Le boulevard du MontparnasseBoulevard Montparnasse ou boulevard de Montparnasse sont des abus de langage. est un boulevard de Paris qui se situe à la limite des 6, 14 et arrondissements de Paris.
Situation et accès Quasiment rectiligne, il relie la place Léon-Paul-Fargue (où est située la station de métro Duroc) à la place Camille-Jullian où sont situés la gare du RER B Port-Royal et le carrefour avec l'avenue de l'Observatoire. Il passe au pied de la tour Montparnasse, place du 18-Juin-1940.
Origine du nom Le boulevard tire son nom d'un monticule, sans doute artificiel et constitué de séculaires amas de gravois, qui s'érigeait sur son parcours à hauteur de la place Pablo-Picasso actuelle. Cette butte s'appelait « Mont de Parnasse, . » au en référence au mont Parnasse, résidence des Muses de la mythologie grecque. Des étudiants voisins, qui venaient y déclamer des vers, lui auraient donné ce nom par dérision. La butte fut d'abord traversée par le boulevardIl s'appelait alors « Cours Nouveau du Montparnasse »., puis entièrement aplanie au milieu du .
Le boulevard du Montparnasse appartient à trois arrondissements : les numéros impairs appartiennent au quartier Notre-Dame-des-Champs dans le ; les numéros pairs allant du au appartiennent au quartier Necker dans le ; les numéros pairs à partir du appartiennent au quartier du Montparnasse dans le Plan de Paris, plan Michelin , 1986, , ..
Historique thumb|left|upright=0.8|Plaques de rue du boulevard du Montparnasse : la plaque en mosaïque comporte la variante fautive « boulevard Montparnasse ». Le boulevard du Montparnasse fait partie des « boulevards du Midi », comme les boulevards de l'Hôpital, Auguste-Blanqui, Saint-Jacques, Raspail et des Invalides dont la construction est prescrite en 1704 par Louis XIV.
Amorcée vers 1720, sa construction ne fut achevée qu'au début des années 1760.
Lorsque le boulevard fut achevé, il se terminait rue d'Enfer, l'avenue de l'Observatoire n'existait pas encore. Le boulevard était peu construit et assez désert jusqu'au milieu du . Un guide de 1828 le décrit comme « une promenade belle mais partout solitaire ; de loin en loin on y rencontre quelques habitations et des jardins ; on s’y promène au milieu des champs, on y jouit des beautés de la nature ; rarement on y voit des cafés, encore sont-ils sans élégance » « Le véritable conducteur parisien », Richard, éditeur Roy et Compagnie, 1828, ..
Il fut pavé en 1839 et éclairé en 1843. Après un premier embarcadère de la ligne de Versailles-rive gauche construit en 1840 barrière du Maine, la gare Montparnasse est implantée en 1852 le long du boulevard. La rue de Rennes est percée face à la gare à partir de 1855.
L'ancienne gare de 1852 est détruite pendant les années 1960Cf. les paroles de la chanson écrite par Jacques Lanzmann et Anne Segalen, composée et interprétée par Jacques Dutronc, Il est cinq heures, Paris s'éveille, sortie en 1968 : , pour laisser place à la tour Montparnasse, tandis que la nouvelle infrastructure ferroviaire est déplacée de plusieurs centaines de mètres vers le sud.
Dans les années 1950, le boulevard du Montparnasse est transformé par l'élargissement de sa chaussée automobile, qui passe de 13,5 à de large, au détriment des trottoirsFrédéric Héran, Le Retour de la bicyclette. Une histoire des déplacements urbains en Europe, de 1817 à 2050, Paris, La Découverte, 2015, , ..
thumb|left|upright=0.8|Vue du boulevard, à la hauteur de la station de métro Vavin, en direction de l’ouest. Les immeubles du premier plan à gauche sont dans le quartier du Montparnasse, ceux du premier plan à droite, dans le quartier Notre-Dame-des-Champs.
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire En , après avoir passé la soirée ensemble au bal Bullier, l'écrivain Raymond Radiguet et sa compagne Bronia Perlmutter traversent le boulevard au petit matin« Bronia Perlmutter, de Raymond Radiguet à René Clair », radiofrance.fr, 24 octobre 2021..
