Jacques Antoine Creuzé de La Touche, dit Creuzé-Latouche, né le à Châtellerault (généralité de Poitiers, actuel département de la Vienne), mort le brumaire an IX (le ) à Vaux-en-Vienne (département de la Vienne), est un économiste et homme politique de la Révolution française et du Consulat.

En 1789, Jacques Antoine Creuzé de la Touche est élu représentant aux États généraux. Entre 1792 et 1799, il est élu député de la Vienne à la Convention nationale, où il vote la détention de Louis XVI, au Conseil des Anciens puis au Conseil des Cinq-Cents.

Sous le Consulat, il est nommé membre du Sénat conservateur. Il meurt moins d'un an après sa nomination.

Biographie

Origines familiales et jeunesse Jacques Antoine Creuzé de La Touche est issu d'une famille de la bourgeoisie de robe.

Son père, Jacques Creuzé de la Touche, époux de Marie-Thérèse de Fremond de La Merveillère, est titulaire de la charge de « capitaine concierge du château de Châtellerault ».

Jacques Antoine Creuzé de La Touche effectue ses études en droit à Poitiers. En 1762, il devient titulaire de la charge de son père. En 1784, il devient « lieutenant général de police au siège royal de Châtellerault ».

Mandat à la Constituante En 1789, Jacques Antoine Creuzé de La Touche est élu représentant du tiers état pour la sénéchaussée de Châtellerault aux États généraux.

Le , il vote en faveur de l'égalité entre les hommes blancs et les hommes libres de couleur dans les colonies. Le , il est élu secrétaire, aux côtés d'Étienne-Jean Augier (député de la Charente) et de Marc-Guillaume-Alexis Vadier (député de l'Ariège) sous la présidence de Charles de Lameth (député du Pas-de-Calais).

Parallèlement à son mandat, il adhère au club des Jacobins.

Mandat à la Convention La monarchie constitutionnelle, mise en application par la constitution du 3 septembre 1791, prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.

En , Jacques Antoine Creuzé de La Touche est élu député du département de la Vienne, le sixième sur huit, à la Convention nationale. Il y est surnommé « Creuzé-Latouche » pour être différencié de son collègue homonyme Michel-Pascal Creuzé, député de la Vienne.

Il siège, selon l'historienne Christine Le Bozec, sur les bancs de la Gironde. Lors du procès de Louis XVI, il vote « la détention durant la guerre, et le bannissement à la paix », et se prononce en faveur de l'appel au peuple et du sursis à l'exécution de la peine : Il me paraît monstrueux que les mêmes hommes qui font les lois, puissent ordonner la mort d'un homme : et je ne conçois pas comment on pourrait servir la liberté, en se permettant des actes du plus terrible despotisme.

Je vote pour la détention jusqu'à la paix et le bannissement à perpétuité. Le , il vote en faveur de la mise en accusation de Jean-Paul Marat. Le , il est absent lors du scrutin sur le rétablissement de la Commission des Douze.

Durant la Terreur, Jacques Antoine Creuzé de La Touche n'est pas décrété d'arrestation, mais il héberge chez lui Louis-Marie de La Révellière-Lépeaux (député du Maine-et-Loire), girondin proscrit, et recueille chez lui Eudora Roland de la Platière.

Après la chute de Robespierre, Jacques Antoine Creuzé de La Touche adhère à la réaction thermidorienne. Le 15 germinal an III (le ), il est élu membre du Comité de Salut public. Le 15 floréal (le ), il démissionne du Comité pour siéger à la Commission des Onze chargée de rédiger le projet constitutionnel de l'an III.

L'historienne Christine Le Bozec juge qu'il appartient au camp des « républicains opportuniste » au sein de la Commission, aux côtés de François-Antoine de Boissy d'Anglas (député de l’Ardèche) ou de Jean-Denis Lanjuinais (député d'Ille-et-Vilaine) pour qui la République est un « régime d'ordre et de conservation sociale ».

Mandat aux Anciens Sous le Directoire, Jacques Antoine Creuzé de La Touche est réélu député et siège au Conseil des Anciens. Le germinal an IV (le ), il est élu président du Conseil. Il est tiré au sort pour quitter le Conseil le prairial an VI (le ).

Durant son mandat, il s'oppose au droit de successibilité revendiqué pour l'État dans les biens des parents d'émigrés et blâme la déportation des prêtres réfractaires.

Mandat aux Cinq-Cents Lors des élections législatives de 1798, Jacques Antoine Creuzé de La Touche est réélu député et siège au Conseil des Cinq-Cents. Son élection est validée par la loi du 22 floréal an VI (). Dès son admission, le prairial (le ), il est élu président du Conseil.

Durant les débats, il s'oppose à la liberté de la presse et plaide pour rétablir l'impôt sur le sel.

Favorable au coup d'État du 18 brumaire, il fit partie, le 19 brumaire, de la du Conseil des Cinq-Cents, et est le premier nommé des membres du Sénat conservateur dès le .

Il meurt moins d'un an après, le .

Vie familiale Marié le avec sa cousine Jeanne Creuzé, à Antran dans la Vienne, ils ont deux filles, Laure et Thérèse, femme de lettres, qui se marient toutes deux sans avoir d'enfants.

Le , il recueille la petite orpheline Eudora Roland, fille de Madame Roland, guillotinée le , et de son mari Jean Marie Roland, vicomte de la Platière, suicidé de désespoir le 10.

Sources

Voir aussi Articles connexes Auguste Creuzé de Lesser - Robert-Auguste Creuzé - Adrien Creuzé

Liens externes

Notes et références

Catégorie:Naissance en septembre 1749 Catégorie:Naissance à Châtellerault Catégorie:Décès en octobre 1800 Catégorie:Avocat français du XVIIIe siècle Catégorie:Magistrat français du XVIIIe siècle Catégorie:Magistrat à la Cour de cassation française Catégorie:Économiste français du XVIIIe siècle Catégorie:Député français du tiers état en 1789-1791 Catégorie:Député de la Convention nationale Catégorie:Membre du Comité de salut public Catégorie:Membre du Conseil des Anciens Catégorie:Membre du Conseil des Cinq-Cents Catégorie:Membre du Sénat conservateur Catégorie:Président du Conseil des Cinq-Cents Catégorie:Président du Conseil des Anciens Catégorie:Député de la Vienne Catégorie:Décès à 51 ans Catégorie:Membre de l'Institut de France