Le rugby à , appelé Dans les années 2020, les traducteurs automatiques (par exemple sur le moteur de recherche Google) ont tendance à traduire de manière erronée « rugby league » par « rugby à ». dans les pays anglophones, est un sport collectif de contact opposant deux équipes de treize joueurs sur un terrain rectangulaire de de large et 112 à de long, équipé de poteaux en forme de H. Il constitue, avec le rugby à , l’un des deux principaux codes du rugby.
Né en 1895 à Huddersfield (Yorkshire, Angleterre), à la suite d’une scission avec la Rugby Football Union (Fédération d'Angleterre de rugby à ) sur la question du professionnalisme, le rugby à s’est progressivement doté de règles distinctes afin de rendre le jeu plus rapide et spectaculaire, pour attirer un public payant. L’objectif est de marquer plus de points que l’adversaire en inscrivant des essais (quatre points) derrière la ligne de but adverse, complétés par des transformations (deux points). Des points peuvent aussi être obtenus par des pénalités (deux points) ou des drops (un point). La défense doit stopper la progression du porteur du ballon en le plaquant.
Ses principales compétitions de clubs sont la National Rugby League (« NRL ») en Australie et en Nouvelle-Zélande et la Super League en Europe. Sur la scène internationale, il est régi par l’International Rugby League et disputé principalement en Australie, Nouvelle-Zélande, Angleterre, France et dans les îles du Pacifique. Le rugby à est sport national en Papouasie-Nouvelle-Guinée et aux îles Cook. La Coupe du monde, créée en 1954 en France, est la première compétition mondiale de rugby, tous codes confondus, a lieu tous les quatre ans depuis les années 2010 et son tenant du titre est l’Australie (2022). Elle est complétée depuis 2000 par une Coupe du monde féminine, organisée selon le même cycle quadriennal.
Des variantes existent, comme le rugby à (rugby league nines), le rugby à en fauteuil roulant, discipline mixte adaptée aux joueurs valides et handicapés, ou encore le rugby à pour personnes en situation de handicap physique, qui a organisé sa première Coupe du monde en 2022.
Moins associé aux classes sociales privilégiées que son homologue à quinze joueurs, le rugby à est de plus un sport dont la médiatisation donne parfois lieu à controverse dans certains pays.
Histoire
thumb|left|redresse|Dally Messenger. Le rugby à est né à Huddersfield, dans le Yorkshire, en 1895, d'une sécession au sein de la . La base de la scission était la compensation des heures de travail perdues par les joueurs (entraînements, matchs, transport ferroviaire…), la plupart de condition ouvrière, ce que les clubs du sud de l'Angleterre, et Londres en particulier, refusaient. Les clubs du nord de l'Angleterre sont à l'origine de cette évolution. Le lundi , vingt clubs du Yorkshire et du Lancashire décident de payer le manque à gagner (six shillings) à leurs joueurs. Réunis le au d'Huddersfield, ils font sécession et créent une fédération autonome, la Northern Rugby Football Union (qui deviendra, en 1922, la Rugby Football League). Le samedi démarre une compétition à dix matchs. Le nombre de joueurs n'est cependant passé de 15 à 13 qu'en 1906.
Alors que le français est banni par le Board anglo-saxon du Tournoi des Cinq Nations (de 1931 à 1947) pour « violence » et « amateurisme marron » (shamateurism, selon les Britanniques), les treizistes d'outre-Manche estiment que la période est propice à l'envoi d'un corps expéditionnaire sur le continent. Avec l'appui de contacts locaux dont des journalistes et d'éventuels sponsors réunis par Jean Galia (homme d'affaires en devenir et quinziste en rupture avec sa fédération), ils organisent un match-démonstration : Angleterre-Australie, le au stade Pershing à Paris. À la suite de cet événement fondateur, Jean Galia constitue une sélection de rugbymen français désireux de faire une tournée d'initiation en Angleterre. Cette formation est appelée « les Pionniers » (ou Galia's Boys par les Anglais).
thumb|Photo des Pionniers en 1934.
