Longtemps dominée par l'agriculture et des activités traditionnelles et profondément marquée par une très forte ruralité, la Charente-Maritime s'affranchit peu à peu de l'image d'un département rural et pauvre. Elle est devenue avant le début du un territoire attractif, grâce à son littoral, atout majeur qui a largement contribué à moderniser son économie où le tourisme y joue un rôle déterminant.
Aujourd'hui, l'économie de la Charente-Maritime se caractérise par une agriculture en profonde mutation et par des activités maritimes encore importantes où le département est le leader national dans la production des huîtres et des moules. Cette économie départementale se distingue par la faiblesse de son industrialisation qui n'y occupe plus qu'une personne sur cinq mais celle-ci est largement compensée par la prédominance du secteur tertiaire. vignette|350px|Le lycée régional Léonce-Vieljeux à La Rochelle, une construction moderne à l'image de la Charente-Maritime qui est entrée dans la modernité avec le . La tertiairisation de l'économie de ce département, stimulée en grande partie par le tourisme où la Charente-Maritime est la deuxième destination touristique de la France métropolitaine, profite davantage aux villes principales et au littoral qui y concentrent l'essentiel des activités économiques de la Charente-Maritime.
Panorama de l'économie de la Charente-Maritime Données sectorielles de l'économie L'économie est habituellement subdivisée en trois grands secteurs d'activité qui regroupent dans le secteur primaire l'agriculture, les métiers de la mer et la sylviculture, dans le secteur secondaire l'industrie et la construction, et dans le secteur tertiaire toutes les autres activités non agricoles et non industrielles telles que les commerces, les transports, les services, les administrations, les secteurs de l'enseignement, de la santé et de l'action sociale. Toutes ces activités économiques sont bien présentes dans le département mais à des degrés différents selon les secteurs.
Les secteurs économiques en 2007
Les données sectorielles en Charente-Maritime et en France en 2007Les secteurs de l'emploi en Charente-Maritime en 1999 et en 2007 Répartition de l'emploi en 2007
Répartition de l'emploi en 2007 Primaire Industrie BTP Tertiaire Charente-Maritime 6,6 % 11,3 % 8,8 % 73,3 % France métropolitaine 3,1 % 14,8 % 6,8 % 75,4 %
Histogramme des données sectorielles de la Charente-Maritime en 2007
vignette|La campagne aux portes de Pont-l'Abbé-d'Arnoult, bourg de la Saintonge. À première vue, la Charente-Maritime apparaît comme un département traditionnellement agricole. Comparée aux données générales de la France métropolitaineLes chiffres de l'emploi de la France métropolitaine, la Charente-Maritime apparaît d'emblée comme un département agricole où la proportion des effectifs est deux fois plus élevée qu'en France, un département sous-industrialisé et un département dont la tertiarisation de l'économie est encore inférieure à celle du pays. Ce constat peu flatteur à première vue masque en fait une certaine vitalité de l'économie de ce département qui a connu ces deux dernières décennies de profondes mutations qui ont touché aussi bien l'agriculture et les activités maritimes que l'industrie et le secteur tertiaire.
Les secteurs économiques de la Charente-Maritime en 2007
Secteur économique Nombre d'emplois Proportion Secteur primaire 6,6 % Secteur secondaire 20,1 % - dont Industries 11,3 % - dont BTP 8,8 % Secteur tertiaire 73,3 % - dont Commerces, transports, services 40,4 % - dont Administrations, enseignement, santé 32,9 % Tous secteurs économiques 100 %
Le secteur primaire qui regroupe 6,6 % de l'emploi départemental en 2007 est encore élevé par rapport à la moyenne nationale et même régionale, ceci en raison d'une agriculture encore active et des activités maritimes diversifiées dans l'ostréiculture, la mytiliculture, l'aquaculture et la pêche (davantage artisanale qu'industrielle). Mais ce secteur économique est celui qui a le plus perdu d'effectifs depuis le lendemain de la dernière guerre et continue d'ailleurs à en perdre même si la réduction des emplois s'est nettement ralentie depuis une décennie. Par contre, le problème majeur de ce secteur économique est le vieillissement accéléré de la population agricole et concerne également celle des ostréiculteurs et des mytiliculteurs. De plus, le remplacement par les nouvelles générations est assez lent et insuffisant malgré des formations en place (lycées agricoles, lycées maritimes, CFPPA) et des débouchés assurés dans ces professions.
