Le de l'Église catholique est un concile ayant commencé à Bâle le . Transféré par à Ferrare en , puis à Florence en , il se termine à Rome en . Ce concile est aussi connu sous les noms de concile de Ferrare-Florence et concile de Bâle-Ferrare-Florence.

Bâle vignette|upright=1.4|Bâle vers 1490. Raisons de création du concile Le précédent concile de Constance () a résolu la crise du grand schisme d'Occident. Par son décret du , il s’est déclaré institution permanente de l’Église, devant se réunir périodiquement et chargé du contrôle de la papautéLes tribulations de l'ecclésiologie à la fin du Moyen Âge, par Stefan Swieżawski Éditions Beauchesne, 1997 .. Le concile de Pavie-Sienne, ouvert en , se révèle infructueux et est vite dissous au début de l'année suivante. L'affaire de la réformation est renvoyée au concile général qui doit se tenir sept ans après, et pour lequel le pape désigne la ville de BâleHistoire de l'Église, par François Joseph Xavier Receveur..

L'ouverture du concile de Bâle est prévue pour le ; Martin V étant mort peu avant, Gabriele Condulmer est élu pape ce jour-là et prend le nom d'. Giuliano Cesarini, cardinal de Saint-Ange et légat en Allemagne doit présider le concile, mais aucun prélat n'était encore arrivé à Bâle et le concile est ouvert par Jean de Polémar, chapelain du pape, et Jean de Raguse, procureur général des Dominicains, délégués par le cardinal Cesarini le Dictionnaire universel et complet des conciles tant généraux que ... Par Adolphe-Charles Peltier, 1847..

Premier conflit avec le pape Le , le concile s’affirme supérieur au pape et confirme le décret Frequens rendu à ConstanceTraicté de la différence des schismes et des conciles de l'Église, par Jean Lemaire de Belges, Jennifer Britnell Éditeur Librairie Droz, 1997 . Le , , prétextant une faible participation, dissout le concile de Bâle et le transfère à Bologne, mais appuyé par l'empereur Sigismond, le concile continue à siéger.

Le , les pères du concile somment le pape de révoquer la bulle de dissolution, sinon ils procèderont « selon le droit divin et humain, pour le bien de l’Église ». Le concile ouvre un procès contre le pape le suivantCours d'histoire des états européens, par Frédéric Schoell, Franz Xaver Zach édité chez Duncker et Humblot, 1830.. Le , le concile retire au pape le droit de conférer les hautes dignités ecclésiastiques et lui donne soixante jours pour se rétracterDictionnaire géographique de la Bible, par Augustin Calmet, 1847.. Le , le pape déclare nul et non avenu tout ce que décidera le concile contre luiHistoire Universelle de l'Église Catholique, par René François Rohrbacher Éditeur Gaume frères, 1858..

Le , doit reconnaître la nullité de sa décision et la légitimité du concile par la bulle Dudum sacrum. Le , le concile réaffirme solennellement sa supériorité au papeVraie histoire des conciles, par Jean Louis Schonberg Éditeur La Baconnière, 1962..

Les Compacta : accord avec les Hussites modérés En Bohême, la nouvelle croisade contre les hussites convoquée par le pape Martin V est écrasée en Histoire de la guerre des Hussites et du Concile de Basle, par Jacques Lenfant Éditeur Pierre Humbert, 1731.. Le concile de Bâle se montre prêt à négocier le , ce qui donne à la cour romaine un motif d'opposition contre le concile qui remet en cause la condamnation des Hussites à Constance.

Le , la délégation hussite arrive à Bâle et engage la discussion sur la Déclaration des Quatre Articles le 16. Les négociations n'aboutissent pas et il est décidé de les poursuivre à Prague. Les utraquistes et les plus modérés des taborites reformulent les Quatre Articles qui le limitent à la seule communion des deux espèces. Le , une délégation du concile signe à Prague des Compacta (accords) négociés avec la délégation hussite (prédication libre, utraquisme, correction publique des péchés, acceptation des sécularisations déjà accomplies)Histoire de l'empire d'Autriche, par Karl Heinrich Joseph Coeckelberghe-Duetzele Éditeur C. Gerold, 1845.. Les Hussites modérés ratifient les Compacta à la diète de Prague le . Les plus extrémistes, les taborites, rejettent ses accords, mais sont battus par une armée de barons et de pragois (modérés) le puis sont écrasés à la bataille de Lipany le . Leur chef, Procope le Grand, y est tué. Le concile reconnaît les Compacta seulement en 1435Le concile de Basle par Jonathan Beck, 1979., tandis que le pape refusa leur ratification.

