Cette page traite de la comparaison des règles du rugby à XV et du rugby à XIII. Pour les non initiés, le rugby à XV et le rugby à XIII semblent être deux sports très similairesAinsi l'« Encyclopédie Larousse, » dans son édition de 1949, indique que le rugby à XIII, se pratique à 13 joueurs avec « les mêmes règles que le rugby à XV »., voire difficiles à différencier, le terrain de jeu et le ballon sont communs et le nombre de joueurs est très proche. En réalité ce sont deux sports bien distincts avec de nombreuses différences dans les règles du jeu que cet article va s'efforcer d'expliquer.
Il faut également remarquer que les règles du rugby à XIII tendent à influencer de plus en plus celles de son homologue à XV.
Ce qui pose, de temps en temps, la question du rapprochement des deux disciplines.
Introduction
Des différences importantes qui existent dans certaines actions de jeu, comme la touche, la mêlée, le tenu et la défense à 10 mètres, ont une incidence importante sur le déroulement du jeu et aussi sur la composition des équipes et même la morphologie des joueurs.
La touche et la mêlée en rugby à XV La touche qui n'existe qu'au rugby à XV exige de la part des équipes qu’elles aient plusieurs joueurs de grande taille (jouant en deuxième ou en troisième ligne) capables de capter le ballon lors d'une remise en jeu à la touche. Autre exemple, la mêlée sert au rugby à XIII à redémarrer le jeu lors d'un en avant ou d'une touche et ne donne pas le temps à une contestation, la balle étant directement introduite dans le camp de l'équipe en possession de balle, la poussée bien qu'autorisée semble alors tout à fait inutile, à moins d'une introduction lente. Au contraire de la mêlée pratiquée au rugby à XV qui donne lieu le plus souvent à une poussée par les avants et qui fait partie des phases de conquête du ballon, voire d’une action de jeu pouvant conduire à un essai par le paquet d'avants. Un paquet d’avants du rugby à XV doit donc posséder des joueurs, surtout en première ligne, capable d'avoir plus de poids que l'adversaire pour pousser en mêlée, il n'est donc pas étonnant de trouver des joueurs corpulents dans une équipe de rugby à XV, alors que le rugby à XIII basé sur le dynamisme, la vitesse et la circulation du ballon exige des joueurs plutôt homogènes physiquement où les différences seront surtout visibles sur la technique spécifique des postes.
Le recul des défenses en rugby à XIII En rugby à XIII, le recul systématique de la défense à 10 mètres du joueur plaqué exige une condition cardio (fractionné) de tous les joueurs de l'équipe. Le tenu, geste spécifique au rugby à XIII exige également un bon travail physique, puisque l’intérêt de se relever rapidement et de façon dynamique peut permettre de mettre la défense hors jeu.
Origine des différences règlementaires
Les différences fondamentales entre le rugby à XIII et le rugby à XV ont été introduites lorsqu'une majorité de clubs du Nord de l'Angleterre, d'essence plutôt populaire, s'est dissociée en 1895 de la Rugby Football Union britannique qui refusait le remboursement du transport ferroviaire ainsi que le défraiement des heures perdues. Après avoir modifié progressivement différentes règles (touche, mêlée) afin de rendre le jeu plus rapide, la direction de la Rugby League a, en 1906, supprimé deux postes de troisième ligne afin de créer des espaces supplémentaires.
Mais l'objectif secondaire en rugby à XIII était de mieux protéger le joueur des blessures en réduisant les phases obscures les plus susceptibles de provoquer des blessures graves (mauls, rucks), entrée violente dans les mêlées (cervicales) En effet, au début du rugby à XIII, les joueurs exerçaient souvent un autre métier, pour lequel aucune couverture sociale n'était prévue : être blessé constituait un manque à gagner pour le joueur qui ne pouvait reprendre son activité. Il était donc dans l'intérêt aussi bien des organisateurs que des joueurs, d'avoir des règles plus protectrices.
