LYvette est une rivière française, affluent de l'Orge et donc sous-affluent de la Seine, qui prend sa source au lieu-dit Yvette, commune de Lévis-Saint-Nom puis coule dans la vallée de Chevreuse à travers les départements des Yvelines et de l'Essonne, dans la région Île-de-France.
Hydronymie Le nom de ce cours d'eau apparaît pour la première fois sous la forme de Rhodon comme en témoigne une charte de 774-775 concernant un écart de Palaiseau : Filcherolas super fluvium RosdonLuc Bourgeois, Territoires, réseaux et habitats : occupation des sols de l'ouest parisien du , t. 1, Thèse Paris I Sorbonne, 1995, , n. 69.. Ce mot s'est restreint à l'un de ses affluents. Au milieu du , le toponyme Yvette apparaît dans un don de Charles le Chauve à l'abbaye des Fossés: villa nomine Aequata in finibus silvae AquilinaeAbbé Lebeuf, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, t. 3, 1883, .. Aequata, ou equata au , le mot n'est plus compris et est confondu avec le mot « jument » qui est devenu en ancien français ive, le scribe a compris « ivette » ou « petite jument » et l’a traduit par equataMarianne Mulon, Noms de lieux d’Ile de France, .. C’est un exemple d’interprétation ou d’erreur d’écriture car en latin « eau » se dit aqua et en vieux français eve.
Au , aequilina comme bordure de la forêt des Yvelines à la frontière des CarnutesMichel Roblin, Le terroir de Parisaux époques gallo-romaine et franque..
Géographie thumb|left|200 px|Statue d'une jeune femme posée à la source de l'Yvette, lieu-dit Yvette, à Lévis-Saint-Nom vignette|redresse|La vallée de l'Yvette, au niveau de Villebon. La rivière donne son nom à plusieurs communes des Yvelines et du nord-ouest de l'Essonne : Maincourt-sur-Yvette (rattachée en 1974 à Dampierre qui a alors pris le nom de Dampierre-en-Yvelines), Gif-sur-Yvette, Bures-sur-Yvette, et Villebon-sur-Yvette.
Longue de , le débit de est la moyenne annuelle des mesures effectuées à la station de Villebon-sur-Yvette. Cependant, le débit varie fortement au cours de l'année : fort en hiver, il est beaucoup plus faible en été en raison d'une évaporation importante de l'eau.
La qualité de l'eau est en cours d'amélioration, notamment grâce à l'impulsion donnée par le parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse.
D'importants bassins de retenue sont installés à Saint-Forget, Chevreuse, Gif-sur-Yvette (bassin de Coupières), Bures-sur-Yvette, Villebon-sur-Yvette (bassin du moulin de la Planche) et Saulx-les-Chartreux de façon à limiter les conséquences des crues (bassins écrêteurs de crues). Un septième bassin est situé sur la Mérantaise à Gif-sur-Yvette. En tout, les bassins totalisent une capacité de .
Départements et communes traversés vignette|redresse|L'Yvette à Chevreuse. L’Yvette traverse 17 communes : dans les Yvelines : Les Essarts-le-Roi, Lévis-Saint-Nom, Dampierre-en-Yvelines, Saint-Forget, Chevreuse, Saint-Rémy-lès-Chevreuse ; dans l'Essonne : Gif-sur-Yvette, Bures-sur-Yvette, Orsay, Palaiseau, Villebon-sur-Yvette, Champlan, Saulx-les-Chartreux, Longjumeau, Chilly-Mazarin, Épinay-sur-Orge, Savigny-sur-Orge.
Bassin versant Son bassin versant recouvre une surface de .
Organisme gestionnaire Le Syndicat intercommunal pour l'aménagement hydraulique de la vallée de l'Yvette (SIAHVY), a été créé en 1945. Il regroupe actuellement 38 communes riveraines.
Il est chargé de l'entretien de la rivière et des bassins de retenue. Il est chargé de la préservation des écosystèmes et veille à la qualité de l'eau. Dans ce but, des stations de mesure sont installées à Saint-Rémy-lès-Chevreuse, Orsay et Épinay-sur-Orge.