Le schisme et la crise conciliaire

gauche|upright=0.75|vignette|Le pape entouré de prélats, dont Enea Silvio Piccolomini, secrétaire de l'antipape , rallié à en 1445. Fresque de Pinturicchio. Les quatorze premières sessions du concile de Bâle se déroulent du au . C'est à partir de la seizième session (), après la réconciliation avec le pape, que ce concile devient véritablement canonique. C'est lors de la trente-quatrième session, le , que le concile devient schismatique.

Le , le pape , arguant de la nécessité de tenir un concile d’union avec les orthodoxes, transfère le concile de Bâle à Ferrare. Seuls restent à Bâle les extrémistes : ils suspendent et désignent comme nouveau pape le duc de Savoie, . Il est intronisé le à Bâle et prend le nom de Nouvelle encyclopédie théologique Éditeur J.P. Migne, 1854.. Les pères du concile de Bâle se séparent lors de la quarante-cinquième session, le , prévoyant la tenue d'un nouveau concile général à Lyon après trois ans.

Le noyau dur des prélats schismatiques reste à Bâle. L'antipape ne recrute que peu d'adhérents en dehors de ses propres États héréditaires, de ceux d', de la Confédération suisse et de certaines universités. L'Allemagne reste neutre, se limite à assurer à son royaume un grand nombre de réformes décrétées à Bâle par la Pragmatique Sanction de Bourges du . L'Angleterre et l'Italie restent fidèles à . En , l'empereur , après des négociations avec ce dernier, commande au bourgmestre de Bâle de ne pas délivrer de sauf-conduit aux pères du concile dans la ville impériale. Il signe avec le Saint-Siège le concordat germanique le , lors de la diète d'Aschaffembourg. La Convention restitue au pape tous les droits que lui a enlevés le concile de Bâle et provoque l’indignation des clercs allemands qui pensent avoir été privés de leurs libertés traditionnellesL'Europe au Moyen Âge, par Henry Hallam..

Le , les pères du concile quittent Bâle pour Lausanne. L'antipape, devant l'insistance de la France, finit par abdiquer le . Lors de sa deuxième session le , le concile de Lausanne lève toutes les sentences prononcées par le concile de Bâle contre ceux qui ont soutenu . Celui-ci étant mort le , les pères du concile reconnaissent son successeur en échange de la ratification par celui-ci de tous les décrets de Bâle et de Lausanne (bulle du ). Le concile de Lausanne se réunit pour la dernière fois le Annales historiques du comté de Neuchatel et Valangin depuis Jules-César..., par Jonas Boyve, Gonzalve Petitpierre Éditeur E. Mathey, 1855..

Ferrare-Florence Le s'ouvre le concile de Ferrare, opposé à celui de BâleHistoire des Français, par Jean-Charles-Léonard Simonde Sismondi Éditeur Dumont, 1837.. Il déclare nulles toutes les décisions prises par le concile de Bâle. Celui-ci suspend le pape Eugène IV et prend en main le gouvernement de l’Église le . Eugène IV excommunie les pères du concile de Bâle le . Ceux-ci répliquent le et déclarent hérétique Eugène IV et le déposentHistoire de la lutte des papes et des empereurs de la maison de Souabe, par Claude Joseph de Cherrier Éditeur Furne, 1858..

