thumb|upright=2|Raphaël, L'École d'Athènes, 1508-1512. Fresque murale représentant les principaux intellectuels de l'Antiquité gréco-romaine. Musées du Vatican. La philosophie antique englobe généralement la philosophie qui a pris naissance en Grèce au avec les philosophes présocratiques, et qui s'est développée avec Socrate et Platon, jusqu'à la période hellénistique et romaine. Ce terme est couramment utilisé pour se référer à la tradition philosophique de l'Antiquité gréco-romaine, en excluant celle des autres civilisations.

En considérant la définition précédemment énoncée, les berceaux de la philosophie antique peuvent être identifiés comme étant la Ionie, ainsi que la Grande-Grèce.

Le Dictionnaire des philosophes antiques, dirigé par Richard Goulet, répertorie de l'Antiquité, couvrant une période allant du au Malgré la diversité de leurs origines linguistiques et géographiques, peu d'informations subsistent sur la plupart d'entre eux. La philosophie antique se distingue également par la diversité de ses courants philosophiques, les principaux étant : le néoplatonisme, le cynisme ou scepticisme, l'épicurisme et le stoïcisme.

La propagation du christianisme à travers l'Empire romain a marqué la transition de la philosophie gréco-romaine vers le début de la philosophie médiévale. Cette nouvelle ère philosophique a été grandement influencée par la redécouverte et la réinterprétation des idées de la philosophie antique, notamment grâce au processus connu sous le nom de « translatio studiorum ».

En Europe Les philosophes présocratiques

L'« âge d'or » de la Grèce

Les trois philosophes grecs classiques

Les courants philosophiques antiques Les écoles socratiques

De manière habituelle et non sans dénigrement implicite, les écoles socratiques se divisent en « petits socratiques » et « grands socratiques » (Platon et Aristote). Les écoles des « petits socratiques » sont les suivantes : le cynisme reprend l'idéal moral de Socrate ; le cyrénaïsme reprend son sens pratique ; l'École mégarique sa dialectique ; l'École d'Élis ou d'Erétrie est considérée comme l'école la plus fidèle à l'enseignement de Socrate.

Des quatre écoles socratiques qui apparaîtront, c'est le mouvement cynique qui durera le plus longtemps. Cependant, toutes préparent les mouvements philosophiques de l'époque hellénistique.

Xénophon (-425/-350), disciple direct et biographe de Socrate, n'a pas fondé d'école.

Le cynisme

Le cynisme, mouvement philosophique fondé par Antisthène mais dont le membre le plus représentatif est Diogène de Sinope, fut nommé ainsi pour plusieurs raisons. Le terme cynique () dérive du grec ancien , « chien » ; chien parce que : le caractère du chien, plutôt errant, sauvage que domestique, correspond à celui du cynique ; les cyniques se réunissaient dans un gymnase appelé le Cynosarge (, littéralement « chien agile ») ; ils se réunissaient également dans un cimetière pour chiens dans la banlieue d'Athènes.

Il faut comprendre le mouvement cynique comme une attaque contre la domination platonicienne de l'époque. Par exemple, Antisthène, dans une moquerie envers la théorie des Idées, dit qu'il voit bien passer un cheval, mais qu'il ne voit pas la « chevalinité ». Antisthène pointe l'apparente absurdité de la pensée platonicienne ; le cheval est bien présent, réel, mais il n'est pas possible de regarder l'Idée de cheval.

D'autre part, puisqu'ils se comportaient en chiens, ils n'avaient aucune gêne à manger, déféquer, copuler, se masturber en public. Ils dormaient à même le sol, allaient nu-pieds, vivaient vêtus de loques ; il faut aller au-delà de ces faits, c'est-à-dire que pour un cynique, forniquer en place publique doit se faire le plus naturellement du monde, en se moquant des conventions. Cela constituait un outrage aux yeux des Athéniens, mais pour le cynique, un homme est un homme, avant toute autre considération.

L'auto-suffisance est le point central de la doctrine cynique. De plus, le seul lien qui les unissait réellement, mis à part leur enseignement, était celui de l'amitié.

