(en abrégé ERT ; en , — « Radiodiffusion télévision grecque ») est le groupe audiovisuel public grec.
Il fait partie de l'Union européenne de radio-télévision et c'est un actionnaire fondateur d'Euronews.
Ellinikí Radiofonía Tileórasi (ERT), dont la partie télévisuelle a été fermée sans préavis par le gouvernement Samarás le à 23 h 00. était financée à 88 % par la redevance.
Du au , l'ERT est remplacé par la NERIT, un nouveau groupe audiovisuel plus restreint.
Le , après les élections qui ont amené un nouveau gouvernement au pouvoir, l'ERT est réinstaurée à la place de la NERIT.
Histoire Années 1930/1940 vignette|180px|Micro de l'EIR, la première radio publique grecque. Ellinikí Radiofonía Tileórasi commence à émettre des émissions de radio en 1938, depuis Athènes, sous le sigle EIR (Fondation de la Radiodiffusion hellénique). L'occupation de la Grèce par les puissances de l'Axe provoque l'arrêt des émissions mais qui reprennent à la libération du pays. Trois stations nationales, plus une station internationale à destination des Grecs expatriés, sont alors en service.
Années 1950 et 1960 En 1950, l'EIR est une des 23 organisations fondatrices de l’Union européenne de radio-télévision. Les premières tentatives d'émissions de télévision ont lieu en 1965 puis le , to próto kanáli (ERT aujourd'hui ERT1), la première chaîne de télévision en langue grecque, commence à émettre.
Années 1970, 1980 et 1990 En 1970, l'EIR change de nom pour devenir EIRT (Fondation de la Radiodiffusion et Télévision Hellénique). À cette date, il y a deux chaînes en Grèce : ERT et YENED (ΥΕΝΕΔ), la chaîne appartenant à l'armée grecque. Cette chaîne fait principalement la propagande de la dictature des colonels. En 1974, la YENED reste sous le contrôle de l'armée et conserve son nom. Au début des années 1980, YENED se transforme en ERT-2.
Le , une troisième chaîne est lancée depuis Thessalonique proposant des émissions exclusivement consacrées au nord du pays. L'ERT3 est créée.
Durant les vingt premières années de son existence, l'ERT n'émettait que de 17h à minuit ou 2h du matin. Depuis 1997, les trois chaînes émettent 24 heures sur 24.
Années 2000 à 2013 Ellinikí Radiofonía Tileórasi est l'un des principaux sponsors des Jeux olympiques d'été de 2004 à Athènes pour lesquels elle dispose aussi de l'exclusivité des retransmissions.
Il faut savoir que l'ERT retransmet les JO depuis ceux de Mexico en 1968 et a aussi l'exclusivité des compétitions d'athlétisme de l'IAAF. La redevance, prélevée sur les factures d'électricité à hauteur de (en 2013), constitue l'essentiel des ressources financières du groupe public, qui a déjà dû subir des baisses draconiennes de ses subventions publiques depuis 2007, en même temps que la baisse de ses ressources publicitaires (face aussi à la concurrence des médias privés, car les chaines publiques ne représentent plus que 13,3% de l'audience cumulée des chaînes de télévision en Grèce, loin derrière la chaîne privée Méga avec 20 % ou la chaîne privée grecque Antenna 1 avec 17 %, et à peine plus que la chaîne privée Alpha TV avec 13,1 %, les chaînes internationales cumulant quant à elles 11,6 % de l'audience). Le groupe public et ses salariés disposent aussi de quelques autres fonds d'origine publique (notamment pour les droits sociaux et pour certains fonds de développement destinés à compenser des missions publiques dans l'éducation et, depuis 2008, d'une part accrue au financement privé par l'augmentation de ses espaces publicitaires, malgré la chute de ses audiences. En dépit de cela, l'ERT a été le premier groupe de télévisions grec à proposer une diffusion 24 heures sur 24 sur ses chaînes et le premier aussi à passer à la télévision numérique et à offrir une chaîne en haute définition (NET HD) au printemps 2011.
Tentative de suppression en 2011 Le , dans le contexte de la crise économique, et dans le cadre de ses économies budgétaires, le gouvernement Papandréou annonce la suppression prochaine pure et simple de la première chaîne de télévision publique ET1, dont l'audience a considérablement chuté au fil des années, et des chaînes publiques numériques Cine+ et Sport+ (des chaînes qui, comme leurs noms indiquent, sont consacrés respectivement au cinéma et au sport) ainsi que Prisma+ (une chaîne pour les malentendants), Cinesport+ (qui regroupera temporairement Cine+ et Sport+, avant de cesser elle aussi ses émissions), Studio+ (chaîne musicale en association avec la chaîne privée MAD TV) et Info+ (dont les activités dans l'information, seront jointes à celles de l'ancienne chaine ERT Sat pour former ERT World, et celles de la rédaction de NET). La radio publique ERA doit perdre un quart de ses émetteurs et plus de la moitié de ses stations locales. Les bâtiments à Athènes (où sont produits les émissions des chaînes ET1 et NET) et Thessalonique (ceux de la chaîne régionale ET3 diffusée cependant dans tout le pays) seront récupérés pour y loger des ministères. Les syndicats déclarent qu'ils vont s'opposer à ces mesures .