Le secteur secondaire n'occupe plus qu'une personne sur cinq en Charente-Maritime mais il n'a jamais été très important dans ce département. La Charente-Maritime n'a jamais eu la réputation d'être un département industriel - avec seulement 11,3 % des emplois dans le seul secteur industriel en 2007 - bien que certaines entreprises soient de véritables fleurons de l'industrie régionale. Il n'existe dans ce département qu'une seule entreprise industrielle employant plus de et deux autres ont entre 500 et 999 emplois; elles sont toutes situées dans le bipôle La Rochelle-Rochefort. Le secteur de la construction - ou BTP - a toujours été important en Charente-Maritime du fait de la poussée urbaine et surtout de l'essor du tourisme.
Mais, dans l'ensemble, la Charente-Maritime se distingue par un secteur tertiaire prédominant occupant près des 3/4 de l'emploi total (73,3 % en 2007). Le secteur des commerces, transports et des services est le plus gros employeur dans ce département où le tourisme joue un rôle moteur dans l'économie de la Charente-Maritime. Ce secteur économique a connu un essor rapide dès les années 1970 et s'est accéléré avec le renforcement des économies urbaines dans les principales villes du département et dans les villes secondaires. Enfin, la part occupée par les administrations publiques, l'enseignement, la santé et l'action sociale est en constante augmentation.
Comparaison régionale des secteurs économiques Les secteurs économiques dans les quatre départements de Poitou-Charentes en 2007
Secteur économique Charente Charente-Maritime Deux-Sèvres Vienne Secteur primaire Proportion 6,9 % 6,6 % 6,5 % 4,1 % Secteur secondaire Proportion 27,2 % 20,1 % 24,8 % 22,9 % dont Industries Proportion 20,3 % 11,3 % 17,3 % 15,8 % dont B.T.P. Proportion 6,9 % 8,8 % 7,5 % 7,1 % Secteur tertiaire Proportion 65,9 % 73,3 % 68,6 % 73 %dont Commerces, transports, services Proportion 35,2 % 40,4 % 40,4 % 39,5 % dont Administrations, enseignement, santé Proportion 30,7 % 32,9 % 28,2 % 33,5 % Tous secteurs économiques
Comme l'indique le tableau ci-dessus, la Charente-Maritime apparaît comme le département le plus tertiarisé de l'ex-région Poitou-Charentes que ce soit en valeur absolue ou en valeur relative. Seul le département de la Vienne a un taux très proche de celui de la Charente-Maritime grâce aux administrations régionales implantées à Poitiers qui sont de grandes pourvoyeuses d'emplois.
Sur le plan du secteur industriel, la Charente-Maritime est peu industrialisé. Le département voisin de la Charente héritant d'une forte tradition industrielle demeure encore industrialisé grâce à Angoulême.
Le secteur du bâtiment classe la Charente-Maritime au premier rang régional grâce à l'essor urbain et touristique.
Enfin, la Charente-Maritime possède un secteur primaire encore élevé en raison du poids important occupé par les professions maritimes (conchyliculture et pêche maritime).
Indicateurs économiques
Le PIB du département était de d'euros en 2005.
Quant au PIB/, il était de par habitant en 2005, bien en dessous de la moyenne nationale qui était de . Ce qui classait le département au des départements les plus pauvres de France.
Le commerce extérieur est largement déficitaire avec, en 2007, des importations qui s'élèvent à d'euros et des exportations qui s'élèvent à d'euroswww.insee.fr.