La Ligue française de rugby à naît le . Dès septembre débute le championnat initial comprenant dix équipes : SA Villeneuve-sur-Lot, Albi , Bordeaux , SO Béziers, Catalan (Perpignan), Côte Basque (Anglet-Bayonne), RC Roanne, US Lyon-Villeurbanne, Pau et Paris . Lors de l'immédiat avant-guerre, ce jeune sport connaît un engouement particulier favorisé tant par la situation pénible du et la conversion d'une partie de la presse et de la classe politique que par son propre dynamisme. La sélection nationale joue son international le , en France, au Stade Buffalo à Montrouge (banlieue sud de Paris) contre l'Angleterre. En 1939, elle remporte la Coupe d'Europe des nations devant l'Angleterre et le pays de Galles.
Tant l'extrême violence de plusieurs rencontres de rugby à en France que la suppression des relations entre le rugby à britannique et français (due à l'amateurisme marron existant dans de nombreux clubs quinzistes français) font que la FFR voit ses effectifs diminuer très fortement : elle périclite de en 1930 à 663 en 1934 et 558 en 1939. De nombreux clubs quinzistes ont purement et simplement arrêté le rugby et de nombreux autres rejoignent le rugby à .
Le régime pétainiste de Vichy et les rancunesLe terme « rancune » peut paraitre polémique, mais les actions entreprises par certaines instances de rugby à sont alors assez violentes : bannissement à vie de joueur, interdiction d'usage de terrains. Il y a également un dépit de voir le réservoir de joueurs se tarir pour aller vers le concurrent à . quinzistes interdiront le rugby à pendant l'occupation allemande. Il faudra attendre la Libération d'une grande partie de la France et le pour que la Ligue française de rugby à renaisse à Toulouse. Ralliée à l'amateurisme, c'est à son congrès d'Arcachon des 2, 3 et , Paul Barrière à ses leviers de commande, qu'elle prend alors l'appellation de Fédération française de jeu à (appellation définitivement abandonnée depuis 1993 : FFR ).
Commence alors une nouvelle période de gloire. En 1951, le de France des Puig-Aubert, Brousse, Dop et Cantoni, guidé par Robert Samatan, Jean Duhau et Antoine Blain, atteint son zénith, lors de la première tournée en Australie. Les Australiens découvrent ce qu'ils considèrent aujourd'hui encore comme la plus grande équipe de tous les temps. À leur retour d'Australie, plus de l'acclament dans les rues de Marseille. Elle renouvelle cet exploit lors des tournées de 1955 et 1960. Mais malgré quelques sursauts (finaliste de la Coupe du monde 1968), le rugby à français décline petit à petit, notamment à cause de mauvaises politiques fédérales mais aussi de la mauvaise tenue de certains joueurs en championnat, comme lors de l'édition 1981 où la finale ne peut aller à son terme.
Le renouveau s'amorce au début des années 1990 ; la France crée une surprise en battant la Grande-Bretagne 25-18 chez elle sous l'impulsion de Gilles Dumas. et s'impose à deux reprises contre la Papouasie-Nouvelle-Guinée en Coupe du monde 1989-1992.
Ensuite, Jacques Fouroux, ancien entraîneur de l'Équipe de France puis de Grenoble, quitte le rugby à , fâché avec ses dirigeants.
En effet, en 1993, alors qu'il est le manager du club isérois, Jacques Fouroux est candidat à la présidence de la FFR en concurrence avec Bernard Lapasset.
La qualification de son club en finale du championnat est marquée par une polémique au sujet du jeu de son équipe, critiqué par le président Lapasset.
La semaine suivante, en finale, Jacques Fouroux crie au complot. car la finale tourne au scandale., avec une polémique sur l'arbitrage.. En effet, un essai d'Olivier Brouzet est refusé aux Grenoblois. et l'essai décisif du castrais Gary Whetton est accordé par Daniel Salles, l'arbitre de la rencontre, alors que le grenoblois Franck Hueber a aplati au préalable le ballon dans son en-but, privant ainsi les Grenoblois du titre. Persuadé d'avoir été volé par la FFR, il se tourne alors vers le . en ..