De la rue de Sèvres au carrefour Vavin - place Pablo-Picasso thumb| : plaques. : immeuble Art déco des architectes Jacques Bonnier et Charles Sanlaville (1934) ayant abrité le domicile de la peintre Chériane (1898-1990). Celle-ci épouse en 1943 le poète Léon-Paul Fargue, qui s’installe chez elle. Frappé d'hémiplégie la même année, Léon-Paul Fargue reste paralysé, mais garde jusqu'à sa mort une activité littéraire intense en ce lieu, où il meurt le . Le carrefour au pied de l’immeuble porte, depuis un arrêté du , le nom de « place Léon-Paul-Fargue ». Une plaque est installé en mémoire de l'écrivain, ainsi qu'une en hommage à la résistante Simone Michel-Lévy. vignette|13. vignette|25. : l'homme politique Maurice Viollette y a résidé. : l'immeuble appartient au Vatican qui en loue les appartements"Les locataires célèbres du Vatican", Le Parisien, 16 avril 2009.. : emplacement de l'hôtel d'Alphonse Chodron de Courcel construit en 1880 par Juste Lisch. Adresse de locaux également disparus de l’YMCA (Union chrétienne de jeunes gens) mis en 1926 à la disposition de l’Action chrétienne des étudiants russes (ACER) qui y installe son siège. Dans la cour, dans une aile du bâtiment qui servait à entreposer des livres, est aménagée une église orthodoxe, consacrée le . En , cette église de la Présentation au Temple de la Très-Sainte-Mère-de-Dieu déménage (toujours dans le où demeurent beaucoup des Russes qui ont émigré à cause des Révolutions de 1917), au 91, rue Olivier-de-Serres, qui accueille depuis les activités de l’ACER, dans des locaux qui lui sont propres. : immeuble construit en 1929 par Michel Roux-Spitz, dont les fenêtres originelles ont été changéesJulien Lacaze, « Comment dénaturer une création de Michel Roux-Spitz par des changements de fenêtres », sppef.fr, 6 mai 2016.. : le peintre de la Marine et orientaliste Raoul du Gardier avait son atelier à cette adresse. : de 1899 à 1910, adresse de l'Association (ou la « Bibliothèque de l’Association et de la France scolaire »), un collectif éditorial et artistique fondé par Fernand Clerget ayant compté près de deux cents artistes et écrivains (ce siège en 1910 est transféré au 91, rue Lecourbe) ; le résistant Henri Frager vécut dans cet immeuble. Une plaque commémorative lui rend hommage. : s'ouvrait le passage du Départ dit également « passage d'OdessaMarquis de Rochegude, Promenades dans toutes les rues de Paris, par arrondissement, Paris, éd. Hachette, 1910. ». Le joueur de tennis Christian Boussus y vécut, notamment avec sa compagne, la parfumeuse Germaine CellierMartine Azoulai, « Germaine Cellier, le sens de la formule », Vanity Fair, , août 2014, .. : « la maison aux cornues » est un hôtel particulier du réalisé par l'architecte Mathurin ChouanneLieux insolites : La Maison aux cornues, sur le site Paris Promeneurs (consulté le 17 décembre 2017). ayant eu différents propriétaires dont : le comte de Béthune, le prince de Condé et Philippe de Vendôme (1655-1727)« Une maison bien cachée, la Maison aux Cornues », publié le 14 décembre 2016 par Mélanie C, sur le site dansmonpotdeconfiture (consulté le 17 décembre 2017).. Il sera l'appartement familial du peintre Paul-Élie Ranson (1861-1909) et, au-dessus, devient à partir de 1889 le lieu de réunion de ses amis les nabis. Le lieu sera rebaptisé « Le Temple » pour l'occasion. Le graveur Léopold Flameng y sera domicilié de 1869 à 1898Lettre autographe du 31 janvier 1869 entre Léopold Flameng (1831-1911) et Léon Gaucherel (1816-1886), sur le site delcampe.it (consulté le 17 décembre 2017).La Chronique des arts et de la curiosité, 1876, , sur le site de l'université de Heidelberg (consulté le 17 décembre 2017).Manuscrit autographe du 6 juillet 1898 entre Léopold Flameng et Jules Massenet (1842-1912), sur le site Gallica (consulté le 17 décembre 2017).. Selon l’historien de Paris Georges Cain, Louis