Étienne-Jean Panis, né le à Paris et mort le à Marly-le-Roi, est un homme politique français de la Révolution, député à la Convention de 1792 à 1795.
Il est le beau-frère d'Antoine Joseph Santerre, brasseur, leader du faubourg Saint-Antoine de 1789 à 1792, puis commandant de la Garde nationale de Paris et général de division dans la guerre de Vendée.
Comme Santerre, il a été très tôt critiqué, voire accusé, en raison de son rôle dans les massacres de Septembre (1792) et a dû toute sa vie essayer de se justifier sur ce point.
Biographie Origines familiales et formation Étienne-Jean Panis est issu d'une famille de la bourgeoisie parisienne. Il naît dans le quartier du Marais où il a un moment sa demeure rue Saint-Paul.
Il fait des études secondaires et connait les auteurs latins classiques ; il est même capable de réciter des vers d’Horace, de Virgile ou d'Ovide. Par la suite, il confiera à Élie Decazes : . Il étudie ensuite le droit et est reçu comme avocat.
Sous l'Ancien régime
Recommandé par son oncle, sous-caissier à la Trésorerie royale, il obtient un emploi en 1774. Mais
Le , il épouse Marie-Claire Santerre (1755-1838), fille et sœur de brasseursNée en 1755 à Paris, elle meurt le ., qui lui donne plusieurs enfants.
Débuts de la Révolution (1789-1792)
Durant cette période, Antoine Joseph Santerre, leader des sans-culottes du faubourg Saint-Antoine, joue un rôle notable en 1791 (journées du 28 février et du 17 juillet) dans l'opposition au gouvernement, notamment à La Fayette, commandant en chef de la Garde nationale.
Inquiété, comme beaucoup de révolutionnaires à la suite de cette journée, Santerre reparait à la fin de 1791 et, à partir du printemps 1792 (la France entre en guerre le 20 avril), s'engage dans les préparatifs de renversement du gouvernement.
En 1792, Panis est, avec son ami Antoine Sergent-Marceau, administrateur de police, une situation lui permet de renseigner Santerre, notamment le 20 juin, lorsque les émeutiers envahissent le palais des Tuileries où résident le roi et sa famille.
L'insurrection du 10 août 1792 Au début d'août 1792, les révolutionnaires rassemblent à Paris de nombreux volontaires (notamment ceux de Marseille, dont le chant de guerre va commencer sa carrière nationale) en route vers le front de l'est.
Panis fait notamment remettre 500 paquets de cartouches à balle provenant de l’Arsenal au bataillon des MarseillaisRevue rétrospective, , tome I, p.327. La distribution a lieu du au Revue rétrospective, p.349-351 (Registre journal tenu par Claude-François Prévost).
Le 10 août, les Tuileries sont prises et le roi mis en état d'arrestation, sous la garde de Santerre, désormais commandant de la garde nationale de Paris.
Après l'installation du Conseil général de la commune insurrectionnelle à l'Hôtel de Ville, Panis demande à son beau-frère d’assurer la protection du Comité de police et de surveillance auquel il appartient, avec une garde rapprochée de vingt hommesAN, F7/4426. Il obtient aussi l'arrestation de deux de ses collègues considérés comme royalistes, Perron et Vigner, qu'il fait emprisonner, les remplaçant par les citoyens Jourdeuil et Duplain.
Il fait partie d'une commission de la Commune chargée de la police, avec Marat, Jourdheuil, Duplain et Sergent-MarceauRobert et Cougny (Site de l'AN).
Député à la Convention Le 12 septembre, il est élu député de la Seine (11ème sur 24) à la Convention , où il siège ensuite avec les Montagnards (Robespierre, Danton, Desmoulins, Marat, etc.).
Période du gouvernement des Girondins (septembre 1792-juin 1793)
En , il devient membre du Comité de sûreté générale.
Au terme du procès du roi (il vote la mort du roi lors du procès de Louis XVI.