Antisthène

Antisthène, en grec ancien , est né à Athènes vers -444 et décédé en -365 dans la même ville. Surnommé « le vrai chien »Michel Onfray, Contre-histoire de la philosophie, L'archipel pré-chrétien, Frémeaux & associés avec France Culture, il est le fondateur de l'école philosophique du cynisme. Étant né d'une mère thrace, il ne peut obtenir la citoyenneté athénienne.

Élève de Gorgias puis de Socrate, il s'installe dans le Cynosarge à la mort du maître (auquel il assiste) ; son école accepte les demi citoyens, certainement en rapport avec sa propre condition. De son œuvre il n'en reste que quelques fragments tirés de son ouvrage Héraclès ; en effet les cyniques avaient pour modèle le demi-dieu.

Diogène de Sinope thumb|280px|Diogène sur les marches de l'école d'Athènes (détail d'une fresque de Raphaël).

Diogène, en grec ancien , est né à Sinope en -413 et mort à Corinthe en -327, le même jour qu'Alexandre le Grand. Il devint le disciple d'Antisthène à force de persuasion et de coups de bâton sur le crâne. Il est certainement le plus emblématique représentant de l'école cynique, au vu des nombreuses anecdotes que l'on connaît aujourd'hui. Sa philosophie doit être traduite à travers ces anecdotes.

Il vécut dans une jarre (pithos)Non dans un tonneau, et pour cause, c'est une invention gauloise importée par les Romains. de vin ou d'huile, vêtu chichement ; il mourut en luttant avec des chiens pour un morceau de poulpe cru.

Dans la même veine que le cheval et la « chevalinité » d'Antisthène afin de dénoncer les Idées platoniciennes, Diogène parcourut un jour les rues d'Athènes, portant une lanterne et criant « Je cherche l'homme ! ». L'homme, au sens des Idées, ne peut être trouvé, d'où la raillerie évidente de Diogène à déambuler de la sorte.

Une peinture de Nicolas Poussin le représente jetant son écuelle, soudain honteux d'un tel luxe, alors qu'il aperçoit un jeune homme buvant à la source à l'aide de ses mains.

Cratès de Thèbes

Cratès (Κράτης) de Thèbes (Grèce) fut le plus ardent disciple de Diogène. Né entre -368/-365, mort entre -288/-285, il se maria à Hipparchia, la jugeant digne des préceptes cyniques. Il avait l'habitude de rentrer chez autrui sans prévenir, ce qui lui valut le surnom de , pour enseigner l'art de la vertu et de l'ascétisme. Aucun écrit de Cratès n'est à ce jour conservé ; c'est un personnage important dans la mesure où il fait le lien entre le cynisme et le stoïcisme, étant le maître de Zénon de Kition.

Hipparchia

Hipparchia (Ἱππαρχία) naquit en -350 à Maronée, en Thrace. Elle fut l'épouse de Cratès de Thèbes et fut aussi une philosophe cynique, n'hésitant pas à faire l'amour aux yeux de tous, par exemple ; une des rares femmes philosophes de l'Antiquité, jurant ainsi avec l'image de la femme que se font Platon et Aristote. L'année de la mort d'Hipparchia est inconnue.

Le cyrénaïsme

Le cyrénaïsme, école fondée par Aristippe de Cyrène, a pour doctrine l'hédonisme (, de , « plaisir » avec le suffixe , « -isme »). L'hédonisme est une morale du plaisir.

La philosophie cyrénaïque est proche de l'épicurisme, à la nuance près que le plaisir s'expérimentait dans le mouvement, dans la dynamique, s'éloignant quelque peu du plaisir ressenti dans l'ascèse épicurienne, davantage statique. Par contre, cette philosophie tranche radicalement avec le concept des Idées de Platon.

Aristippe de Cyrène

Aristippe (en grec ancien ) de Cyrène, né en -435, décédé en -356 était un disciple de Socrate. Surnommé le « chien royal » par Diogène de SinopeDiogène Laërce, Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres, , il fut tout d'abord considéré comme un sophiste puisqu'il demandait à être payé pour dispenser des cours. À l'instar de Platon, Aristippe s'en fut en voyage à Syracuse pour enseigner la philosophie au tyran Denys le Jeune.

