Jean-Baptiste-Jérôme Bô, né le à Mur-de-Barrez (généralité de Montauban, actuel département de l'Aveyron), mort le à Fontainebleau (département de Seine-et-Marne), est un homme politique de la Révolution française.
Entre 1791 et 1795, il est député de l'Aveyron à l'Assemblée nationale législative puis à la Convention nationale, où il vote la mort de Louis XVI et où il est envoyé en mission dans les départements.
Biographie Sous l’Ancien Régime Jean-Baptiste-Jérôme Bô est le fils de Joseph Bô, avocat, et d'Agnès de Martres. Il est marié à Charlotte Pujol. Il est reçu docteur en médecine par l'Université de Montpellier le et exerce dans sa ville natale.
Mandat à la Législative La France devient une monarchie constitutionnelle en application de la constitution du 3 septembre 1791. Le même mois, Jean-Baptiste-Jérôme Bô est élu député du département de l'Aveyron, le troisième sur neuf, à l'Assemblée nationale législative.
Il siège à gauche sur les bancs de l'Assemblée. Le 1er février 1792, il vote en faveur de la mise en accusation de Bertrand de Molleville, le ministre de la Marine. Le 9 avril, il vote pour que les soldats du régiment de Châteauvieux, qui s'étaient mutinés lors de l'affaire de Nancy, soient admis aux honneurs de la séance. Le 8 août, il vote en faveur de la mise en accusation du marquis de Lafayette.
La monarchie prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.
Mandat à la Convention
Le député Montagnard En septembre 1792, Jean-Baptiste-Jérôme Bô est réélu député de l'Aveyron, le premier sur neuf, à la Convention nationale.
Il siège sur les bancs de la Montagne. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort, et rejette l'appel au peuple et le sursis à l'exécution de la peine. Le 13 avril 1793, il est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat. Le 28 mai, il vote contre le rétablissement de la Commission des Douze.
Le représentant en mission
La levée en masse Le 8 mars 1793, Jean-Baptiste-Jérôme Bô est envoyé, aux côtés de Jean-Baptiste Lacoste (député du Cantal), auprès de la section des Droits-de-l'Homme. Le 9 mars, il est envoyé en mission, aux côtés de François Chabot (député du Loir-et-Cher), dans les départements de l'Aveyron et du Tarn afin d'y accélérer la levée en masse. Le 30 avril, ils sont rappelés à la Convention.
La détention par les fédéralistes de Marseille Le 30 mai, il est envoyé en mission aux côtés de Charles-Louis Antiboul (député du Var) en Corse ; partis le 7 mai de Paris, ils sont arrêtés le 18 juin à Aix-en-Provence (département des Bouches-du-Rhône), transportés et détenus le 19 à Marseille par les autorités fédéralistes. Le 25 août, il est libéré lors de la reprise de la ville par le général Carteaux.
Le 7 septembre, tandis que Bô est blanchi, Charles-Louis Antiboul est décrété d'arrestation sur motion de Jean-Bon Saint-André (député du Lot), membre du comité de Salut public.
Le 19 octobre, Jean-Baptiste-Jérôme Bô est envoyé en mission aux côtés de Jacques-Michel Coupé (député de l'Oise) et Nicolas Hentz (député de la Moselle) auprès de l'armée des Ardennes. Le 5 nivôse an II (le 25 décembre 1793), il est envoyé dans les départements de l'Aube et de la Marne afin d'y organiser le gouvernement révolutionnaire.
Il repart ensuite pour le Midi et s'installe dans le Cantal, le Lot et son Aveyron natal. Il y fait preuve d'une grande rigueur révolutionnaire et prend des mesures contre des fonctionnaires suspects à Aurillac, ce qui lui vaut de subir une tentative d'assassinat. En mars 1794, soutenant une motion de la société populaire de Cahors, il ordonne la démolition des clochers, mesure qui n'est pas appliquée. De plus, il demande que les prêtres, qualifiés d'oisifs, soient employés aux travaux des champs.
Au printemps 1794, Bô est envoyé avec Bourbotte dans la Loire-Inférieure et en Vendée, où ils succèdent au fameux Carrier. En thermidor, il intercepte depuis Nantes une lettre de Fouché à sa sœur, dans laquelle le député nantais évoque à mots couverts le complot se préparant contre Robespierre. Bô écrit à l'Incorruptible pour lui révéler l'affaire et l'engager à éliminer Fouché sur le champ, mais sa lettre arrive trop à tard à Paris.
La réaction thermidorienne et l'arrestation Après la chute de Robespierre, Jean-Baptiste-Jérôme Bô siège sur les bancs des « derniers Montagnards ». Toutefois, il fait preuve de modération et en janvier 1795 n'approuve pas la mise en place de nouvelles sanctions contre ses ravisseurs marseillais. Il s'apprête à partir pour une nouvelle mission auprès de l'armée des Pyrénées lorsque la réaction thermidorienne rattrape cet ancien robespierriste.
Le 22 thermidor an III (le ), Jean-Baptiste-Jérôme Bô est dénoncé par Jean-Joseph-Victor Genissieu (député de l'Isère), membre du comité de Législation, pour avoir commis des abus et des exactions au cours de ses missions dans les départements : Des citoyens du département du Lot dénoncent plusieurs vexations, plusieurs horreurs commises par Bô dans ce département.
Ils l'accusent d'avoir [...] soulevé le canton de Fons, au district de Figeac, en y faisant un jeu [...] d'arracher toutes les croix et de détruire toutes les images du culte [...]. Après que la dénonciation ait été appuyée par Antoine Innocent Blaviel (député du Lot) et Marc-Antoine Sartre (député du Lot), et bien que défendu par son collègues Louis-Prosper Lofficial (député des Deux-Sèvres), il est décrété d'arrestation.
Fin de vie Jean-Baptiste-Jérôme Bô bénéficie de l'amnistie votée lors de la séparation de la Convention le 4 brumaire an IV (le 26 octobre 1795).
Bô abandonne la vie politique. Sans fortune, il accepte en 1799 le poste de chef du bureau des émigrés au ministère de la Police dirigé par Fouché. Il perd sa place après le 18 brumaire et s'installe à Fontainebleau pour pratiquer la médecine. En 1811, il publie une topographie médicale de sa ville de résidence. Alors âgé de , il décède le dans cette ville.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Liens externes
Catégorie:Député de l'Aveyron Catégorie:Naissance en juillet 1743 Catégorie:Naissance en Rouergue Catégorie:Décès en septembre 1814 Catégorie:Décès à Fontainebleau Catégorie:Victime d'une tentative de meurtre Catégorie:Membre de l'Assemblée législative de 1791-1792 Catégorie:Député de la Convention nationale Catégorie:Conventionnel régicide Catégorie:Représentant en mission Catégorie:Guerre de Vendée Catégorie:Carladès Catégorie:Décès à 71 ans