Une agriculture modernisée et en mutation La Charente-Maritime dispose d'un secteur primaire relativement dynamique qui se caractérise avant tout par la diversification de ses activités (agriculture, sylviculture, conchyliculture et pêche). C'est pourquoi il est encore élevé aussi bien en nombre qu'en proportion avec 6,6 % des effectifs du département en 2007.
Dans ce secteur, l’agriculture du département connaît de très profondes mutations qui ont affecté aussi bien l'utilisation du sol, les productions et les systèmes de production que les paysages agricoles des six petites régions agricoles de la Charente-Maritime.
L'occupation des sols
La surface totale de la Charente-Maritime, telle qu'elle est définie par les services de l'IGN, est de La superficie du département diffère selon les données de l'Insee qui donne , chiffre arrondi à , dont 63,9 % est consacrée à la surface agricole utile ou SAU, 20,1 % aux bois et forêts et les 16 % restants correspondent à la part occupée par les terres non agricoles.
L'évolution de l'occupation des sols entre 2000 et 2008Statistiques agricole 2008 de la Charente-Maritime et statistiques agricoles 2000 dans Charente-Maritime, éditions Christine Bonneton, Paris, 2001, p.294
Type d'occupation des sols 2000 Proportion en 2000 2008 Proportion en 2008 SAU (Surface agricole utile) 65,5 % 63,9 % dont Terres arables 79,3 % 80,3 % dont STH (Surface toujours en herbes) 10,8 % 10,5 % dont Cultures permanentes 9,6 % 9,2 % dont vignes à cognac 8,5 % 9 % Bois et forêts 20 % 20,1 % Terres non agricoles 14,5 % 16 % Surface totale (IGN) 100 % 100 %
L'évolution de l'agriculture entre le recensement agricole de l'an 2000 et l'estimation de 2008 montre en premier lieu que la SAU a diminué entre ces deux dates aussi bien en surface qu'en proportion. vignette|Paysage de cultures céréalières dans la Saintonge girondine, aux portes du village de Chenac dans le canton de Cozes. Mais, comme l'indique le tableau ci-dessus, les grandes tendances actuelles de l'agriculture de la Charente-Maritime sont un renforcement des terres arables c'est-à-dire de la céréaliculture en général, un abandon progressif des terres dévolues à l'élevage (surface toujours en herbes ou STH) et une baisse des terres adonnées aux autres cultures qui incluent la vigne, bien que cette dernière soit en légère augmentation.
Quant aux bois et forêts, ils occupent le 1/5 de l'espace total de la Charente-Maritime et ont une légère tendance à l'augmentation de leur surface.
Enfin, la part des terres non agricoles ne cesse de croître. Celles-ci incluent les terres agricoles non cultivées<ref group ="N">Définition de cette expression fournie dans les Tableaux de l'économie de Poitou-Charentes - édition 2005, TEPC Insee Poitou-Charentes, p. 144</ref> - mais qui ne sont pas en jachères - comme les landes non productives, les landes non pacagées, les friches ainsi que les terres incultes. Elles comprennent également les terres acquises à l'urbanisation et aux voies de communication (routes et autoroutes, voies ferrées, aéroports).
L'évolution du nombre des exploitations agricoles
En Charente-Maritime, comme partout ailleurs en France, le nombre des agriculteurs est en chute libre depuis le lendemain de la Libération et cette décroissance accélérée des effectifs agricoles s'accompagne d'une baisse rapide du nombre des exploitations agricoles comme l'indique le tableau agricole ci-dessous.
Évolution du nombre des exploitations agricoles depuis 1970 1970 1979 1988 2000 2007 Nombre
Depuis 1970, le nombre des exploitations agricoles a diminué de façon régulière, franchissant à chaque recensement agricole un seuil symbolique. Depuis l'an 2000, ce nombre est passé sous la barre des unités et a continué sa chute vertigineuse depuis cette date. Dans le détail, les exploitants agricoles professionnels sont même passés sous le chiffre de , étant agricoles en 2007 contre en 2000.