vignette|redresse=1.3|Fresque du de la nécropole papale représentant la structure de l'antique basilique vaticane. vignette|upright=1.3|Église Saint-Siméon-le-Stylite du en Syrie. vignette|upright=1.3|Malgré des ajouts postérieurs, la nef de la basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome a conservé l'essentiel de sa structure d'origine et une partie de ses mosaïques à fond d'or datant du . vignette|upright=1.3|Le baptistère des Orthodoxes de Ravenne, Italie, datant du , fait partie des rares monuments à avoir conservé la presque totalité de sa décoration intérieure d'origine, typique de l'art paléochrétien : stucs, opus sectile et surtout mosaïques.

L'architecture paléochrétienne est la plus ancienne période de l'architecture chrétienne, qui s'est développée dans l'Empire romain dans l'Antiquité tardive.

Une première phase, modeste, est constituée par des constructions entre la fin du et l'édit de Milan (313), lorsque le christianisme était clandestin. C'est avec le règne de Constantin, premier empereur converti au christianisme, puis avec Théodose, qui en fait la religion officielle en 380 que cette architecture s'épanouit pleinement. L'architecture paléochrétienne est ainsi directement l'héritière de la tradition architecturale classique romaine. Elle ne crée pas un vocabulaire nouveau mais donne un sens nouveau aux éléments qu'elle a autour d'elle pour assembler les fidèles, magnifier les lieux saints, rendre un culte aux martyrs et honorer les morts. Elle connaîtra ensuite un important renouveau au autour de Constantinople dans l'Empire romain d'Orient en donnant naissance à l'architecture byzantine, tandis qu'en Occident, après les conquêtes germaniques et la chute de l'Empire romain d'Occident en 476, elle mènera à l'architecture mérovingienne puis carolingienne et ottonienne, ainsi qu'aux architectures wisigothique et lombarde, entre autres.

Durant la christianisation de l'Empire romain, les lieux de culte sont installés dans des maisons de notables. Avec l'autorisation du culte, certains temples païens sont convertis ainsi que les basiliques civiles des forums. En effet, contrairement aux temples, les vastes basiliques pouvaient accueillir la foule de la cité et rassembler les fidèles. Rapidement, le manque d'espace nécessaire aux besoins du nouveau culte en expansion a entraîné la construction de nouveaux édifices sur le modèle des anciennes basiliques civiles, dont le plan est adapté à la liturgie chrétienne, ce qui aboutit au plan basilical, qui deviendra le plan d'église le plus répandu tout au long de l'histoire de l'architecture chrétienne. Parallèlement, d'autres plans se sont développés, notamment le plan centré en rotonde avec coupole centrale, généralement pour les baptistères et les sanctuaires dédiés aux saints comme les martyriums dans un premier temps.

À l'époque moderne, aux s, un retour aux origines suscite un style néo-paléochrétien, relevant de l'architecture néoclassique, tel celui de l'église Saint-Philippe-du-Roule.

Contexte historique L'Empire romain et le développement de la chrétienté thumb|left|La chrétienté avant 400.|alt=Le Le christianisme est fondé en Palestine à partir de la tradition juive. Cette secte recrute parmi les juifs et saint Paul, né à Tarse et donc citoyen romain, diffuse dans ses voyages la parole du Christ et baptise au nom de Jésus-Christ. Il meurt à Rome en 64. Dans la première partie du , le développement de ce culte encore oriental est considérable à l'intérieur et même à l'extérieur de l'Empire romain. L'Anatolie (Asie mineure), le Proche-Orient, la Palestine, la Syrie, sont les régions où les chrétiens sont les plus nombreux, suivis dans une moindre mesure par la Grèce et la Macédoine.