Il définissait le but et la fin de la vie comme « un mouvement doux accompagné de sensation », ce qui est le propre du plaisir lié à l'hédonisme. Il le mit en pratique, puisqu'il était un assidu des maisons closes, en particulier d'une courtisane, nommée Laïs, au point qu'il en venait à quémander de l'argent aux puissants afin de continuer de se satisfaireÀ son sujet, lorsqu'on blâmait Aristippe d'une telle union, il répondait : « Je possède Laïs, mais je n'en suis pas possédé. » Diogène Laërce, Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres, ..

Sa fille Arété reprend à sa suite l'école cyrénaïque.

Hégésias

Hégésias de Cyrène (), né à Cyrène, vécut aux alentours du avant notre ère, et fut le disciple d'Antipatros de Cyrène, lui-même élève d'Aristippe. Il est dans la droite lignée de son maître sur la doctrine cyrénaïque hédoniste, en considérant le plaisir comme le but de la vie de chaque homme. De même, Hégésias professait le suicide à ses élèves, d'où son surnom de Peisithanatos (« celui qui pousse à la mort »).

L'école d'Élis

On sait peu de choses sur l'école d'Élis, sinon qu'elle finit par s'appeler école d'Érétrie par l’intermédiaire de Ménédème. Cette école disparut après lui, et il n'en resta que quelques traces. Elle fut la plus fidèle aux enseignements délivrés par Socrate.

Phédon d'Élis, né à Élis au cours du avant notre ère, devint un disciple de Socrate quand celui-ci le délivra de l'esclavage dû à la guerre entre Élis et Sparte ; sa beauté l'avait conduit à « travailler » dans un lupanar. Platon nomme un de ses dialogues de son nom, le Phédon, celui évoquant la mort de Socrate. Il lui est attribué deux ouvrages : Zopyros et Simon.

Ménédème d'Érétrie, sur l'île d'Eubée, né en -350 et disparu entre -278 et -275, fut d'abord un disciple de Stilpon de Mégare, avant de devenir celui de Phédon d'Élis. Il transféra l'école d'Élis à Érétrie, en lui faisant changer de nom.

L'école mégarique

L'école mégarique fut créée par Euclide de Mégare au cours du avant notre ère. Il ne nous reste rien de cette école philosophique, néanmoins elle a joué un rôle prépondérant dans le développement de la logique et de la métaphysique occidentales.

Les philosophes mégariques usent de sophismes et de paradoxes pour argumenter leur point de vue. Le plus fameux sophisme est probablement celui dit « du menteur »Tiré d'un texte de Chrysippe, repris dans l'ouvrage de Jean-Baptiste Gourinat, La dialectique des Stoïciens, éd. Vrin, 2000, . Il existe une variante d'Épiménide le Crétois.Pour une autre traduction possible, lire Cicéron, Academica, , 29 :

Ce paradoxe aurait été créé par Eubulide de Milet, auteur d'autres sophismes.

Ils étudièrent beaucoup la logique en donnant la préférence à la dialectique, ce qui leur valut le surnom d'Éristiciens ( : discorde : disputeurs), mais aussi de Dialecticiens. Euclide de Mégare () est né à Mégare (à ne pas confondre avec Euclide d'Alexandrie, le mathématicien) vers -450 et a disparu aux alentours de -380. Tout d'abord élève de l'école socratique, il fonde la sienne, l'école mégarique ; il fait partie des individus ayant été présents lors de la mort de Socrate. Sa philosophie s'inspire du socratisme et des enseignements de l'école éléatique. Eubulide () est né à Milet vers -360 ; il est surtout connu pour être un dialecticien redoutable, créateur de syllogismes, dont celui du soriteDe σωρός : tas.. Stilpon de Mégare () né vers -360, mort vers -280, popularisa l'art de la joute oratoire. Il eut pour élève Diodore Cronos ainsi que Zénon de Kition, fondateur de l'école stoïcienne. Diodore Cronos () vécut au avant notre ère et serait mort en -296. Philosophe rompu à la dialectique, son surnom de Cronos proviendrait d'une joute verbale avec Stilpon auquel il n'aurait pu répondre tout de suite ; le roi Ptolémée Sôter le raillant pour sa lenteur l'aurait affublé de ce surnom. Ne supportant pas l'affront, il se serait suicidé : , Vie d'Euclide.

Les écoles de la période hellénistique Le stoïcisme