Tableau règlementaire comparatif
Tableau comparatif Action de jeu Rugby à XIII Rugby à XV Durée d'une partie Match de 80 minutes comprenant deux mi-temps de 40 minutes. Une prolongation est possible lors de certains tournois ou matches de coupe. Elle est systématique dans les championnats australien et français si un score de parité persiste au terme des 80 minutes (cependant, dès l'obtention de points par l'une des équipes — souvent à la suite d'un drop — le match s'interrompt). On note que pour les matchs télévisés, il y a une parfaite concordance entre le chrono affiché et la fin du match qui s'arrête à la 80ème minute, la fin de la partie étant de plus en plus signalée par une sirène.Match de 80 minutes comprenant deux mi-temps de 40 minutes. Prolongation possible lors des matches à élimination directe. Si la parité persiste, des tirs au but (séries de pénalités) sont organisés. Pour les matchs télévisés, le chrono affiché peut continuer à se poursuivre au delà de la 80ème minute, laissant alors un doute pour le téléspectateur sur la durée restante du match. Mêlée (ordonnée) Se joue entre les six avants des deux équipes (trois en première ligne, deux en deuxième et un en troisième ligne). Contrairement à l'idée communément reçue, la mêlée peut être disputée à XIII (de fait elle l'est rarement); seule l'entrée violente en mêlée est interdite. Elle se joue entre les paquets d'avants qui comportent 8 joueurs pour chaque équipe (trois en première ligne, deux en deuxième ligne et trois en troisième ligne).Elle est consécutive à une faute commise par un joueur et permet à l'autre équipe de redémarrer le jeu avec la possession du ballon. C'est une phase théoriquement statique mais qui permet en pratique à une équipe de progresser, voire de gagner la possession du ballon ou de marquer un essai, grâce à la poussée de ses avants. C'est aussi une phase de conquête qui permet d'épuiser le pack adverse. Tenu Un joueur plaqué sans avoir commis d'en avant reste en possession du ballon. Après s'être immédiatement relevé, il remettra celui-ci en jeu par une talonnade en direction d'un coéquipier appelé pour l'occasion « demi de tenu ». Lui fera face, un joueur du camp opposé appelé « marqueur », lui-même assisté de son propre « demi de tenu ». À l'exclusion de ceux-ci, l'équipe défendante ne pourra rester à moins 10 mètres. Chaque équipe n'a, lors d'une « chaîne tactique », droit qu'à cinq tenus consécutifs. À leur terme, le ballon pourra être rendu à l'équipe adverse dans le cadre d'une phase nommée « tenu de transition ». Le « tenu » n'existe pas au rugby à XV, le nombre de temps de jeu consécutifs par une équipe n'est pas limité, il est cependant exigé que le joueur plaqué lâche ou passe immédiatement son ballon dès lors qu'il est au sol. S'ensuit généralement une phase de « ruck » (voir plus bas). En avant Un en avant est constaté lorsqu'un joueur laisse échapper le ballon en direction de la ligne adverse (soit par non-maîtrise, soit par l'action d'un opposant) ou quand un ballon est transmis à un équipier placé devant le passeur. Dans le cadre d'un placage, un plaqueur unique a possibilité de faire commettre un en avant au joueur plaqué (en frappant le ballon par exemple). S'il y a pluralité de plaqueurs, il est interdit de susciter ainsi un « en avant ». Lorsqu'un joueur qui a le ballon en main le fait tomber devant lui, il provoque un « en avant », c'est une faute qui entraîne la perte de la possession du ballon. Groupé pénétrant / Maul Phase de jeu quasi inexistante à XIII. Néanmoins, il n'est pas interdit qu'un joueur portant le ballon soit soutenu par ses coéquipiers dans son avancée, les adversaires s’efforçant de la plaquer ou de le bloquer. Ce qui peut s'apparenter à une forme de maul simplifiée. Se tente généralement près de la ligne d'en but de l'adversaire. Définition du maul : Il y a maul lorsqu'un joueur portant le ballon est saisi par un ou plusieurs adversaires et qu'un ou plusieurs coéquipiers du porteur du ballon se lient à ce dernier. Tous les joueurs qui participent au maul sont sur leurs pieds et avancent vers une ligne de but.