D'après la légende chrétienne, lors de l'incendie de Rome en 64, Néron aurait profité de la mauvaise réputation des chrétiens pour les accuser, mais il est certain qu'en 95 Domitien les a persécutés. Sous Trajan et au cours du , sous le stoïcien Marc Aurèle, ceux qui persistent dans leur refus de rendre hommage à l'empereur sont condamnés. Entre 200 et 202, Septime Sévère interdit le prosélytisme chrétien mais entre 260 et 302 les restrictions cessent et une période de paix s'ensuit. En 303 ou 304, Dioclétien et ses collègues Maximien Hercule, Constance Chlore et surtout Galère publient quatre édits généralisant les persécutions à tout l'empire. Elles sont meurtrières, sauf en Gaule et en Bretagne. Mais les chrétiens sont très nombreux et, en 311, l'édit de tolérance de Galère, suivi de l'édit de Milan en 313, marquent la fin de la persécution en attendant la conversion de Constantin, symbole de la victoire chrétienne et du début de la transformation de l'Empire en un État chrétien.

Pendant cette période, les chrétiens refusent de sacrifier aux divinités romaines de l'Empire et exercent un rôle restreint dans le monde officiel. Ils constituent des communautés à l'écart des polythéistes, célèbrent leur culte chez des particuliers, refusent, comme les juifs, l'incinération et développent des catacombes pour leurs défunts. Nous y trouvons les premières manifestations de l'art chrétien. Dès le , on voit apparaître le culte public et des églises comme celle de Doura Europos, près de l'Euphrate, antérieure à 256.

Constantin (306-337) est le premier empereur chrétien et l'édit de 313 accorde aux chrétiens la liberté religieuse et la restitution de leurs biens : la persécution s'inverse et des mesures sont prises contre les « païens ». Le premier concile de Nicée, en 325, présidé par l'empereur avec 220 évêques orientaux et deux prêtres romains, reconnaît la divinité du Christ et sa consubstantialité avec le Père ; en 381, le premier concile de Constantinople complète celui de Nicée : c'est la naissance du christianisme nicéen, que l'historiographie moderne qualifie d'« orthodoxe » en Orient et de « catholique » en Occident, mais que les historiens du christianisme préfèrent nommer « Grande Église ».

En 395, à la mort de Théodose, alors que l'Empire se scinde politiquement en deux, la plus grande partie de son territoire est chrétienne, et même au-delà, en Germanie, en Dacie, en Arménie, en Colchide, en Assyrie, en Mésopotamie et en Perse. Les peuples dits « barbares », poussés par la famine en raison des perturbations climatiques affectant l'Europe du Nord et l'Asie centrale, demandent à entrer dans l'Empire comme fœderati, et, en cas de refus, y entrent de force. L'Empire d'Orient, qui conserve la civilisation gréco-romaine, résiste pendant que celui d'Occident laisse place aux royaumes germaniques. Mais ceux-ci se romanisent, se christianisent (fut-ce dans la version arienne), et l'Église de Rome y maintient l'usage du latin, tandis que dans la partie orientale c'est celui du grec qui est maintenuDuroselle et Mayeur, Op. cit..

Au , en Gaule, Clovis, roi des Francs, abandonne la mythologie germanique, se fait baptiser chrétien et,avec l'appui du clergé romain, bâtit un empire. L'Italie subit le joug des Ostrogoths, l'Hispanie celui des Wisigoths et des Suèves, l'Afrique celui des Vandales, tous Ariens, mais partout l'église de Rome et la langue et l'écriture latine se maintiennent. Dans l'opulent Empire romain d'Orient où l'Occident germanique fait pâle figure, on considère le basileus comme l'égal du pape, et Justinien soumet l'Église à son autorité en 535 dans l'idée de réaliser l'unité religieuse de l'Empire. Il protège l'Église byzantine et son orthodoxie, lutte contre les païens, les juifs et les branches du christianisme que les conciles jugent « hérétiques ». C'est aussi le cas des empereurs Héraclius, Constant II Héraclius, Léonce et Léon III l'Isaurien au .