En juin 1793, les Girondins sont renversés par un coup de force contre la Convention et mis en accusation ().
Attaques contre Panis et Santerre pour leur rôle dans les massacres de Septembre Accusé dès le , en tant qu’administrateur du département de police et de surveillance de la Commune provisoire du , d’avoir provoqué puis favorisé avec son beau-frère Antoine Joseph Santerre, commandant de la garde nationale, le déroulement des massacres de septembre 1792 par diverses mesures cosignées généralement avec son collègue Sergent, il lui fut surtout reproché d’avoir détourné, avec Sergent, des biens provenant des massacrésNomination par le Conseil général de la Commune de commissaires chargés d’examiner les plaintes contre M. Panis (7 septembre 1792). Extraits des procès verbaux de la commune de Paris tirés des papiers P.-G. Chaumette, AN, T604. Panis a joué un rôle essentiel dans le déroulement des massacres. Il en est de même de Sergent, du citoyen Duffort ou encore de Didier Jourdeuil. Leur autre collègue Pierre Jacques Duplain fut pressenti avec Panis pour remplacer au poste d’administrateurs les citoyens Perron et Vigner qui furent arrêtés.
Bien qu’il bénéficiât d’appuis puissants, Panis était sur le point de rendre des comptes à la Commission des Douze mise en place par les GirondinsArrêté du conseil général de la Commune statuant sur les dépôts du Comité de surveillance, déclarant qu’il y a eu bris de scellés, violation, dilapidations de dépôts, fausses déclarations et autres infidélités, et chargeant le procureur de la Commune de dénoncer à l’accusateur public les citoyens Panis, Sergent, Lenfant, Cally, Duffort et Leclerc… le 10 mai 1793, AN, F/7/4685.
Période du gouvernement des Montagnards (juin 1793-juillet 1794)
Le 9 thermidor : la chute de Robespierre (27 juillet 1794) Le 26 juillet 1794 (8 thermidor an II), il joue un rôle décisif dans l'attaque contre Robespierre. Il le somme de nommer les députés qu'il accuse de trahison. Robespierre s'y refuse et monte ainsi contre lui un nombre considérable de conventionnels 47 noms dont Panis sont cités par Albert Mathiez, Etudes sur Robespierre qui se sentent alors visés, du seul fait qu'il avait pu avoir avec eux un accrochage.
Le lendemain, 9 thermidor, la Convention vote l'arrestation de Robespierre, de Saint-Just et de leurs proches. Ils sont exécutés le 10 (28 juillet) après une tentative de résistance de la Commune.
Période de la Convention thermidorienne Comme nombre des proches des Montagnards, il est en butte aux attaques des leaders Thermidoriens (eux-mêmes anciens Montagnards, comme Tallien). Panis est souvent obligé de s’élever, à la tribune comme ailleurs, contre la responsabilité qui lui est attribuée dans les massacres de septembre.
Son mandat de député prend fin en 1795, lorsque la constitution du Directoire est promulguée. Il ne se fait pas réélire.
Période du Directoire, du Consulat et de l'Empire (1795-1814)
Dernières années sous la Restauration (1814-1830) et la monarchie de Juillet Accusé par la Gazette de France du , il régit en publiant une brochureDéfense légitime, Paris, 20 octobre 1814, slnd, 8°, 8 p. contre ce qu’il considère comme une calomnie.
À la fin de sa vie, il vit d’une modique pension .
Il meurt à Marly le .
L'affaire des papiers de Camille Desmoulins Panis classa et recopia une partie des papiers laissés par Camille Desmoulins, notamment les manuscrits du 7 du Vieux Cordelier. Il s’occupa des intérêts matériels de Duplessis. À la même époque, il se sépara de son épouse Claire SanterreCharles Vellay, le numéro VII du « Vieux Cordelier », Le Puy, 1908 et Revue d’Histoire révolutionnaire, 1912, p.116.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie « Etienne Jean Panis » sur le site de l'Assemblée nationale .
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