Le syndicat a établi en 2015 son siège dans le moulin de Saulx-les-Chartreux réhabilité qui comprend une installation de production d'électricité et un système de récupération d'énergie pour le chauffage à partir des eaux usées..
En , une campagne de mesures de la qualité de l'eau de l'Yvette et de ses affluents a qualifié l'eau de l'Yvette de correcte, quoique présentant des présences de pollutions d'origine urbaine à certains endroits de son cours.
Hydrographie Elle alimentait 24 moulins en 1750, selon la carte de Cassini, 40 si l’on compte ceux de ses affluents. Dès le Moyen Âge, les moulins offraient le moyen principal de produire l’énergie nécessaire à tous les travaux. Deux moulins, aujourd'hui disparus, étaient situés à Villebon. Le moulin situé au lieu-dit Grimperet, était construit au confluent de l’Yvette avec un ruisseau venant de Palaiseau et face à la boële : on y foulait les draps, puisque tout près se trouvait une remise dite Foulon, citée en 1683 et 1751 sur les prés (ou parc) du Foulon ou Parts de La Roche ; un autre moulin était situé près du pont Bergeotte. À Gif-sur-Yvette, il y avait un moulin proche de l'abbaye du Val-de-GifJ.-M. Alliot, Histoire de l'Abbaye du Val-de-Gif, Paris, Picard, 1892..
L'Yvette court au cœur de la vallée de Chevreuse, depuis les confins du plateau de la Beauce vers l'ancienne province du Hurepoix, intégrée à l'Île-de-France. Son parcours se fait entre une altitude de à Lévis-Saint-Nom et à Épinay-sur-Orge, sur un terrain mêlant sable de Fontainebleau et meulière sur les coteaux et argile dans le fond de la vallée érodé par le courant, restes des divers sédiments laissés lors de l'occupation par la mer.
Longue de près de , la rivière possède un bassin-versant occupant et comptant 17 cours d'eau affluents, auxquels s'ajoutent divers plans d'eau, étangs et lacs. De l'amont à l'aval, la rivière est d'abord bordée par un étang dans le hameau Yvette à Lévis-Saint-Nom, rejointe par le ru du Pommeret sur sa rive gauche, bordée sur la rive droite à Maincourt-sur-Yvette par le bassin de rétention de Saint-Forget, bordée et rejointe à Dampierre-en-Yvelines par le canal du château de Dampierre, le Rouillon de Valence et le ru des Vaux de Cernay sur la rive droite, sur la rive gauche elle alimente un étang et le parc du château de Mauvières, à Chevreuse, elle est rejointe sur sa rive droite par le ruisseau d'Écosse-Bouton et sur la rive gauche par le ruisseau de la Goutte d'Or, à Saint-Rémy-lès-Chevreuse ce sont le Rhodon sur la rive gauche et le ruisseau de Montabé sur la rive droite qui la rejoignent en centre-ville, puis à Courcelle-sur-Yvette, la rive droite voit venir le Vaugondran, la rive gauche la Mérantaise à Gif-sur-Yvette, à Bures-sur-Yvette, c'est le ruisseau d'Angoulême et le Vaularon qui coulent par la rive droite, dans le centre-ville d'Orsay, elle alimente le lac du Mail puis le lac de Lozère à Palaiseau, à Villebon-sur-Yvette elle est rejointe sur sa rive droite successivement par le Vatencul, le ruisseau du Coq et le ru des Glaises à Palaiseau, avant d'alimenter le ruisseau de la Boëlle qui la rejoint avant le ruisseau de Paradis sur la rive droite à Saulx-les-Chartreux, les deux alimentant le lac de Saulx-les-Chartreux avec le ru de Chauffour. Elle entre à Longjumeau où elle se scinde pour créer la rivière Morte avant d'être rejointe sur la rive gauche par le ru de Bief puis le Rouillon sur la rive droite et alimente les étangs de Gravigny. Elle se jette enfin dans l'Orge à la frontière entre Épinay-sur-Orge, Savigny-sur-Orge et Villemoisson-sur-Orge.
Affluents L'Yvette a onze affluents pour une longueur totale de . rive gauche : Le ru du Pommeret, le ruisseau de la Goutte d'Or, le Rhodon, la Mérantaise ; rive droite : Le ru des Vaux de Cernay, le Rouillon de Valence, le ru d'Écosse-Bouton, le ruisseau de Montabé, le Vaularon, le ruisseau de Paradis, le Rouillon.