En Occident, la papauté et le clergé latin résistent farouchement à ce centralisme byzantin à partir du pape Grégoire le Grand (590-602), qui fait évangéliser l'Angleterre. L'Église de Rome prend de plus en plus d'indépendance au sein de la pentarchie (qu'elle ne reconnaît pas), fait alliance avec les rois germaniques, et les convertit à la forme trinitaire et nicéenne du christianisme. Au , avec l'appui de la papauté, Charlemagne transforme l'Empire franc en un nouvel Empire romain d'Occident qui évoluera en Saint-Empire romain germanique, et exprime sa puissance en utilisant les références paléochrétiennes dans l'architecture carolingienne.

Contexte architectural romain thumb|upright=0.7|Basilique de Maxence et Constantin. thumb|upright=0.7|Plan de la basilique de Maxence et Constantin. Avec Trajan (53-117), l'époque de la politique d'expansion de Rome a atteint son apogée mais aussi sa fin et l'art devient rétrospectif. Le temple érigé par Antonin le Pieux (86-161) en 142 n'est pas particulièrement original. L'ébranlement de l'Empire causé par les guerres contre les barbares sous les derniers empereurs antoniens entraîne l'abandon de la construction de monuments importants dans la capitale alors que dans les provinces au Sud et à l'Est, on remarque une forte activité constructrice. L'architecture privée prend une importance nouvelle avec les nouveaux rites funéraires, et le passage de l'incinération à l'inhumation en sarcophage entraîne la construction de rangées entières de petits temples le long des routes.

C'est seulement Septime Sévère qui peut, après la consolidation de son pouvoir, s'attaquer à de grands projets comme les thermes de Caracalla en 206. Dans le cours ultérieur du , l'activité officielle s'applique à la reconstruction ou la réfection de bâtiments existants et les architectes ne cherchent pas de nouvelles solutions à la fin du et le début du . L'arc de Constantin de 315 s'insère dans la série des constructions figées et rectilignes de l'époque. Mais, à l'époque constantinienne tardive, un nouvel esprit anime l'architecture que l'on retrouve aussi bien dans les édifices à coupoles que dans certains bâtiments à toits plats, comme la basilique de Maxence et Constantin, ultime évolution tardive d'un type d'architecture riche de conséquence par le transfert dans un nouveau contexte d'un type déjà existant.

La basilique constantinienne, telle qu'elle est réalisée à la Saint-Jean de Latran à Rome, aux premiers Saint-Pierre et à Saint-Paul-hors-les-Murs, constitue le transfert, dans le domaine sacré, de l'Aula des palais impériaux. Elle ne doit pas être comprise comme un dérivé de la basilique du marché italique qui est une vaste salle entourée de colonnes alors que la basilique constantinienne est nettement orientée sur l'abside et se trouve divisée en trois, cinq ou même sept nefs au moyen de colonnes qui s'arrêtent au mur d'entrée et au chevet. Contrairement à la basilique du marché romain, le toit est élevé avec un comble qui permet des ouvertures et un large éclairage de la nef. Jusqu'à l'époque de Justinien Ier, on préfère cette forme pour les grandes églises.

C'est le legs de l'empire divin romain au nouveau maître du monde Jésus-Christ dont Constantin se considère comme son vicaire. Les forces spirituelles et politiques qui ont fait progresser l'architecture romaine aboutissent donc à une autre évolution, qui s'amorce déjà à l'Est..

L'influence juive thumb|upright=0.7|Synagogue de Capharnaüm thumb|upright=0.7|Plan de Doura Europos. thumb|upright=0.7|Doura Europos, plans maison chrétienne et synagogue. Au départ, les chrétiens entremêlent les rites judaïques avec les nouveaux éléments du culte pour atteindre bientôt une complète émancipation de la loi vétérotestamentaire. Les prédications de l'apôtre Paul de Tarse touchent des juifs et d'anciens païens. Les premiers rassemblements de prière se déroulent dans les synagogues locales. La communauté d'Éphèse, en Asie Mineure, est la première, parmi celles évangélisées par Paul, à acquérir son autonomie par rapport au judaïsme en cessant de fréquenter la synagogue locale. Ce sont les demeures des membres de la communauté qui accueillent alors les prédications et les célébrations.