqué cette vision dans le travail de prospective de la DATAR, Territoires2040, au sein de laquelle il a proposé 4 scénarios originaux d'évolution de la métropolisation française..

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En 2017, il publie Hyper-lieux. Les nouvelles géographies de la mondialisation. Le concept d'Hyper-lieux s'oppose au concept de non-lieu développe par Marc AugéLes hyper-lieux : une nouvelle espèce d’espace, lesinrocks.com, 18 février 2017. Les « hyper-lieux » seraient des espaces intenses et divers où s’exprime la créativité. Michel Lussault avance par exemple que la jungle de Calais n'est pas une jungle mais « une sorte d'alter-lieu portant en lui une autre vision de la cohabitation urbaine : plus spontanée, informelle, souple, sobre, autoconstruite. »Eric Zemmour, Hyper-lieux. Les nouvelles géographies de la mondialisation, Le Figaro, 2 mars 2017 Éric Zemmour, qui reproche à l'ouvrage son « sabir de savant jargonnant », considère Hyper-lieux comme « un formidable révélateur de l'idéologie mondialiste que promeut la crème de la crème de la gauche universitaire. » Challenges tourne quant à lui en dérision un ouvrage rédigé dans une Marc Baudriller , L'incompréhensible novlangue de l'ex responsable des programmes scolaires, Challenges, 27 septembre 2017. Les Inrockuptibles jugent au contraire que le livre Les hyper-lieux : une nouvelle espèce d’espace, Les Inrockuptibles, 18 février 2017. Le journal Libération consacre une série d'articles en à cette question des hyper-lieuxSérie d'articles du journal Libération sur les hyper-lieux. Le livre est présenté et débattu par de nombreux médias papier et radiophonique (France Culture, France Inter, Radio-France internationale, Radio Suisse Romande). Il est traduit en Italien en 2019. Une série documentaire est réalisée à partir de ce livre et diffusée sur France 5 en juinSérie documentaire diffusée sur France 5 en juin 2024.

En 2020, il publie Chroniques de géo' virale, Lyon, 205 éditions, un livre réalisé à partir de chroniques vidéo postées durant le premier confinement lié à la pandémie de covid 19. Il y propose de «penser le monde avec le virus» et de comprendre la pandémie comme révélatrice à la fois de l'état du système-monde urbanisé et de la vulnérabilité de celui-ci. Il développe l'idée de la pandémie comme «fait anthropocène total» Laetitia Van Eeckhout, «"Chroniques de géo’virale" : penser le monde avec le Covid-19», Le Monde, 22 décembre 2020..

En 2024, il publie Cohabitons! Pour une nouvelle urbanité terrestre aux Éditions du Seuil.

Résumé de la carrière professionnelle 1983 : agrégé de géographie 1992 : docteur en géographie urbaine 1996 : habilité à diriger des recherches 2005-2008 : président du conseil d'administration l'Agence de mutualisation des universités et des établissements (AMUE) 2003-2008 : président de l'université François-Rabelais de Tours. Depuis 2008 : professeur de géographie à l'École normale supérieure de Lyon (ex ENS-LSH). 2008-2013. : président du PRES de Lyon - Université de Lyon de à : président d'Arc en Rêve, centre d'architecture, Bordeaux. du 17/10/2012 : directeur de l’Institut français de l'éducation (ex-INRP, intégré dans l'ENS de Lyon) du 25/09/2014 au 25/09/2017 : président du Conseil supérieur des programmes depuis : directeur de l'École urbaine de Lyon..

Publications Tours. Images de la ville et politiques urbaines, Maison des Sciences de la Ville, Université François Rabelais de Tours, 1992 La Citadinité en question (dirigé avec Pierre Signoles), Urbama, 1996, Figures de l'urbain. Des villes, des banlieues et de leurs représentations, (dirigé avec Christian Calenge et Bernard Pagand) collection "Sciences de la Ville", 1997 Logiques de l'espace, esprit des lieux. Géographie à Cerisy (dirigé avec Jacques Levy), Belin, 2000 La Ville et l'urbain, l'état du savoir (dirigé avec Thierry Paquot et Sophie Body-Gendrot), La Découverte, 2000 Tours. Des légendes et des hommes, Éditions Autrement, 2001 Dictionnaire de la géographie et de l'espace des sociétés (codirigé avec Jacques Levy), Belin, 2003, nouvelle édition revue et augmentée en 2013. L'homme spatial, Seuil, 2007. Habiter. Le propre de l'humain, Paris, La Découverte, 2007 (avec Thierry Paquot et Chris Younes) De la lutte des classes à la lutte des places, Grasset, 2009, . L'Avènement du Monde. Essai sur l'habitation humaine de la terre, Seuil, 2013. Hyper-lieux. Les nouvelles géographies de la mondialisation, Seuil, 2017 Constellation.s. Nouvelles manières d'habiter le Monde, Arles, Actes Sud, 2017 (avec Francine Fort, Michel Jacques, Fabienne Brugère, Guillaume Le Blanc). Chroniques de géo virale, École Urbaine de Lyon, 2020, Éditions 205, coll. « À partir de l’Anthropocène »,