XIV donne l’immeuble, vers 1672, à Madame Scarron pour la récompenser de son dévouement avec lequel elle élève les trois enfants de la marquise de Montespan. L’hôtel est représenté sur le plan de Turgot (1734), planche 12. L’entrée était, alors, rue de Vaugirard. La façade sur jardin du bâtiment, aussi appelé hôtel de Turenne, est inscrite au monument historique, en 1928.. : domicile du peintre, architecte, dessinateur, graphiste et illustrateur Theodor Josef Hubert Hoffbauer (1839-1922) a son décès Décès Paris 16e, 5 octobre 1922 (acte n° 1924)-14 novembre 1922 (acte n° 2108), cote 16D124, page 17/31 acte N°1976. : des locaux disparus à cette adresse ont été loués, de 1822 à 1886, comme première maison de la Société des missions évangéliques de Paris« Le rêve d’une maison », sur le site defap-bibliotheque.fr (consulté le 17 décembre 2017).. De 1830 à 1832, y vit Eugène Casalis (1812-1891), étudiant et futur missionnaire. Aujourd'hui, s'élève à cet endroit un immeuble moderne, celui de l'appartement du photographe David Hamilton, qui y est retrouvé mort le « David Hamilton retrouvé mort », publié le 26 novembre 2016 par Yves Jaeglé, sur le site Le Parisien (consulté le 17 décembre 2017).. : ici fonctionnait l'Académie Vitti. De 1878 à 1890, le peintre montpelliérain Michel Maximilien Leenhardt et le peintre espagnol Vicente Santaolaria y ont leur atelier. À partir de 1906, c'est le peintre anglais Thomas William Marshall qui y a son domicile et son atelier. C'est dans l'atelier qu'elle a à cette adresse qu'Olga Boznańska meurt le . : domicile du peintre Eugène Carrière durant sa période d'apprentissage à l'École des beaux-arts« Les domiciles d'Eugène Carrière », www.eugenecarriere.com (consulté le 15 décembre 2017).. Quelques années plus tard, le lieu est habité par le graveur Léopold Flameng. : l'immeuble à cette adresse héberge, outre l'hôtel Terminus Montparnasse dans les étages, précédemment Grand Hôtel de la Marine et des Colonies, deux restaurants en son rez-de-chaussée : à gauche de l'entrée de l'hôtel, un restaurant créé en 1858, devenu Bouillon Édouard Chartier en 1903 (dont le décor Art nouveau, toujours visible de nos jours, est entrepris en 1906), puis Bouillon Rougeot de 1924 à 1977 et enfin restaurant Montparnasse 1900, où est décerné chaque année, depuis 2009, le prix des Impertinents, par un jury composé d’écrivains, d’essayistes et de journalistes présidé par Jean Sévillia (monument historique inscrit en 1984) ; à droite de l'entrée de l'hôtel La Marine, un restaurant (autrefois hôtel-restaurant) où est organisé chaque mois à partir de 1879 le Dîner celtique, banquet organisé jusqu'au début du siècle suivant et rassemblant des Bretons et sympathisants de la Bretagne vivant à Paris. : adresse, en 1879, du domicile du maitre-verrier Jean-Baptiste AngladePierre Pelletier, Les verriers dans le Lyonnais et le Forez, 1887.. : Alexander Calder, avant son installation au 22, rue Daguerre. Ce numéro est aussi, précédemment, en 1887, une des adresses parisiennes successives du sculpteur Philippe Solari« Matériaux en vrac à exploiter », www.societe-cezanne.fr, 6 août 2016.. Une plaque commémorative rend hommage à l'écrivain britannique D. H. Lawrence (1885-1930). Il y séjourna en 1929 alors qu'il cherchait un éditeur pour son roman L'Amant de lady Chatterley. : le couple d'artistes peintres, Jeanne et Lucien Simon, s'installe à cette adresse en 1890. : la princesse Elvire de Bourbon vivait à cette adresse au moment de son décès en 1929. : domicile de l'écrivain dadaïste Jacques Rigaut qui y place le siège fictif de l'Agence générale du suicide qu'il imagine dans un court texte. Aujourd'hui est à cette adresse le Bretagne, l'un des plus grands cinémas de Paris.
thumb| : entrée.
: anciennement, entrée secondaire du cinéma Gaumont Parnasse ; immeuble de 1883 (architecte Léon Bonnenfant).