Arrêt brutal le 11 juin 2013
Le , obéissant aux directives du gouvernement grec, qui continue d'être soumis à des pressions financières graves, le groupe ERT annonce que ses chaînes de télévision vont cesser d'émettre le soir même . Le gouvernement grec indique qu'il agit conformément aux obligations imposées par la troïkaLa troïka désigne les experts représentant la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international, chargés d'un audit sur la situation économique grecque et notamment sur l'état de ses finances publiques dans le cadre de l'accord de refinancement négocié en mai 2010 et cela pendant toute la durée de validité de celui-ci., version relayée par plusieurs médias et hommes politiquesGrèce: les réactions après la fermeture de la télévision publique sur lexpress.frArrêt de la télé publique grecque: les réactions en France et dans le monde sur nouvelobs.com. La Commission européenne publie alors un communiqué indiquant n'être en rien responsable de la fermeture de la télévision grecqueStatement by the European Commission on the closure of the Hellenic Broadcasting CorporationLa Commission européenne dément être derrière la fermeture de la télévision grecque sur lemonde.fr. À la suite de cette fermeture, plus de employés perdent leur emploi à l'ERT. Il est prévu que le gouvernement grec crée par la suite un organisme de plus petite taille (dont le nom proposé, provisoirement, serait NERIT pour New Hellenic Radio, Internet and Television (), une société anonyme partiellement détenue et contrôlée par l'État grec, et non une société publique, mais pas encore légalement enregistrée .. Le gouvernement Samarás annonce vouloir ne reprendre qu'environ un millier de salariés, mais dans un recrutement plus ouvert où les anciens salariés ne seront pas nécessairement prioritaires et en procédant à des évaluations de compétence et de productivité et sous des contrats résiliables comparables au privé et non plus des emplois publics. Le détail de l'impact de cette fermeture sur les services de radio et télévision des diffuseurs publics doit être annoncé. Il est annoncé que les employés de la télévision d'État vont protester contre la fermeture. Simos Kedikoglou, porte-parole du gouvernement grec Samarás, a confirmé le que l'ensemble de l'audiovisuel public grec devait cesser ses activités le soir même à minuit heure grecque ( CET). C'est donc sans préavis que les chaînes sont finalement coupées, brutalement, peu avant 23h (heure locale) . lorsque le principal émetteur numérique, situé en banlieue d'Athènes, formant le point de départ vers les autres émetteurs et les relais par satellite, est coupé avant même l'heure annoncée, une coupure qui a lieu en plein milieu d'une émission débattant de ce sujet. Il est à noter que cette fermeture a été effectué uniquement par le gouvernement Samarás c'est-à-dire sans l'approbation du Parlement helléniqueGrèce: grèves et rassemblements contre la fermeture de la télé publiquefermeture télévision GrèceGrèce : grève générale jeudi contre la fermeture de la télévision publiqueTélé grecque : comment a-t-on pu en arriver là ?.
Le , à midi heure locale ( CET, UTC), les noms de domaine ert.gr, ert3.gr, voiceofgreece.gr et ert-archives.gr ont été supprimés sur le registre des noms de domaines grecs. Les sites web officiel de l'ERT sont donc devenu inaccessibles (dans les heures qui ont suivi selon les caches DNS des différents fournisseurs d'accès Internet) : les émissions en direct sur Internet de la première chaîne du groupe (ERT LIVE) ont cessé également, de même que la publication des articles d'actualité. Les courriels envoyés à la rédaction des chaines du service public, et destiné à ce nom de domaine, ne sont plus transmis non plus. Le même jour, les lignes téléphoniques des studios des chaînes de télévision et de radio sont coupées, les employés occupant les locaux non évacués travaillent alors avec leurs lignes téléphoniques mobiles personnelles. Certains autres émetteurs sont trouvés à Athènes et Patras pour diffuser le signal d'ET1 sur un nouveau canal (en analogique seulement, et non plus en numérique par les émetteurs précédents qui ont cessé d'émettre). Mais les émissions de NET, la chaîne la plus importante, ne sont pas reprises sur le réseau hertzien. Les autres sites liés au nom de domaine egr.gr (en tant que contact officiel) doivent fermer rapidement aussi (dont les pages officielles sur Facebook ou Twitter, dans le cas où leur contact officiel n'est plus joignable), s'ils ne sont pas transférés (ou vendus symboliquement) à une autre entité encore légalement existante (par exemple à une filiale de l'ERT située hors de Grèce, ou un syndicat des personnels de l'ERT). Les émissions en direct sont d'abord reprises sur Internet sur d'autres sites (dont celui de l'Université de Grèce) .
Enfin le site grec The Press Project soutient la position des journalistes de l'ERT et de ses syndicats, mobilisés pour préserver les actifs et les missions du groupe public ainsi que les droits des salariés. Tout en donnant des détails sur les justifications juridiques données par le gouvernement grec, il propose de continuer (provisoirement) la diffusion des émissions de la principale chaîne diffusée sur Internet, en cherchant des appuis auprès d'autres diffuseurs . .. Une des radios du groupe public continue encore ses émissions sur certains émetteurs de la bande FM, malgré l'interdiction. Si les noms de domaine du groupe ont été suspendus le sur les registres DNS de noms de domaines grecs, les serveurs web sont encore actifs et il est encore possible d'accéder au site www.ert.gr en créant une résolution locale de son nom vers son adresse IP, toujours fonctionnelle (on peut encore ajouter 141.101.126.253 www.ert.gr dans son fichier /etc/hosts, mais sans garantie que cette adresse IP restera fonctionnelle). Cependant cela ne permet que de consulter les articles mais pas de regarder le flux vidéo en direct de l'ERT LIVE ; ces sites d'information pourraient donc encore rouvrir, sous un nom de domaine différent, contrôlé par une organisation de salariés. Les émissions d'ERT LIVE relayées par d'autres sites Internet pourraient toutefois cesser aussi si ses studios à Athènes (occupés par le mouvement « #occupyERT » lancé par le personnel de l'ERT, relayé sur Twitter et soutenu par plusieurs télévisions publiques européennes) sont évacués de force, cela se produit ainsi à Thessalonique pour la chaîne ET3 qui n'est plus en mesure de diffuser le moindre signal.
Incertitudes d'une possible reprise