Hydrologie L'Yvette est une rivière assez peu régulière. L'Yvette à Villebon-sur-Yvette Son débit a été observé sur une période de 41 ans (1968-2008), à Villebon-sur-Yvette, localité du département de l'Essonne située à quelques kilomètres de sa confluence avec l'Orge . À cet endroit le bassin versant de la rivière est de sur un total de , soit 78 % du bassin.
Le module de la rivière à Villebon-sur-Yvette est de .
L'Yvette présente des fluctuations saisonnières de débit pas trop importantes, avec des hautes eaux d'hiver-printemps portant le débit mensuel moyen au niveau de 1,63 à , de décembre à début avril inclus (avec un maximum de 2,03 en février), et des basses eaux d'été-automne de mai à la mi-novembre, avec une baisse du débit moyen mensuel jusqu'à moins de aux mois de septembre.
Étiage ou basses eaux Le VCN3 peut chuter jusque , en cas de période quinquennale sèche. Crues Les crues, quant à elles, sont relativement importantes. Ainsi, le débit instantané maximal enregistré a été de 18,2 m³/s le , tandis que la valeur journalière maximale observée était de 17 m³/s le . Les QIX révèlent également un régime de crues marqué : le QIX 2 est de 9,4 m³/s, le QIX 5 de 13 m³/s, le QIX 10 de 15 m³/s, le QIX 20 de 17 m³/s et le QIX 50 de 19 m³/s. Ces valeurs sont presque comparables à celles de l’Essonne, pourtant près de six fois plus puissante en moyenne.
À ces épisodes déjà notables s’ajoute la crue du , liée au passage de la dépression Kirk, qui a provoqué des débordements importants, notamment sur le Grand Morin, où plusieurs secteurs ont été inondés et placés en vigilance rouge. Cet épisode a été qualifié de crue “hors norme”, entraînant des évacuations, des routes coupées et des dégâts significatifs. Bien que les débits précis n’aient pas été publiés, les niveaux d’eau ont atteint des hauteurs suffisamment importantes pour provoquer des inondations majeures dans plusieurs communes.
Il ressort de l’ensemble de ces observations que les crues historiques, notamment celles de et , relèvent d’épisodes de fréquence au moins cinquantennale, confirmant le caractère hydrologiquement turbulent du cours d’eau..
Lame d'eau et débit spécifique L'Yvette est donc une rivière peu abondante, mais irrégulière. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de annuellement, ce qui est modéré, inférieur à la moyenne d'ensemble de la France ainsi qu'à la totalité du bassin de la Seine ( par an). Le débit spécifique (ou Qsp) vaut par seconde et par kilomètre carré de bassin.
Crues historiques Des crues importantes ont eu lieu en 1966, 1978, 1981, 2016 et 2024.
En 1966, certaines maisons de Longjumeau ont été noyées sous plusieurs mètres d'eau.
Le , le débit de l'Yvette a connu deux pics, le premier à , et le deuxième à . ont été inondés, malgré la présence des bassins de retenue. En conséquence, le lit de la rivière a été recalibré (élargissement, approfondissement, régularisation de la pente) et curé, et de nouveaux bassins de retenue ont été construits.
Ces mesures n'ont cependant pas empêché les inondations de 1981, provoquées par des pluies exceptionnelles.
vignette|redresse|Crue de l'Yvette dans la traversée de Saint-Rémy-lès-Chevreuse, le . Plus récemment, des inondations se sont produites, en 1991, pendant la tempête de 1999, puis en 2000, en 2001 et en 2007. Le , des orages localisés ont provoqué une brusque montée des eaux, notamment au niveau de la Mérantaise. À la station de Villebon, la hauteur mesurée est passée en quelques heures de (à ) à (à le lendemain)Données obtenues sur la Fiche de la station de Villebon sur la carte de vigilance « crue ».. Quant au débit, il est passé dans le même temps de /s à /s. Le centre de Gif-sur-Yvette a été sérieusement touché. Ce chiffre de /s ne correspond cependant qu'au débit d'une crue décennale, et un tel épisode a une probabilité d'apparition de 1/10 chaque année.