En 1995, il lance une nouvelle compétition régionale, conciliant rugby à et spectacle musical avec entrées gratuites, appelée la France Rugby League. Celle-ci, qui se déroule durant l'été 1995, a un succès réel, tant populaire que médiatique. L'année suivante, une équipe française, le Paris Saint-Germain , est invitée à rejoindre le nouveau championnat européen de la Super League mais cesse ses activités à la fin de la saison 1997 en dépit d'un bon succès populaire.
L'entrée d'une nouvelle équipe française en Super League Europe, les Dragons Catalans, donne au rugby à français une nouvelle visibilité en 2006, d'autant que cette équipe a réussi à se hisser, pour la première fois de son histoire, jusqu'à la finale de la Cup à Wembley, jouée devant et perdue 30 à 8, contre Saint Helens. Toutefois, sa situation globale (structuration, encadrement, finances, audience réduite ; moitié moins de clubs qu'en 1939 ; désintérêt des médias) demeure relativement incertaine.
Pratique du rugby à
Principes thumb|redresse|Une passe. Le rugby à est un sport qui se joue entre deux équipes, disposant d'un ballon ovale porté essentiellement à la main. Les capitaines des deux équipes effectuent un tirage au sort en présence de l'arbitre pour déterminer le début de la partie. Le capitaine qui gagne le tossLe terme toss est exclusivement réservé à la pratique du rugby. Le toss est le tirage au sort qui est réalisé avant que le match ne débute et qui va déterminer de quel côté chaque équipe va jouer. décide soit de donner le coup d'envoi soit de choisir le côté du terrain« A la découverte du rugby à sur le site officiel de la fédération française de rugby à ., sur ffr13.com.
Lorsque l'une des équipes possède la balle, elle se doit d'avancer et de porter le ballon jusque dans le camp adverse. Pour progresser et gagner du terrain, les joueurs de l'équipe attaquante peuvent se passer la balle à la main, à condition que la passe se fasse vers l'arrière ou latéralement mais jamais vers l'avant. L'équipe en possession du ballon peut également choisir d'avancer en frappant le ballon au pied et ce dans toutes les directions.
thumb|left|Un essai. L'équipe qui défend peut essayer d'arrêter le joueur porteur du ballon en l'attrapant et en l'amenant au sol (plaquage). Lorsqu'un joueur est plaqué, son équipe garde la possession de balle mais perd une phase de jeu d'attaque (tenu). L'équipe attaquante possède cinq tenus. Si un joueur est plaqué au sixième et dernier tenu, la balle sera rendue à l'équipe adverse qui entamera à son tour une nouvelle séquence de jeu.
Le jeu ne s'arrête que lorsque l'arbitre principal signale que l'une des règles est transgressée ou si le ballon, porté ou non, sort des limites du terrain. Si le jeu est arrêté à cause d'une faute commise par un joueur d'une équipe, l'autre équipe récupère le ballon et le remet en jeu par un coup franc ou une pénalité (selon la gravité de la faute).
La majeure partie du temps, la progression d'une équipe s'effectue par un cycle de passes et de tentatives de percées et de plaquages.
Lorsqu'une équipe arrive à porter la balle jusque dans le camp adverse, il s'agit d'un essai. Un règlement très précis et minutieux a été mis en place pour valider un essai et seul l'arbitre peut prendre cette décision. Si l'essai est validé, l'équipe marquante bénéficiera d'une transformation qui lui permettra, si elle est réussie, d'augmenter son score.
But du jeu Le but du rugby à est de marquer plus de points que son adversaire avant la fin d'un temps imparti. Pour ce faire, il existe cinq façons différentes d'inscrire des points. : thumb|Une transformation. En marquant un essai () ; l'essai valait . jusqu'à la saison 1983/1984 ; En réussissant un coup de pied de transformation d'essai (), qui est accordé à chaque fois qu'une équipe marque un essai ;