L'Union des Églises vignette|upright=1.4|Florence vers 1490. L'Empereur byzantin Jean VIII cherche à obtenir l'aide militaire de l'Occident chrétien face à la menace ottomane, en échange de quoi il se dit prêt à négocier la réunification de l'église orthodoxe avec l'église catholiqueFormation des grands Etats, 1270-1492. France, Colin, 1894., p.338-339. Il fait part de cette proposition au Pape Martin V puis à Eugène IV. Nicolas de Cues est envoyé en mission à Constantinople par ce dernier pour discuter les modalités, et il est convenu qu'un Concile doit avoir lieu à cet effet. Toutefois, ce dernier doit se dérouler sur les bords de la mer Adriatique, afin qu'en cas d'attaque turque, l'Empereur et les Orientaux puissent retourner rapidement dans leur pays. C'est donc la ville de Ferrare qui est choisie.

Le , la délégation grecque envoyée au concile de Ferrare et conduite par Jean VIII Paléologue embarque à Constantinople pour Venise. L'empereur est accompagné de vingt-et-un métropolites et évêques, dont le patriarche Joseph II de Constantinople, et une suite d'archimandrites et de membres du clergé, jusqu'à concurrence d'environ sept cents. Marc, métropolite d'Éphèse, Isidore, métropolite de Kiev, Basilius Bessarion, métropolite de Nicée et André, archevêque de Rhodes, sont les personnalités les plus connues.

Le pape Eugène IV fait son entrée solennelle dans Ferrare le où il réunit le tous les cardinaux, évêques et docteurs présents dans la ville. Le cardinal de Sainte-Croix se rend à Venise pour accueillir l'empereur byzantin qui arrive à Ferrare le avec sa suite. Bessarion est désigné avec le métropolite d'Éphèse Marc Eugénikos pour défendre la position de l'Église grecque. Il prononce le discours inaugural le . La première séance publique se tient le lendemain dans la cathédrale de Ferrare. Le pape siège sur un trône surmonté d'un dais, à droite du maître-autel. Un peu plus bas, sont installés le trône de l'empereur et le siège du patriarche. Les cardinaux, les archevêques, les évêques, les abbés, les généraux d'ordre, de très nombreux ecclésiastiques, mais aussi les ducs, les comtes et les ambassadeurs venus de tout l'Occident se pressent dans la nef de l'église. Parmi eux, Nicolas III d'Este, le maître des lieux, savoure le triomphe de sa diplomatie.

Le , le pape Eugène IV propose aux Grecs de transférer le concile à Florence, la peste s'étant déclarée à Ferrare. Le concile reprend à Florence le 16.

Le premier point d'achoppement à régler est le litige théologique portant sur le Filioque. Si, au départ, Bessarion persiste à condamner l'addition du Filioque au Symbole de Nicée par l'Église latine, sa position évolue devant les arguments du dominicain Jean de Montenero, et il plaide pour la réconciliation des Églises devant la délégation grecque en avril 1439. Cependant, les arguments de Montenero ne sont pas la seule raison qui pousse Bessarion à se rallier à la position latine sur le Filioque. Il est en effet d'accord avec Jean VIII sur le péril ottoman et considère de façon pragmatique que l'addition du Filioque vaut bien le sauvetage de l'EmpireVast, Henri. Le cardinal Bessarion (1403-1472) étude sur le chrétienté et la renaissance vers le milieu du XVe siècle. France, Hachette et Cie, 1878., p.88.

Le métropolite Marc d'Éphèse conteste pour sa part les arguments des latins. Il s'affirme comme un farouche opposant au FilioqueDonald M. Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éditions Texto, , et envoie une lettre fustigeant la doctrine professée par le pape qui est cependant arrêtée par Jean VIII qui craint qu'elle ne compromette les discussionsLouis Bréhier, Vie et mort de Byzance, éditions Albin Michel, . Du 2 au 1439, Marc s'oppose à Jean de Raguse sur la question de la procession du Saint-Esprit. Face à la pression de Jean VIII, il doit abandonner le débatVast, Le cardinal Bessarion, . Face à l'impasse et à l'enlisement des discussions, l'Empereur et le Pape se mettent d'accord pour supprimer les séances publiques pour les remplacer par des négociations directes entre les ecclésiastiques des deux camps les plus favorables à un accordVast, Henri. Le cardinal Bessarion (1403-1472) étude sur le chrétienté et la renaissance vers le milieu du XVe siècle. France, Hachette et Cie, 1878., p.86.